27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 22:19

        Tout simplement l'un des meilleurs films que j'ai vu cette année. Choquant, bouleversant, profond. Réalisé par Tony Kaye en 1998, American History X est un film traitant des grouspuscules néonazis aux Etats-Unis. Edward Norton y joue le rôle de Derek Vinyard, un homme qui a perdu son père, abattu par un dealer noir. Depuis ce jour, il ne ressent que de la haine et rejoint un groupe militant d'extrême-droite qui prône la supériorité de la race blanche. Convaincu qu'il doit venger son père, il  commet un double meurtre et entraîne son jeune frère Danny dans la spirale de la haine.

Indice Spoiler : Spoiler3

 

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         "Wouaw...", voilà tout ce que j'ai trouvé à dire à la fin de ce film. C'est le premier long-métrage de ce réalisateur, Tony Kaye, qui est quasiment inconnu dans le monde du cinéma, et quelle réussite ! Je vais même avoir du mal à exprimer tout ce que j'ai pu ressentir en voyant ce film, rempli de scènes tout aussi bonnes les unes que les autres. Voyons, par où commencer ?


american history x-copie-2         Alors déjà, je me demande si j'ai déjà vu passer 2h de film aussi vite. Toutes ces images, tous ces dialogues sont tellement forts que j'ai été hypnotisé pendant les trois premiers quarts du film. Pas hypnotisé d'admiration, je vous rassure, mais plutôt de choc, mêlé à de la révolte. Comment dire...? Edward Norton est hallucinant, déjà. C'est très très impressionnant de voir à quel point il donne de la crédibilité à son personnage, c'est dingue. Il interprète ce skinhead néonazi avec tant de force et de talent que je n'en reviens toujours pas. Le personnage de Derek est imposant, terrifiant, révoltant. Voir cet homme débiter toute ces insultes, toutes ces conneries pendant la majeure partie du film, ça fait un choc. On a typiquement affaire au gros raciste de base qui ne sait pas exactement de quoi il parle, et qui forge toute sa pensée sur un traumatisme d'adolescent et des théories de groupuscules d'extrême-droite. Et il y croit à fond, il est persuadé de détenir la vérité suprême. Ce qui m'a beaucoup refroidi, c'est de penser que de telles personnes existent réellement (et bien sûr, pas seulement aux USA, puisque ce genre de clans existe en France). Des xénophobes primaires qu'on ne peut absolument pas raisonner, quoiqu'on puisse dire. Ce principe est puissamment montré dans ce film, notamment lors de la scène où Derek s'énerve chez lui, à table, et que ça dégénère. Une scène assez choquante, face à laquelle on ne sait pas comment réagir, béats de stupeur ou murmurant éventuellement un petit "oh la vache"...


american-history-x-deux-freres-unis-haine-dec-L-7         Dans ce film, la violence est très présente, mais elle n'est pas gratuite. C'est surtout à de la violence morale qu'on a affaire, notamment lorsque Derek abat deux noirs dans un élan de haine, torse nu, avec une grosse croix gammée tatouée sur le buste et les yeux pétillants de folie (première photo). Quand on pense que ce genre de personnes court les rues, il y a de quoi avoir peur et se poser des questions sur leur état mental. De plus, ce film ne dénonce pas vraiment le racisme (mais bien sûr, il ne le prône pas !). Disons simplement que ce n'est pas un film contre le racisme, mais sur le racisme. On assiste à l'évolution de ce personnage qu'on déteste profondément, mais qui va commencer par trouver la voie de la rédemption. J'arrête là pour les spoilers, car sinon je devrais tout raconter (bien que j'en ai envie !). Même si certains voient dans ce film une oeuvre ultra-moralisatrice, ce n'est pas ce que j'ai personnellement ressenti. La fin du film est assez étrange car la profondeur du personnage est vraiment poussée jusqu'au bout, et on en arrive à le plaindre alors qu'on l'a haï pendant presque deux heures.


american-history-x 431x300          Le film est basé sur un système de flashbacks, tous en noir et blanc (tiens, tiens), ce qui donne au film quelque chose de plus. Ce principe est vraiment intéressant, car il nous permet d'essayer de comprendre le personnage de Derek jusqu'au bout, des origines de sa haine vers sa prise de conscience, en passant par tous ses actes et discours odieux. Ce sont vraiment les paroles qui frappent dans ce film, plus que les gestes. Des dialogues pétrifiants qui montrent non seulement que ces personnes ont une argumentation très claire, mais pire : qu'elles y croient à fond et qu'aucun argument ne peut les en dissuader. Certains diront que le film accumule les clichés, car il associe tous les racistes à des admirateurs sanguinaires de Adolf Hitler. Mais ce n'est pas le cas, car si le film traite en effet du racisme, il se concentre surtout sur les racistes les plus violents, les plus haineux et les plus dangereux, ceux justement qui adulent le nazisme et font l'apologie de la race supérieure. Le film prend le risque de ne montrer que ces cercles très fermés, et a l'intelligence de ne pas généraliser à tous les xénophobes, puisqu'il parle uniquement du groupe auquel appartient Derek. Le racisme existe à différents niveaux, et le film montre simplement le plus extrême. C'est pour ceci que moralement, c'est frappant et ça calme. Un film brutal, mais qui prend soin de ne pas donner de leçons (à part la toute fin, regrettable par sa nian-nianterie), en montrant simplement l'histoire de cet homme dans la spirale de la violence et du fanatisme racial.


American history-X          En plus du noir et blanc, le réalisateur, qui est également le directeur de la photographie, nous offre des plans incroyables. Avec des ralentis captivants, des gros plans qui font froid dans le dos, il nous scotche totalement, l'esthétisme atteignant des sommets. Grâce à ceci, il parvient à capter chaque regard de l'acteur qui fait un boulot monstre. Et ce qui est fort, c'est d'avoir présenté ce personnage principal comme un leader néo-nazi aux idées bien arrêtées, et pas comme un "jeune naïf" influencé par une masse ultra-convaincante. Mais Edward Norton n'est pas seulement imposant et frappant, il est aussi bouleversant et poignant. Le deuxième acteur principal du film est un autre Edward, il s'agit d'Edward Furlong, éblouissant de talent. Il n'avait alors que 20 ans, et je suis de plus en plus surpris par le jeu cet acteur (souvenez-vous, le fils Connor de Terminator 2) au fur à mesure que je le découvre. Il joue donc le rôle de Danny, le jeune frère de Derek, qui va se laisser embrigader par les absurdités de son frère, son modèle. C'est donc lui qui joue le rôle du jeune naïf qui tourne mal.


         Bref, j'ai vraiment vu quelque chose de très fort ce soir, et je vous le conseille vivement si vous ne l'avez jamais vu, car il vaut le détour. J'en viens même à me demander pourquoi je ne l'ai pas vu avant (mais c'est souvent comme ça avec les chefs d'oeuvre).

         Une petite bande-annonce tiens, ça faisait longtemps :


 


 

          Voir aussi : La 25e heure, Fight Club (fin du film).





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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

beck 04/05/2013 01:24

wahou ! sérieux merci sa faisais longtemps qu'il trainer dans mon disque dur mais le titre ne m'emballée pas, mais quel putain de réussite !

Sebmagic 04/05/2013 01:37

Je comprends, j'ai attendu un an avant de me décider à le voir...!

Louis 07/02/2013 15:05


Je te recommande vivement Danny Balint, dans le même genre !


Peut être moins bien mis en scène qu'American History X mais je trouve l'histoire plus fine et pas trop clichée.


C'est aussi l'un des premiers long métrage de Ryan Gosling, donc à voir !!

Sebmagic 07/02/2013 18:07



Ah oui j'en ai entendu parler de celui-là ! Merci du conseil.



Ze Ring 02/10/2010 00:03



Celle de Bruce Willis est énorme certes xD



Sebmagic 02/10/2010 00:15







Ze Ring 01/10/2010 23:51



Le truc bien quand toute la famille est cinéphile c'est que la VF est littéralement prohibée, et c'est le cas chez moi!! Séries TV, dessins animés, films, je m'en fous, il me faut la VO!! ;) La
VF détruit le jeu d'acteur, les voix sont souvent bien nazes... Elle ne participe qu'au massacre de l'oeuvre.



Sebmagic 01/10/2010 23:57



Je suis bien d'accord, j'en avais d'ailleurs fait un petit article. Mais certaines VF sont vraiment très bonnes, et pour certaines d'entre elles parfaites (Retour Vers le Futur, et Bruce Willis
en général).



Ze Ring 01/10/2010 23:28



Après tu fais comme tu veux hein! ;) Moi je me sens incapable de mater un film en VF (sauf les rares films français matables évidemment), je te donne des conseils et des tuyaux, t'en fais ce que
tu veux, l'important est de voir des films et de profiter de tes achats!! ;) Moi perso, la VOSTANG m'arrange carrément, je comprends l'anglais comme le français et je peux pas saquer la VF : que
demander de plus?



Sebmagic 01/10/2010 23:37



C'est clair. Moi la VF j'arrive à la supporter (en fait la plupart des films que j'ai vus, je les ai vus en famille, où la VOSTFR ne passe pas du tout, donc la VF me convient). Ca me convient
pour les films, mais par contre je ne peux pas la supporter dans les séries TV, où il me faut absolument de la VO.


 


Cependant, la grande majorité des films que j'ai vu récemment, je les ai vus en VOSTFR, parce que j'apprécie vraiment beaucoup plus. Quand je regarde un film seul, je mets systématiquement la VO.
Par contre comme je te dis, j'ai essayé la VOSTENG plusieurs fois, ça m'a bien plu mais à petite dose (pour l'instant).



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