9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 02:33

           Wouaw... Que dire à part que je ne m'attendais pas DU TOUT à ça ? Ce film est tout simplement magnifique. Dans l'optique de finir la filmographie de Keira Knightley (attendez-vous à voir des articles sur ses films cette semaine), j'ai vu Orgueil et Préjugés hier soir, de ce même réalisateur, et j'ai vraiment beaucoup aimé. Mais là, deux ans plus tard (en 2007), ça ne joue plus du tout dans la même cour ! Si, avec Orgueil et Préjugés, Joe Wright nous avait offert un joli film romantique sur une histoire d'amour au 18e siècle, il m'a complètement pris à contre-pied avec Atonement (je dirai le nom anglais car je trouve la traduction "Reviens-moi" moins bonne), une adaptation du livre "Expiation" de Ian McEwan. Pour ceux qui ne l'ont jamais vu, je résume en trois propositions : une sublime intrigue terriblement dramatique (c'en est presque noir), des flashbacks et un dénouement émotionnel incroyables, et un magnifique plan-séquence de 5min30 pendant la guerre.

           L'intrigue en deux-trois mots (merci Wikipédia) : été 1935, Briony, une petite fille de 13 ans, écrit une pièce de théâtre, Les Tribulations d'Arabella, en vue de l'arrivée de son frère Léon. Elle surprend sa sœur Cecilia se disputant près d'une fontaine avec le fils d'une employée de la maison, Robbie. Son manque de compréhension du monde adulte la pousse à commettre une faute qui fera basculer cette journée dans le drame. Plus tard, la guerre éclate et Robbie est envoyé au front. Briony devient infirmière.
 

   

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atonement4          Encore une fois, je ne sais absolument pas si le film est une bonne adaptation car je n'ai pas lu le livre de Ian McEwan. Mais c'est une merveille. Le film passe vite, extrêmement vite. Bien plus que Orgueil et Préjugés qui pourtant dure moins longtemps. Il se divise clairement en trois parties. Les 50 premières minutes nous racontent une unique journée dans la vie de nos personnages, celle qui a déclenché tout le reste. Alors qu'au début, je me demandais si l'intrigue allait avoir un autre intéret que la petite histoire d'amour classique et compliquée, j'ai rapidement eu ma réponse. Tout le début du film est là pour nous présenter un peu les personnages, mais surtout pour lancer la trame, avec une puissance dramatique et émotionnelle qui va rester constante pendant tout ce qui reste des deux heures, jusqu'à la toute fin où elle atteint un sommet.



atonement3           Keira Knightley et Saoirse Ronan sont les deux personnages principaux de cette première partie. Elles jouent les rôles de deux soeurs, Cecilia et Briony Tallis. Lors de cette chaude journée de canicule, la petite Briony, qui a 13 ans, assiste successivement à plusieurs scènes qu'elle ne comprend pas, mais qui la poussent à commettre une terrible erreur qu'elle ne pourra jamais oublier, transformant alors cette journée en tragédie qui va changer radicalement les vies de tout le monde. Par deux ou trois fois, le réalisateur utilise un procédé que j'adore particulièrement : le fait de montrer une même scène sous deux points de vue différents. Le premier point de vue pour nous indiquer comment la petite fille interprète ce qu'elle voit, et le deuxième pour nous expliquer ce qu'il se passe réellement. Un habile principe qui a vraiment son importance, pour souligner la crédibilité de la décision de la gamine. Keira Knightley joue un rôle très différent de d'habitude dans cette première partie. Très peu souriante, elle apparaît ici froide, presque sévère. Un rôle tellement changeant qu'il en est troublant, mais dans lequel elle se démène extrêmement bien, car son personnage reste crédible d'un bout à l'autre. Elle n'en fait jamais trop, elle est juste et pleine de talent là où on ne l'attend pas. Saoirse Ronan a également son mot à dire en terme de jeu d'actrice, puisque du haut de ses 13 ans elle est vraiment étonnante dans un rôle pas forcément évident à jouer. Cependant, elle ne m'a pas non plus époustouflé.



atonement8          Non, pour moi l'atout de ce film est indiscutablement James McAvoy, que je ne connaissais pas et qui m'a épaté. C'est lui qui porte le deuxième tiers du film sur ses épaules, et magistralement. Il est poignant même dans des scènes sans profondeur émotionnelle particulière, vraiment émouvant. Sûrement est-ce le côté "victime" de son personnage qui lui apporte cette sensibilité et cette tristesse, mais il est évident que le jeu de l'acteur aussi y fait beaucoup. Durant la partie du film qui lui est le plus consacrée (et c'est d'ailleurs la meilleure partie du film à mon goût), on suit son personnage, Robbie Turner, pendant le début de la guerre en 39-40 en France. Il est en effet dans l'armée anglaise aux côtés des français et se dirige vers les côtes pour repartir chez lui et enfin retrouver celle qu'il aime, après 3 ou 4 ans sans l'avoir vu (ou presque). "Ou presque", car effectivement il a quand même eu la possibilité de la voir 3 ans et demi après son départ, pendant quelques minutes. Cette scène nous est montrée et c'est là que, je trouve, l'acteur fait fort (voir la photo). Il est tellement touchant que j'en étais ému, alors qu'on apprend tout juste à le connaître.



atonement6          A part ça, cette partie du film dépeint un peu la guerre en France, mais sans tomber dans les clichés habituels. On n'a aucun combat, un peu de dramatisation sans pour autant insister dessus. La guerre est ici vue comme terrible, avec beaucoup de dégâts et de drames qui vont avec, mais la caméra ne fait presque que passer sur les victimes sans trop s'y attarder. La plus belle scène du film est, pour moi, un sublime plan-séquence de plus de 5 minutes, au moment où Robbie et ses deux partenaires débarquent sur la plage où ils vont enfin pouvoir être rapatriés. La caméra nous offre des plans sublimes (photo), pendant que Robbie marche au milieu des soldats qui se chamaillent ou chantent. Le tout accompagné d'une photographie absolument délicieuse et d'une musique des plus belles et dramatiques. Quelle scène ! Une des plus belles qu'il m'aient été donné de voir récemment, et je pèse mes mots. Vous pouvez la revoir ici. A part ceci, cette partie du film nous offre de multiples flashbacks intéressants qui empêchent au film de s'essouffler, ainsi que des scènes géniales dont je ne peux pas parler sous peine de trop en dire.



atonement9.jpg          Le réalisateur porte un regard plus lourd (dans le bon sens du terme) sur la guerre et ses victimes dans la dernière partie du film, où on retrouve Briony 5 ans après le fameux drame (jouée par Romola Garai elle aussi très touchante en jeune femme de 18 ans fragile et rongée par le remords). Elle est maintenant infirmière et s'occupe de soigner les blessés de la guerre qui reviennent de Dunkerque. Elle n'a pas revu sa soeur Cecilia depuis tout ce temps, car cette dernière lui en veut autant qu'elle s'en veut elle-même. Je ne peux pas raconter la suite dans les détails car je risque de spoiler, mais toute cette fin du film est parfaitement soignée, bien foutue, à la fois dramatique et malsaine concernant le "mariage" (ceux et celles qui ont vu le film comprendront), mais également forte en émotion et en finesse à la toute fin où le réalisateur fait une mise en abîme intelligente entre son propre film et l'autobiographie écrite par Briony (Vanessa Redgrave est géniale), avec ces dernières phrases qui sonnent à la fois comme une révélation intense et comme l'apogée de la tension dramatique du film. Je répète beaucoup le mot "drame" dans cet article mais c'est exactement ce qu'est Atonement, qui enchaîne drames sur drames jusqu'à la fin qui tirera même une larme aux plus sensibles (ça n'a pas été mon cas mais ça le sera peut-être une prochaine fois (je suis toujours 10 fois plus sensible à un film la deuxième fois que je le vois)).


          Quoiqu'il en soit, je suis ravi d'avoir découvert ce film servi par des acteurs incroyables, une réalisation impeccable, mais surtout une atmosphère (oui, allez, je le dis encore une fois !) dramatique et efficace. Un film à voir absolument, bien meilleur que Orgueil et Préjugés, et qui mérite amplement les récompenses qu'il a obtenu : Oscar de la meilleure musique de film pour Dario Marianelli, Golden Globe Award du meilleur film dramatique, ainsi que de nombreuses nominations pour trois acteurs, la réalisation, la photographie, le scénario et les musiques (très sympas les compositions faites à partir de bruits de machine à écrire). Un superbe film duquel j'attendais extrêmement moins, et donc une excellente surprise qui commence bien l'année. Bien évidemment, il n'est pas nécessaire de préciser que ce film est à avoir en VO, sous peine d'être (peut-être) beaucoup moins emballé.



          Voir aussi :  Keira Knightley, Orgueil et Préjugés, The Edge of Love, The Jacket.


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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

Flo 14/08/2014 09:05

A voir pour le jeu d'acteur du genial Mcavoy
A last king ....... ( Le dernier roi d'Ecosse)
Ame sensible .....

Misskiwi 22/12/2013 22:25

Ce film est tout simplement merveilleusement triste !
Des prestations exceptionnelles, une histoire d'une beauté et d'une tristesse incroyable : mon coup de coeur (avec Orgueil et Préjugés)

Bobbylatope 11/08/2013 21:21

Super plan séquence de 5min au milieu du film. Une petite merveille.

Mona 28/11/2012 19:51


Oh c'est plutôt tordant et déglingué comme films ! Les 2 sont tirés de comics et sont super bien foutus. Et je t'assure que je ne suis pas fan du concept à la base, je n'y connais presque rien en
super-héros !


Wanted est quasi similaire à Slevin, en plus violent, mais avec humour et décalage. L'histoire d'un type banal à la base à qui il arrive des "drôles" de truc. Morgan Freeman y joue un rôle dans
la même veine d'ailleurs. 

Sebmagic 28/11/2012 20:00



Je les regarderai si j'en ai l'occasion alors



Mona 28/11/2012 16:03


Eh bien Seb. à l'heure qu'il est je te conseille vivement de mater ET X Men (et son rôle n'est pas Magnéto car c'est Fassbender mais Professeur X, je me suis trompée l'autre jour) ET Wanted
Choisis ton destin. Tu ne le reconnaitras pas dans son jeu tellement il est crédible dans absolument tout ce qu'il touche.


Et je vais même te dire que je le trouve supérieur à Fassbender, très bon acteur au demeurant.


Mc Avoy c'est le mix parfait de la solidité d'un Tim roth et de la douceur d'un Gordon-Levitt.

Sebmagic 28/11/2012 19:22



J'avoue que X-Men et Wanted ne m'intéressent pas plus que ça, mais si un jour je tombe dessus j'essaierai, merci !



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