17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 00:00

        Ce soir, Direct 8 nous a proposé un thriller policier signé Michael Mann : Heat. Réunissant deux très grands acteurs du cinéma, Al Pacino et Robert De Niro, c'est un film d'action de 2h40 que certains considèrent comme un pur chef d'oeuvre. Pour ma part, je n'emploierai pas ce terme car j'avoue avoir été déçu. On m'a tellement vanté ce film que je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel, et j'ai pourtant eu du mal à accrocher. Sorti en 1995, Heat raconte l'histoire d'un braqueur, Neil McCauley, traqué par un flic, Vincent Hanna. Malgré leurs différences mais surtout leurs ressemblances, ils vont devoir s'affronter.


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heat 1

 

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          Ce film peut très certainement être qualifié d'exceptionnel par les grands amateurs de films d'action policiers, mais je ne fais malheureusement pas partie de cette catégorie. Je vais commencer par les points positifs car il y a effectivement quelques qualités.



heat 23          Lesquelles ? Tout d'abord, les acteurs. Indéniablement. Voir Al Pacino et Robert De Niro s'affronter dans un film est un grand moment et, même si on ne compte que deux scènes entre les deux acteurs, leur rareté leur donne un peu d'intensité. Toute la dualité entre les deux personnages est intéressante et bien travaillée. Déjà, le film ne fait pas de manichéisme méchants braqueurs / gentils policiers, ce qui est une excellente chose. Même si Heat n'a pas inventé le principe, on peut dire que de ce côté ça change des films policiers habituels. Le fait de nous présenter deux personnages totalement différents, voire opposés, mais néanmoins connectés par une certaine sympathie qui les empêche de s'entretuer et de se haïr, c'est suffisamment captivant pour rendre de nombreuses scènes savoureuses. Al Pacino est parfait en flic qui n'a pas le temps de s'occuper de sa famille, tandis que Robert De Niro nous sort également un jeu d'acteur magnifique. Chacun des deux personnages est un professionnel à sa façon, des professionnels qui ne reculent devant rien, obnibulés par leur travail qui ne leur laisse pas le temps de faire autre chose. En ceci, ils se ressemblent et c'est probablement ce qui forme leur lien aussi fort. Encore une fois, Heat n'a pas inauguré le procédé mais ça reste du bon. Ensuite, l'humour est également légèrement présent dans ce film avec quelques excellentes répliques d'Al Pacino, notamment lorsque Vincent Hanna s'énerve "Vous avez le droit de vous envoyer ma femme, puisque c’est elle qui vous le demande. Vous avez le droit, de vous vautrer sur son sofa dans la crèche de merde, naze tech-post-moderne et ultra branchée de son ex-mari si ça vous chante... Mais en aucun cas vous n’avez le droit de regarder ma PUTAIN DE TÉLÉVISION !".


           Autre point positif : c'est l'ambiance qui règne à certains moments. Au milieu des scènes explosives, on trouve en effet quelques superbes passages mis en valeur par une BO digne de ce nom, sombre et dramatique. Quelques temps morts, donc, qui font du bien et permettent au film de prendre son temps, permettant de poser un peu l'histoire amoureuse entre Neil et Eady qui est un très bon point du film, surtout lorsqu'on relie cette histoire avec la fin du film. L'apogée est indiscutablement la fin du film, où les deux ennemis se traquent silencieusement pour offrir un dénouement assez sublime. Les 10 dernières minutes sont en effet magnifiques, lorsque Neil McCaulay fait son choix, illustré par la citation "tout ce qui a pu prendre une place dans ta vie tu dois pouvoir t’en débarrasser en 30 secondes montre en main, dès que t’as repéré un seul flic dans le coin". En concluant superbement la relation entre les deux personnages, on a un final digne de ce nom, que j'attendais avec impatience.


 
heat 3            Avec impatience, c'est bien le mot. Même si je ne cachais pas un certain désir de connaître la fin, cette envie était tout autant due à la curiosité qu'à la volonté d'en finir (j'arrive dans les points négatifs). Car bon diou, 2h40, que c'est long ! Visiblement ce n'est pas le cas de tout le monde (peut-être faut-il être conditionné à aimer les intrigues policières) mais j'ai trouvé que le film souffrait d'atroces longueurs. J'ai beaucoup de mal avec les films du genre policier, et Heat me le confirme. Toutes les scènes où les braqueurs (comme les flics) parlent de leurs tactiques, ça ne me passionne vraiment pas. De même pour les fusillades. J'ai toujours eu horreur des fusillades que je trouve invraisemblables et interminables. Ce fut également le cas pour Heat qui nous offre au milieu du film le flingage habituel Flics VS Braqueurs en plein coeur de la ville, dans la rue, cachés derrière des voitures. Aucun frisson, je n'ai ressenti aucune intensité particulière comme le signalaient pourtant d'autres personnes (vous vous reconnaîtrez et je suis désolé, j'ai trouvé ça hyper classique). Des mouvements de caméra banals, des balles qui volent dans tous les sens, et ça peine à s'arrêter. Un gros méchant s'empare d'un gamin pour ne pas qu'on lui tire dessus (est-il logique que sa mère l'oublie en cours de route ?), et finalement on a des plans que je ne qualifierais pas de "clichés" mais de "déjà vus". Même si la confrontation entre les deux acteurs est intéressante, c'est bien la seule chose qui m'ait passionné pendant les 2h40. Je n'ai pas souffert d'ennui, non, mais j'ai trouvé ça banal et en sortant du film je me suis dit que 160 minutes, c'était bien long pour raconter ça. Les personnages secondaires ne remontent pas tellement l'intérêt, à part peut-être Val Kilmer qui a une tronche sympa et Amy Brenneman qui apporte un peu de douceur et de gentillesse à ce film, formant un couple éphémère vraiment pas mal avec De Niro. Natalie Portman également, toujours aussi expressive et mémorable même si elle n'apparaît que très peu.


            Je disais plus haut que Heat n'avait pas inventé tous ces thèmes, et je pensais en fait à Point Break, sorti 4 ans plus tôt (qui lui non plus n'a pas inventé ces codes, on est d'accord). Pour moi, Heat ne dépasse clairement pas Point Break dans la catégorie "film d'action policier". Le duo Swayze/Reeves est tout aussi intéressant, si ce n'est plus, et au moins le film se distingue des films policiers habituels par le milieu de la trame : le monde des surfeurs. En plus de confronter deux ennemis qui ne parviennent pas à se haïr, tout comme dans Heat, Point Break prend soin de nous offrir toute un parallèle sur la philosophie de vie de Bodhi, très passionnante (mais sûrement est-ce aussi le sujet qui me parle plus). Même la fin est autrement plus intense que celle de Heat, car on y sent réellement la connexion et l'amitié entre les deux personnages.


          Bref, peut-être n'ai-je pas été sensible à ce film qui, en dépit des acteurs monumentaux, ne m'a pas passionné plus que ça. Je suis content de l'avoir vu, mais je ne pense pas que je prendrais plaisir à retenter l'expérience. Pas non plus un mauvais film, Heat a été pour moi une déception que j'assume totalement (en même temps on ne contrôle pas son intérêt pour un film !). Peut-être un summum du genre, mais comme j'ai du mal avec ce genre à la base, ça explique peut-être mon ressenti. Je vous laisse le soin d'examiner mon cas.






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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

el 02/06/2012 04:46


Génial ce film! Superbement mise en scène. Le final est extraordinaire, il dit tellement de choses en si peu de temps. Quelle image! Quels acteurs!

Ze Ring 18/01/2011 17:05



Euh Tietie dis moi t'es sur d'avoir regardé le bon film?
J'ai pas l'impression...
Non pis pour capter des détails insignifiants de ce genre, va falloir m'expliquer comment t'as pu t'impliquer dans le film.



Mona 18/01/2011 13:26



Youftiiiiiii, vous vous prenez bien la tête pour pas grand chose les gars. Moi je pense que le cinéma perd toute sa magie quand on l'analyse de trop ... ça reste avant tout un ressenti, peu
importe qui - avec qui - sur quoi - comment et tout le tintouin. L'important c'est de rentrer dans l'histoire et de déconnecter de la réalité, c'est ce que tout cinéphile recherche non ? Et puis
la notion de génie et chef d'oeuvre est tellement personnelle.


Après y'a le commercial et l'indépendant, le grand spectacle et l'intimiste. Ce sont 2 familles distinctes. 


En ce qui me concerne, je pense plutôt à des moments de grâce inexpliquables, pour un réalisateur, un scénariste, un acteur ou les 3 en même temps, qui font que t'en prends plein la
tronche en face. 


( et si j'étais subjective et chieuse je dirais qu'on ne touche pas au "génie" de la mise en scène d'un Gus Van Sant, hé hé, non mais! )



Sebmagic 18/01/2011 14:58



Bah, on ne se "prend pas la tête", comme le dit mon Dieu Alexandre Astier "il ne faut pas ranger ceux qui réfléchissent dans le panier de ceux qui se prennent la tête, c'est un amalgame
dangereux"


 


Bon trève de blague, je trouve ça quand même assez intéressant quand deux personnes d'avis contraires sur un film discutent pour expliquer en quoi ils ont aimé ou pas. Bon évidemment t'as raison,
trop analyser comme on le fait ça va trop loin car il n'y a pas de recette miracle pour faire un bon film (même si la qualité des acteurs est un facteur nécessaire). Et effectivement le cinéma
est quelque chose de très subjectif, basé sur un ressenti global et non sur des règles, c'est ce qui le rend intéressant.


 


De toutes façons je pense que notre petit débat s'arrête ici. La conclusion est effectivement que Ze Ring considère ce film comme un chef d'oeuvre parce qu'il contient tout ce que lui trouve
admirable, tandis que mon ressenti est différent parce qu'il ne m'a pas procuré ce que j'attends. C'est pas plus compliqué que ça.



Tietie007 18/01/2011 13:03



Ce qui est gênant avec Pacino, c'est qu'il est flic avec des costards à 3000 $, des bagnoles de ouf et la permanente Jean-Louis David en prime,
ce qui fait vachement crédible ...mais c'est un peu la marque de Mann, belles meufs, beaux costards, belles bagnoles, à la Miami Vice, le truc pas crédible pour
un sou !


Quant à Pacino, il joue le flic omniscient qui a tout compris sans faire l'ombre d'une enquête, et qui passe son temps à gueuler comme un veau et à en faire des tonnes,
bref, du cabotinage, comme à son habitude !


Quant au dialogue lourdingue, la scène où de Niro rentre dans une brasserie et branche une meuf cash en lui faisant croire qu'il est métallier ... (lol).



Sebmagic 18/01/2011 13:13



Euh, es-tu sûr(e) d'avoir bien regardé le film ? La scène où De Niro rentre dans le bar, il n'aborde personne ! C'est la femme qui lui dit deux-trois mots parce qu'elle le reconnait, et sa
première réaction (réaction réaliste) est de se trouver gêné et dérangé. C'est ensuite qu'ils parlent un peu plus et qu'il lui dit qu'il travaille dans le métal... Personnellement j'ai trouvé
cette scène très bonne au contraire !


 


Pour le reste je suis assez d'accord.



Tietie007 18/01/2011 07:42



J'ai pas du tout accroché à ce film, et j'ai trouvé les dialogues totalement ridicules, peut-être la traduction française ...



Sebmagic 18/01/2011 11:58



Les dialogues ne m'ont pas choqué tant que ça, même si c'est parfois à base de "sale pute" et de "parle espèce de salaud" ce qui n'est pas très subtil, dans la bouche d'Al Pacino ça passe
relativement bien.



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