31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 22:41

          Voilà, je l'ai découvert ce Xavier Dolan dont on m'a parlé pendant si longtemps ! Je dois avouer que le jeune homme de 22 ans a du talent, du moins dans ce premier film que j'ai vu : J'ai tué ma mère. Du talent à la fois devant et derrière la caméra, ce que peu de cinéastes se risquent à faire en général, mais qui témoigne souvent d'une virtuosité exemplaire (Mel Gibson, Clint Eastwood entre autres). Egalement scénariste, Xavier Dolan nous présente ici un adolescent de 17 ans : Hubert Minel, qui ne peut plus supporter sa mère.

 

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j'ai tué ma mère 2

 

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         J'ai donc beaucoup aimé ce film, merci Mona de m'avoir rappelé régulièrement qu'il fallait que je le voie. Le film a eu un effet coup de poing à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes avec son sujet original et assez marquant. Aborder un tel sujet est inhabituel et sans choquer, ça a le mérite de ne pas être conventionnel. Le scénario est très bien traité et le film se regarde agréablement, j'ai été passionné par cette trame à la fois dramatique et humoristique.



j'ai tué ma mère         Le côté humoristique, je le dis clairement, c'est essentiellement grâce à l'accent québécois qui donne toujours un immense charme aux répliques, surtout quand on n'y est pas habitués. Alexandre Astier, l'auteur de génie de Kaamelott, a dit avec exactitude dans une interview que le problème de la France se situe dans ses dialogues. Nos dialogues sonnent toujours faux, rarement naturels, même si effectivement on fait des efforts dans ce domaine. On ne sait pas bien pourquoi, mais c'est en tout cas ce qui me dérange à chaque fois dans le cinéma français : ce manque de naturel. Quand on regarde un film comme J'ai tué ma mère, on voit clairement la différence. Les répliques sont énoncées avec tellement de réalisme, de sincérité, de naturel, c'est dingue. Alors peut-être aussi que les acteurs sont excellentissimes (d'ailleurs ils le sont) mais n'empêche, ça frappe. Les répliques font vraiment mouches, et même si ça ne plaira peut-être pas aux québécois qui me liront, je le dis : cet accent m'a beaucoup fait rire, dans le sens positif du terme bien évidemment. Vous avez une manière de vous exprimez qui fait passer les effets comiques avec brio, c'est assez incroyable. A l'opposé, les effets dramatiques passent également tout seuls, contrairement aux films français dans lesquels les deux registres s'en tirent moyennement bien (c'est mon avis).


        Bref, quoiqu'il en soit le sujet traité dans ce film est intéressant puisque la question "Peut-on détester sa mère ?" en fait l'objet. Effectivement : est-on obligés d'aimer ses parents ? Par l'intérmédiaire de fausses interviews, Xavier Dolan nous présente un personnage qui, visiblement, ne peut pas supporter la sienne et vit un enfer au quotidien. Tout les oppose, que ce soient leurs goûts comme leur façon de vivre (il ne supporte plus de la voir devant sa télé à regarder des conneries), ce qui ne facilite pas leur communication. Alors certains auront peut-être été éthiquement choqués par ce scénario original, mais l'idée de remettre en question l'amour porté à une mère est assez fine. Moi je n'ai pas de problèmes de ce côté mais Hubert, lui, semble à la fois détester et aimer sa mère. C'est une femme qui nous apparaît assez insupportable par moments, car c'est une manipulatrice qui aime jouer avec la culpabilisation de son fils. Hubert, pour un jeune de 17 ans est très mûr et réfléchi, loin du stéréotype de l'ado rebelle bien chiant (même si sa coiffure peut prêter à sourire), et on tente d'en connaître un peu plus sur son ressenti. Mal dans sa peau, chose que sa mère expliquera par son homosexualité, il ne peut plus la blairer et la fait même passer pour morte auprès de son enseignante afin de ne pas avoir à la prendre pour modèle. Le personnage de la mère est très difficile à cerner, puisqu'on a l'impression qu'elle est un mur face aux paroles de son fils et qu'elle éprouve même du plaisir à le contredire ou à ne pas réagir. Hubert, lui, essaie d'arranger les choses du mieux qu'il peut, il fait d'énormes efforts, mais ils ne sont pas réciproques. Le duo d'acteurs est vraiment bon, du début à la fin on suit leur relation assez tumultueuse et notamment les crises de nerf justifiées du jeune homme devant sa mère incapable de se remettre en question. Je retiens notamment les scènes où il l'engueule (dans leur appartement, mais surtout dans la voiture au début).



j'ai tué ma mère 3        Certains parleront mieux que moi de ce film car j'admets ne pas avoir grand chose à en dire, en fait. De nombreux passages sont intéressants, comme la relation entre Hubert et sa prof qui le recueille chez lui. Les acteurs, et notamment Xavier Dolan, sont vraiment parfaits, tout autant que la réalisation du film. J'ai beaucoup aimé la façon avec laquelle on nous montre ce que lit le personnage principal (sur papier, sur son portable), en superposant sur le film des écritures. De même, de nombreuses scènes sont géniales artistiquement parlant, comme la peinture sur les murs, ou encore des effets à la Gus Van Sant. J'ai surtout vu cette ressemblance lors d'une scène où on voit Hubert de dos, au ralenti, avancer entre les rangées d'une salle de classe. La musique à ce moment est d'ailleurs sublime. La BO ainsi que l'ambiance font penser à Good Bye Lenin, un autre film excellent avec Daniel Brühl. A part ça, les émotions passent avec une grande facilité, que ce soit dans le regard de la mère comme dans celui de Xavier Dolan qui nous offre ici une incroyable prestation d'acteur. Et pour conclure, la fin du film n'est pas clichée, ce qui fait du bien.


       Bref, j'ai beaucoup aimé et j'espère pouvoir voir Les Amours Imaginaires bientôt !





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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

Moriane 26/05/2012 14:50


Alors moi, j'ai adoré ce film.


Je ne pensais pas apprécier ce film à ce point, j'avais peur que le sujet soit mal exploité. Mais il n'en est rien, la relation mère-fils nous paraît vraiment réaliste. On est pris de compassion
devant ce fils qui essaie d'arranger les choses, mais qui se heurte constamment à la froideur désespérante de sa mère. 


Bref, trés bon film.

Sebmagic 26/05/2012 15:07



Ouep, il faudrait que je songe à le revoir. Je me souviens avoir eu quelques soucis pour comprendre certains dialogues, mais ça va quand même.



Jérémy 03/04/2011 12:57



Une jolie découverte cette comédie qui mélange de façon assez brillante l'humour à l'émotion.


Je n'ai toujours pas vu 'Les Amours imaginaires'... !



Sebmagic 03/04/2011 13:18



Moi non plus, je vais me laisser un peu de temps pour le faire



Squizzz 03/04/2011 12:51



Oui il faut voir "Les Amours imaginaires", tu devrais aimer si tu as apprécié celui-ci. Il est un peu moins original dans le thème qu'il aborde, mais plus universel, il m'a plus touché (en fait
il m'a carrément touché en plein coeur). Sinon ta critique sur le film est juste, mais je voudrais revenir sur deux points.


- Faut pas stigmatiser le cinéma français. On a souvent tendance à le réduire à un type de films d'auteur et de comédies, alors qu'il est quand même plus riche que ça, et on voit de plus en plus
de réalisateurs qui se détache de ce qu'on qualifie de clichés français


- Tu prends beaucoup le parti du fils, et fait reposer toutes les fautes sur la mère, alors que le fils a aussi sa part de responsabilité, et a quand même tendance à provoquer sa mère.



Sebmagic 03/04/2011 13:13



Oui je sais, avec le cinéma français j'ai beaucoup de mal même si je sais que certains films sont bons (surtout récemment). Mais c'est un genre de préjugé qui m'est resté depuis longtemps. En
tout cas, il est clair que lorsque je vois qu'un film est français, j'ai un mouvement de recul. C'est pas le cinéma vers lequel je me dirige instinctivement.


 


Concernant la responsabilité mère/fils, personnellement j'ai pas vu beaucoup de fautes de la part du fils, si ce n'est de s'énerver parce qu'il est à bout. Mais faut avouer que parfois il
s'emballe pour rien, t'as raison.



HélèneM 01/04/2011 18:39



J'ai adoré ce film et j'ai bien compris l'accent dans l'ensemble même si le débit est qqfois violent... Bon on est normand ou pas ? On débite très vite aussi nous... Heureusement que je faisais
l'interprète de tps en tps hein ? Pour une fois... Sinon, contente d'apprendre que tu n'aies pas ce ressenti pour ta mère :)


 



Sebmagic 02/04/2011 02:38



Ouais heureusement que tu faisais l'interprète de temps en temps parce que parfois c'est hard !



Mona 01/04/2011 07:44



Belle surprise ce matin !


J'suis ravie que tu l'ai vu, aimé et écrit dessus surtout. 


On lui reproche (bien sûr, 22 piges et bientôt 3 films ça agace) trop de clins d'oeil appuyés à GVS, Wong Kar way, Araki et Almodovar .... c'est quoi le cinoche sinon un
éternel mélange d'influences, de genres, et de beaucoup de soi ?


(le croustillant des dialogues : pas que l'accent, le dialecte et la vitesse aussi ... tu as raison, ça sonne juste et c'est naturel. Tu auras le même ressenti dans C.R.A.Z.Y.




Sebmagic 01/04/2011 13:30



Oui voilà, la vitesse de la langue, c'est impressionnant ! J'avais pas de sous-titres donc parfois c'était très dur à suivre, ce qui est dommage.



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