4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 14:12

          WOUAW. Voilà pourquoi j'avais créé ce blog ! C'est pour des films comme ce magnifique Koyaanisqatsi. Pas très connu, c'est l'un des rares films muets plutôt récents (1982) qui se permet en plus d'être l'un des tous premiers documentaires écologiques. Mais alors attention, on n'a pas affaire un à un documentaire classique, très loin de là. Musique omniprésente et envoûtante signée Philip Glass, absence de paroles, images de dingue et réalisation impeccable, émotion, humanité, réflexion, voilà tout ce que nous offre Godfrey Reggio en l'espace de 85 minutes. J'ai jamais vu un film pareil. En gros : un OVNI (produit par Francis Ford Coppola), une pure merveille 100% contemplative, une belle expérience cinématographique un peu déroutante et tout en finesse et neutralité. Je vous mets une vidéo juste en-dessous pour vous donner envie de voir ce premier volet de la trilogie des "qatsi".

 

Indice Spoiler :  Spoiler2

 

Koyaanisqatsi 2

 

-> Lire la suite...

          Voilà une vidéo composée de quelques extraits de Koyaanisqatsi, sur fond de musique sublime de Philip Glass.


 


 

         C'est plus ou moins comme ça pendant tout le film, j'ai été incroyablement immergé dans ces images, la beauté du message, des ralentis, des accélérés. Signification de ce titre étrange (dans le langage des Indiens Hopis) : "vie déséquilibrée, vie folle, vie tumultueuse, vie allant en se désagrégeant". Ca veut tout dire. Le film est plus ou moins décomposé en trois parties.


          Tout d'abord, avec en fond la composition incroyable de Philip Glass (que, je sens, je vais écouter en boucle pendant 15 jours et ressemble étrange au "What Had They Done" de Max Richter dans la BO de Valse avec Bachir), on a de belles images de la planète Terre. C'est poétique, c'est lent, c'est immersif au possible. Le réalisateur de génie passe en revue 3 des éléments : la terre avec ces canyons,ces étendues magnifiques, puis l'air avec les nuages en accéléré qui vont jusqu'à former comme des grandes vagues, nous amenant ainsi à l'eau, sa puissance, les ralentis sur des cascades ou des vagues. J'ose me répéter mais dès les premières secondes, on est entièrement entrés dans le film et il est quasiment impossible de s'en décrocher. Un peu comme un Gaspar Noé avec en plus un véritable message sur la vie, très puissant. Au bout d'une vingtaine de minutes, c'est l'Homme qui apparaît, en même temps que le 4e élément : le feu. Symbole de la destruction, on nous montre de quelle façon l'être humain s'est approprié les 4 éléments. Il détruit la terre en posant d'immenses pylones au coeur des paysages, en construisant des immeubles, de grandes villes à n'en plus finir. Il pollue l'air avec ses usines, l'espace avec la circulation automobile, et enfin l'eau en édifiant des barrages. Le feu est ici propre à l'Homme, par le biais des bombes, des fusées, des explosions atomiques, des réacteurs d'avion. L'être humain qui ne cesse de construire, puis de détruire ce qu'il vient de créer (explosion de bâtiments).


          L'Homme est ici clairement malsain, le message est alors à portée écologique, puis on nous présente les humains comme des fourmis. Le film s'accélère brutalement et on assiste pendant un long moment (une bonne demie-heure) à des scènes accélérées de la vie courante de l'être humain. La circulation dans les villes, vue de façon aussi rapide, est très impressionnante, tout comme les foules de personnes qui se déplacent et se croisent sans même se parler. Le film est percutant, on nous montre toute la technologie, les machines, la société de consommation écoeurante du mode de vie occidental. Car le film se restreint uniquement à cette partie du monde et ne tombe pas dans la comparaison pays riches / pays sous-développés. Notre vie quotidienne nous est montrée d'une façon différente et ça marque. Les images sont vraiment impressionnantes, on voit les êtres humains au coeur d'une grande fourmillière, qui fonctionne à merveille, et on se sent à la fois insignifiants et néfastes pour la planète (la comparaison avec les circuits électroniques est bien vue).


Koyaanisqatsi


          Mais le film ne s'arrête pas là, et se ralentit à nouveau brusquement, pendant 20 minutes on a droit à des ralentis sur des individus pris à part, leurs regards, la musique s'est également adoucie et on retrouve la magnifique composition du départ. En filmant ainsi plusieurs personnes individuellement, au milieu de la foule, le réalisateur nous rassure et nous sort de ce pessimisme dans lequel il vient de nous plonger. Dans le même temps, il impose quand même une atmosphère très dramatique, mais toute en finesse, très déprimante qui marque longtemps après la projection. Car les visages déconfits que nous présente Reggio sont emplis de tristesse et nous font réfléchir sur notre condition : nous avons la technologie, le progrès, mais l'Homme est-il réellement heureux au milieu de tout ça ? L'émotion est présente et il y a quelque chose d'extrêmement humain et puissant qui ressort des images, pour finir en apothéose sur cette fusée qui explose au ralenti et tournoie dans les airs... Un lourd message pour conclure le film qui nous laisse totalement sonnés et sous le choc. A voir, et certainement à revoir et revoir. Un pur chef d'oeuvre comme on n'en voit jamais, un poil déprimant aussi. J'ai hâte de voir Powaqqatsi et Naqoyqatsi qui font partie de la trilogie des "qatsi" (qui veut dire "vie").


        Vous pouvez vous les procurer en DVD pour pas cher en import anglais depuis amazon.co.uk (merci Ze Ring pour l'info). Comme les films sont muets, ça ne dérange pas et c'est vraiment pas cher du tout (ça revient à 10 euros pour la trilogie complète !).

       
         Ici pour acheter Koyaanisqatsi et Powaqqatsi
         Ici pour acheter Naqoyqatsi



         Note : ce film a rejoint le club privé des 25 points rouges de mon top 100 (eh ouais ça rigole pas).





Partager cet article

Repost 0
Published by Sebmagic - dans Critiques de films

commenter cet article

Commentaires

John 02/12/2013 23:18

Si vous avez aimé les ce film, dans le même genre il y a Baraka (également avec Ron Fricke sauf que là il est à la réalisation et plus seulement directeur photo)

greg 10/03/2013 17:28


Alors empresse toi, c'est à mon sens un des plus grands chef-d'euvres du 7e art ! 


Et merci pour ton blog :)

Sebmagic 10/03/2013 18:17



Merci du conseil, il est effectivement dans ma liste depuis un moment !



greg 10/03/2013 14:21


Ok pour la beauté de ce film, mais alors que dire de Baraka ??? Il n'est pas dans ta liste, c'est surprenant ! 

Sebmagic 10/03/2013 16:32



La raison est simple : je ne l'ai pas vu !



Ze Ring 29/01/2012 18:01


PUTAIN, c'est quoi ce truc de fou?
Koyaanisqatsi est presque aussi incroyable que son titre... C'est dire! Quel film! Quelle expérience! Je n'en reviens pas... 1h20 absolument muettes, aucune histoire, simplement des images
subliment photographiées, une musique prodigieuse de Philip Glass, un rythme déboussolant et un propos déprimant, pourtant on ne peut plus réaliste... Ca a suffi a me tenir hyptonisé devant mon
écran, bouche et yeux grands ouverts. Rares sont les films a m'avoir fait oublier que je regardais un film, justement, et Koyaanisqatsi fait partie de ce club très privé... Un vrai chef d'oeuvre
tout simplement!
Au passage, Seb, je me permets de te conseiller L'ILE NUE de Kaneto Shindo... Toi qui aime les films contemplatifs je pense qu'on peut difficilement trouver mieux! Tu sais a quel point je n'aime
pas les films de ce genre, et pourtant, L'ILE NUE fait partie des quelques exceptions, 1h30 de quotidien, ou il ne se passe rien, un final émotionnellement fort, pas de dialogues, et une musique
sublime... Ca a suffi a me captiver et a me bouleverser. Ce film est tout bonnement sublime et je ne peux que te conseiller de te jeter dessus! N'ayant pas de dialogues, si tu comptes te
l'acheter, je recommande davantage l'édition anglaise a 10 livres que la française a 30€...
http://www.amazon.co.uk/Naked-Island-Masters-Cinema-DVD/dp/B0007Z0VX4/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1327856453&sr=8-1

Il les vaut!


 

Sebmagic 29/01/2012 18:20



Merci du conseil, je vais songer à l'acheter ! Et sinon je suis content que t'aies aimé Koyaanisqatsi qui est effectivement un bel OVNI assez déprimant. Clairement l'une des mes meilleures
expériences ciné !



Ze Ring 19/01/2012 23:17


Tu es passé à côté d'un chef d'oeuvre mon ami ^^

Sebmagic 20/01/2012 00:49



Je sais bien (ou je me doute bien), mais j'aurai tout le loisir de le regarder une autre fois ;)



Identity

  • : Vol au-dessus du 7e art
  • Vol au-dessus du 7e art
  • : Critiques subjectives d'un amoureux du cinéma.
  • Contact

Recherche Du Bonheur

Syndication (RSS)

http://idata.over-blog.com/3/93/29/14/hatRSS_white.png

Ne le dis à personne

 

Il est strictement interdit de redistribuer, copier, republier le contenu de ce blog sur votre site, blog ou forum

  Ce blog est sous la protection des Droits d'Auteur et de la Propriété intellectuelle. © Vol Au-Dessus du 7e Art & Sebmagic 2010 - 2014.

 

_______________

 visiteur(s) en ligne

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -