22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 15:36

           Loin d'être ma trilogie préférée, je dois admettre que cette saga est prenante et représente pour moi l'un des meilleurs pavés d'action réalisés récemment. Une sacrée histoire avec un scénario parfait, un personnage principal en béton et de l'adrénalyne. Même si, contrairement à la tendance générale (visiblement), je préfère d'abord La Mémoire dans la Peau, puis La Mort dans la Peau, puis La Vengeance dans la Peau, ils sont pour moi tous les 3 d'excellents films bourrés de qualités.

 

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  bourne trilogie

 

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                Les atouts de la trilogie


                Pourquoi cette saga est-elle si efficace ? Plusieurs ingrédients font de cette "Trilogie dans la Peau" une aventure prenante et originale. Tout d'abord, le personnage principal en lui-même, magistralement joué par Matt Damon (qui, avec Will Hunting, a montré de quoi il était capable).


bourne identity                Jason Bourne est un personnage atypique et attachant, parce qu'il ne sait absolument pas qui il est, ayant perdu la mémoire suite à une balle dans la tête. Ce qui fait la force du film et du personnage, c'est que Bourne est un personnage voué à la solitude. Les seules personnes qui connaissent les détails de sa vie sont les mêmes qui ont voulu le tuer et qui cherchent toujours à le tuer. Ainsi, il est obligé de découvrir la vérité par lui-même, en fouillant son passé à partir des très minces indices mis à sa disposition. Qui plus est, comme le spectateur découvre tout en même temps que Jason Bourne, on est concentrés sur les maigres informations afin de débrouissailler ce mystère avec lui. En plus, le scénario est fait de telle façon qu'on n'a aucun coup d'avance sur Jason Bourne (on ne sait pratiquement jamais rien avant lui), alors que lui a souvent un coup d'avance sur nous concernant ses méthodes de recherche et de combat (entraînant de grosses surprises assez jouissives). C'est à mon avis ce système qui fait la plus grande force de la saga. L'attention est d'autant plus canalisée que le scénario est parfois compliqué à suivre.


              Néanmoins, la solitude de Jason Bourne est également son avantage. Il agit seul mais n'a besoin de personne pour l'aider, ceci grâce à son passé de "machine à tuer" dont il a gardé tous les savoirs. Ainsi, même s'il ne comprend pas vraiment comment, il est capable de choses complètement folles, de façon quasiment innée. Je pense même qu'on peut ici employer le mot "inné", puisqu'après sa perte de mémoire il démarre une autre vie. Jason Bourne est donc un gros taré qui agit comme s'il connaissait par coeur tout ce qu'il doit faire. C'est ce qui fait encore la puissance de la saga : comme il est poursuivi activement et constamment, le personnage opère toujours en totale improvisation et doit réfléchir tout le temps, le cerveau en ébullition. Mais ses capacités intellectuelles, ses réflexes et sa débrouillardise en font un héros terriblement efficace, agissant extrêmement rapidement et de façon instinctive, comme si ses gestes peu banals étaient pour lui des habitudes quotidiennes, comme mettre son café au micro-ondes. Peu de films nous présentent de tels personnages de façon aussi réaliste (seul "Arrête-moi si tu peux" me vient à l'esprit).
bourne supremacy 2             Et ce réalisme vient non seulement du caractère du personnage, mais aussi de la mise en scène brillante. Le montage rapide et efficace offre des scènes d'une tension et d'un suspense hallucinants, comme les diverses courses-poursuites à travers les pays. Certaines scènes sont hautement improbables mais passent comme des lettres à la poste, car le personnage principal est tellement doué et imparable que ses actes en deviennent crédibles. Et la crédibilité vient du fait qu'à aucun moment de la trilogie on ne sait quel entraînement il a subi pour devenir aussi polyvalent : capable de se battre avec n'importe quel objet (même un magazine), de parler au moins 5 langues couramment, de réagir vite et silencieusement, etc. Bref, toutes ces compétences liées aux montages et aux rythmes des films (qui donnent l'étrange impression que l'histoire se tourne en temps réel alors qu'elle s'étend sur 3 ans) en font des thrillers haletants et fluides qui m'ont franchement attiré. Le seul réel défaut de réalisation est l'omniprésence de la caméra à la main. C'est certes une initiative nécessaire pour marquer la rapidité de la trame et des combats, mais l'image en souffre parfois.





               La mémoire dans la peau - ( The Bourne Identity - 2002 )

 bourne mémoire


              Pour moi, ce premier volet est le meilleur des trois. Même s'il est également le moins spectaculaire en terme de dégâts, il est également le plus prenant scénaristiquement parlant, parce qu'on découvre le personnage pour la première fois et qu'il intrigue. Le film démarre directement et l'évolution du personnage et du scénario sont époustouflants. A partir des très minces indices qu'il possède, il va utiliser son intelligence et des capacités qu'il ne connait pas encore. Il combat de façon naturelle (scènes extrêmement bien filmées), ou relève tous les numéros de plaque d'immatriculation par automatisme et se demande vraiment quel genre de personne il était avant. Si on ne comprend pas grand chose au début du film, les choses s'éclairent petit à petit et rendent le tout extrêmement stimulant et dynamique. Matt Damon, qui n'est pas l'acteur le plus expressif qui soit, trouve néanmoins ici un rôle en or. Autre élément positif du film : Franka Potente qui est une actrice assez peu visible sur grand écran malheureusement. L'héroïne de Lola Rennt est une actrice que j'adore et c'est vraiment dommage qu'on ne la voit pas plus souvent. Son personnage met du piment et offre un tandem intéressant, puisque c'est le seul personnage à qui Jason Bourne peut se confier et faire confiance. Il est dommage qu'on n'en sache pas plus sur le passé de Marie, qui ressemble finalement un peu à Bourne (solitaire et sans attache). Le "mauvais" personnage de ce film est joué par Clive Owen, qui était à l'époque encore assez peu connu. C'est un adversaire peut-être un peu moins charismatique que Karl Urban (du deuxième volet), mais tout aussi efficace.


bourne identity 2                    Le succès de La Mémoire dans la Peau, en plus du scénario bien mené, réside indiscutablement dans la mise en scène. Doug Liman fait preuve d'une grande virtuosité derrière la caméra qui donne un rythme effréné à la trame du film, celui-ci n'en devenant que plus puissant et énergique. C'est grâce à ce bon maniement de la caméra et des prises de vue que le premier volet de la saga se démarque de ses suites, je trouve en effet Paul Greengrass en dessous pour les deux suivants. Ici, les combats sont parfaitement bien filmés, de manière propre et concise, montrant toutes les capacités du personnage principal et de ses assaillants, tout en nous faisant entrer progressivement dans ce monde très privé des services spéciaux. Le rythme essoufflé est parfois adouci grâce à des scènes plus sensibles, le scénario s'attardant discrètement sur la relation obligatoire entre Marie et Jason. En résumé, même si le film est parfois difficile à suivre et qu'il ne faut pas le regarder en faisant autre chose, il représente pour moi une bonne petite référence en terme d'action.





               La mort dans la peau - ( The Bourne Supremacy - 2004 )

bourne mort


                Changement de réalisateur pour ce deuxième volet, qui signifie également une légère baisse de qualité de la mise en scène. Cependant, elle n'en reste pas moins diablement efficace et on ne peut pas dire que c'est une suite ratée. On retrouve Jason Bourne dans sa quête d'identité passionnante, avec un montage rapide et précis qui donne un rythme époustouflant au film. Je trouve La Mort dans la Peau un poil en dessous de son prédécesseur car certaines scènes (notamment les scènes de combat) sont tellement rapides qu'elles en deviennent assez mal filmées. Pourtant, le scénario est toujours au rendez-vous et le personnage principal explore son passé à la recherche de souvenirs, tout aussi curieux et avide que le spectateur qui découvre tout en même temps que lui. Comme je le disais plus haut, c'est ce qui fait une des forces de la saga : le spectateur n'a aucun coup d'avance sur Bourne (ou presque). Franka Potente est toujours aussi géniale et la disparition subite de son personnage est vraiment inattendu et génial, la trame ne cessant de surprendre le spectateur (la façon dont Bourne repère Pam Landy est fascinante d'inventivité).


bourne supremacy            Mais Jason Bourne n'est efficace que s'il agit seul, et c'est seul qu'on le retrouve pendant le plus gros du film. Cet épisode est lourd en révélations, avec des dialogues percutants, malgré quelques détails scénaritiques compliqués. Le film offre des scènes d'une tension et d'un suspense hallucinants, comme la course-poursuite en taxi à Moscou à la fin du film, sublimement orchestrée. Cette séquence est peut-être l'une des meilleures du film car elle un peu grosse mais jamais ridicule (effet que certains réalisateurs ne parviennent pas à rendre). Le nouvel adversaire de Bourne est donc joué par Karl Urban, qui fait un très bon boulot et dont le personnage parvient à rivaliser avec Jason Bourne. C'est encore un détail très positif de la saga : le héros n'est pas exactement identifié à un "super-héros exceptionnel", puisqu'on découvre qu'il existe des tas de personnages ayant les mêmes capacités que lui. Quant à la compagnie du héros, exit donc Franka Potente, c'est l'actrice Julia Stiles qui prend la relève (encore une actrice qui peine à sortir mais qui pourrait bien exploser au ciné) et apporte son lot de révélations à l'intrigue. Le film offre également une scène d'émotion extrêmement touchante (lors de laquelle Bourne va voir la fille de ses anciennes victimes pour tout lui expliquer), servie par une musique de qualité, qui montre que cette saga a priori "bien formatée" et rapide laisse également place à l'émotion. Effectivement, l'émotion et les baisses de tension sont rares et quand elles arrivent, on savoure. La conclusion du film sur fond de Moby est littéralement jouissive, d'autant que Extreme Ways est l'une des musiques les plus planantes qui soient. Le dénouement de La Mort dans la Peau est riche en révélations et signe déjà le début de la paix pour Jason Bourne (oula, faut que je me relise parce que "Jason Burne" ça le fait moyen).





               La vengeance dans la peau - ( The Bourne Ultimatum - 2007 )

bourne vengeance


                 Enfin vu le dernier volet de la saga, dont le DVD traînait dans le placard depuis presque deux ans (si ce n'est plus). L'intelligence du scénario est encore au rendez-vus, puisqu'on n'a pas exactement affaire à une "suite". En effet, La Vengeance dans la Peau surprend beaucoup lorsqu'au beau milieu du film, on revoit la dernière scène de La Mort dans la Peau, montrant ainsi que la première moitié du film ne suit pas la chronologie. C'est une chose qui n'avait jamais été fait dans toute l'histoire des suites de film, je pense, et c'est vraiment bien pensé. Outre cette belle astuce scénaristique, le film dirigé encore par Paul Greengrass est plus ou moins du même niveau que le précédent, car les nouveaux défauts et les nouvelles qualités se compensent. On peut ajouter à la liste des "nouveaux défauts" une intrigue parfois un peu trop compliquée, même pour les spectateurs ayant bien suivi les deux volets précédents. Autre détail fâcheux : la mise en scène perd encore en qualité. La caméra à la main est parfois très agaçante et son omniprésence nous empêche parfois de souffler, et l'enquête qui tourne autour de Bourne est un peu trop clichée et classique dans sa construction. Enfin, le personnage de Matt Damon perd à mon goût en saveur depuis le premier volet. A présent, Jason Bourne est bien conscient de ses capacités hors normes et semble un peu exagérer la chose et réalisant des prouesses vraiment "trop" exceptionnelles. C'est un peu l'effet John McClane, mais en beaucoup moins raté que Die Hard 4. Cependant, le tout est toujours aussi réaliste et le film regorge d'idées sublimes qui, en plus de surprendre les adversaires du héros, surprennent également les spectateurs. C'est-à-dire que le personnage principal a toujours un coup d'avance sur ses ennemis, mais également sur nous.


bourne ultimatum              A mettre dans les points (très) positifs : le retour de Julia Stiles qui a un personnage à double tranchant toujours aussi intéressant. L'opposition entre Pamela Landy et Noah Vosen est également plaisante à suivre (même si le film insiste parfois trop dessus, ce qui implique des longueurs évidentes). Mais surtout, toutes les révélations de la fin de la saga, qui permettent de mieux comprendre l'histoire de Jason Bourne. Cependant, j'ai eu un arrière-goût un peu amer concernant la fin de cette histoire. En effet, on connait maintenant les origines de Jason Bourne (via une scène puissante que je ne vais pas révéler ici), mais la question qui suit est inévitable : qu'en est-il de David Web ? Le personnage de Matt Damon a eu finalement "trois vies" différentes. La troisième est celle de l'après perte de mémoire qui fait l'objet de toute la saga. La deuxième est celle de Jason Bourne version 1, "l'après-David Web" qui est dévoilée tout au long du film. Mais il subsiste la première vie du personnage, celle qui m'intrigue énormément mais ne voit aucune réponse. Il me parait pourtant indispensable de savoir ce qui a poussé David Web à lâcher toute sa précédente vie pour devenir quelqu'un d'autre, et c'est justement ce qui ne nous est jamais révélé. Légèrement dommage car je suis du coup inévitablement resté sur ma faim. Autre détail : il nous est suggéré un instant que Nicky était importante dans la vie sentimentale de Jason Bourne (avant sa perte de mémoire), mais ce petit mystère qui semble faire souffrir Nicky n'est jamais élucidé ou réglé. Cependant, le film est brillant et fort en émotion, et achève la saga sans grosse déception de ma part, d'autant que La Vengeance dans la Peau se conclut encore sur Extreme Ways de Moby, qui me file des frissons.






bourne ultimatum 2


                 Pour conclure, cette saga n'est clairement pas parfaite et il subsiste des défauts évidents de mise en scène, ainsi que deux ou trois longueurs (assez rares cependant), mais la trilogie est efficace et extrêmement divertissante en terme d'action et de trame scénaristique. Une belle aventure qu'il est bon d'avoir vu.






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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

Grandasse 18/04/2013 19:13

Je suis assez fan de cette trilogie, je me suis acheté les DVD dont quelques bonus sur la réalisation qui sont super intéressants. (on peut voir un caméraman qui saute avec lui d'un immeuble à l'autre jusque dans une fenetre, simplement retenu par 2 ou 3 cables...
(ça faisait un bail que j'étais pas revenu visiter ton blog ;) )
Je crois que je préfère les Bourne aux derniers james bond !

Sebmagic 18/04/2013 19:40

Tiens tiens, un Grandasse !

J'aie bien aussi cette trilogie, même si elle a ses longueurs je trouve. J'ai jamais pris le temps de regarder les bonus (je devrais faire ça plus souvent sur plus de films d'ailleurs !), mais ça me semble intéressant, d'ailleurs je me souviens très bien de cette scène à travers la fenêtre, excellente !

Sinon je ne peux pas comparer aux James Bond, j'en n'ai jamais vu (ou disons la moitié de 2 d'entre eux, mais ça m'a jamais emballé du tout, je ne comprends pas tellement que ce personnage soit aussi majeur dans l'histoire du cinéma).

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