5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 15:52

          Le film est sorti mercredi et j'étais assez pressé d'aller le voir même si je ne savais pas bien à quoi m'attendre. Le synopsis promettait un film mêlant histoire vraie, émotion et une pointe d'humour, et j'ai eu exactement tout ce que j'attendais de cette magnifique fresque historique méconnue. C'est clairement un film à voir en VO. Je n'imagine pas ce que doit donner le doublage mais l'interprétation de Colin Firth est tellement extraordinaire qu'il ne faut pas la louper. Le film raconte l'arrivée sur le trône de George VI, le père de l'actuelle Reine Elizabeth d'Angleterre. Peu après la mort de son père George V, le prince Albert doit prendre le relais contre son gré et malgré son bégaiement qui l'handicape.

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           Le Discours d'un Roi a été nominé et récompensé un très grand nombre de fois et pour moi c'est amplement mérité. En allant voir le film au cinéma, je ne m'attendais pas à apprécier autant cette histoire des plus poignantes. Historiquement parlant, c'est vraiment intéressant car on nous présente un pan de l'Histoire que peu de monde connait. Colin Firth incarne le roi George VI qui, suite à l'abdication de son frère aîné Edward VIII (Guy Pearce), fut forcé de prendre le trône. Déjà, la courte prise de pouvoir du roi Edward III à été marquante dans l'Histoire, puisque c'était la première fois qu'un monarque d'Angleterre a abdiqué de son plein gré, par amour. Effectivement, il était amoureux d'une américaine deux fois divorcée, Wallis Simpson. Or, l'Eglise empêchait le remariage après un divorce, donc Edward III ne pouvait pas se marier avec elle et a choisi de passer le pouvoir à son frère cadet.



Discours-d'un-roi-4          Mais celui-ci, le Duc d'York Albert, dit "Bertie", souffre d'un grave bégaiement qui l'empêche de s'exprimer correctement en public. Même si on pourrait éventuellement croire que ce problème porterait à rire pendant le film, ce n'est pas du tout le cas (heureusement). La personnalité de cet homme est touchante, car il est fragile, il n'a pas confiance en lui et ne souhaitait absolument pas prendre la tête du pays. Face à la montée du nazisme en Europe, il doit prononcer un discours à la fois fort et rassurant, destiné au monde entier, afin de s'opposer au régime d'Hitler. Et son atroce bégaiement le rend vraiment très humain et bouleversant. Le film débute avec une scène perturbante, qui met tout de suite dans l'ambiance en nous montrant à quel point son handicap peut être gênant et malheureux. Sa hantise du micro le poursuit jusqu'à la fin du film qui constitue l'une des scènes les plus stressantes, puissantes et émouvantes que j'ai pu voir. Le dénouement est vraiment un sommet de tension, comme si le spectateur était lui-même entrain d'aider mentalement le pauvre homme à s'exprimer correctement. Il est difficile de ne pas frissonner tant c'est puissant et efficace.



Discours-d'un-roi-3          Le film est porté par un casting merveilleux, et j'admets que je ne pensais pas trouver Colin Firth aussi bon (même si j'adore ce comédien, notamment dans La Jeune FIlle à la Perle ou Love Actually), disons qu'il ne fait pas partie de mes préférés. Cet acteur est grandiose, il mérite son Golden Globe et je ne serais absolument pas surpris de le voir prendre l'Oscar du meilleur acteur. La prestation qu'il nous offre ici est magistrale, bouleversante, criante de réalisme et d'authenticité. Tout passe par le regard, les mimiques et la sensibilité, l'acteur incarnant à la perfection la fragilité et la souffrance de ce Roi qui perd facilement ses moyens mais jamais sa volonté. Au niveau des acteurs, comment ne pas citer Geoffrey Rush ? Je ne le connaissais que de Pirates des Caraïbes et il est parfait d'un bout à l'autre. Il campe le thérapeute Lionel Logue, l'orthophoniste aux méthodes peu banales qui va tenter de guérir le bégaiement du Roi. Parfait, monumental, l'acteur est juste génial d'un bout à l'autre et très surprenant. Le personnage en lui-même est intrigant, n'hésitant pas à appeler le Roi par son petit surnom afin d'instaurer une situation d'égal à égal dans son cabinet. Ce personnage donne lieu à de nombreuses pointes d'humour british très bienvenues, on ne s'ennuie jamais pendant les deux heures, ce qui est un exploit car le sujet de départ aurait pu rapidement devenir lassant. On rit assez souvent, notamment devant l'audace et le culot dont fait preuve Logue à l'égard de son patient. L'humour passe également beaucoup par Colin Firth, car son personnage n'hésite jamais à faire de l'autodérision vis-à-vis de son handicap de langage.



Discours-d'un-roi-5           L'évolution de la relation entre les deux hommes est touchante, le docteur devenant peu à peu le confident du Roi, son seul véritable ami. Logue est quasiment un psycho-logue, cherchant à connaître les moindres détails qui ont pu pousser Bertie à développer ses difficultés. Ce lien puissant entre les deux personnages est vraiment intense et donne lieu à des scènes sublimes, très fortes en émotion. Le thème de l'enfance malheureuse est parfaitement traité et on a du mal à retenir l'émotion qui nous submerge lorsque le Roi George VI craque littéralement, Colin Firth étant vraiment très charismatique et poignant. Le film nous montre d'ailleurs un côté de la thérapie intéressant : le fait de s'intéresser aux causes d'un problème plutôt qu'au problème lui-même. C'est même la grande différence entre les orthophonistes inefficaces du début du film et Lionel Logue qui lui, va chercher loin dans le passé. Il est dingue de voir à quel point le film peut être passionnant alors que l'idée de base (le bégaiement d'un roi) est relativement peu captivante, car on a là un film qui ne parle pratiquement pas de politique (elle est reléguée au second plan, ce que certains ont trouvé dommage mais qui ne m'a personnellement pas dérangé) mais nous montre un homme qui souffre, devant gérer deux énormes problèmes en même temps. Le film est beaucoup axé sur l'importance des mots et de l'élocution des orateurs, comme en témoigne cette scène où George VI regarde un discours d'Hitler, que sa fille (la future Elizabeth II) lui demande "Qu'est-ce qu'il dit papa ?", ce à quoi il lui répond "Je n'en sais rien, mais il le dit bien". Ca montre à la perfection que la forme d'un discours a autant d'impact que son fond, ce qui fait d'ailleurs assez peur.



Discours-d'un-roi-1           De même, les décors et les costumes sont magnifiques et très bien réussis. Helena Bonham Carter (qui a été un argument non négligeable dans mon envie de voir le film) est bien différente de ses rôles habituels. Elle n'est plus du tout dans le registre déjanté d'un Fight Club, d'un Harry Potter ou des films de Tim Burton. Elle campe la femme de George VI avec délicatesse et angoisse, toujours présente auprès de son mari pour le soutenir et lui redonner confiance en lui. Cette actrice montre clairement qu'elle est l'une des meilleures du moment, bien loin des strass et paillettes. Une femme simple avec beaucoup d'humour que j'admire beaucoup. Pour continuer avec les seconds rôles, il faut citer Timothy Spall (le Peter Pettigrow de Harry Potter) dans le rôle de Winston Churchill. Drôle et original. De même, j'ai étonné de voir un Michael Gambon relativement correct dans le role de George V (j'ai tendance et ne pas supporter cet acteur qui a quand même détruit le personnage de Dumbledore au cinéma, et oui ça fait beaucoup de monde de Poudlard en même temps !). En terme de réalisation, on a encore du haut niveau avec des plans et des cadrages d'une extrême beauté, soignés, qui mettent en exergue le talent incroyable des acteurs et notamment de Colin Firth. Bref, tout est brillant dans ce drame sublime que j'ai adoré d'un bout à l'autre, sans parler des musiques sublimes (notamment à la fin du film, mon dieu mais quelle scène !). Le compositeur Alexandre Desplat a fait un boulot excellent, comme souvent.


          Bref, 12 nominations pour les Oscars qui ne sont, à mon goût, pas exagérées. Un biopic grandiose et magistralement interprété dont je retiendrai surtout le dernier face-à-face entre "Bertie" et Logue pour le discours final, un grand moment de cinéma. Un pur bijou dont je suis sorti subjugué.





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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

Le veilleur 06/03/2011 11:24



Oui je m'en doutais ;) En tous cas de très bons films au ciné en ce moment, la BA m'a donné envie de voir Black Swann que tu as apparemment adoré, un des prochains je pense.



Sebmagic 06/03/2011 11:59



Ah oui Black Swan, absolument génial ! C'est le film à voir en priorité



Le veilleur 06/03/2011 09:06



Oui par écrit c'est vraiment différent mais petite question...True Grit, ça fait si peur que ça ?  Ahahah, ça me rassure ce genre d'anecdote^^



Sebmagic 06/03/2011 11:08



Non mais le mec qui gémissait c'était un TOC, et la vieille à côté elle exagérait tout c'était horrible. True Grit ne fait absolument pas peur !



Le veilleur 06/03/2011 00:50



Je crois qu'en général je les attire, pas d'autre solution :D Mais là ça allait encore (les séances en VO ont quand même un pubic assez respectueux) mais je suis d'autant plus sensible
à ce genre de détail que le film est beau, d'ailleurs après une séance en général il ne faut pas trop me parler, bavarder du film immédiatement après le film pas trop mon truc^^



Sebmagic 06/03/2011 02:38



Ouais moi aussi j'ai du mal à dire ce que j'ai pense de toutes façons. Par écrit ça passe beaucoup mieux. Sinon je les attire un peu aussi, quand jsuis allé voir True Grit c'était horrible (une
vieille à droite qui stressait à fond et poussait des cris, et à gauche un mec bizarre qui couinait, brrr).



Le veilleur 06/03/2011 00:03



Après quelques semaines de retard j'ai enfin vu Le Discours d'un roi ! (en VO bien sûr) Colin Firth est vraiment épatant, bouleversant. Tout est à la fois très classique et très soigné, je trouve
que le plus intéressant se trouve dans l'interprétation et la psychologie des personnages. Le film brille par son élégance, sa sobriété, c'est remarquable et ça permet de placer au premier plan
la performance des acteurs. La musique et les plans les accompagnent discrètement. Colin Firth mérite amplement son oscar.


Certaines scènes pouvaient prêter à sourire mais les gens n'ont pas conscience de ce que le bégaiement peut représenter, j'ai maudit certains voisins qui riaient un peu trop à mon goût. Dans le
film, rien n'est oublié, l'enfance du personnage, ses rapports avec son père, puis son frère. La scène où il parle de ses nourrices m'a marquée. Cet homme extrêmement discret bout intérieurement
quand il ne peut pas s'exprimer, son rapport au monde est si délicat. Par son statut, il doit toujours être mesuré en société, sans jamais pouvoir agir spontanément, le regard des autres est
omniprésent, surtout quand on voit les tableaux des ancêtres qui l'observent, l'attente qu'on a de lui agit comme un puissant paralysant. Le bégaiement est admirablement traité.


Geoffrey Rush, Timothy Spall, pendant tout le film j'avais bien l'impression de les avoir déjà vu quelque part, je comprends mieux maintenant...



Sebmagic 06/03/2011 00:36



Belle critique pour ce film, t'as tout bien résumé, je suis content que le film t'aie plue ! Dommage en effet que des gens riaient à côté de toi, je n'ai pas eu ce problème heureusement.



Le veilleur 05/02/2011 23:43



Pas encore lu la critique-encore devancée : j'y vais demain



Sebmagic 06/02/2011 00:36



Héhé, j'espère que tu vas le voir en V0, il est franchement génial. C'est bien parti pour être l'un de mes films préférés de l'année.


 


Bonne séance !



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