13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 11:03

           En 1957, 30 ans avant Full Metal Jacket, Kubrick s'attaque déjà à la guerre (pour la deuxième fois depuis Fear and Desire) et nous sort encore un chef d'oeuvre. Pendant 1h30, il dépeint plusieurs aspects de la guerre 14-18 en dénonçant les difficultés de celle-ci ainsi que la cruauté des supérieurs à l'égard des soldats.

 

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sentiers de la gloire

 

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          Ce film montre particulièrement que Kubrick pouvait toucher à de nombreux sujets sans jamais se planter. Emotion, humour,  cynisme : tout y est, et Les Sentiers de la Gloire a d'ailleurs été longtemps censuré en France puisque sa première sortie dans nos cinémas s'est fait en 1975. Avec toute l'ironie dont il fera encore preuve dans Full Metal Jacket, le cinéaste décrit des personnages sans coeur, certes caricaturaux mais on ressent toute la sincérité de Kubrick. Qui plus est, il filme la guerre de façon sublime et réaliste, la caméra se déplaçant sur le champ de bataille et dans les tranchées avec de très beaux plans-séquences. Il ne filmera jamais l'armée allemande, mais n'hésite pas à dénoncer les rapports entre officiers et soldats dans l'armée française, ce qui a certainement joué dans la censure du film. Il est assez rare de voir dans un film de guerre une opposition au sein d'une même armée, au lieu d'une confrontation entre deux armées.


        Kubrick porte beaucoup d'attention à la "résistance" d'un colonel qui fait face à ses supérieurs pour défendre des soldats. L'une des meilleures scènes du film, celle du procès, est une pure merveille dans sa réalisation et ses dialogues. Le procès met en exergue le ridicule de l'accusation, et met en valeur le colonel Dax joué par Kirk Douglas, acteur qui fait ici un boulot fabuleux, tout comme Ralph Meeker en parfait salaud. Toute la scène fait rire par l'absurdité des arguments accusateurs, mais on rit un peu jaune et c'est ça qui fait la force du film. Suivra ensuite le verdict et son application dans une scène magnifique et émouvante, mais cruelle. Stanley Kubrick ne nous sert aucun détail inutile, tout est passionnant, jusqu'au léger chantage fait au général Broulard. On saluera aussi George MacReady dans le personnage du général Mireau, qui paraît sympathique dans ses premières secondes mais virera rapidement dans la facilité, corrompu et odieux. Pour finir, le film se termine en émotion avec cette scène finale absolument magnifique et qui émeut forcément le spectateur. C'est filmé avec tant de beauté et de sensibilité que la larme est proche. Tous ces plans sur les visages des soldats sont poignants et concluent le film de façon à la fois déprimante et optimiste : ces mêmes soldats qui qualifiaient l'allemand de "langue non civilisée" se retrouvent émus et soudés sur une chanson allemande. C'est beau, c'est intelligent, c'est du Kubrick.


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