28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 17:31

    Shutter Island est un excellent film dont j'ai déjà fait une critique ici. Cette critique avait été faite après mon premier visionnage. Mais, maintenant que j'ai eu le temps d'y réfléchir un peu et que je viens de le voir une deuxième fois, en toute connaissance du retournement final, je vais essayer de vous faire partager mon explication de la fin du film, twist que je trouve extrêmement intéressant car très très riche en interprétations.

    Cet article révèle la fin du film et du livre, il est destiné aux personnes l'ayant vu ou lu.
 

Indice Spoiler : Spoiler3   

 

Shutter-Island diaporama

 

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    Je tiens d'abord à préciser que cette interprétation n'engage que moi. C'est celle qui m'a parue la plus logique au vu des explications du docteur à la fin du film dans le phare. Je n'ai toujours pas lu le livre et n'ai donc sûrement pas connaissance de certains détails, mais j'espère en avoir compris l'essentiel.

    Autre chose, j'ai remarqué qu'en voyant le film deux fois, on assiste vraiment à deux films totalement différents. Dès qu'on sait que Teddy est fou, et qu'il est en fait le 67e patient, chaque scène, chaque dialogue, et même les gestes et réactions des personnages, sont perçus d'un point de vue totalement opposé.

    Je tiens aussi à revenir sur le nombre de patients. Quelques personnes ne comprennent pas pourquoi, à la fin du film, le docteur dit à Teddy qu'il est le 67e patient (et non le 66e comme le prétendent certains). En effet, sachant que Rachel Solando n'existe pas, ils ne seraient donc que 66 en tout. Cependant, il faut juste garder à l'esprit qu'au moment où le docteur parle de "24 patients dans le bloc C" et "42 patients dans les blocs A et B", il ne prend pas en compte Teddy, qui est donc bien le 67e. Par contre, Teddy pense qu'il compte les 66 patients en incluant Rachel, et donc qu'il y en a un 67e quelque part. Et c'est d'ailleurs l'objectif de tout le monde : le pousser à se poser des questions et à réaliser que le 67e, c'est lui.

Shutter-Island

 

    En effet, on remarque pendant toute la durée du film que les patients, les docteurs, et le psychiatre (qui se fait passer pour son coéquiper) mettent tout en oeuvre pour qu'il réalise qui il est vraiment. Plusieurs éléments en sont la preuve, et je vais les exposer ici. Tout d'abord, le mot censé avoir été écrit par Rachel Solando fait mention d'un 67e patient : "Qui est le 67 ?". A ce moment, les docteurs et le personnel qui ont, bien sûr, mis ce papier ici exprès, font semblant de ne pas y voir de rapport avec le nombre de malades. Pourquoi ? Parce que Teddy doit faire le chemin seul, il doit comprendre par lui-même. Mais une fois qu'il réalise que le papier parle d'un 67e patient, il ne fait absolument pas le rapprochement avec lui-même, la mémoire ne lui revient pas, ce qui paraît logique. Mais pendant tout le reste du film, tout le monde va essayer de lui faire réaliser qui il est, en vain. Obstiné, il ne parvient pas à y voir clair ni à comprendre les efforts qu'ils font pour le "réveiller". En effet, le personnage de Rachel (censée avoir disparue) que Teddy pense venir chercher sur l'île au sein de son enquête n'existe pas. Cependant, les docteurs l'ont créée, en lui attribuant les crimes de la femme de Teddy : elle aurait noyé ses trois enfants dans le lac et aurait voulu les faire dîner quand même, ce qui sont exactement les faits traumatisants qu'a vécu Teddy et qui l'ont poussé à se renfermer et se créer une fausse réalité. En recréant une patiente qui a les mêmes antécédants que le drame qui a gâché la vie de Teddy, ils comptent lui rendre la mémoire, lui provoquer un déclic qui le ramènerait à la raison. Mais ça ne marche toujours pas. Un autre exemple, c'est lorsque cette soi-disante patiente évadée semble être prise de folie et croit voir en Teddy son mari. Elle le serre dans ses bras, lui disant qu'il est son mari, puis lui criant "Mais mon mari est mort, alors QUI ES-TU ? QUI ES-TU ?"... Une question que prend Teddy en pleine poire, visiblement interloqué. Mais ça n'aura pas suffit à ce qu'il se remette en question.

    Tout ceci fait donc partie du plan du docteur, qui veut à tout prix guérir Teddy par la psychanalyse, en lui faisant comprendre par lui-même qu'il a inventé une grande partie de sa vie. Mais il n'y parviendra pas.

shutter-island09-6-11

    D'autres indices sont vraiment bien cachés, notamment dans les paroles et les comportements de certains personnages. Au début, on croit que si les docteurs ont peur d'adresser la parole à Teddy ou de croiser son regard, c'est parce qu'ils ont quelque chose à cacher, qu'ils veulent lui mentir. Ce qui pousse Ted à continuer son délire paranoïaque. Or, ils ont peur tout simplement parce qu'il est le détenu le plus dangereux de l'hôpital et qu'ils appréhendent son comportement. De même pour l'un des médecins qui, à la fin, se retrouve face à lui avec une seringue pleine de sédatif. Ted croit que c'est pour l'empêcher de quitter l'île, alors que c'est tout simplement une protection au cas où il l'attaquerait. Enfin, parlons de son "coéquipier", Chuck, qui est en fait son psychiatre. Une fois qu'on sait qui est réellement cet homme, tous ses gestes prennent un autre sens. Il sourit régulièrement au docteur, il a du mal à enlever son pistolet de sa ceinture (car ce n'est pas un marshal), il essaie de pousser Teddy à se poser des questions sur lui-même. Des questions du style "Qui est Andrew Laeddis ?".

 

    Ce qui est fort avec ce film, c'est qu'au premier visionnage, on se place du point de vue de Teddy Daniels. Chose qu'on ne peut plus faire après avoir compris le dénouement, puisqu'alors on prend un point de vue totalement extérieur, comme si nous étions nous aussi des médecins, attendant de voir notre patient réagir. Mais ça n'arrive jamais, et c'est assez désespérant. Une scène en particulier en est l'exemple. A un moment, Teddy croit que les docteurs veulent faire de lui leur 67e patient, en lui faisant croire qu'il n'a jamais eu de coéquipier et qu'il serait peut-être fou. Il pense qu'il va être pris au piège, que tout le monde va le faire passer pour un fou afin de le transformer en un patient, et donc en cobaye pour les expériences. D'où la question que posent le docteur et Teddy chacun leur tour : "Quel coéquipier ?". Ceci est renforcé par le fait que Teddy rencontre une femme dans une grotte qui lui demande de fuir, car ils vont se servir de lui en le faisant passer pour fou. En fait, quand on se place de l'autre point de vue (et c'est totalement génial), on se rend compte qu'avec la question "Quel coéquipier ?", le docteur souhaite juste lui faire prendre conscience que ce n'est pas son coéquipier, qu'il est en fait son psychiatre. Mais il ne peut pas encore lui dire directement, car ça serait un échec. Et le scénario est ultra bien foutu car maintenant on sait que la femme dans la grotte n'est qu'une hallucination, que Teddy se l'imagine dans le but de se rassurer, pour lui confirmer qu'il se passe réellement des choses louches. Pour s'empêcher de revenir à la dure réalité dans laquelle il a tué sa femme, qui elle-même a tué ses enfants.

Shutter-Island 2

    Ensuite, je voudrais parler du rêve qu'il fait à un moment, où il parle à sa femme et lui dit qu'il ne veut pas se réveiller, ceci au milieu des cendres qui tombent partout sur le sol... Cette scène est sublime, notamment grâce à la musique, "On The Nature Of Daylight". Lors du premier visionnage, on ne comprend pas pourquoi de l'eau coule sur les mains de Teddy, puis on ne comprend pas d'où vient le sang qui coule du ventre de sa femme qui était censée avoir péri dans un incendie. On croit juste que comme c'est un rêve, il n'est pas nécessairement cohérent. Là encore, il prend son sens puisqu'inconsciemment, Ted se souvient des circonstances de la mort de sa femme. L'eau qui coule de ses mains est l'eau du lac, duquel il sort ses enfants noyés, tandis que le sang vient du coup de feu qu'il lui a administré.
 

    Puis, autre élément très intéressant dans ce film : le fait que Teddy Daniels recherche particulièrement Andrew Laeddis dans l'hôpital, alors qu'il est Andrew Laeddis. C'est vraiment génial puisqu'on réalise qu'inconsciemment (encore), il est à la recherche de lui-même, qu'il cherche sa propre identité dans l'hôpital, sans pour autant s'en rendre compte.


    Pour finir, j'aimerais discuter un peu de la toute fin du film. Le psychiatre Sheenan pose une question à Andrew en l'appelant "Ted" afin de vérifier qu'il est bien guéri. Mais Andrew ne réagit pas, il recommence son délire et parle à son partenaire "Chuck". La fin peut être interprétée de deux manières différentes à cause de la phrase de Ted : "Vaut-il mieux vivre en monstre ou mourir en homme bien ?". Cette phrase me laisse personnellement perplexe. Cela veut-il dire que Teddy fait semblant de rechuter ? Ainsi, il sait pertinemment qu'il sera lobotomisé et pourra définitivement échapper à son sombre passé ? Mais la phrase ne correspond pas tant que ça au contexte, puisque même s'il est lobotomisé ainsi, ce n'est pas pour ça qu'il mourra en homme de bien... Deuxième version : on peut tout simplement penser qu'il rechute réellement et que cette expérience représente un échec total pour la psychanalyse. Je n'ai pas d'avis tranché même si j'ai cru comprendre que le livre penchait vers la deuxième solution.
 

 


    Voilà pour ce film au twist final plus qu'extraordinaire, car il implique de nombreuses questions.


       Voir aussi : Les meilleurs films de 2000 à 2010, Les 20 fins de films les plus surprenantes, Shutter Island (critique), Inception (critique détaillée).





 

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Published by Sebmagic - dans Scènes de films-séries

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Commentaires

R.T. 02/10/2017 14:42

Je n’ai pas encore lu le livre que je devine merveilleux.
Pour moi, le film met en images et sont divins une réalité douloureuse au début et monstrueuse par après.
Ted, militaire américain subit un premier traumatisme quand, délivrant un camp de concentration en Allemagne nazie, se retrouve devant la réalité monstrueuse des montagnes de cadavres et de prisonniers survivants squelettiques. Au lieu d’agir par le bon sens, en appliquant les lois de la guerre, lui et ses collègues choisissent la facilité en agissant sous le coup de l’émotion en tuant tout le personnel du camp.
Or on sait depuis que PAS tout le personnel d’un camp de concentration était coupable des horreurs qui se passaient sur leur lieu de travail ; ils n’étaient pas tous des monstres.

Rentré traumatisé de la guerre, notre brave Ted, au lieu de soigner son traumatisme à l’aide d’une bonne thérapie et/ou des médicaments, il le traite à coup de whisky, de sensations fortes dans son boulot de marchal et de sexe. Je dis bien de sexe, car il ne trouve pas mieux à faire que de se marier et faire des enfants avec une folle. Sa femme est visiblement une bipolaire. On sait à quel point une bipolaire peut être souvent séduisante et chaude mais dangereuse sans traitement. Avoir des relations sexuelles avec une telle personne cela le regarde, c’est son choix, mais lui faire des enfants et la laisser seule et sans traitement avec ces êtres innocents, ce n’est plus un choix mais une monstruosité.

Une bipolaire sous traitement (lithium) perd tout son charme et devient un être fade et froide mais sans danger. Imaginez un seul instant la jolie Catherine Zeta Jones devenue subitement une none sage qui te regarde sévèrement. Pas de quoi intéresser un alcoolique comme notre cher Ted.
Ce brave Ted, qui se croit plus malin que les autres, toujours traumatisé de ses années de guerre n’a pas besoin à ses côtés d’un être fade, presque normal, mais d’une chaudasse sexy, qui avec le whisky et les sensations fortes de son boulot l’aident à combattre tant bien que mal les angoisses de son traumatisme de guerre. C’est plus agréable de traiter son traumatisme par ces moyens agréables (mais inefficaces) au lieu de suivre une thérapie ennuyeuse. C’est du classique, banal et très connu.

Sa folle et sexy femme donne un premier signe de folie avérée en mettant le feu à leur appartement : les enfants s’en sortent par miracle. Mais cela ne pousse pas ce chic Ted à prendre des mesures, à part déménager sa chouette famille dans un endroit plus près d’une source d’eau, un étang, au cas où la folle aurait à nouveau envie de mettre le feu, que les dégâts soient moins importants et qu’elle puisse elle-même éteindre le feu. Seulement la folle n'aime pas se répéter. On sait que le bipolaires aiment la diversité. Elle ne compte pas remettre le feu cette fois-ci, mais s'y prendre autrement pour se divertir.

Il pouvait faire ce qu’il voulait de sa vie, mais il n’avait pas le droit de mettre en danger la vie de trois êtres innocents, SES ENFANTS. Il avait le choix entre mettre sous traitement sa folle épouse, la calmer et se traiter aussi lui-même pour être un simple père aimant et casanier qui rentre à la maison après son boulot, ou continuer sa vie de débauché et irresponsable qui après son boulot se saoule avec ses copains et rentre à la maison où une folle séduisante et toute aussi irresponsable que lui l’attend.

Ce qui devait arrivait, c’est à dire l’irrémédiable arrive : la folle en quête des sensations fortes tue leur trois enfants. Ébahi, notre sympathique Ted, reproduit ce qu’il a fait au camp de concentration : il tire sur la « coupable », alors que le vrai coupable c’est lui, car personne ne l’a obligé à se marier à une folle, à la laisser sans traitement (juste parce qu’elle était si sexy SANS) et encore moins à lui FAIRE DES ENFANTS.

Or la réalité monstrueuse qu’il fuit dans son délire de schizophrène paranoïaque et qui le rend si agressif et dangereux pour les autres au point de nécessiter une lobotomie, c’est qu’il a PRÉFÈRE être un débauché alcoolique (un monstre comme il le dit à la fin du film) et que son attitude irresponsable a conduit à la mort de 3 êtres innocents, ses propres enfants.

Souvent le drame des fous est qu’ils veulent EN MÊME TEMPS les plaisirs de la folie et les avantages sains mais fades de la normalité (une vie de couple normal avec enfants). Or, on ne peut pas avoir les deux : être le débauché de service (alcool, sorties, sexe …) et mener une vie normale de famille. Il faut choisir, équilibrer ... sinon on court droit à la catastrophe. Et notre brave Ted, lâche jusqu’à la fin a choisi, la lobotomisation, autrement dit : être aveugle, « ivre » jusqu’à la fin de ses jours et ne pas se remettre en question afin de ne pas souffrir. Ou rester comme il est - un agressif délirant - à taper sur les autres au lieu de « taper » sur lui-même.

Les psychiatres décident de le « calmer » tout simplement, car ils ne peuvent pas se permettre le luxe de lui assigner 3 personnes à s’occuper 24h/24 h rien que de lui ; c’est ce qui nécessite un fou dangereux qui ne veut pas se soigner et qui refuse de prendre son traitement.

Des vrais génies ;-) ceux qui savent faire un film si merveilleux d’une réalité si sordide illustrant la cupidité et lâcheté d’un être humain.

Nicolas L. 13/09/2017 21:16

J'ai adoré ce film et je viens de le revoir pour la 5è fois ce soir, et voici mon interprétation que je viens tout juste de réaliser.
En effet, il y a un détail CAPITAL à la fin.
Alors que le psychiatre vient voir Andrew/Ted, au départ il ne lui dit pas "hello boss" (je regarde le film en V.O.), mais juste hello, il attend donc de voir ce qui va suivre, et de suite Andrew retourne dans son délire, et lorsque les gardes/infirmiers viennent avec les outils de lobotomisation, Andrew les aperçois et là, tout se joue là pour comprendre la fin du film, il lance sa phrase au psychiatre/Chuck (ne vaut il pas mieux vivre en monstre ou mourir en homme bien?" et alors IL SE LEVE POUR ALLER VERS LE PERSONNEL QUI A LES OUTILS ALORS QU ILS NE SONT PAS ENCORE VENUS A LUI. Ceci nous indique donc en fait que Andrew/Ted a voulu en quelque sorte en finir. il simule une rechute qui va aussitôt entrainer sa lobotomisation comme le docteur lui a dit plus tôt, il le sait et suit du regard les outils dans la main de l'infirmier juste avant de lancer sa phrase et se lève pour en finir, sorte de chaise électriqueJe pense qu'au contraire ce jeu fut le bon, après cela il sait enfin pourquoi il est là et ce qu'il a fait pour, et il veut en finir. C'est pour cela aussi que le psychiatre l'appellera "Ted" au moment où il part, car il va "mourir" en tant que Ted (l'homme bien).
Alors pourquoi le terme de "monstre"? parce que tout simplement ces psychiatres, directeur, personnel sont TOUS au courant de ce qu'ils font, et ce sont eux (aussi) des monstres qui torturent

Nicole walliser 23/06/2017 11:29

Ah oui et j'oubliais sa femme est donc réellement simplement morte dans un incendie mais les cigarettes et les médicaments qu on lui donne la bas le font délirer

Nicole walliser 23/06/2017 11:28

Mon interprétation c est qu'il est vraiment Marshall et qu'il a fait des recherches sur l'asile psychiatrique. Il a découvert des choses et il a surtout posé des questions. On l'a fait interner pour ça et on lui a fait croire qu il est fou. À la fin du film il a eu un déclic avec la fameuse phrase: Vaut-il mieux vivre en monstre ou mourir en homme bien ?". Je la comprends comme ça: vaut il mieux vivre en monstre -> pour le psychiatre et tout le personnel au courant qu il va se faire lobotomiser le cerveau / mourir en homme bien -> il parle de lui même (il est un homme bien, il n a jamais tue personne et il lui ont fait croire qu il était fou car il avait appris trop de choses)

DreamOn 26/02/2017 21:52

Pourquoi la possibilité de la réalité du complot n'est-elle pas prise en compte ?

BGF 06/07/2017 16:05

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