10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 12:49

       Je suis allé cette après-midi voir Take Shelter pour la deuxième fois au cinéma et ça confirme clairement mon ressenti initial : puissant chef d'oeuvre qui m'a fait trembler de partout, tellement que quelques larmes ont débordé. Ce deuxième visionnage m'a permis de réaliser que le film a deux lectures possibles selon le point de vue, et que l'émotion est aussi intense des deux côtés. Ca relève du génie. C'est bien simple, Take Shelter est un gros mélange de tous les films que j'adule : The Tree of Life pour la beauté des plans (et la géniale Jessica Chastain), Shutter Island (Michael Shannon est une énorme découverte pour ma part, une vraie perle qui n'a vraiment pas à rougir de Dicaprio pour le coup), Melancholia pour les émotions refourguées (et pas vraiment pour le scénario malgré les similitudes de construction narrative), et enfin les films de Shyamalan en règle générale : certaines situations peuvent faire penser à Phénomènes, mais la façon de filmer merveilleuse est digne d'Incassable ou Sixième Sens, et c'est un compliment que je fais extrêmement rarement. Certains mouvements de caméra font clairement penser à Shyamalan et ça je peux pas le nier : je suis fou fou fou de ce genre de cinéma. Bref, en faisant ça, Jeff Nichols surpasse (à mon goût) à la fois Melancholia et The Tree of Life (mais de peu). Ce n'est que mon avis, mais rarement je n'aurais ressenti de telles choses au cinéma. Le seul conseil que je peux donner est : courez le voir si vous avez la chance d'avoir un ciné qui le projette (en VO bien entendu).


       La suite de l'article consiste en une légère analyse de ce film, selon les points de vue offerts par le film, dans laquelle je raconterai la fin dans les détails ainsi que de nombreuses scènes qui m'ont marqué à l'aide de l'émotion, de la BO et de l'interprétation des acteurs. La suite est donc purement et strictement réservée à ceux qui ont vu le film.


Indice Spoiler :  Spoiler3


take-shelter-copie-1

 

-> Lire la suite...

         Une folie orageuse


        Dans cette première partie, je vais essayer de développer le point de vue avec lequel je me sens le moins proche. La première fois que j'ai vu Take Shelter, à la fin du film ma réaction a été claire, nette, sans doute possible : Curtis n'est définitivement pas fou contrairement à ce qu'on veut nous faire croire en introduisant les psychologues, le personnage de la mère de Curtis, et ses prédictions se réalisent finalement de façon merveilleuse dans la dernière scène. Je reviendrai sur ce point de vue dans la deuxième partie.


        En traînant sur des forums, j'ai croisé une personne qui pensait au contraire que la scène finale du film pouvait éventuellement être un ultime cauchemar de Curtis. Certains diront que c'est illogique compte tenu du fait que tous les personnages voient la tempête arriver avant Curtis, et qu'on ne se place plus du tout derrière son regard. Sa fille Hannah est la première à remarquer la tempête, suivie de peu par Curtis et Sam, ainsi que le spectateur lui-même, par l'intermédiaire de la baie vitrée. En effet, lorsque la caméra se pose sur Samantha regardant la tempête, elle montre également dans le reflet de la vitre des tornades qui se forment, ainsi qu'un raz-de-marée approchant. Cette façon de filmer n'est clairement pas là par hasard, c'est à mon avis pour suggérer que cette fois-ci, la scène est montrée sous un point de vue universel et purement objectif, et non pas soumis aux hallucinations ou aux rêves de Curtis. J'y reviendrai après.


take shelter 3
  (Je n'ai malheureusement pas pu trouver les images que je voulais pour illustrer mon article, 
 j'aurais préféré choper les scènes de regards entre les deux acteurs principaux mais c'est introuvable) 


      Cependant, dans le rêve précédent, celui de l'attaque des oiseaux, on peut remarquer qu'à ce moment déjà, c'est bien la fille Hannah qui remarque quelque chose de louche en premier. C'est elle qui s'écarte pour aller se planter sur la route, et c'est seulement à ce moment que Curtis s'inquiète. Théoriquement, il n'est donc pas impossible que la scène finale soit un énième mauvais rêve de Curtis. Mais pour moi, considérer cette éventualité scénaristique nous fait pousser la réflexion un peu trop loin au lieu de ressentir ce que le réalisateur a voulu montrer, tout comme dans Shutter Island d'ailleurs, où le "meilleur" point de vue à adopter est relativement clair. Quand je parle de "meilleur" point de vue, j'entends par là le point de vue qu'a voulu faire passer les réalisateur/scénariste. Après libre à nous de nous faire notre idée, mais est-ce vraiment nécessaire ?


        Pour Shutter Island (film que je ne spoilerai pas ici je vous rassure) comme pour Take Shelter, j'aurai tendance à répondre non (même si bien entendu je respecte toujours hautement tous les points de vue les plus plausibles). Pour moi, il n'est pas nécessaire de se creuser la tête à ce point. Dans Shutter Island, rejeter l'évidence proposée par Scorsese revient pour moi à mettre de côté les détails les plus rusés du scénario, les gestes les plus imperceptibles des personnages qui prennent soudainement toute leur importance à la deuxième vision, la rendant ainsi bien meilleure que la première. Dans Take Shelter, rejeter l'évidence (ou la quasi-évidence) proposée à la fin du film me parait être inhibateur d'émotion. En effet, à supposer que Curtis soit vraiment fou, que fait-on de cette fin de film ? Si les dernières images de Take Shelter sont uniquement rêvées par Curtis comme tout au long du film, alors le film ne prend pas d'envol émotionnel, et la fin du film tombe finalement à plat même si ça s'avèrerait terrible pour lui. Les regards appuyés et ébahis entre Sam et Curtis perdent toute leur valeur et n'ont finalement aucune raison d'être.


        Tout l'épisode de l'abri anti-tempête garde par contre sa puissance émotionnelle, car si Curtis est dans un délire paranoïaque, la force avec laquelle il accorde sa confiance à sa femme et sa fille est une pure merveille, finalement aussi belle que l'amour que porte réciproquement Sam à Curtis. Mais à l'inverse, je vais reparler plus en détails de cette scène après et je pense qu'en se plaçant sous le second point de vue, la scène de l'abri est encore plus saisissante et émouvante.


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      Non, le seul réel intérêt que je vois à ce point de vue est d'ordre purement métaphorique et psychologique. Si Curtis est fou, alors sa maladie est joliment symbolisée par cette tempête qui arrive, qui gronde. Curtis a autant peur de l'arrivée d'une vraie tempête que de l'arrivée d'une telle maladie, c'est d'ailleurs ce qui rend son personnage poignant et attachant. Mis à part ce rapprochement tempête/maladie, je trouve que le second point de vue est beaucoup plus passionnant et touchant.

 




         Un sixième sens qui fait souffrir
 

        Plaçons-nous à présent sous le second point de vue, celui qui me plait beaucoup plus, qui me prend aux tripes bref, celui qui est à mon goût clairement suggéré par le film. Pour moi, il est clair que Curtis, malgré son côté "mythe de Cassandre", prouve à la fin du film qu'il avait raison. Il le prouve à tout le monde mais surtout à lui-même, car c'est l'un des traits du personnage principal les plus percutants, celui qui me touche le plus : Curtis doute lui-même de sa santé mentale, et ce pendant tout le film.


        Dès le départ, lorsqu'il emprunte le bouquin sur "Comprendre la maladie mentale" à la bibliothèque, puis affronte sa mère et divers psychologues, Curtis fait un travail énorme sur lui-même. Cette remise en question de lui-même est magnifique, je trouve, car ça nous crée un personnage principal qui souffre de ses visions physiquement mais également moralement. Il fait des cauchemars, puis souffre du regard qu'il a sur lui-même avant de souffrir pleinement du regard d'autrui et du mal qu'il fait à ses proches. Seulement voilà, Curtis doute également de ses visions et quelque chose en lui lui donne la force d'assumer son éventuelle folie jusqu'au bout, quelles que soient les réactions de sa femme, son collègue, son frère, si tant est qu'il y ait une minime chance que ses rêves soient prémonitoires. Il a donc une volonté d'aider à tout prix sa femme et sa fille qu'il aime plus que tout, quitte à les faire souffrir et à se faire souffrir lui-même. Je trouve ça très puissant, et d'autant plus puissant si on considère qu'il n'est absolument pas fou.


       Effectivement, comment alors ne pas prendre pitié pour ce pauvre homme qui a raison sur toute la ligne mais souffre tellement du jugement des autres qu'il est obligé de se juger lui-même ? C'est principalement la raison pour laquelle je ne pourrais jamais trouver Take Shelter ennuyeux, tout simplement parce que tout le film se base presque uniquement sur ce conflit intérieur et psychologique qui s'avère passionnant, magnifique et procure un flot d'émotions rarement atteint au cinéma.


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       Je prends pour exemple l'une des scènes les plus marquantes du film : la sortie de l'abri anti-tornade. La scène pendant laquelle Sam demande à Curtis d'aller ouvrir la porte avec tant de douceur, de compréhension et de patience est l'une de celles qui m'a le plus ému, tous films confondus. Un instant seulement, le spectateur pense que Curtis va rester fermement dans son délire et obliger sa femme et sa fille à ne pas bouger de l'abri. On pense, ne serait-ce que quelques secondes, que Curtis va garder la clé et empêcher tout le monde de sortir. Mais ça ne dure que quelques secondes, voire quelques centièmes de seconde, car Jeff Nichols ne tombe pas dans ce cliché absurde et reste cohérent avec ses personnages jusqu'au bout. Curtis est au bout du rouleau, il pleure comme pas possible, terrassé à l'idée qu'il puisse réellement être fou. Abattu parce qu'il a peur de ce qui se trouve dehors et craint pour la survie de sa petite famille. Mais là, signe d'amour et de confiance infinie, Curtis lâche dans un murmure plein de sanglots "je ne peux pas...", avant de tendre difficilement la clé à sa femme.


        C'est pour moi le geste le plus touchant et le plus marquant du film, dans lequel réside toute la confiance qu'il porte à Sam, à qui il confie son destin sans broncher, admettant qu'il a peut-être tort mais ne peut s'empêcher de lutter contre ses convictions. C'est vraiment très très puissant, d'autant que l'amour qui flotte dans ce couple ne s'en tient pas là. Car, réciproquement, la réponse de Samantha est tout aussi sublime et poignante : "tu dois le faire toi-même, c'est à ce prix que tu pourras rester avec nous". Abattue elle aussi de voir son mari dans un tel état, elle fait preuve d'une grande force et d'une grande philosophie pour le sortir de là. C'est somptueux et merveilleux.



          Qui plus est, la musique de cette scène (Storm Shelter, signée David Wingo) monte en puissance tout au long de la scène, atteignant son paroxysme lorsque Curtis décide enfin d'ouvrir la porte et que le spectateur est sur les nerfs (mais merde, y'a quoi dehors ??). Cette musique que je passe maintenant en boucle depuis quelques jours est une pure beauté qui transforme la situation du film en des larmes de puissance et d'émotion pour le spectateur. C'est du pur cinéma et c'est réellement tout ce que j'attends ressentir en allant voir un film.


 


 


         De même, la fin du film est alors démesurément puissante, notamment dans les regards que se lancent les deux personnages. Ces regards qui veulent tout dire, Curtis commençant par se retourner vers Sam, la questionnant du regard "toi aussi tu le vois ?", preuve qu'il n'est finalement pas fou. Rien que cet appui qu'il cherche envers Sam est poignant...


       Le regard de Sam suivi de son acquiescement est emprunt d'une puissance émotionelle remarquable, d'autant qu'ici encore David Wingo n'a pas raté son coup. La musique, "At the Beach", qu'on avait déjà entreaperçue dans la bande-annonce, est une beauté sans nom, collant magnifiquement à la scène et à l'échange de regards entre les deux acteurs. Franchement, on connait Jessica Chastain depuis peu et je n'avais personnellement jamais entendu parler de Michael Shannon, mais ces deux acteurs me semblent être d'incroyables révélations pour l'avenir du cinéma. Leurs regards sont tellement vrais, criants, poignants que je n'en reviens toujours pas. L'un des plus frappants est le double regard qu'a Curtis envers Sam en se retournant à deux reprises, visiblement surpris lui-même d'avoir eu raison depuis le début... Il tombe autant des nues que sa femme, et tous les deux se réunissent alors pour assister à ce qu'on imagine être leur fin. C'est à pleurer, surtout que la musique est vraiment un délice. On voit que Wingo a compris l'essence même d'une musique de film : le fait de faire monter en puissance sa musique jusqu'à presque nous assourdir est le signe qu'il a tout compris.




 
        Qui plus est, ce point de vue donne tout son sens aux dernières répliques du film, lorsque Curtis dit à sa femme : "Samantha ?" et que celle-ci répond "Ok", un OK d'excuse et de compassion qui pourrait s'approcher d'un "maintenant je vois pourquoi tu as fait tout ça", et qui veut tout dire. C'est beau et ça conclut le film de façon sublime. Après la projection, on ne peut d'ailleurs que se dire une chose : finalement Curtis a mis des mois et des mois à préparer son abri anti-tornade, il a ruiné sa famille, s'est démené pour qu'on ne le prenne pas pour un fou, et finalement alors que tout le monde a réussi à le convaincre qu'il a une maladie mentale, on se rend compte qu'il avait raison et qu'il se trouve désormais à des kilomètres et des kilomètres de son abri... C'est triste et c'est désespérant. Mais c'est un dénouement sublime.

                     
        Deux personnages qui s'aiment


       Vous le voyez donc, mon avis va clairement sur le second point de vue selon lequel Curtis n'est pas fou et que ses rêves étaient finalement prémonitoires. Cette fin est tout aussi puissante et triste que la première, puisque si on considère que les visions de Curtis sont prémonitoires (chose confirmée par l'étrange pluie orange qui tombe sur la main de Samantha), alors ça signifie que ses rêves auront peut-être tendance à se produire et que cette pluie va rendre les gens complètement dingues, etc. Ca fout les boules pour leur avenir et c'est une des multiples façons de voir la fin.


        Quoiqu'il en soit, et quelque soit la fin considérée, il reste indéniable que l'émotion est présente sous tout point de vue, et ceci pour la simple et bonne raison que cette émotion forte est créée par l'amour mutuel entre Sam et Curtis.


Take Shelter


       Premièrement, l'amour de Curtis envers Sam, dont j'ai déjà parlé, est magistralement montré avec intensité lorsqu'il lui accorde toute sa confiance et souhaite remettre entre les mains de sa femme la clé qui pourrait mener à leur perte. Il fait confiance à Sam en admettant qu'il peut être fou, et c'est réellement puissant. Pendant tout le film, Curtis fait pitié et l'acteur Michael Shannon le fait ressentir avec sa voix, lorsque Curtis s'excuse constamment, qu'il se prend une gifle et reste seul face à sa culpabilité. D'un côté il doit gérer sa pulsion qui lui commande de protéger sa famille, et de l'autre il doit songer à l'éventualité d'avoir hérité de la maladie de sa mère.


         Deuxièmement, et ça j'en ai plutôt parlé sur l'autre article, c'est incontestablement l'affection de Sam envers Curtis. Elle le voit souffrir constamment, et sent que sa folie le rend incontrôlable, mais jusqu'au bout elle le soutient, le prend dans ses bras, pose sa tête sur son épaule, cherche à le comprendre, lui sert d'appui. L'une des scènes les plus belles du film à ce propos est la scène du repas commun dans la grande salle. Curtis pète les plombs, gueule que tout le monde va se prendre une tempête pas possible sur le coin de la tronche, et l'assemblée le prend pour un fou. Tout le monde le rejette, a peur de lui, sauf Sam qui s'approche de lui les larmes aux yeux, réalisant que son mari ne va pas bien, et prend son visage entre ses mains pour l'aider et le consoler. C'est un très beau moment de cinéma pour ma part qui une fois de plus m'a transmis un tonnerre de frissons, de larmes et d'émotions.




           Je sais, j'ai l'émotion facile mais je pense avoir réussi à mettre des mots sur ce que j'ai ressenti en voyant ce film. Take Shelter pour moi c'est un film qui va rester longtemps gravé. Comme je le disais, j'attendais de voir ce film une deuxième fois pour être sûr de lui attribuer un point rouge, et bien voilà qui est fait, et tant pis pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind qui va devoir lui laisser sa place dans le top 25...








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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

Jankri 17/09/2016 21:52

Merci pour cet article. Je viens de voir le film pour la première fois, j'ai découvert récemment le réalisateur grace à Midnight Special. Profondément ému, j'ai cherché une analyse sur le net et j'ai trouve cette page. Merci! Et merci à Arthur pour sa réponse. Pour ma part, j'ai ressenti les choses comme Sebmagic. Mais j'aime beaucoup l'analyse du psy. Elle me semble aussi très pertinente. Dans tous les cas, on a un chef d'oeuvre indeniable, et qui me fait ressentir par un nouveau biais à quel point ma femme est formidable. Etant atteint d'une maladie chronique qui a quelques répercussions sur mes capacites mentales je suis fort touché et heureux de ce que je viens de lire. Quel bonheur qu'il y ait de tels cinéphiles avec une aussi bonne plume!

Arthur 21/05/2015 10:55

Joli point de vue sur un très joli film. Cependant, je partage l'analyse précédente de spirit, pour moi les choses sont assez claires. Peut-être parce que je suis psychologue, donc on voit midi à sa porte, mais c'est avant tout pour moi un très beau film sur la maladie mentale. On emploie encore trop souvent le mot "fou" (vous même vous le faites dans votre texte), en supposant que les fous seraient d'un côté dans une réalité parallèle et les gens "normaux" de l'autre. Mais comme c'est montré dans le film, les deux se superposent souvent, les gens atteint de troubles mentaux en sont parfois conscients, en souffrent, tout en étant incapables de s'en sortir seuls et de discerner par moment la différence entre réalité et délires. Ce qui est très fort dans le film est l'évolution subtile et en douceur de Jessica Chastaing. A partir du moment où elle le gifle quand il perd son boulot, elle pourrait aussi bien persister dans le déni et le refuge dans sa vie tranquille et rangée de middle class américaine, au lieu de quoi elle accepte progressivement la maladie de Curtis, décide de l'aider, même si c'est aussi parce qu'il n'y a pas de choix, pour leur fille, que Curtis se soigne. Pour moi, la très belle scène finale (une des plus belles de ces dernières années au ciné), c'est l'acceptation de la famille de la maladie de Curtis, y compris pour sa fille (les enfants sentent souvent en avance et mieux que les adultes certaines détresses de personnes atteintes de troubles mentaux). Le fait qu'elle soit sourde conforte cette acuité supplémentaire qu'elle peut avoir du fait de sa vulnérabilité. A cela se rajoute la vision métaphorique de la tempête, des tornades, symboles de la fragilité et de la société américaine paumée d'aujourd"hui. Vous dites que la scène finale apporte la preuve que Curtis n'est pas fou. C'est exact, il n'est pas fou, il est malade. Mais avec sa famille. Et malgré l'épreuve qu'ils vont affronter (maladie, chômage, handicap de la fille, société américaine de compétition etc.) symbolisée par la tempête (parfaitement irréaliste visuellement d'ailleurs si on regarde bien), ils seront ensemble.

jhon 25/08/2015 18:51

merci pour cette réponse, je préfère nettement ce point de vue et je vais en rester là, merci encore !

Ystou 15/10/2014 01:41

Je viens de visionner ce film, qui m'avait fait hésiter.

Je dois confesser que je suis venu ici dans l'espoir de trouver quelque chose de consolant.
Comme vous, j'ai apprécié les subtilités de ce film, et surtout les difficultés auxquelles le couple doit faire face ainsi que le cul entre deux chaises de Curtis.
Voilà bien de quoi je dois être consolé. Touché par ces personnages, je ne peux qu'avoir beaucoup de regret pour un tel dénouement, quand bien même il apporte une réponse (selon mon interprétation) à la question centrale qui hante Curtis et le spectateur.

Votre analyse est pertinente, on y rtrouve les lignes essentielles et les détails de chaque scène significative, n'écoutez pas les oiseaux de malheur qui diraient 'inverse, même s'il est vrai qu'une pointe de sensibilité se fait assez sentir, mais quel film aussi...

Heureux de ne pas être passé à côté.

spirit 03/09/2014 00:08

Je suis très étonné de trouver une analyse aussi fouillée du film sans l'hypothèse la plus crédible à mon sens. Je m'explique : le thème central du film est la schizophrénie paranoïde. Le film parle de ça du début à la fin, en passant par le milieu. Le message adressé au spectateur est que pour vivre avec un schizophrène, et pour l'aimer, il faut l'accepter et donc vivre sa maladie. Pour moi, la fin se résume à ça. Ce que Curtis n'a pas su faire à 10 ans, pas plus que son frère à 17, à savoir accepter la maladie de leur mère ( symbolisée par l'abandon de celle-ci qu'ils ne voient presque jamais ), sa fille et sa femme le font grâce au fait qu'il accepte de faire le premier pas en ouvrant la porte de l'abri. C'est à ce prix que la famille va pouvoir rester unie ( dixit Sam ), et c'est à ce prix que toute la famille voit les tornades. Voir en la fin du film un rebondissement faisant de Curtis, un sain d'esprit qui a un 6e sens ou fait des prémonitions, c'est quand même très premier degré, pour ne pas dire que cela transformerait le film en un vulgaire film fantastique de série B ( et j'adore les séries B fantastiques ! ).
Le " OK " de Sam à la fin, c'est son acceptation de la maladie, perçu de façon précoce par sa fille malentendante.
Ceci ne retire rien, bien sûr, à votre décryptage, mais il me laisse à penser que vous êtes passé à coté de l'essentiel dans cette oeuvre.

Adam 15/04/2016 10:56

L'hypothèse la plus crédible pour l'un peut être l'hypothèse la moins crédible pour l'autre.

trolla 01/02/2014 00:37

C'est un peu l'histoire de Noë et de son arche non?, bon ok je sors

Sumo06 10/11/2014 16:27

Tu as bien raison, si c'est pour se foutre de la gueule des autres et dire des connerie, vas vite voir ailleurs.

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