21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 12:45

         Culte de chez culte, magnifique de chez magnifique. Il était temps que je voie ce chef d'oeuvre du 7e art réalisé en 1980 par l'un des plus grands cinéastes : David Lynch.

 

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elephant-man.jpg

 

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        J'ai été captivé d'un bout à l'autre par ce film profondément humain et touchant, basé sur l'histoire vraie de Joseph Merrick, un homme au visage et corps complètement difformes. Le film se situe à Londres et s'ouvre sur une scène qui calme dès le départ car on est directement plongés dans l'univers déjanté et psychédélique de David Lynch, presque terrifiant avec ces éléphants qui se frottent et une femme qui crie au ralenti. Très spécial, presque glauque mais au moins on sait à quel cinéaste on a affaire et ça fait plaisir. Bref, tout le film est bien sûr centré autour de cet homme, cet Elephant Man d'abord considéré comme une bête de foire, puis pris en charge par le Docteur Treves incarné par le génialissime Anthony Hopkins. C'est lui qui fait tout le début du film à lui seul, avec ses yeux emplis de compassion et de larmes également (la scène où il découvre The Elephant Man pour la première fois et pleure est déjà poignante alors qu'on entame juste le film). Bref, l'évolution de Treves est elle-même intéressante, lorsqu'il se demande s'il est bon ou mauvais et si inconsciemment il ne reproduit pas avec Merrick la même chose que l'injustice qu'il dénonce.

       Mais c'est bien l'évolution du "monstre" qui est passionnante, car l'Homme-Eléphant devient peu à peu John Merrick (à nos yeux). Ce personnage qui est vu initialement comme un monstre au milieu d'humains va finir par devenir un humain au milieu de monstres, et rien que pour ça le propos du film est sublime. De même, l'avis de Treves concernant John est au départ hâtif, puisqu'il pense que Merrick est un "idiot", et qu'il est d'ailleurs mieux pour lui de ne pas avoir conscience de sa situation. Chose qui est démentie avec horreur lorsque ce dernier récite le psaume 23 avec perfection. Cette scène est évidemment magnifique, c'est d'ailleurs le passage clé du film, le moment où Elephant Man se dévoile et donne sa première opinion sur quelque chose. Pour la première fois de sa vie, il est autorisé à s'exprimer et ça rend vraiment ce déclic magnifique. Ce personnage est l'incarnation de la bonté et de la gentillesse, il n'éprouve pas la colère et semble penser qu'il mérite tout ce qui lui arrive, ce qui le rend des plus attachants et des plus humains, malgré son physique disgracieux. Le film fait un peu de place à l'horreur, avec un passage particulièrement moche et traumatisant, lorsque Bytes reprend possession de sa bête de foire et le martyrise comme sur un marché d'esclave, puis l'enferme dans une cage avec des singes terrifiants.

        On a également un grand nombre de scènes poignantes, notamment lorsqu'il se met à pleurer car il n'a "jamais été traité aussi bien par une jolie femme", et qu'elle se met à pleurer également. J'étais pas loin de pleurer moi-même, je crois. Les musiques sont d'ailleurs d'une grande beauté. Autre scène d'anthologie, bien sûr (comment ne pas en parler ?), la célèbre réplique "Je ne suis pas un éléphant... Je ne suis pas un animal... Je suis un être humain, je suis un homme !" lancée aux londoniens qui tentent de le battre. Un summum d'humanité rarement égalé au cinéma. John Hurt, qui joue le rôle principal, est impressionnant. Bref, David Lynch nous a pondu un sacré chef d'oeuvre, sans oublier la fin des plus somptueuses, où John décide de partir au moment où il vient de se faire applaudir par la foule du théâtre, au crépuscule du jour le plus beau de sa vie. Il regarde la beauté de sa mère, lui pardonne de l'avoir abandonné et s'éteint avec l'un des suicides les plus poétiques et émouvants que j'ai pu voir. Bref, un film parfait.



 

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Published by Sebmagic - dans Critiques de films

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Commentaires

el 02/06/2012 04:17


Un des meilleurs films pour moi. C'est cruel et beau à la fois. Il me faut des heures pour m'en remettre à chaque fois. Extraordinaire.

Ze Ring 10/03/2012 01:36


Evil Dead n'a fait peur que les gens qui l'ont vu a la sortie quand ils avaient 10 ans, Seb! Depuis, c'est devenu un film culte, non pas parce qu'il est terrifiant, mais parce que c'est un
MONUMENT comique ;) Et puis, un film d'horreur n'a pas nécessairement besoin de faire peur pour être un bon film d'horreur, surtout lorsqu'il s'agit d'un pur slapstick comme c'est le cas des Evil
Dead ou de Braindead.

Sebmagic 10/03/2012 02:06



Ouaif, enfin de toutes manières c'est clairement pas mon style de ciné !



Ze Ring 10/03/2012 01:13


Mais ou est-ce que tu as vu qu'Evil Dead était une oeuvre à suspense, Seb? C'est un film profondément débile qui n'a de toute évidence que pour but de faire le plus rire avec le plus de gore
possible et le moins de moyens envisageable, Evil Dead étant un autre film qui a été fait entièrement en amateur... Et encore une fois, pour un film amateur, c'est juste un truc de fou, la mise
en scène y est juste incroyable (Sam Raimi est un génie de toutes façons) et ce malgré les effets spéciaux moisis que tu soulignes, qui de toutes façons sont la de manière volontaire et
renforcent l'aspect outrancièrement comique de ce film très fun... Et le 2 est, selon moi, encore mieux!

Sebmagic 10/03/2012 01:17



Ben pour le coup je trouve que le 2 se prend bien trop au sérieux pour pouvoir avoir le même effet comique que le premier.


 


Sinon, j'ai dit que je considérais Evil Dead comme un film "à suspense", bon je voulais surtout dire un film "qui fait flipper". Je suis toujours resté avec l'image des mes parents qui me disent
"quand on l'a vu au ciné à l'époque, ça nous avait vraiment bien foutu les boules !", donc je suis parti du principe que c'était l'un des buts principaux du film, qui serait alors loin d'être
aussi efficace aujourd'hui.



Mona 09/03/2012 20:28


Un ovni ! Il manque un ovni ! Vincent Gallo : artiste majeur mais misanthrope au possible.


Brown Bunny et Buffalo'66 sont des oeuvres ultra personnelles et magnifiques qui n'appartiennent qu'à lui. 

Sebmagic 09/03/2012 22:50



J'ai préféré te laisser le nommer, parce que personnellement je le connais très peu pour l'instant Mais vous êtes 2
à me conseiller Buffalo'66 (dont ma soeur qui a des goûts 90% similaires aux miens), donc évidemment je vais le voir ! Brown Bunny est... surprenant. Je lui ai trouvé de très très bons passages
(les rencontres diverses ou le tour de moto dans le désert), comme des moins bons (certains passages trop "Gus Van Sant").



Mona 09/03/2012 09:55


Pis faudrait saupoudrer de poésie, de finesse, de bagou et de décalage : Woody Allen avec Annie Hall et Manhattan ... et Xavier Dolan avec J'ai tué ma mère et Les amours imaginaires.


Comme ça c'est quasi parfait 


 

Sebmagic 09/03/2012 15:53



Voilà je crois qu'on a fait le tour du tour Enfin, c'est déjà pas mal quoi. Y'en aurait sûrement des dizaines à
ajouter.


 


Tiens d'ailleurs j'en profite pour ajouter Peter Weir ! On l'oublie extrêmement souvent mais il a fait de sacrés films (Witness, The Mosquito Coast, Le cercle des Poètes Disparus, The Truman Show
et sûrement Les chemins de la Liberté et Master and Commander que j'ai pas vus).


 


Milos Forman aussi pour Man on the Moon, Amadeus et surtout Vol au-dessus d'un nid de coucou (j'ai pas vu Larry Flint mais il a l'air bien).


 


Et pour conclure en beauté : Terrence Malick qui malgré le peu de films réalisés est un grand.



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