28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 21:14

          Like Crazy est une véritable merveille sortie il y a 2 ans, mais passée complètement à la trappe en France. Encore une preuve, s'il en fallait, que de nombreux films d'une beauté absolue n'ont parfois pas le succès qu'ils méritent. Cette romance est un véritable bonheur à regarder, à la fois poétique, sentimentale, déprimante, visuellement sublime, magnifiquement interprétée et mise en musique. Un film d'amour sans facilités, sans fioritures scénaristiques aberrantes. Un film simple, vrai et beau, sur les relations amoureuses et les effets du temps et de l'espace sur un couple.

   

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harry

 

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          Il est très rare que je pense ça d'un film, mais Like Crazy ressemble de très près à mon idéal cinématographique. Que ce soit visuellement, sonorement ou scénaristiquement, ce film est pour moi un énorme coup de coeur et fait clairement partie des films qui m'ont le plus marqué cette année. D'une sensibilité magnifique, le film est réalisé par Drake Doremus qui semble avoir tout compris à la manière de traiter une histoire d'amour. Like Crazy est peuplé de doux moments qui m'ont immergé totalement du début à la fin. 

 

          La chose la plus difficile à faire, lorsqu'on traite de l'amour au cinéma, c'est de ne pas tomber dans le niais ou la mièvrerie. De nombreux films se plantent lamentablement en déballant les clichés, en présentant des couples stérotypés et/ou complexes, à grands renforts de longs dialogues. Et pourtant, le meilleur moyen de traiter de l'amour est probablement de le faire à l'aide de silences, de non-dits, de regards. Je ne peux pas m'empêcher de penser au sublime A la merveille de Terrence Malick qui m'avait déjà secoué. Like Crazy fait partie de ces films qui mettent du baume au coeur, qui bouleversent sans en faire trop, en restant toujours simples. Les rares dialogues prennent une valeur émotionnelle considérable lorsque les non-dits se succèdent. La scène au téléphone, notamment, où les deux personnages sont au bord des larmes, est l'une des plus belles que j'ai pu voir récemment. Tout simplement parce qu'elle criante de vérité, qu'elle met en valeur la fragilité et la dépendance que peut avoir une personne vis-à-vis d'une autre, qu'elle déborde de sentiments, qu'elle provoque chez le spectateur un flux d'émotions puissantes.
 

 

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                Qui plus est, le film ne reste pas constamment dans l'idée d'un amour idéal et éternel, et évite ainsi la niaisierie dont je parlais plus haut. Il traite non seulement des effets de l'espace sur un couple (la fameuse relation à distance, difficile à vivre), mais également des effets du temps. La dernière séquence, notamment, est une véritable merveille de poésie, de nostalgie assez déprimante. On ne reste pas dans un optimisme à toute épreuve, car la passion entre deux personnes est éphémère et qu'elle dépend d'un tas de paramètres qui évoluent. En ce sens, le film est extrêmement déprimant, faisant penser un peu (de manière moins évidente et plus réservée) au thème abordé dans Blue Valentine la même année. 

 

            Mais si Like Crazy m'a autant plu, ce n'est pas seulement parce qu'il traite son sujet à la perfection. Il est également baigné dans une ambiance bien particulière, un mélange de poésie, de nostalgie, de beauté visuelle et sonore qui m'ont bouleversé et scotché à mon siège. Esthétiquement et musicalement, Like Crazy correspond entièrement à mon film idéal. La BO aérienne, sompteuse et obsédante m'a pris aux tripes et permet de créer des moments de cinéma dont je raffole, que je savoure avec plaisir et frisson. Des séquences qui allient la beauté des images à la puissance de la musique et qui donnent envie de relancer le film une fois terminé. Ce genre d'atmosphères représente tout ce que j'aime expérimenter au cinéma. Le film m'a beaucoup fait penser au style de Sofia Coppola, avec des envolées musicales parfois déprimantes, des personnages forts et attachants, une photographie magnifique qui placent le spectateur dans des états secondaires.

               

 

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               C'est sans parler des acteurs, tous absolument brillants dans leurs rôles. Anton Yelchin (qui m'avait déjà plutôt ému dans Le complexe du castor) et Felicity Jones sont d'une justesse incroyable, que ce soit dans les jeux de regards comme dans les dialogues. Qui plus est, on s'attache dès les premières minutes aux deux personnages et il est impossible de ne pas partager leurs joies, leurs pleurs, leurs craintes, leurs questionnements, leur fragilité. Bref, le film est d'une sensibilité extrême. Si on aime cette sensibilité et qu'on se laisse embarquer dans cette belle et simple histoire, on passe un moment inoubliable. Il ne faut donc surtout pas passer à côté si on se sent d'humeur un peu romantique.






harry

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 14:50

          Voici un énième chef d'oeuvre passé totalement inaperçu, hyper mal distribué en France. Avec 2 ans de retard, il est sorti seulement dans une petite dizaine de salles. Ayant vu la bande-annonce l'année dernière, c'est probablement l'un des films que j'attendais le plus cette année et je n'ai même pas pu le visionner au cinéma. Pourtant, ce petit film indépendant de 1h15 est une merveille.

   

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          C'est en tombant par hasard sur la bande-annonce du film que je suis également tombé amoureux de celle-ci, de la musique, ainsi que de l'idée de voir réunis dans un film dramatique deux acteurs grandioses de séries tv humoristiques. Garret Dillahunt, d'une part, joue le père de famille dans la série Raising Hope, où il m'a déclenché un certain nombre de fous rires. D'autre part, Donal Logue incarne le père de famille dans Parents à tout prix, une série qui a bercé mon adolescence et continue de me faire mourir de rire aujourd'hui. Chacun des deux acteurs a un pouvoir comique certain, et je me souviens encore du grand sourire que j'ai fait lorsque j'ai vu cette bande-annonce il y a quelques mois :

 

 

 

 

            Deux acteurs de séries humoristiques réunis dans un film dramatique sur les conséquences psychologiques de la guerre, j'avais du mal à y croire mais j'ai immédiatemment eu confiance. Certains acteurs de comédie ayant un réel don humoristique sont également particulièrement géniaux pour jouer le drame. Je n'ai pas une multitude d'exemples en tête, mais Steve Carell me semble être un parfait représentant de cette description. Toujours est-il que j'avais hâte de voir ces deux acteurs dans un autre registre et que le film s'avère magistral en partie grâce à eux.

 

 

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                Pour son premier film, Ryan Redford nous sort un joli coup de maître, brillamment réalisé et mis en scène. Oliver Sherman est un magnifique récit sur les effets de la guerre et le lien étrange qui peut exister entre deux ex-soldats. Le personnage principal est un type paumé, qui ne trouve pas sa place dans la société et semble même un peu dérangé. Je ne vais pas spoiler tout le film (qui est assez court), mais pour résumer Oliver Sherman est un homme sans foyer, sans famille, qui cherche des réponses du côté de Franklin Page, un ex-compagnon de guerre qui a, lui, fondé une famille. Mais Oliver Sherman va devenir de plus en plus embarrassant et Franklin va être coincé entre le lien fort qui le lie à Oliver Sherman et sa famille qu'il ne souhaite pas voir troublée.

 

                  Le film ne s'égare jamais dans des voies obscures ou absurdes, il appuie la psychologie des personnages, par l'intermédiaire de regards et de discussions. La dualité entre les deux personnages est passionnante. Si le film s'avère simple dans sa construction, il est complexe dans son traitement des personnages. Cet habile mélange de simplicité et de complexité rend le film parfaitement savoureux, agréable à regarder, mais surtout palpitant, plein de tension. Les jeux des acteurs sont absolument irréprochables, tout en réserve, parfaitement crédibles du début à la fin.

               

 

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               Qui plus est, la réalisation est finement travaillée et le film offre une sacrée quantité de plans sublimes qui mettent en valeur la tension entre les divers personnages. La musique (celle de la bande-annonce) est simple mais obsédante, à la fois d'une grande douceur et représentative de la tension qui monte, des non-dits. L'utilisation de la musique est particulièrement géniale, notamment dans l'introduction et dans la conclusion. J'ai spécifiquement apprécié l'absence totale de musique pendant les deux génériques, chose assez rare au cinéma qui met pourtant ici en valeur tout le propos du film.

 

              La séquence finale, avec la musique sublime, est une merveille et constitue probablement l'un de plus beaux passages que j'ai vus cette année. Cette scène au ralenti, cette tension appuyée par la musique, et ce dénouement d'une pure beauté vont certainement me rester longtemps en tête. Les cadrages sont intelligents et la musique est sublimée par le mutisme des personnages. Bref, Ryan Redford conclut son film de manière très élégante, classe, délicate, et pessimiste. C'est brillant, c'est tout ce que j'aime au cinéma et je vous le conseille grandement !






harry

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 09:26

          Ca fait plaisir d'être en vacances et de revisionner plein de films. Ca fait du bien aussi de se refaire des "journées thématiques". Ces 3 derniers jours, j'ai enchaîné les 8 volets de Harry Potter et la trilogie du Seigneur des Anneaux et c'est toujours un bonheur de me replonger ainsi dans deux de mes univers favoris. Ces petits marathons cinématographiques sont des délices d'ambiance, être immergé ainsi pendant 2 jours dans le monde de Poudlard est une expérience assez merveilleuse, surtout lorsqu'on est comme moi dingue de la saga littéraire. Je ne vais pas détailler ici toute ma passion pour Harry Potter, que je trouve scénaristiquement magique et émotionnellement puissant, ni mes déceptions/ravissements vis-à-vis des films. Ca me passionnerait, mais ça me prendrait des jours.

 

           Cependant, j'ai été particulièrement ravi de l'adaptation de la première partie des Reliques de la Mort (7e et dernier livre de la série), et notamment la manière avec laquelle la relation entre Harry et Hermione a été traitée.

   

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          Globalement, j'ai accroché dès le début à la saga cinématographique. Même si j'ai pu avoir un peu de mal avec Daniel Radcliffe lors des premiers volets, je m'y suis fait et je pense même que je ne supporterais pas de voir un autre acteur incarner Harry Potter. D'ailleurs, cette remarque est valable pour l'ensemble des personnages et je trouve que c'est une sensation assez forte. On pourra toujours critiquer les films Harry Potter par rapport aux bouquins, parce qu'il manque des choses, ou parce que certains ajouts n'étaient que peu justifiés, et surtout parce qu'il est difficile de faire émotionnellement aussi fort que le support littéraire. Les petites déceptions que m'ont offert les films sont présentes essentiellement parce que les livres sont d'une qualité exemplaire. Parce qu'il est quasiment impossible de retranscrire à l'écran toutes les émotions du livre, étant donné que la plupart des moments forts se passent dans la tête d'Harry.

 

          Cependant, l'esprit est bien présent à l'image et ces 8 volets ont à mon goût réussi à capter toute l'essence de Harry Potter, toute sa force, à travers les décors et les personnages. Je trouve que c'est un boulot monstre et je ne pourrai sans doute jamais descendre ces adaptations, parce qu'elles m'ont fait rêver et forment une sorte de bonus aux bouquins. Certes, certaines libertés regrettables ont parfois été prises, certains oublis également, et certains ajouts inutiles. Mais, parmi ces changements, il y a une scène ajoutée que j'ai trouvée profondément géniale, et que je trouve de plus en plus géniale à mesure que le temps passe : la scène de danse entre Harry et Hermione dans le 7e volet.

 

 

 

 

 


               Beaucoup ont critiqué cette scène lors de la sortie du film, parce qu'elle n'est pas dans le bouquin, parce qu'elle a un côté ridicule, parce que sa présence n'était soi-disant pas justifée. Et pourtant, je ne comprends pas comment les fans de la saga littéraire peuvent ne pas apprécier cette scène.

 

                 La relation entre Harry et Hermione

 

                En matière de relation, de lien puissant entre personnages, je trouve qu'on a rarement fait aussi intense. C'est peut-être ma Pottermania qui parle, c'est peut-être ma passion extrême pour les bouquins qui m'aveugle, mais je trouve cette scène absolument prodigieuse. Je pense que David Yates n'aurait pas pu mieux exprimer l'amitié profonde et platonique qui existe entre Harry et Hermione. Cette scène est une ode à l'amitié pure, renforcée par les liens profonds qui existent entre les deux personnages depuis 10 ans d'adaptation cinématographique. Mis à part la relation entre Sam et Frodon dans Le Seigneur des Anneaux, je n'arrive pas à trouver au cinéma une amitié qui soit aussi forte et aussi belle entre 2 personnages. 

 

                L'ambiance déprimante du film joue en faveur de cette scène. Les deux personnages étant liés depuis 7 ans par des drames à répétition, ils sont à bout et sont désespérés. Hermione est dévastée, l'ambiance est merdique, Harry sent le poids de ses responsabilités l'envahir et les deux personnages songent même à abandonner leur vaine entreprise. Mais, en l'espace d'un instant, en l'espace d'une danse, Harry parvient à redonner le sourire à Hermione. Ils se rassurent mutuellement et on prend conscience de la pureté de leur amitié, extrêmement forte, sans aucune sorte d'arrière-pensée. Je ne crois pas avoir déjà vu au cinéma une histoire d'amitié homme-femme aussi belle. C'est un type de relation qui y est extrêmement peu abordé (dans presque tous les cas, l'amour ou le sexe viennent faire leur apparition) et je trouve ça vraiment dommage.

 

                  Le dosage de la musique

 

              Qui plus est, la scène est magnifique parce qu'elle a un pouvoir terriblement nostalgique. L'utilisation de la musique (la sublime musique "O Children" de Nick Cave & the Bad Seeds) est absolument parfaite. On commence par l'entendre faiblement à la radio, au coeur du film. La voix et le ton, associés aux couleurs sombres de l'image, donnent d'emblée une atmosphère déprimante à la scène et on devine aisément ce qu'il se passe dans la tête des 2 héros. Lorsque Harry décide de remonter le moral d'Hermione, la musique s'intensifie à mesure que les protagonistes sourient et elle devient le principal élément de la scène. D'ailleurs, la puissante musique se retrouve alors extérieure à la scène, on est passé à un son off qui met en valeur la relation sublime entre Harry et Hermione. Pendant quelques dizaines de secondes, ils sont seuls au monde et oublient tous leurs problèmes. Je trouve cet instant véritablement magique, et j'ai du mal à comprendre qu'on puisse le trouver ridicule. Dans ces quelques minutes, leur amitié profonde est montrée, sublimée.

 

                 Ensuite, le volume de la musique diminue et l'euphorie du moment s'échappe. Hermione pose sa tête sur l'épaule d'Harry et vice versa. Les personnages sont plongés dans leurs pensées, leurs sourires s'effacent car la réalité revient subitement. Un instant de pure nostalgie apparaît alors, car le spectateur - en même temps que les personnages - repense au parcours extrême qu'ils ont eu pour en arriver là, et pense au trajet qu'il leur reste à faire avant la fin. La musique revient alors à l'intérieur du film, via la radio, et l'ambiance redevient déprimante et sombre. 

 

                  Bref, une seule musique pour exprimer d'abord la déprime, la joie, l'euphorie, l'amitié profonde, la nostalgie, puis encore la déprime. Pour moi, cette scène est magnifiquement mise en musique et le réalisateur ne pouvait pas mieux mettre en image cette connection particulière entre Harry et Hermione. J'ose même dire que ces quelques minutes constituent le seul moment, sur les 8 volets, où le film vient surpasser le livre.

 

                   Dans cette scène, David Yates montre (enfin) que s'il est difficile d'utiliser le cinéma pour illustrer un livre, on peut quand même l'utiliser pour le rendre plus beau. D'un côté, la puissance des bouquins vient du fait que le lecteur est constamment dans la tête d'Harry Potter et que ses sentiments, ses pensées, ses émotions sont liées à celles du personnage. Or il est impossible, même avec une voix off, de retranscrire ces éléments au cinéma. Cependant, le cinéma a quelque chose que le livre n'a pas : il peut utiliser la puissance visuelle et la puissance musicale qui permettent d'émouvoir le spectateur et de transcender une scène. Bref, chaque support a ses avantages et ses manques, et chacun peut adapter ses outils afin de produire quelque chose d'intense. Cette scène de danse en est un exemple frappant.

 






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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:18

           Hier soir, j'ai découvert l'existence d'un film de Arnaud Des Pallières, sorti sur Arte en 2002 dans la collection Voyages, voyages. Intitulé Disneyland, mon vieux pays natal, ce chef d'oeuvre de 46 minutes donne une vision assez sombre voire déprimante du célèbre parc d'attractions de Marne-la-Vallée et le montrant sous un angle inhabituel.

 

          En s'appuyant sur la fable du joueur de flûte de Hamelin, il s'interroge alors sur son enfance - notre enfance à tous (ou presque) - et sur la raison qui pousse 45 000 personnes à se rendre au pays de Mickey quotidiennement. Avec un montage bien particulier, des images inquiétantes qui se répètent, reviennent en arrière, ralentissent, mettent en valeur les employés sous les costumes, le film impose une ambiance très spéciale, obsédante, qui reste en tête bien des heures après le visionnage.

 

              Remontent alors des foules d'émotion et de nostalgie, accentuées par l'énorme vague de mélancolie qui plane dans le film. Il est difficile de ne pas être bouleversé par les images et par le son, la musique étant magnifiquement en accord avec les multiples séquences du film pour offrir au spectateur une expérience unique et inoubliable.

 

                Je ne pense pas pouvoir me tromper en affirmant que les amateurs de Koyaanisqatsi devraient être comblés par ce film, je n'ai pas pu m'empêcher de faire la comparaison entre les deux oeuvres. Arnaud Des Pallières présente Disneyland comme Godfrey Reggio dépeint le monde, mettant en valeur de façon percutante et mélancolique les gens, les petits détails qu'on ne remarque pas mais qui sont bien présents. Impossible pour moi de ne pas comparer, par exemple, cette sublime scène du film à l'une des plus belles séquences de Koyaanisqatsi, tant sur la forme que sur le fond.

 

                 Bref, le film est une pure merveille (qui ne m'empêchera pas de continuer à parcourir les rues de Disneyland encore et encore avec cet éternel regard d'enfant). Il est disponible sur Youtube donc j'en profite pour le partager ici :

 

 

         Voir aussi : Koyaanisqatsi.

 

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 22:38

        Une fois de plus, je suis amené à faire les louanges d'un cinéma de ma région : le Café des Images qui nous a proposé ce soir une petite soirée ciné-club devant le dernier film de Wong Kar-Wai. Quand on va au cinéma, il est parfois frustrant de quitter la salle avec ses impressions en tête et de voir tout le monde s'éparpiller pour rentrer chez lui. Alors lorsqu'on nous propose de venir regarder un film pour ensuite en discuter avec d'autres passionnés, dans une ambiance parfaitement conviviale, ça fait plaisir.

 

Indice Spoiler :  C'est quoi ?

 

The Grandmaster - de Wong Kar-Wai

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         Bref, toujours est-il que ce deuxième visionnage de The Grandmaster m'a donné envie d'écrire un petit billet sur le film, que j'ai trouvé prodigieux malgré ses légers défauts. 

 

          Encore une fois, Wong Kar-Wai apporte à ses images un esthétisme parfois à couper le souffle. La première séquence, qui est également le premier combat du film, est très belle à regarder et offre des plans ingénieux qui, sans révolutionner les films d'arts martiaux, changent de ce qu'on a l'habitude de voir. La caméra se concentre sur les petits détails ; un coup de pied qui frôle un visage, un blocage in-extremis, l'appui du pied sur le sol. Tant de petites choses qui montrent globalement l'art martial sous un autre angle. L'esthétisme des combats est un peu dans la même veine que pour ceux d'Ip Man (de Wilson Yip), tout aussi chorégraphiés mais beaucoup plus flous dans leur ensemble. C'est-à-dire qu'au lieu de filmer un combat, au lieu de filmer la gestion de l'espace, Wong Kar-Wai se place du point de vue du combattant et non du spectateur. En montrant comment ils réagissent, où leurs regards se portent, de quelle façon ils rétablissent leur équilibre ou font vaciller celui de leur adversaire, la caméra s'attache à des petits "riens" qui constituent pourtant l'essentiel de l'art martial, à savoir les notions d'équilibre et de précision des mouvements.

 

            Le film présente, en gros, une petite dizaine de combats, tous aussi diversifiés les uns que les autres. Ca va du combat classique au combat sous la pluie, en passant par le combat intellectuel, le combat à côté d'un train sous la neige, ou le combat quasi amoureux. Tout en présentant ces divers types d'affrontement - qui ont d'ailleurs tous un but scénaristique passionnant - le film présente 4 différentes pratiques du kung-fu (le wing chun, les 64 mains, etc) qui permettent d'offrir un panel judicieux de techniques intéressantes. Et lorsque ces techniques sont magnifiées par la caméra du réalisateur, ça rend plutôt bien à l'image. A vrai dire, et c'est le seul bémol que j'attribuerai à The Grandmaster, il existe quand même quelques défauts à la mise en scène des combats. Le principal défaut à mon goût réside dans l'utilisation des ralentis. Si les ralentis fluides et impressionnants ont toute leur place dans ce style cinématographique, les ralentis saccadés chers au cinéaste me semblent quant à eux malvenus et cassent parfois le rythme des combats. Même si c'est un peu la marque de fabrique de Wong Kar-Wai, cet effet visuel n'est pas particulièrement justifié ici, au coeur de l'action. C'est un très bel effet, qui atteint à mon goût toute sa beauté dans My Blueberry Nights car c'est un effet purement nostalgique. La nostalgie a pourtant toute sa place dans The Grandmaster, mais pas dans les combats où elle n'a pas à intervenir (à mon avis). 

 

          Cependant, ce brave ralenti saccadé n'apparait pas tout le temps, et il est même plutôt absent sur les 2 ou 3 plus beaux combats du films. L'affrontement à côté du train est magnifique et met en valeur toute la force tranquille de l'actrice Zhang Ziyi, absolument géniale d'un bout à l'autre. De même, le combat basé sur l'intellect - le combat du biscuit - est à la fois le plus prenant et le plus simple. Mais à mon goût, le plus sublime demeure le combat "amoureux" entre Gong Er et Ip Man, alternant les ralentis fluides de toute beauté et les cascades tout aussi improbables qu'inédites. Ce qui fait la force de cette scène me paraît être la musique, qui démarre quelques minutes avant l'affrontement et s'avère être un chef d'oeuvre auditif. Je trouve que le passage musical qui précède ce combat est la meilleure scène du film, absolument sublime et épique, tout en étant "hors du temps", comme figée (tout y est d'ailleurs immobile mis à part la fumée des cigarettes). On peut écouter un extrait de cette superbe musique ici

 

           Ce moment est magistral et signe également un déclic dans le cerveau du spectateur ; on comprend en effet à ce moment que ce n'est pas Ip Man qui fait l'objet du film, mais bien Gong Er, personnage féminin d'une grande grâce et d'une belle détermination, intensément incarnée par la géniale Zhang Ziyi

 

 

        Mais ce n'est pas tout. Car ce film est également intense lorsqu'il aborde ses personnages, et pas seulement le kung-fu en lui-même. Et là encore, Wong Kar-Wai fait montre de son talent incomparable pour instaurer des effets nostalgiques d'une grande puissance. Je ne vais pas reparler de l'effet "ralenti saccadé" dont Wong Kar-Wai use (et abuse !). Les acteurs jouent beaucoup en ce sens, Tony Leung et Zhang Ziyi ayant vraiment des jeux de regards propices à ce genre d'émotions. Mais cette nostalgie, extrêmement présente vers la fin du film notamment, est également due à la réalisation et à la musique.

 

        A 3 ou 4 reprises, le film présente les personnages comme s'ils étaient pris par l'objectif d'un photographe ; il s'alignent et observent la caméra, qui recule doucement pour donner un tableau d'ensemble magique, puis le changement de couleur s'opère ; on passe de la couleur au noir et blanc et le spectateur semble se retrouver devant une photographie des années 40. Mine de rien, cet effet provoque chez le spectateur un effet de nostalgie impressionnant, qui s'explique de façon évidente. Autre élément propice à la nostalgie : le scénario qui, comme toujours avec Wong Kar-Wai, prend un plaisir immense à voir évoluer les personnages, à montrer leurs regrets vis-à-vis des choses passées, notamment sur le plan amoureux. Impossible de ne pas penser à In the Mood for Love qui en avait fait son thème principal, et de manière générale à tout ses précédents films. De ce point de vue, la dernière scène à table entre Gong Er et Ip Man est un pur bijou de nostalgie et de tristesse, touchant les personnages là où ça fait mal. 

 

            Enfin, et c'est ici que je concluerai l'article : la nostalgie passe indéniablement par la musique. Toute la BO du film est une merveille, du premier morceau (sur le générique) au dernier. L'un des plus intenses (outre celui cité plus haut), est la musique d'Ennio Morricone, celle utilisée pour la scène finale d'Il était une fois en Amérique. Le parallèle que fait cette musique entre la situation de Gong Er (l'opium) et la dernière scène de Robert De Niro est un monument de nostalgie d'une rare intensité. 

 

            Bref, malgré ses petits défauts, The Grandmaster a tout d'un "Grandmasterpiece" - même si cette dernière formulation est un peu exagérée et que c'est juste pour le jeu de mot. Car en plus de montrer l'art martial sous un angle et des prises de vue assez originaux, le réalisateur s'appuie sur cet univers pour traiter, via une belle histoire d'amour, l'un des sujets qui lui tient le plus à coeur : le souvenir des moments passés, la nostalgie et les regrets.

 

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 22:37

          N'ayant plus la motivation actuellement pour parler de films dans leur ensemble, je vais revenir à ce que le blog aurait dû être depuis le début, à ce qui me motive vraiment à écrire ; les scènes de films marquantes. Les prochains articles vont donc concerner toutes ces séquences qui me plaisent particulièrement et que j'aime me repasser encore et encore, celles qui me donnent cette passion intense pour le cinoche... Ca passe par la poésie d'un instant, la grâce d'une scène, la tristesse d'un moment, le rire d'une situation, la puissance auditive, la beauté visuelle, la virtuosité d'une caméra, la création d'une nostalgie. Bref, ça passe essentiellement par l'émotion et c'est cette émotion que j'ai toujours voulu retranscrire ici avant même toute tentative d'objectivité. J'ai a-priori une petite cinquantaine de scènes qui me viennent à l'esprit quand j'évoque l'idée de faire un article. Je suis devant ma télé, qui passe actuellement Old Boy, et je sais d'avance que 3 ou 4 scènes de ce film viendront alimenter le blog un jour (ce combat en plan-séquence est merveilleux).

 

          Cependant, j'ai décidé ce soir de parler du générique d'ouverture (et de fermeture) d'un film que j'ai découvert tout juste ce matin : The Rocky Horror Picture Show. Gros délire culte créé pour les fans de ciné, je n'ai pas le bagage nécessaire pour saisir toutes les références du film mais je l'ai grandement apprécié, avec 40 ans de retard. 

 

          Même si l'essentiel du film marche à merveille, notamment grâce à un Tim Curry survolté et complètement dingue, c'est le générique d'ouverture qui m'a envoûté d'office :

 

 

          Cette comédie musicale complètement tarée a un gros atout ; celui d'avoir des chansons de qualité, et notamment ce morceau intitulé Science Fiction/Double Feature, chanté par Richard O'Brien par-dessus la bouche de Patricia Quinn. Ce générique est pour moi une merveille car il met immédiatement dans l'ambiance de ce qui va suivre ; un côté décalé et totalement hypnotisant qui ne m'a pas lâché pendant tout le film. A vrai dire, j'ai ressenti une énorme nostalgie en écoutant cette chanson, même si je ne l'avais jamais entendue auparavant. Je trouve qu'elle a un pouvoir mélancolique assez puissant, et que c'est une entrée en matière grandiose pour le film. Il est clair que ça donne envie de le voir, j'ai personnellement été emporté par cette voix qui a un effet particulièrement motivant.

 

           Rares sont les films qui donnent envie dès les premières minutes (Old Boy fait partie de ceux-là également), rares sont les génériques mémorables. En 4 minutes, que ce soit visuellement comme auditivement, on se sent étrangement pris dans une ambiance très agréable, renforcée par la vision de cette unique bouche qui captive bizarrement notre regard. Bref, je trouve cet effet assez fou, qui donne en plus un aspect épique au film sans même qu'on ne comprenne vraiment pourquoi. De la pure nostalgie, comme je l'adore.

 

            Mais ce qui est plus fort encore, c'est que cette même chanson est réutilisée pour le générique final, et que la différence entre les deux versions est magnifique. Pendant le générique d'ouverture, la musique est entraînante et a un effet enthousiasmant, rythmé. Au contraire, à la fin du film, la musique est associée à une réplique tout à fait étrange et triste, qui ne semble pas correspondre à la lignée du film et qui m'a vraiment fait tout drôle. Alors que le film est constamment plongé dans un univers de grande poilade et de délire WTF assez savoureux, il se conclut brutalement avec une réflexion assez déprimante qui m'a laissé avec un sentiment particulier.

 

           En d'autres termes, la musique est utilisée avec un double objectif ; elle ouvre le film avec une nostalgie positive pour donner envie de voir la suite, et nous laisse avec une nostalgie plus négative pour qu'on ne l'oublie pas une fois fini. Je trouve ça assez fort et efficace, d'autant que la chanson est vraiment marquante et reste dans la tête.

 

           Bref, inutile de dire que je vais écouter cette chanson un bon paquet de fois. Si The Rocky Horror Picture Show va me rester en tête, c'est en grande partie grâce à ces deux génériques et je pense que, malgré ses défauts et son côté nanardesque, je risque de revoir ce film encore et encore.

 

 

 

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 13:26

          Jusqu'au dernier moment j'ai hésité à sortir au ciné hier soir pour voir ce film, mais l'effet que m'avait fait la bande-annonce m'a persuadé, et j'ai bien fait. Cette année, beaucoup de films géniaux sont déjà sortis (en vrac : L'Odyssée de Pi, The Master, Le monde de Charlie, Django Unchained, Zero Dark Thirty, Happiness Therapy, Passion, Flight, A la Merveille, Cloud Atlas et j'en passe), c'est d'ailleurs la première fois qu'une année cinématographique démarre aussi bien pour moi, mais The Place beyond the Pines est le premier d'entre eux qui me pousse réellement à écrire un article, malgré mon manque de temps et d'envie.

             Derek Cianfrance m'avait déjà beaucoup plu avec Blue Valentine - où Ryan Gosling jouait aussi l'un des premiers rôles - mais là, je trouve qu'il a créé un film encore plus abouti, encore plus travaillé et étonnant, que ce soit visuellement comme scénaristiquement ou musicalement.

Indice Spoiler :  Spoiler1

 

The place beyond the pines-3

 

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             Le réalisateur prend un nombre de risques incroyables qui, grâce aux différents talents mis en oeuvre, se révèlent payants. Je n'ai absolument rien à reprocher au film, il est à mon goût parfait que ce soit au niveau du scénario, de l'évolution des personnages et de cette histoire passionnante, des acteurs et de leur direction absolument incroyable, de la réalisation et de la musique. Un peu à l'image de la bande-annonce d'ailleurs que j'avais trouvé admirablement réussie :


 


 


               Le film prend déjà un premier risque : celui de l'acteur choisi pour jouer Luke Glanton. En voyant la bande-annonce, il est impossible de ne pas penser à un "Drive 2" tant le personnage joué par Ryan Gosling semble similaire et tout aussi électrique (un adjectif qui lui est souvent attribué à juste titre). La clope au bec n'est pas sans rappeler le cure-dent de Drive et le bad boy en voiture est remplacé par le bad boy à moto. Qui plus est, je n'ai pas de difficultés à dire que The Place Beyond the Pines se situe au même niveau que Drive visuellement (ce qui, venant de moi, est donc un énorme compliment) avec parfois des plans similaires. Le plan d'ouverture du film notamment, avec le bruit du couteau papillon qui met immédiatemment dans l'ambiance, offre un joli plan-séquence pour bien entamer le film, la caméra suivant Ryan Gosling de dos pour rejoindre son lieu de travail sous les acclamations. J'ai trouvé cette entrée en matière brillante et j'ai tout de suite accroché.


The place beyond the pines

            Mais pourtant, le film fait le tour de force de ne jamais s'apparenter à un Drive 2. Le fait de teindre Ryan Gosling en blond, déjà, peut paraître tout con au premier abord mais permet sans aucun doute au spectateur de ne pas s'imaginer devant le même personnage. Et puis surtout, il faut bien le dire, ces deux films sont entièrement différents dans l'évolution de la trame scénaristique. The Place Beyond the Pines s'affaire à parler de ses personnages sur la longueur et prend également un autre risque : celui d'être découpé en 3 parties claires et nettes. Chacune des parties a son personnage principal (Ryan Golsing pour commencer, puis Bradley Cooper, pour finir par Dane DeHaan et Emory Cohen qui campent leurs fils respectifs 15 ans plus tard). [Spoiler : surligner pour voir le texte] Ainsi, la première partie consacrée au personnage de Ryan Gosling s'arrête brutalement pour laisser place à l'intrigue consacrée au personnage de Bradley Cooper, si bien que les deux acteurs ne se retrouvent jamais à jouer une scène ensemble ; ce qui est plutôt très rare lorsqu'on a deux acteurs de cette envergure en tête d'affiche. Pour cette raison, le film surprend énormément. La fin de la première partie du film est extrêmement inattendue. Je viens de lire que Derek Cianfrance était fasciné par Psychose d'Hitchcock, ça n'a rien d'étonnant. C'est évidemment à Psychose qu'on pense immédiatemment en voyant la disparition brutale du personnage principal au beau milieu du film, ce qui constitue un gros risque de perdre le spectateur. Et pourtant, comme Hitchcock, Derek Cianfrance a réussi à effectuer un beau transfert de Ryan Gosling à Bradley Cooper sans cesser de nous passionner. Couvert qu'il remet une deuxième fois lorsqu'il s'agit de traiter de la descendance et des conséquences des actes des deux pères sur leus fils.[/spoiler] Bref, le film est purement brillant dans sa construction, vraiment dingue et magnifiquement orchestré. D'autant que visuellement, le film est très beau, offrant même des plans d'une grande poésie et d'une belle nostalgie grâce à la musique de Mike Patton (celle dans la fin de la bande-annonce qui avait éveillé mes papilles de cinéphile).


The place beyond the pines-4               Si le film est si réussi, c'est en grande partie grâce aux acteurs. Plus je vois Ryan Gosling et plus je me dis qu'il est hors norme. Avec son visage et son regard bourrés de tristesse et de mystère, cet acteur est absolument hypnotisant et je trouve son talent démesuré. Il y a notamment une scène dans le film où Romina (Eva Mendes) regarde une photo de Luke. Cette scène est magnifique car Romina voit cette photo 15 ans après qu'elle ait été prise. C'est un moment de nostalgie pour le personnage. Mais grâce à la musique, à la dimension dramatique et aux acteurs, le spectateur est lui aussi mis dans un grand état de nostagie alors que pour lui, la scène a eu lieu à peine une heure auparavant. Cette scène n'aurait, à mon sens, pas eu autant de charme et de puissance sans Ryan Gosling. Je trouve étrangement que cet acteur a un pouvoir nostagique hallucinant qui permet au film de s'envoler parfois assez haut.



The place beyond the pines-2            Cependant le reste du casting n'est pas moins brillant. J'avais peur d'Eva Mendes car je n'ai jamais vraiment pu l'apprécier, mais ce film met vraiment en valeur son talent d'actrice. De même pour Bradley Cooper qui joue avec une justesse incroyable, Ray Liotta mais également Rose Byrne, mémorable alors qu'on ne la voit presque pas ! Pour ceci, je trouve la direction des acteurs excellente, car aucun personnage, même le plus secondaire qui soit, n'est laissé sur le côté. C'est sans parler de Dane DeHaan et Emory Cohen qui brillent à l'écran pour bien conclure le film.




                 Bref, je ne sais pas si c'est un chef d'oeuvre mais pour moi ça s'en approche grandement. Je le conseille absolument à tout ceux qui ne savent pas quoi aller voir au ciné en ce moment.







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Published by Sebmagic - dans Critiques de films
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 19:34

          Ayant moins de temps à consacrer au blog je vais en revenir à ses origines ; poster un article lorsque j'ai une émotion particulière, pour partager mes films et mes scènes de films préférés.

 

          Hier soir j'ai revu (enfin !) La Famille Tenenbaum de Wes Anderson et je dois dire que j'ai été encore plus charmé que la première fois, qui m'avait déjà beaucoup marqué sans que j'en garde un souvenir clair. A l'époque le cinéma commençait tout juste à devenir ma passion et je n'avais pas compris à quel point ce film était sublime, original et proche de la perfection. Wes Anderson fait certainement partie des réalisateurs qui me surprennent le plus et m'offrent le plus de plaisir, avec de la poésie, des plans en travelling somptueux, des dialogues remplis de silences ; un style vraiment unique et jouissif mais surtout des personnages décalés et riches.

 

famille tenenbaum



          Bref, ce film est probablement l'un des films les plus charmants que j'ai pu voir, mais j'ai fait cet article pour parler d'une scène en particulier, qui est à mon goût LA grande scène du film, de celles qui caractérisent leur auteur et qui transcendent un simple film. Pourtant, La Famille Tenenbaum est très riche en scènes génialissimes, ne serait-ce que la présentation des personnages / du casting très décalée et propre au style savoureux du cinéaste (scène à revoir ici), avec le genre de musique qu'on ne peut voir que dans un film de Wes Anderson.


           Ici je voulais parler un peu de la scène où Margot (Gwyneth Paltrow) descend du bus pour rejoindre Richie (Luke Wilson). La scène apparait dans le film sans trop prévenir, est assez surprenante grâce au changement soudain de ton et d'ambiance, passant d'un humour décalé et franc à quelque chose de poétique, de magique et de très lent. L'impression que le temps ralentit à travers les yeux des deux personnages est magnifique, d'autant plus puissante lorsque la musique de "These Days" se met à s'intensifier avec les paroles de la chanteuse Nico, sublime voix. J'ai cru comprendre que Wes Anderson avait tourné cette scène spécialement pour cette chanson, et ça se ressent tant l'association des deux est belle, pleine de grâce, évidente.


 


 

          A la surprise du changement d'ambiance se mêle également la surprise scénaristique, puisqu'on ne sait pas de quel personnage le narrateur parle avant de voir apparaître Margot, descendant du bus avec un air mélancolique qui colle à la peau des personnages de Gwyneth Paltrow et qu'elle interprète à merveille. Peu d'actrices sont capables à ma connaissance de percer un écran de la sorte, même aidées par la mise en scène et la réalisation parfaites d'un Wes Anderson. Je pense qu'à part Kirsten Dunst, aucune n'aurait pu saisir ce personnage aussi bien, dans les moindres regards et les moindres gestes. Une espèce de talent à émouvoir par la nostalgie et la mélancolie assez rare et puissant pour le spectateur. On peut d'ailleurs généraliser ça à pratiquement tous les personnages du film (Luke Wilson et Bill Murray notamment).



           Bref, cette scène fait partie de mes claques cinématographiques, quand bien même je n'y avais pas fait attention plus que ça la première fois (bizarre). Tant de talent de tous les côtés (jeu d'acteurs, musique, mouvements de caméra, mise en scène, couleurs et ambiances), confinés dans une scène si courte, c'est fabuleux et ça serait bien de voir ça plus souvent.




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Published by Sebmagic - dans Scènes de films-séries
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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 22:25

          Film totalement méconnu (inconnu même ?), et on se demande bien pourquoi surtout au vu du casting alléchant : Anthony Hopkins, Jake Gyllenhaal et Gwyneth Paltrow illuminent l'écran de leur talent (VO obligatoire !). Proof est un sublime film sur l'authenticité d'une preuve mathématique et notamment sur l'appartenance d'une démonstration à une personne, surtout lorsque la preuve est si importante qu'elle risque de bousculer le monde mathématique.

          Mais c'est également (et surtout !) un joli film sur l'histoire d'un génie devenu fou et sur l'enfer dépressif d'une jeune femme. Etant moi-même plongé quotidiennement dans le monde des maths, je ne peux que trouver Proof extrêmement palpitant et très émouvant lorsqu'il s'agit de traiter de l'univers mental des mathématiciens de génie, ainsi que leur volonté, leur hargne, et leur attachement à leur discipline. Même les non-initiés n'auront aucun mal à comprendre le film et, j'en suis sûr, à s'attacher à chacun des personnages.
 

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Proof

 

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             Pour commencer, une chose est sûre : la VF est à éviter absolument. Je l'ai testée pendant 15 minutes et je n'ai pas tenu, tant la médiocrité des doublages est conséquente. Ce film pourrait constituer à lui seul une immense campagne anti-doublages, comme la plupart des films très mal distribués en France (autre exemple : Une fiancée pas comme les autres). Les doublages dénaturent de façon hallucinante le jeu des acteurs, les émotions, l'humour, pour tout rendre vulgairement plat et c'est flagrant dans ce film. Le passage de la VF à la VO a été pour moi un grand soulagement et je n'ai pas peur de dire que les personnes qui ont vu Proof en version doublée n'ont en fait pas vu le film du tout... Les acteurs sont absolument prodigieux en version originale. Anthony Hopkins, même si on le voit peu, éclaire le film de ses apparitions, grâce à son sourire enchanteur et son regard mystérieux (est-il lucide ou est-il entrain de délirer ?). Jake Gyllenhaal campe le genre de personnages qui lui vont admirablement bien : soucieux des autres, honnête, "not boring", Hal est un jeune mathématicien, mais également l'unique personne à se soucier vraiment de Catherine, le personnage principal. La complicité électrique entre les deux acteurs/personnages est palpitante et m'a complètement subjuguée pendant le film.


Proof3

            Le duo nous offre de véritables moments de douceur, mais également d'exaltation lorsqu'on a l'impression, ne serait-ce qu'un instant, de partager totalement les émotions des personnages. Les sentiments sont multipliés par les regards des personnages qui parviennent à nous soustraire des sourires et des larmes. Etrange de voir que ce film divise les critiques. Bref, je ne connais pas beaucoup Gwyneth Paltrow mais elle confirme dans ce film tout ce que je pense d'elle depuis longtemps : il s'agit d'une actrice discrète au talent démesuré qu'on ne voit pas assez souvent à mon goût au cinéma, ou en tout cas pas dans suffisamment de films importants. Elle fait partie de ces rares actrices "à part". Elle joue ici un rôle dépressif et déprimant, celui d'une jeune femme absolument seule, désespérée par la mort de son père et qui est terrifiée à l'idée de devenir comme lui. Un seul personnage ne cesse de la soutenir et de lui faire du bien, c'est ce bon vieux Hal qu'on apprécie dès le début du film (car Jake Gyllenhaal a ce don de sympathie et d'empathie impressionnant, qu'il sait toujours retranscrire à travers chacun de ses personnages).


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          Bref, le film est divisé en deux parties. Dans la première, on nous présente la situation, le personnage principal et l'enfer mental dans lequel elle se retrouve : la solitude, la peur, le deuil. Face à cette situation, un jeune homme vient lui apporter un court rayon de soleil et cette situation dure pendant toute la première moitié. La scène de l'enterrement est excellente, tout comme l'une des premières séquences du film également, avec le "cadeau d'anniversaire" de Hal qui constitue une scène émouvante, à la fois intense et douce, dès le départ - alors qu'on apprend tout juste à connaître les personnages. On pourrait se demander quand le film va "réellement" commencer mais l'astuce est là : le film est bel et bien commencé et la partie "mathématique" du film n'est pas pressée d'arriver. Le film préfère d'abord s'attarder sur la vie de Catherine et son passé avant de rentrer vraiment dans le sujet. C'est fort et c'est malin, car il est nécessaire qu'on s'attache d'abord au personnage et à sa psychologie avant de pouvoir suivre ce que le film veut raconter. La première moitié du film m'a passionné, grâce au jeu des acteurs impeccable, toujours avec une douceur et une retenue qui font que le film ne tombe jamais dans le ridicule ni dans l'excessif. Les sentiments sont implicites, les dialogues sont charmants, la subtilité est omniprésente.


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             Vient ensuite la deuxième moitié, où Gwyneth Paltrow continue d'émouvoir et d'attendrir et où le vif du sujet revient sur le devant de la scène. Je ne vais pas raconter le film mais pour quelqu'un qui a déjà fait des mathématiques, cette partie est palpitante et merveilleusement mise en scène, sans jamais - jamais ! - faire semblant de prendre les spectateurs pour des cons avec des termes mathématiques compliqués. Par-ci par-là, on a droit à un bout de formule dans un coin, et c'est tout. Le reste n'est que psychologie des personnages et récit de l'hypothétique lucidité d'un génie. Le film ménage habilement son suspense avec des flashbacks mystérieux et l'utilme scène d'Anthony Hopkins est la plus sublime du film, déchirante et libératrice. "The future of heat is the future of cold". Clairement l'une des plus belles scènes que j'ai pu voir cette année tant elle est forte en révélations et en conclusions psychologiques de chaque personnage, le sourire d'Anthony Hopkins sous la neige venant éclairer le visage du spectateur de façon frappante avec une admirable poésie.


Proof2

           Bref, Proof est une merveille à ne pas louper, avec un sujet très original et rarement abordé (les personnes ayant apprécié "Un homme d'exception" apprécieront à coup sûr).








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Published by Sebmagic - dans Critiques de films
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 21:09

Ayant une flemme énorme d'écrire en ce moment, il n'y aura pas d'article avant un petit bout de temps même si j'ai déjà vu depuis le début de l'année un sacré nombre de perles qui mériteraient que j'en parle : entre autres L'odyssée de Pi, Le monde de Charlie, Philadelphia, Detachment, Oslo 31 août, Billy Elliot, Wanted, 8mm, Le nouveau monde et évidemment le tout récent Django Unchained qui m'ont tous procuré du grand bonheur cinématographique... J'ai en ce moment beaucoup plus envie de regarder des films que d'en critiquer, pour ceux qui seraient vraiment en manque (on peut toujours y croire !), j'essaie de mettre le plus souvent possible mes critiques sur Allociné, visibles en suivant ce lien.


Mais bref, aujourd'hui j'ai envie de parler d'un clip. A mon plus grand étonnement, je ne l'avais pas vu avant alors que je suis raide dingue de la musique de Sigur Rós, mais quoiqu'il en soit l'assemblage de la musique et des images chez ce groupe islandais me fascine toujours autant, tout en me procurant de véritables moments d'intense poésie. Le clip de Glósóli, notamment, avec cette montée finale très puissante, représente un peu mon idéal du clip, qui n'est pas à dissocier de mon idéal cinématographique.


sigur-ros-shia-labeouf.jpg

Bref, lors de la sortie de leur 6e album Valtari, le groupe Sigur Rós a demandé à 12 réalisateurs (un pour chaque chanson) de s'occuper des clips, sans aucune contrainte artistique ni thématique. On peut retrouver ces clips sur leur site à cette adresse, mais j'ai envie de m'attarder sur celui qui a fait sensation parmi les 12 : le clip de Fjögur píanó, réalisé par Alma Har'el et mettant en scène Shia Labeouf. Tout simplement parce qu'il m'a également fait beaucoup d'effet et qu'il mérite d'être partagé. L'acteur semble dernièrement vouloir sortir du système Transformers/Blockbusters, choix qui l'honore quand on voit le talent qu'il met ici en oeuvre en seulement 8 minutes.


 

 



Je ne vais peut-être pas m'étendre sur la qualité de cette véritable oeuvre artistique car c'est quelque chose d'unique et d'expérimental qui se savoure, tout simplement. Toujours est-il que le clip est magnifique, en parfaite adéquation avec la musique, présentant deux personnages (ou bien les deux formeraient-ils en fait la même personne ?) évoluant dans une ambiance et un univers très étranges. On a presque ici affaire à de l'art contemporain, très bizarre avec une ambiance extrêmement poétique, romantique et mélancolique. Shia Labeouf montre ici toute sa sensibilité artistique et le clip, a priori difficile à saisir, est bien plus profond qu'il ne le laisse paraître. Très symbolique et riche en interprétations multiples, j'ai lu cette sublime analyse du clip (ça vaut vraiment le coup de passer 10 minutes à la lire car elle est très enrichissante) qui m'a sidéré et qui explique clairement l'omniprésence du thème du "Projet MK-Ultra" (Monarch Mind Control), un projet illégal qui consisterait à manipuler mentalement des individus. De quoi mettre la vidéo en parallèle avec l'être humain actuel et sa place dans la société actuelle.


Toute cette théorie laisse en effet supposer que les deux personnages du clip sont manipulés par un groupe extérieur, et que la jeune femme n'est peut-être que le reflet du personnage de Shia Labeouf lui-même, éternellement bloqué dans cette pièce et dans ce corps, qu'il marque chaque jour d'un trait dans le dos comme le feraient des prisonniers sur un mur. Le clip joue habilement sur l'absence de bruit (mis à part évidemment la poétique et planante musique de Sigur Ros) qui rend le clip encore plus vibrant, il est bon de remarquer qu'à 5:35, le personnage féminin (joué par Denna Thomsen) crie silencieusement "What do I have to do to get you out of here ?". La réplique, associée aux images et à tout ce qu'elle implique (deux personnes coincées dans un cycle infernel et infini), donne des frissons. C'est beau, c'est profond et c'est tout ce que j'aime.




Voir aussi : L'article sur Sigur Ros.




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Published by Sebmagic - dans Surprises
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