9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 16:08

           Honte à moi, c'est mon premier film de Paul Thomas Anderson (même si Magnolia et There Will Be Blood sont depuis longtemps dans ma ligne de mire). The Master est une oeuvre brillante qui vaut au moins le détour pour sa poésie et l'interprétation exceptionnelle de Joaquin Phoenix.

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             Ca m'a fait bizarre d'aller voir son film car j'ai découvert son cinéma pour la première fois, tout en ayant beaucoup entendu parler auparavant. Bref, The Master est une oeuvr sublime, extrêmement belle visuellement grâce à la beauté de certains plans et des images. La première séquence du film est juste merveilleuse, aidée par une musique déjà magistrale de Jonny Greenwood. L'effet immersif est immédiat, ça faisait longtemps d'ailleurs que je n'avais pas entendu de musique aussi harmonieuse, aussi lyrique au cinéma. Greenwood nous offre une magnifique composition dès l'ouverture, et c'est également grâce à lui que ce conclut le film de façon presque nostalgique. C'est un réel bonheur que d'aller au cinéma seul, ou pas d'ailleurs, mais de rester jusqu'à la fin du générique dans une ambiance parfaitement paisible, avec pour unique point d'intérêt que cette musique qui berce. Les génériques de fin ne sont pas tous nécessairement magnifiques mais quand ils le sont, il est regrettable de ne pas en profiter. C'est profiter du film et de son ambiance quelques minutes de plus, tout en repensant aux images qu'on vient de voir, c'est entamer une réflexion sur ce qu'on vient de voir et ne pas se réintégrer dans le monde "réel" immédiatemment. En quelques sortes, c'est un joli moment de contemplation qu'il est rare de vivre au quotidien et qui fait du bien.


 


 

           Quoiqu'il en soit, l'année commence bien avec The Master, qui est beau visuellement (les plans sur les remous de l'eau sont à tomber, la réalisation et le montage sont exquis) mais pas seulement. Le thème est déjà original et intéressant, mais le traitement l'est encore plus. The Master, c'est un face-à-face entre deux hommes, une relation de dominance qui s'installe entre un homme paumé, qui s'est écarté de son chemin au retour de la guerre, et un "master" aux allures parfois sectaires qui lui vient en aide en lui réinculquant le contrôle de soi. On a ici une rencontre cinématographiquement marquante entre deux grands acteurs : Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix, qui éclipsent sans souci tout le reste du casting. Quel plaisir, d'ailleurs, de retrouver Joaquin Phoenix au cinéma ! Son interprétation dans The Master risque de marquer les esprits et les récompenses de l'année tant elle est inoubliable. L'acteur est carrément possédé par son personnage, avec cette démarche, cette allure courbée qui en font instantanément un être perdu, sans avoir jamais à le mentionner explicitement. Les plans ne cessent de mettre en valeur son visage marqué, ce qui offre parfois de brefs moments d'émotion.


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                Alors que je pensais que l'ennui allait m'envahir, j'ai été passionné par cette rencontre et fasciné par les dialogues, même si le propos du film est parfois difficile à suivre. C'est d'ailleurs l'un des seuls petits défauts que j'octroierai au film : le fait qu'il aurait pu être plus accessible. The Master enchaîne effectivement des scènes proches de la perfection, flamboyantes et mémorables, mais cet enchaînement est parfois compliqué à saisir ; malgré la qualité des acteurs et l'intérêt que j'ai porté à l'histoire, j'ai eu du mal à saisir où voulait en venir l'auteur avec ces deux personnages. Parfois même, j'ai trouvé que le film n'allait pas assez dans l'émotion et restait trop terre-à-terre, j'aurais bien imaginé certains scènes décoller complètement avec une amplification du volume musical pour souligner les traits psychologiques de Freddie Quell, mais les sublimes compositions sonores restent à mon goût trop discrètes. Cependant, j'ai vécu un beau moment de cinéma même si je n'ai pas toujours ressenti où le film voulait m'emmener. La performance de Joaquin Phoenix (mais également de Philip Seymour Hoffman dans une moindre mesure) est absolument mémorable et au risque de me répéter : ça fait vraiment un bien fou de le revoir sur grand écran, surtout pour nous sortir des interprétations pareilles.



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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 22:22

           Une fiancée pas comme les autres (oubliez ce titre peu avenant) part d'une idée extrêmement originale et surprenante qui fait clairement du film un ovni cinématographique hors pair. La réalisation est plutôt classique, mais l'idée est tellement loufoque que le film force automatiquement l'intérêt. Ryan Gosling sort radicalement de ses rôles habituels, il est méconnaissable et pourtant son jeu d'acteur est encore plus hallucinant que d'habitude. Il interprète Lars, un jeune homme solitaire, assez dérangé psychologiquement qui refuse qu'on le touche. Il vit seul en face de chez son frère Gus et de sa belle-soeur Karin, dans un garage aménagé. Un beau jour, il leur annonce qu'il a rencontré une fille sur Internet et qu'il souhaite leur présenter. D'abord soulagés par cette nouvelle, leur surprise va pourtant être grande en découvrant qui est l'étrange Bianca.

             Je ne sais pas trop comment aborder cette critique sans en dire trop, et d'ailleurs je ne suis même pas sûr que le fait de ne pas en dire trop soit nécessaire. Quoiqu'il en soit, le film est une belle leçon de tolérance où Ryan Gosling tient l'un de ses plus grands rôles, et paradoxalement l'un de ses moins connus.

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             Je ne vais pas parler de ce film en détails car c'est un film que je souhaite plutôt faire découvrir, ou donner envie de voir à ceux qui n'en ont jamais entendu parler.


lars-and-the-real-girl3             Une fois qu'on comprend ce qui se trame, le film devient absolument palpitant. Il fait partie des films qui oscillent constamment entre l'humour et le drame, mais celui-ci parvient même à concilier les deux simultanément. J'ai ressenti un paquet de choses différentes en suivant cette intrigue quelque peu déroutante, mais pire encore : parfois je ne savais pas ce que je devais ressentir. L'absurde de la situation m'a souvent poussé à rire, avant immédiatemment de me rendre compte que ce n'était pas drôle. Bref, la sensation est très étrange pour le spectateur mais, heureusement, le film ne produit jamais d'effet glauque ou gênant. La situation fait sourire - car elle est inattendue et superbement réalisée - autant que Lars attriste. Le réalisateur fait ici un travail remarquable car il reste toujours dans la sobriété en ne tombant jamais dans les travers qu'on aurait pu craindre. Il traite le sujet avec une étonnante sensibilité, jusqu'à même nous faire pleurer à la fin, non pas pour ce qui arrive à Bianca, mais pour l'effet que tout ceci a sur Lars. Même si le dénouement reste assez prévisible et que la construction du film est parfaitement logique, le scénario est quand même suffisamment fort pour nous tenir en haleine pendant 1h30.


lars-and-the-real-girl2             En fait, la plupart des scènes sont assez tendues, tout en étant bizarrement jubilatoires (comme la scène où Lars parle de sa fiancée à Gus et Karin ; j'étais entrain de trépider sur mon siège comme si je ne supportais pas d'imaginer ce qui allait se produire par la suite). Le personnage et son histoire sont vraiment traités avec un grand soin, avec une finesse éblouissante, car le film est constamment centré sur les émotions de Lars et le fond de sa pensée. On voit un être torturé, désespéré et terriblement touchant. L'erreur aurait été d'en faire un personnage minable, ce qui n'est absolument pas le cas. Si le film n'est pas toujours réaliste dans les événements (notamment sur la fin où ça devient légèrement trop gros), il est incroyablement poétique. Le mot "poésie" est peut-être celui qui caractérise le mieux Une fiancée pas comme les autres, car on a ici de purs moments de féerie, de grâce et de mélancolie. Le film évolue en même temps que Lars, personnage en détresse aux frontières de l'autisme qui m'a passionné psychologiquement d'un bout à l'autre et finit par engendrer la compassion. Ryan Gosling ne cesse de m'étonner au fur et à mesure que je découvre sa filmographie. Qui plus est, si le film est un hymne à la tolérance et à la solidarité, il ne souffre jamais d'une moralité cul-cul qu'on aurait pu en attendre.


            Bref, le film est une merveille et je remercie Altoy de m'en avoir parlé.








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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 11:09

          Ce blog endure déjà son 3e hiver et, comme chaque année, j'ai envie de faire mon petit bilan de 2012. Ca va me permettre de revenir sur des films dont je n'ai pas encore parlé (par flemme notamment), mais aussi de constater le nombre de belles surprises que j'ai pu avoir en 2012. Encore une fois, je parle ici uniquement des films découverts et pas des films redécouverts. Et encore une fois, l'âge des films présentés dans ce top est variable : il ne s'agit pas uniquement des sorties ciné de l'année (loin de là).

          
Je n'ai pas réussi à estimer le nombre de films que j'ai vus ou revus cette année, mais c'est probablement du même ordre que l'année passée (environ 200), ma passion ne faiblit pas et je pense même qu'elle augmente : plus je vois de films, plus je veux en découvrir. J'ai l'impression cette année d'avoir un peu élargi mes horizons cinématographiques (en découvrant de nouveaux cinéastes comme Truffaut, Godard, Rohmer, Argento, etc.), même si ce n'est pas encore très vaste et que ma liste de films à voir croît de façon exponentielle. Cependant, je ne peux que constater que mon type de cinéma préféré reste inchangé. En tête du top se trouvent donc des films similaires à ceux du top de 2011. Comme l'année dernière, je suis surpris (et ravi) de voir combien de films en noir et blanc sont à l'honneur dans ce top. C'est un style que j'affectionne beaucoup et que je trouve parfois bien plus beau que le cinéma en couleur.

              Mais trêve de blabla. Ce top est (plus ou moins !) dans un ordre qui me satisfait - pas évident de classer des films totalement différents surtout que j'aurais envie de tous les mettre dans le top 10 - et est constitué des films qui m'ont vraiment marqué dans l'année. Je suis notamment frustré de voir que les films entre la 20e et la 30e position sont aussi loin dans le top alors qu'ils m'ont énormément marqué et que je les ai tous savourés. Ce sont clairement des oeuvres que je me réjouirai de voir et revoir encore à l'avenir.

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    1. Perfect Sense (2011)

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         J'en ai vraiment chié pour départager les places du podium. On peut considérer qu'ils sont tous les 3 à égalité, mais quand même : je n'oublierai jamais la première fois que j'ai vu Perfect Sense car ce film m'a fait un énorme choc émotionnel, comme rarement j'en ai eu dans ma vie cinématographique. Je n'ai jamais pleuré autant devant un film, tout simplement, et l'univers visuel et sonore de Perfect Sense est à mon goût une pure merveille. impossible pour moi de ne pas mettre ce film en tête même s'il présente peut-être objectivement plus de défauts que le suivant. Voir la critique.

 
 
          2. Il était une fois dans l'Ouest (1968)

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          Ce film a conclu mon "cycle découverte" Sergio Leone, que j'avais entamé l'année dernière avec Le bon, la brute et le truand. Encore une fois, un western de Leone se retrouve sur le podium et ce n'est pas anodin : ses 2 trilogies sont pour moi de purs bijoux cinématographiques dont chaque volet m'a fichu une belle claque. Il était une fois dans l'Ouest m'a procuré un plaisir assez intense du début à la fin, c'est juste une succession de scènes cultes et jouissives. La critique. 
 
 

           3. Take Shelter (2012)

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           Indiscutablement ma plus grosse claque au cinéma cette année, Take Shelter est mon Melancholia de 2012 : j'ai adoré le début et la fin (les dernières 20 minutes sont absolument somptueuses), j'ai savouré le reste et j'y suis allé 3 fois. Encore un film sublime et intimiste sur fond de fin du monde. Ce thème très actuel a donné lieu ces 2 dernières années à des films que je ne me lasserai jamais de voir tant ils sont puissants, émouvants et esthétiques. La critique. L'analyse.

 
 
           4. Another Earth (2011)

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          Une des mes plus jolies claques de l'année, avec en prime une découverte : Brit Marling, actrice et co-scénariste du film. Another Earth est une histoire originale au traitement très envoûtant et dramatique, c'est un film qui n'en fait pas des caisses (ni sur les effets spéciaux, ni sur le mélodrame), qu'on pourrait même qualifier de réservé mais qui est d'une beauté rarement atteinte au cinéma. La critique.

   
 
           5.  Le Hobbit : un voyage inattendu (2012)

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           Après mon premier visionnage, Le Hobbit était seulement en 25e position : je trouvais le film excellent mais un niveau en-dessous du Seigneur des Anneaux. Mais après la deuxième fois, mon avis a changé. Le Hobbit parvient quasiment à égaler ses prédécesseurs avec des scènes magnifiques, une réalisation quasi parfaite, des clins d'oeils jubilatoires pour les fans et de nouveaux acteurs qui promettent (Martin Freeman en tête bien évidemment). La critique.

 

           6.  Stay (2005)

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          Un des rares films que je connaisse qui justifie à lui seul l'invention du cinéma en tant qu'art. Stay ne se raconte pas, ne se décrit pas, Stay se regarde. L'histoire est en grande partie dépendante du montage et de la mise en scène du film, offrant des scènes (notamment des raccords entre les plans) visuellement incroyables et surtout une fin inattendue et ultime. La critique.
 
 

           7.  Voyage au bout de l'enfer (1978)

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           The Deer Hunter est tout simplement un chef d'oeuvre de Michael Cimino absolument culte que je m'étonne de n'avoir jamais découvert avant. Certainement l'un des films les plus puissants à propos de la guerre et ses effets (à mon goût supérieur à Apocalypse Now ou Full Metal Jacket), avec notamment deux scènes très poignantes sublimées par les inégalables Robert De Niro et Christopher Walken. La critique.
  
 

           8.  Martha Marcy May Marlene (2012)

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          Ceux qui me connaissent un minimum ne peuvent pas s'étonner de voir apparaître Martha Marcy May Marlene aussi tôt dans le classement. Avec exactement le type de photographie dont je raffole, avec une histoire très prenante qui relève presque de l'inédit (le sujet traité ici est très rarement vu au cinéma), et avec une révélation aussi inattendue (l'incroyable Elizabeth Olsen), le film réunit tout ce que j'aime voir au cinéma. Pour moi, y'a rien à dire. La critique.
 

 
           9.  Ma nuit chez Maud (1969)

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           Cette fin d'année aura été pour moi une initiation au cinéma de la Nouvelle Vague et je dois dire que pour le moment, j'y ai pris plutôt goût (même si le style un peu pompeux me gêne toujours). Ma nuit chez Maud fait partie des rares films que j'ai eu immédiatemment envie de revoir une fois terminé. Un film qui tire sa force de ses dialogues, chacun d'entre eux étant un pur délice d'intelligence et de finesse. Voir la critique.
 


           10.  La Ligne Rouge (1998)

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          Impossible pour moi de ne pas mettre La Ligne Rouge dans le top 10. Encore une fois, j'accroche infiniment au style unique et poétique de Terrence Malick. Tout simplement une merveille, du pur génie comme on en voit rarement (j'aime bien penser que Malick sera le futur Kubrick). Le casting de malade, la BO magnifique signée Hans Zimmer m'ont emporté pendant presque 3h. La critique.

 

           11.  Shame (2011)

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           Shame est, lui aussi, caratéristique du cinéma que j'affectionne tout particulièrement et que je continue de savourer dans les moindres détails. Des regards, des non-dits, des scènes qui prennent aux tripes ou marquent pour plusieurs jours, une BO entraînante et des acteurs impliqués, c'est la recette de mon bonheur cinématographique. Ma critique.



           12.  J'irai dormir à Hollywood (2007)

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           Cette année fut pour moi la découverte d'Antoine de Maximy. Ce type est tout simplement génial et je l'ai découvert avec J'irai dormir à Hollywood qui m'a passionné du début à la fin. J'adore le principe, la réalisation, le montage, bref : je compte bien voir tous les épisodes de la série pour prendre encore plus de plaisir. La critique. 



           13.  La ruée vers l'or (1925)

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la-ruee-vers-l-or.jpg           Cette année, j'ai également continué ma découverte du cinéma de Chaplin (chacun des films que j'ai visionné se retrouve d'ailleurs dans ce top), que j'avais entamée l'année dernière avec Une Vie de chien et Le dictateur. J'ai été une fois de plus conquis par son univers et par l'efficacité du muet pour l'humour et l'émotion. Ces films rappelent que les sentiments peuvent s'exprimer sans aucune parole et que parfois, cette absence de dialogues les rendent même plus forts. La ruée vers l'or est indiscutablement l'un des plus beaux films que j'ai pu voir cette année. Chaplin revêt le costume du vagabond et m'a fait traverser plusieurs émotions différentes, du rire aux larmes. Tout ceci en gardant son éternelle poésie et sa magie qui rendent son oeuvre presque inégalable sur ce plan. Je ne peux pas m'empêcher de mourir de rire face aux mimiques de son personnage. Bref, ce film est un immense chef d'oeuvre du maître, que j'ai donc découvert 87 ans après sa sortie mais qui m'a à la fois fait rire et touché. Le personnage Charlot est juste un vrai plaisir à suivre dans ses aventures, avec sa démarche atypique et son accoutrement amusant (la canne, le chapeau). La Ruée vers l'or est loin de tout ce que je m'attendais à voir. Je pensais à tort que Charlot allait partir en chasse de l'or, etc., alors qu'il n'en est rien. C'est simplement, comme toujours, un personnage solitaire et naïf qui débarque au milieu de tout ça. Il fait énormément rire, et le film regorge d'idées marrantes comme la maison prête à tomber dans le vide ou la dégutation de la chaussure. Mais il réserve également son lot d'émotions, car si Charlot fait rire sans le vouloir, il n'en demeure pas moins un personnage extrêmement attachant et triste (Charlie Chaplin étant décidemment balaise pour transmettre ce sentiment à son personnage). La danse des petits pains, que j'ai découverte avec le film, est un pur moment de poésie et de beauté. Chaplin parvient à faire vivre deux morceaux de pain grâce à des fourchettes et c'est évidemment fabuleux. Toute la scène du nouvel an où Charlot se retrouve seul est émouvante, grâce notamment à l'Auld Lang Syne d'une tristesse imbattable. Georgie Hale est également parfaite pour son rôle, bref. Un petit bijou de cinéma qu'il est toujours bon de découvrir quasiment un siècle après sa sortie.



           14.  Les temps modernes (1936)

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           Enième chef d'oeuvre de Charlie Chaplin (cette formulation a-t-elle un sens ?), Les Temps Modernes est un film qui mêle rire, tristesse et inventivité. La réalisation est plus poussée que pour ses précédents films, avec entre autres quelques effets spéciaux réussis pour l'époque (le paquebot, etc.). Le film grouille d'idées fabuleuses et ravissantes et se conclut de façon sublime et extrêmement poétique. Réellement magique.



           15.  La Chasse (2012)

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           Après Festen, Thomas Vintenberg reprend un thème choc qu'il traite toujours avec autant de gravité et d'émotion. La Chasse est subtil et aborde le sujet de la rumeur de façon effroyable à travers la descente aux enfers d'un homme. Mads Mikkelsen est parfait d'un bout à l'autre. La critique.
 
 

           16.  Saya Zamuraï (2012)

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           Exemple typique de pépite qui a été très mal distribuée en France (seulement 9 salles), ce film est un bijou d'humour et d'émotion. Moins absurde que Symbol du même réalisateur, mais tout aussi savoureux à suivre. La critique.

 

           17.  American Psycho (2000)

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american-psycho.jpg           Agréable surprise, où Christian Bale excelle de bout en bout. Plus que le scénario et le personnage, tous les deux cinglés, c'est la réalisation qui m'a séduit. Tout ce que j'aime est réuni dans ce film, des musiques d'ambiance à la voix off efficace, en passant par les dialogues savoureux. Tout comme le cinéma de Tarantino, j'ai trouvé American Psycho extrêmement joussif à regarder, vraiment jubilatoire. La manière avec laquelle est racontée cette histoire est passionnante et c'est typiquement le genre de films que je pourrais regarder en boucle sans m'ennuyer. L'humour noir et très décalé est un pur délice. Je n'aurais pas pensé que Christian Bale puisse tenir un personnage de ce genre, aussi torturé, il trouve pourtant ici l'un de ses meilleurs rôles, avec un regard de psychopathe et un sourire flippant. Patrick Bateman est un homme qui a visiblement de gros problèmes psychologiques, qui semble ne rien ressentir du tout mais échappe pourtant à tout self-control lorsqu'il est envahi par la colère ou la jalousie. Il ne supporte pas le monde dans lequel il vit, c'est un misanthrope hors pair et ses réactions complètement disproportionnées font du personnage un bijou d'humour noir, capable de tuer un collègue simplement parce qu'il a une plus belle carte visite que la sienne. La scène de la hache est l'une des plus géniales que j'ai pu voir. American Psycho est déjà culte grâce à ses répliques et sa réalisation saisissante et dans trente ans, il fera probablement partie des classiques.
 


           18.  Bons baisers de Bruges (2008)

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           Ne connaissant absolument pas Martin McDonagh, ce film a été pour moi une sacrée surprise. Le réalisateur nous présente deux tueurs à gages bien loin des clichés déballés habituellement. On a ici affaire à deux hommes paumés, notamment le personnage de Colin Farrell, dépressif et suicidaire à cause de son passé. La réalisation est étonnante et le génie du film réside dans les dialogues : McDonagh a clairement tout compris. Au lieu de nous sortir les habituelles scènes et confrontations classiques et pas du tout réalistes, le réalisateur fait ressortir le comique de situation avec des répliques qu'on pourrait dire tous les jours. Ce comique de situation est rare au cinéma, surtout lorsqu'on traite de tueurs à gages. La critique.

   

           19.  Vivre sa vie : film en douze tableaux (1962)

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           Mon initiation au cinéma de Godard a clairement été l'une de mes plus grosses surprises de l'année. Même si j'ai été par la suite moins conquis par ce que j'ai vu de lui (Le Mépris, A bout de souffle, Une femme est une femme), je n'oublierai pas Vivre sa Vie qui m'a ravi du début à la fin avec des dialogues intéressants et des scènes à la réalisation superbe. Anna Karina m'a enchanté tout au long du film, notamment lors de la scène de danse au milieu des billards. La critique.
 
   

           20.  Répulsion (1965)

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           Voir ce film en 20e position me crève le coeur tant il m'a marqué. J'ai regardé ce film en voulant découvrir Catherine Deneuve un peu mieux (mes a priori étaient sévères sur cette actrice), et j'ai bien fait. Répulsion est un film que j'ai savouré du début à la fin et confirme également que le noir et blanc prend une place majeure dans ce top. Le même film en couleurs n'aurait clairement pas eu le même impact, les séquences jouent beaucoup sur les ombres et lumières et mettent en valeur l'actrice de manière impressionnante. Deneuve est dans l'inexpression et le silence, ce qui rend son personnage très mystérieux. C'est vraiment délectable. La critique.



           21.  Le Kid (1921)

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le-kid.jpg           Le Kid est une merveille, comme tous les autres films de l'auteur. Avec un format assez court (50 minutes), Charlie Chaplin m'a encore émerveillé et fait passer un moment d'une grande magie. Le vagabond recueille ici un enfant abandonné et le prend en charge malgré sa pauvre condition. Toujours bourré d'un humour visuel et de situation qui me fascine et me donne le sourire, Le Kid est un bijou d'émotion et d'amusement. La démarche caractéristique de Chaplin, ses mimiques, son sourire sont tellement attachants et cultes que je me demande comment j'ai fait pour ne pas découvrir Chaplin avant. Qui plus est, Le Kid offre de grands moments de déchirement. Presque un siècle plus tard, ce personnage est toujours aussi efficace et plein d'humanité. Le genre de phénomènes rares qu'il faut savourer à tout prix.



           22.  Il était une fois la révolution (1971)

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          Bien que ce film soit à mon goût légèrement inférieur au reste de la trilogie, il n'empêche que j'ai pris mon pied tout du long. Avec une bande son assez surprenante et un James Coburn à la hauteur, ce film contient plus d'humour que les précédents films de Leone, et également plus de flashbacks. Il était une fois la révolution s'intéresse un peu plus au passé des protagonistes, ce qui annonçait le magnifique Il était une fois en Amérique. La critique.
 
 
   
           23.  Apocalypse Now (1979)

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           Voilà une étape du classement que je déteste toujours autant, car ça m'embête d'être obligé de mettre des films aussi cultes si loin (après Barry Lyndon l'année dernière). J'ai vu tellement de pépites qu'il faut bien que je fasse des choix et comparé à d'autres films de guerre comme Voyage au bout de l'enfer ou La Ligne Rouge, j'ai trouvé Apocalypse Now légèrement en dessous. Et pourtant, je l'ai jugé quasiment parfait, avec seulement une fin un peu étrange à mon goût, dont j'attendais plus. La critique.
 
 

           24.  Moonrise Kingdom (2012)

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Moonrise-Kingdom-.jpg           Encore une fois, Wes Anderson frappe là où il faut avec un film atypique. On reconnaît très rapidement la patte du cinéaste, avec tous ces travellings (y'en a dans toutes les directions : de haut en bas, de gauche à droite, de proche à loin) et ces personnages colorés. Moonrise Kingdom est beau parce qu'il est une sorte d'hymne au premier amour, au travers de deux enfants qui s'aiment et feraient n'importe quoi pour rester ensemble. Le film est alors porté par une belle poésie qui donne le sourire aux lèvres (la scène sur la plage avec la musique "Le temps de l'amour" de Françoise Hardy est à la fois drôle et attendrissante), ce qui offre un long-métrage très léger et très joli. Le film est en plus plongé dans une atmosphère 60's très sympathique. Encore une fois, les acteurs sont au rendez-vous, Jared Gilman et Kara Hayward en tête bien sûr, mais Wes Anderson attache beaucoup d'importance à ses personnages de façon à les rendre attachants et amusants, même les personnages secondaires. Ainsi Bruce Willis se trouve dans la peau d'un flic compréhensif et intéressant, dans la mesure où ses échecs dans la vie l'obligent à ne pas prendre les décisions d'un gosse à la légère. La fin du film avec la dernière scène est d'ailleurs superbe à ce niveau. Edward Norton hérite lui aussi d'un rôle inhabituel : celui d'un chef de scouts qui n'a cessé de me faire rire. Au niveau de l'humour, Bill Murray fait encore du bon boulot et offre des scènes absurdes géniales (lorsqu'il prend une hache pour aller abattre un arbre). Tilda Swinton également est amusante. D'ailleurs le film est original et décalé dans le sens où chaque personnage a un nom bien à lui et n'en a qu'un. Ainsi, pendant tout le film, Tilda Swinton est affublée du nom "Social Services", ce qui à répétition produit son petit effet comique. Bref, Moonrise Kingdom est très plaisant à regarder, tout comme l'essentiel de la filmographie de Wes Anderson. On pourrait juste lui reprocher de ne pas assez renouveller son univers, un peu comme Tim Burton, mais du moment que les films sont de qualité je ne vois pas en quoi ça dérange. 

 

           25.  Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012)

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           Un des derniers films que j'ai vus cette année et pourtant l'un des meilleurs. Lorsque la fin du monde est traitée de façon aussi belle et intimiste, je suis très rapidement conquis, surtout lorsque le casting vaut le coup comme ici. Steve Carell montre - encore - depuis Little Miss Sunshine et The Office (US) qu'il est un acteur à double facette, brillant dans le comique comme dans le dramatique. La conclusion du film est une pure merveille. La critique. 

   

           26.  Blue Valentine (2011)

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           Sublime drame romantique et nostalgique sur la déchéance de l'amour au sein d'un couple, porté par 2 des meilleurs jeunes acteurs du moment, Blue Valentine fait partie des films qui vont me rester un moment en tête. Le sujet de l'amour, et notamment la disparition de l'amour au sein d'un couple est subtilement traité, le film offrant alternativement des scènes magiques et tristes pour bien différencier les débuts d'une idylle de la fin d'une histoire. Voir la critique.
 

 
           27.  Le pianiste (2002)

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           Pas grand chose à dire sur ce film si ce n'est que le rôle convient à Adrien Brody à merveille. C'était vraiment un personnage taillé pour lui, pour son visage émacié et son regard triste. Le Pianiste est une oeuvre magnifique qui m'a passionné du début à la fin, le dénouement étant bien évidemment l'apothéose du film, puissant et humain. Tout le film nous tient en haleine par cette tension constante liée à la fuite de Szpilman et sa peur d'être découvert et il est clair que Roman Polanski a réalisé ici l'un des plus beaux films sur le sujet, tout en sensibilité et en humanité, sans caricature. Une belle histoire qui donne foi en l'âme humaine.
    


           28.  Polisse (2011)

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           Maïwenn signe encore un film poignant et paradoxalement très froid. Toujours avec une précision quasi-documentaire, la réalisatrice nous emmène au coeur de la Brigade de Protection des Mineurs et passe en revue divers drames et délits avec fluidité et intensité. Le film est cru mais sensible, montrant à la fois toutes les horreurs (existantes) auxquelles sont confrontés les policiers et leur façon de les gérer (solidarité, colère, fous rires incongrus etc.). Pour une fois, Maïwenn se place en retrait dans son film, préférant laisser les autres acteurs exprimer tout leur talent (Joey Starr est étonnant), et surtout les actrices d'ailleurs (Marina Foïs et Karin Viard en tête). Maïwenn a le don de diriger ses actrices à la perfection et le résultat est fort.

 
 
           29.  Buffalo'66 (1998)

29 buffalo66
 
        Voilà un film qui aurait pu figurer plus tôt dans le classement, mais qui me paraît pourtant ici à sa place. Les qualités impressionnantes de ce film, son originalité et les grands moments de poésie, sont à mon goût (très) légèrement estompés par les couleurs froides qui caractérisent le cinéma de Vincent Gallo. Cependant, l'auteur a créé ici un film presque parfait qui a beaucoup marqué mon 2012. La critique.



           30.  Ip Man (2008)

30 ip man

           Chaque combat est une merveille à regarder, tant sur la réalisation technique que sur la réalisation cinématographique. Malgré peut-être un schéma trop classique (gentils chinois / méchants japonais), Ip Man fait partie des films d'arts martiaux que j'ai le plus savourés. La critique.
 
 

 

         31.  (500) jours ensemble (2007)

31 500 jours ensemble

           Charmant, émouvant, doux. Une belle comédie romantique, plus fine et profonde que les autres et menée par deux jeunes acteurs fabuleux. La critique.
 
 

         32. Le Cirque (1928)

32 le cirque

            Quel plaisir de découvrir un Chaplin pour la première fois au cinéma. Même si Le Cirque est à mon goût un peu plus faible que les autres (rapport aux gags qui m'ont moins enchantés), il n'en demeure pas moins une merveille d'humour et d'intelligence. Il y a plein de rire et de tristesse dans ce film au dénouement inoubliable, une conclusion qui prend aux tripes et s'avère être peut-être la fin la plus nostalgique et déprimante qu'il ait jamais créé. Un siècle plus tard, Chaplin continue d'émerveiller et d'émouvoir.



         33.  L'Empire du soleil (1987)

33 empire du soleil

           Bien réalisé, bien interprété, bien construit et porteur de messages fabuleux. Un pilier majeur du cinéma et de la filmographie de Spielberg qui décidément aura marqué (et continue de marquer) l'ère du cinéma de façon grandiose. La critique.
 

 
         34.  Le Parrain (1972)

34 le parrain

           Certains s'insurgeront probablement de voir ce film arriver après les autres. Même si je lui reconnais son statut de culte et qu'il figure partout dans le top 10 des meilleurs films de tous les temps, j'ai toujours enfoui en moi ce désintérêt profond pour les films de ce genre. Malgré cette réticence, j'ai pleinement aimé Le Parrain et s'il ne fait pas partie de mes chouchous, je prendrai peut-être plaisir à le voir une deuxième fois. La critique.
 
 

         35.  Compliance (2012)

35 compliance

           Même s'il n'est pas exempt de petits défauts, Compliance est un film qui m'a retourné et marqué cette année sur grand écran. On se demande jusqu'où ça va aller, et l'interprétation de Dreama Walker est saisissante dans film basé sur le même principe que l'effroyable expérience de Milgram. Ca fait froid dans le dos. La critique.
 
 

         36.  David et Madame Hansen (2012)

36 david et madame hansen

          Avec un premier film aussi réussi, Alexandre Astier marque son entrée dans le monde de la réalisation cinématographique de manière fabuleuse. En offrant à Isabelle Adjani un rôle à la mesure de son immense talent, le réalisateur aux multiples dons a créé une histoire pleine d'humour et d'émotion. La critique.



           37.  Suspiria (1977)

37 suspiria

           2012 a également été pour moi la découverte de Dario Argento, que je n'ai pas encore approfondie mais qui m'a énormément plu. Première fois que je tente Dario Argento, et j'ai trouvé l'ambiance particulièrement géniale et assez angoissante, très sombre, et j'aime ce style de cinéma. Ca m'a un peu fait penser à Twin Peaks, avec cet univers sombre et angoissant. Jessica Harper est brillante dans son rôle, du début à la fin, parvenant à exprimer l'angoisse à merveille. Le film est vraiment troublant et dès que j'ai vu les premières secondes j'ai su que j'allais aimer le style, notamment l'atmosphère qui en dégage. Le film est très particulier et l'univers est renforcé par la bande-son excellente. Bref, je comprends parfaitement le statut de "culte" de Suspiria. En fait, je ne m'attendais à rien de particulier, et le film m'a comblé par surprise. Clairement un film que je prendrai plaisir à revoir encore plusieurs fois.
  
 

         38.  Amadeus (1984)

38 amadeus

amadeus.jpg           Je n'ai regardé le film qu'à demi-oeil mais si ça m'a peut-être empêché de le savourer pleinement, ça ne m'a pas empêché de l'apprécier et de le trouver surprenant. Je ne m'attendais clairement pas à ce genre de film, pourtant je sais que Milos Forman est un réalisateur qui aime nous prendre à contre-pied. L'idée est ici de rendre Mozart réellement vivant, et non pas morne et froid comme on pourrait se l'imaginer. Si Tom Hulce en fait parfois trop (peut-être ?), il faut admettre qu'il donne à son personnage une âme et une originalité que je n'attendais pas. En plus de nous montrer tout le génie du compositeur, le réalisateur insiste surtout sur son extravagance et le rendu est bourré d'humour. Pour autant, si (par son originalité et sa démence) Amadeus n'est pas un film d'époque classique, il n'en reste pas moins un formidable film à costumes et l'époque est parfaitement retranscrite. Outre Tom Hulce, F.Murray Abraham est également un acteur brillant et la confrontation qui apparaît entre les deux personnages Mozart/Salieri est passionnante. Même si, historiquement, je ne crois pas que le film soit exact vis-à-vis de Salieri et de sa jalousie extrême, le film offre un joli dénouement qui fait réfléchir lorsqu'on sait que sur les deux compositeurs, l'un a une renommée inégalable tandis que l'autre est tombé aux oubliettes. Amadeus permet de comprendre réellement l'étendue du génie de Mozart, car on oublie trop souvent à quel point le talent qu'il a eu est exceptionnel, fait parfaitement exprimé par cette citation : "Déplacer une note, on allait vers l'amoindrissement. Déplacer une phrase, et c'est toute la structure qui s'effondrait", qui montre la perfection du talent de l'artiste. Bref, un très bon film à voir.
 

 
         39.  Cléo de 5 à 7 (1962)

39 cleo de 5 a 7

cleo-de-5-a-7.png           Cette année fut ma découverte du cinéma français des années 60 avec les films de la Nouvelle Vague. Ici, mon premier film d'Agnès Varda m'a vraiment conquis. Cette histoire toute simple m'a captivé grâce à la réalisation maline et intéressante. La construction du film, séparé en petits chapitres, nous montre en temps réel l'angoisse d'une femme pendant 90 minutes, attendant avec stress et sans espoir des résultats médicaux. Pendant 90 minutes, aucune ellipse, ce qui permet d'alterner les moments forts et les moments futiles de la vie de Cléo. Le film regorge d'idées inventives, notamment sur les cadrages. On peut par exemple citer le moment où Cléo est perdue dans ses pensées dans un bar ; la caméra se trouve décalée par rapport à la scène globale, permettant ainsi de faire comprendre au spectateur avec facilité le fait que Cléo se sente seule et isolée. Le début du film m'a immédiatemment plu, les plans subissant une alternance couleur / noir et blanc, puis j'ai eu un large sourire lorsque j'ai vu s'afficher "Chapitre I : Cléo de 17h05 à 17h08", la perspective de voir un film découpé en plusieurs tranches de quelques minutes me ravissant. A partir de là, le film enchaîne les moments sublimes, accompagnés d'une excellente BO signée Michel Legrand. La scène la plus forte, peut-être, est certainement celle où Cléo chante "Sans toi", avec le regard caméra et l'émotion dégagée. Mais le film est parsemé de scènes magiques, pafois contemplatives, qui m'ont scotché la plupart du temps. Toute la fin du film, avec Antoine, est parfaitement géniale, les deux personnages étant attachants et les scènes pleines d'humour et de tragique à la fois. De manière générale, les personnages sont réussis, notamment Bob (joué par Michel Legrand lui-même) qui fait rire. Pendant toute la durée du film, on angoisse avec Cléo même si le film garde constamment un ton très léger, grâce à des scènes moins fortes et plus quotidiennes. Le seul hic, c'est que certaines de ces scènes sont parfois légèrement ennuyeuses, ce qui ne gâche pas pour autant le bon visionnage du film. La conclusion du film est excellente et on quitte le film encore dans l'ambiance. Un beau film au scénario très simple et à la réalisation impeccable.
 
 
         40.  Anna Karenine (2012)

40 anna karenine

          La mise en scène très inventive, les décors somptueux, la photographie sublime et le casting étincelant m'ont fait oublier les quelques bribes d'ennui par-ci par-là. Anna Karenine signe encore une incroyable réussite entre Joe Wright et Keira Knightley, dont les collaborations offrent des films de plus en plus intéressants et originaux.  La critique. 

 

         41.  Looper (2012)

41 looper

        Bruce Willis fait brillamment face à Joseph Gordon-Levitt dans ce film futuriste aux effets spéciaux réussis et au scénario de qualité. Le film grouille de scènes mémorables même s'il demeure un pur divertissement.. La critique.

 

         42.  Twin Peaks (1991)

42 twin peaks

           Evidemment à voir après la série de David Lynch, le film est dans la parfaite lignée. C'est un réel plaisir de replonger dans l'univers de la série, avec ses musiques, ses bizarreries, son côté décalé et surréaliste. Même si j'ai largement préféré la série au film, certaines scènes sont marquantes, comme la scène du meurtre de Laura Palmer, d'une intensité hallucinante.
   







          Voilà pour cette année qui a été pleine de découvertes, de surprises et d'émotion. J'ai l'impression d'avoir vu une grande quantité de films que je n'oublierai pas de si tôt. Faire ce top a été pour moi un déchirement, parce qu'il est difficile de voir des chefs d'oeuvre se retrouver après la 20e position. Je ne peux malheureusement pas mettre 30 films dans le top 10, mais tous mériteraient probablement d'y figurer.



 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 09:49

            Quel plaisir jubilatoire que de retrouver l'univers de Tolkien vu par Peter Jackson ! Des années après la fin de sa cultissime trilogie, c'est avec une certaine réjouissance que je m'étais rendu dans la salle de ciné pleine à craquer. Après mon premier visionnage du film sur grand écran, il me parut clair que Le Hobbit était un petit cran en-dessous du Seigneur des Anneaux, malgré le plaisir énorme des retrouvailles et les multiples clins d'oeil à la première saga. Je ressors tout juste du deuxième visionnage (par ailleurs, la VF est toute aussi excellente que la VO, je crois que ce niveau de doublage a rarement été atteint au cinéma) et il s'avère que je m'étais trompé : Le Hobbit est à mon goût du même niveau que le Seigneur de Anneaux et Peter Jackson est probablement en voie de nous sortir une deuxième trilogie inoubliable. J'en ai des frissons.

Indice Spoiler :  Spoiler3

 

Le hobbit

 

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              Des nouveautés qui déstabilisent...


           Si le passage du Seigneur des Anneaux au Hobbit amène quelques légères déceptions à première vue, c'est parce qu'il est toujours aussi difficile, 10 ans après, d'oublier les personnages de la première saga. Pourtant, Peter Jackson n'a vraiment pas bâclé son travail, il a même concocté ce fabuleux film en pensant vraiment aux fans et avec une grande parcimonie. En témoigne l'introduction du film avec Ian Holm et Elijah Wood, qui permet de faire une transition très habile entre les deux trilogies en nous plongeant tout d'abord en terrain connu. Le passage du SDA au Hobbit se fait tout en douceur pour le spectateur, cette scène d'intro s'appuyant sur des faits qu'on connait déjà par coeur et qui servent de tremplin pour la suite (non sans une certaine nostalgie). La transition entre le Bilbon âgé et le Bilbon plus jeune est très fine et permet au film de démarrer sans nous brutaliser : on entre dans une nouvelle aventure et le plaisir ne s'échappe pas. La réelle difficulté pour Peter Jackson est de parvenir à nous imposer un grand panel de nouveaux personnages sans que la comparaison avec les anciens ne soit décevante. Vu la qualité du Seigneur des Anneaux au niveau des personnages et des acteurs, le pari est extrêmement risqué. Pour ceci, le premier visionnage du film m'a laissé avec un arrière-goût de « c'était super bon, mais Thorïn c'est quand même pas Aragorn ».


le hobbit 2

           Or, c'est une erreur de juger ces choses sur le moment, car je pense qu'Aragorn lui-même ne devait pas être aussi plaisant lors de la sortie de La Communauté de l'Anneau qu'il l'est à présent. C'est le fait de suivre les personnages sur 3 films qui permet de les rendre attachants et proches du public. Et justement, ça tombe bien : Le Hobbit se décomposera en 3 films. Il sera amplement temps de juger la qualité et la profondeur des personnages lorsque le 3e opus sera sorti. Pour le moment, Thorïn est un Aragorn en devenir et j'ai plutôt confiance en la suite. La preuve : au deuxième visionnage, j'ai trouvé l'ensemble des nouveaux personnages bien plus intéressants et attachants. D'ailleurs, la scène de l'affrontement sur les arbres, où le nain reprend comme bouclier une bûche pour affronter son ennemi est terriblement épique (forcément, avec la musique des Nazgûls, ça fait son petit effet) et nous donne une scène déjà culte. Petit détail amusant, mais qui témoigne de la qualité impressionnante du film : j'étais tellement immergé dans l'histoire qu'à un moment donné, je me suis demandé où j'étais, avant de réaliser que j'étais dans une salle de ciné. C'est un petit sentiment bizarre que j'éprouve très rarement.


le hobbit 3           Le casting pour cette nouvelle compagnie est donc potentiellement très réussi, et j'irai même jusqu'à dire qu'il est mieux réussi que pour le Seigneur des Anneaux. En effet, je trouve que Martin Freeman, qui interprète Bilbon Saquet, vole clairement au-dessus des acteurs-hobbits de la trilogie précédente. Cet acteur est tellement bon qu'il m'a pris aux tripes pendant l'essentiel des trois heures. Contempler son jeu ainsi que sa capacité à entrer dans le rôle de Bilbon est hallucinant. Ce choix de casting était décisif pour la bonne réussite de la trilogie, et je pense pouvoir affirmer sans mal que nul n'aurait été un meilleur choix que Martin Freeman. Il nous offre à de nombreuses reprises des scènes d'une intensité égalant celles du Seigneur des Anneaux, avec ses mimiques, son regard, sa hobbit-attitude extrêmement charmante. Sa dernière scène avec Richard Armitage est vraiment puissante, son regard exprimant magnifiquement tout ce que Bilbon représente : un hobbit différent des autres. Rempli d'une humilité à toute épreuve comme la plupart des hobbits, il a un fond incroyablement pur et bon. Lorsque Bilbon baisse les yeux au lieu de s'insurger ou de se vexer, il gagne le coeur du spectateur - c'est d'ailleurs ce qui rend les hobbits aussi attachants – tout en nous rappelant un certain Pippin. Bref, je laisse déborder mon amour inconditionnel pour cet univers et si je ne m'arrête pas maintenant, je n'arrêterai jamais.


           Pour continuer sur les « nouveautés », il est clair que le côté visuel diffère légèrement du Seigneur des Anneaux. On a un peu plus d'effets spéciaux, d'images de synthèse qui m'ont un peu gêné au début. Les grands méchants sont numérisés, ce qui les rend tout de suite moins réels et moins dangereux que les Nazgûls aux longues capes et l'orque lépreux dégueulasse. Mais le numérique ne prend pas tant de place que ça et les maquillages sont toujours aussi excellents. La seule différence notable, c'est que Le Seigneur des Anneaux baignait indiscutablement dans un univers médiéval, très moyen-âgeux tandis que Le Hobbit est plongé dans un univers plus fantastique, plus fantasy. Ca se ressent surtout dans les quelques bribes de batailles qu'on aperçoit. Mais la réalisation est toujours aussi sublime, les mouvements de caméra sont savoureux, balayant de manière virtuose les paysages somptueux et vallonnés de la Nouvelle-Zélande. On assiste à des scènes d'une grande beauté, comme le combat des géants de pierre qui fait très mythologique. On ne sait pas d'où ils sortent, ni pourquoi ils se battent, ce qui rend la scène d'autant plus magique à regarder. On a l'impression de découvrir une face cachée de la Terre du Milieu, ce qui permet de ne pas faire trop de ressemblances avec le Seigneur des Anneaux.


le hobbit 4

           Pour finir, le scénario et évidemment un élément nouveau et peut a priori décevoir. Plus simpliste que celle du Seigneur des Anneaux (peut-être aussi plus destinée aux enfants), cette histoire de dragon ne m'a pas accroché immédiatement. Cependant, cette petite lacune (pour moi) est vite remplacée par un déroulement du film délicieux pour les fans.



           …mais un film dans la continuité du SDA


           En effet, au coeur de ce film se dissimulent des clins d'oeils permanents à la trilogie précédente, ce qui m'a personnellement comblé.


le hobbit 5

           Retrouver des acteurs tels que Ian McKellen, Cate Blanchett, Christopher Lee et Hugo Weaving dans leurs rôles respectifs (Gandalf, Galadriel, Saroumane et Elrond) est un véritable bonheur pour les fans. C'est simple j'ai eu l'impression d'assister au Seigneur des Anneaux 4. Toujours aussi classes, ces acteurs permettent aussi aux spectateurs de se raccrocher à des éléments déjà connus et ça provoque également son petit effet nostalgique. Les références au Seigneur des Anneaux pleuvent et c'est un véritable plaisir à suivre. Lorsqu'on voit sous nos yeux l'histoire des trolls que racontait brièvement Bilbon dans La Communauté de l'Anneau, on ne peut pas s'empêcher de sourire. Lorsque Gandalf se prend le lustre dans la maison de Bilbon, lorsque ce dernier se retrouve suspendu d'une main dans le vide en Frodon-style, ou qu'il met l'anneau unique au doigt en chutant, on ne peut pas s'empêcher de sourire.


le hobbit 6           Là où on sourit encore – qu'on jubile même – c'est lorsqu'un autre personnage important réapparait : Gollum. Toute la séquence entre Bilbon et Gollum est sublime pour quiconque attendait ce passage avec impatience. Explication directe des paroles marmonnées par Gandalf dans La Communauté de l'Anneau auprès de l'âtre : « Des énigmes dans le noir... », la scène des devinettes est un pur bonheur, se permettant même d'aborder avec humour le côté schizophrénique de Gollum. La scène a également un aspect mythique, et il est clair que là encore, Peter Jackson a soigné cette séquence. Avec de nombreux plans larges sur la caverne qui donnent l'impression que la petite partie d'énigmes va durer toute la nuit, des mouvements de caméra qui imposent une ambiance totalement différente de celle présente depuis le début du film, le cinéaste montre que cette scène est une scène-clé, et offre aux fans un plaisir immense. Et que dire d'Andy Serkis, dont le talent dépasse encore l'entendement ? Ses regards sont intenses et très expressifs et donnent au spectateur toute cette pitié que Bilbon a à l'égard de Gollum. La scène où Bilbon se refuse de tuer Gollum est tout simplement brillante, tandis qu'on se souvient inévitablement des vieilles paroles (ou plutôt des futures paroles) de Gandalf : « De la pitié ? Mais c'est la pitié qui a retenu la main de votre oncle... ». Martin Freeman joue de façon extrêmement émouvante et donne à son personnage une dimension encore plus forte : ce hobbit a vraiment une âme pure et honnête, même lorsque la peur le prend aux tripes. La scène est, en plus, accompagnée d'une musique type « hobbit » déjà utilisé dans la trilogie du Seigneur des Anneaux et qui provoque une émotion palpable dans la salle de cinéma.


           Et parlons-en de cette BO. Même la BO est une merveille. C'était un point crucial pour la réussite du film et, avant de le voir, je me demandais si elle allait être à la hauteur du magnifique soundtrack du SDA. Aucun problème, puisque la majorité des thèmes est réutilisée dans le film, encore pour le plus grand bonheur de tous les fans, mais aussi pour contribuer magnifiquement à la construction d'une saga culte. Le fait d'attribuer les mêmes musiques aux mêmes personnages, aux mêmes lieux, aux mêmes objets, permet à tous ces éléments d'avoir leur propre identité, comme s'ils étaient inéluctablement liés à leur musique. Ainsi, on retrouve la musique de l'anneau (toujours diablement efficace...), la musique de la Comté, la musique des aigles, la musique de Gollum, la musique de Fondcombe, bref : on retrouve tout le panel musical qui a fait le succès du SDA et c'est un pur ravissement. Seul un thème fait son apparition : celui des nains, qui n'avaient pas encore leur propre identité musicale. Et il se trouve que ce nouveau thème, énormément utilisé dans le film, est une beauté qui prend aux tripes (la chanson des nains devant l'âtre est sublime) et nous fait comprendre que décidément, Peter Jackson et Howard Shore sont bel et bien de retour...


le hobbit 7







           Pour conclure, j'ai une petite pensée pour les critiques qui suggèrent que Le Hobbit ne fait pas du tout honneur au Seigneur des Anneaux et qui se permettent actuellement de descendre le film (par plaisir ? par réelle grosse déception ? je ne sais pas très bien). Je trouve que les fans du Seigneur des Anneaux qui jugent Le Hobbit très mauvais (au point de le trouver exécrable) ne sont pas crédibles, ou alors témoignent d'une mauvaise foi impressionnante. Il est absolument impossible, lorsqu'on a réellement adoré le SDA, de détester Le Hobbit. La déception, je peux amplement la comprendre, mais pas l'amertume ni la sensation d'avoir été pris pour des cons.


           A ceux qui hésiteraient encore : ce film est fait pour les fans, mais il est également fait pour ceux qui n'y connaissent rien et qui n'ont jamais vu la première trilogie. Même s'ils louperont quelques beaux clins d'oeils, le film peut évidemment se voir indépendamment des autres et vous procurera probablement un plaisir aussi intense que le nôtre (en témoigne une amie qui n'a jamais vu le SDA mais qui a été comblée par ce film).







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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 10:51

            Ayant reçu ce film à mon anniversaire l'année dernière sans trop savoir de quoi il s'agissait, je peux remercier ma soeur qui m'a donc fait découvrir Antoine de Maximy. C'est con, mais je n'avais jamais entendu parler de ce type ni de son émission "J'irai dormir chez vous" alors que c'est typiquement le genre de choses que j'adore visionner. Après m'être franchement régalé devant ce film, j'ai continué en regardant plusieurs épisodes et je vais continuer. Antoine de Maximy, équipé de minuscules caméra et complètement seul, nous fait découvrir le monde et ses habitants (ici, les USA), c'est un bonheur à chaque fois.

Indice Spoiler :  Spoiler3

 

  jirai dormir a hollywood

 

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               Notre voyageur débarque aux USA en parachute puis se retrouve seul dans le pays. Son objectif : parvenir à Hollywood pour tenter de se faire inviter à dormir chez une star. Dans ce documentaire d'1h40, Antoine de Maximy voyage à travers les Etats-Unis d'Est en Ouest, passant par New York, Miami, la Nouvelle Orléans, Las Vegas... Les moyens de locomotion utilisés sont multiples : à pied, en stop, en taxi, en bus, à vélo et même en corbillard, il nous fait parcourir les paysages et les communautés diverses. Inutile de dire que si son but "officiel" est de dormir chez une star, le réel objectif du film n'est bien sûr pas aussi bête. Avant tout, Antoine de Maximy souhaite rencontrer des gens, partager des instants avec des personnes de natures diverses.



jirai dormir a hollywood3                 Du côté des spectateurs qui n'ont pas aimé le film revient toujours le même argument : Antoine dépeint majoritairement les côtés négatifs des Etats-Unis à travers des personnalités étranges ou malheureuses. Ce choix est pourtant incroyablement enrichissant. Le cinéma et la télévision ne montrent que très rarement cette face cachée des Etats-Unis, et Antoine de Maximy a osé le faire brillamment. Même si ce documentaire n'est peut-être pas représentatif des USA dans leur globalité, il est pourtant évident qu'il n'a pas été fait dans ce but. L'objectif est bel et bien de parcourir diverses communautés et de rencontrer des personnalités atypiques, nous faire partager quelques instants de leur vie. Il suffit d'avoir un minimum de recul sur les images pour les apprécier pleinement.



jirai dormir a hollywood5          Une fois ce constat effectué, il n'est pas difficile de savourer le film et de s'attacher aux personnages présentés. Le réalisateur nous emmène un peu partout et nous présente un éventail de personnalités important à travers un panel d'émotions diverses. La crainte, le rire, la misère, le racisme interne au pays, la fête, l'entraide, on vit toutes ces choses avec Antoine et le système de caméras permet de plonger avec lui dans le film, comme si on y était. De nombreuses situations assez tendues nous montrent une Amérique potentiellement dangereuse dans des quartiers déserts, on sent parfois qu'Antoine n'est pas très confiant et on ressent ses craintes avec lui. Le moment culminant du film est probablement cette étrange rencontre avec un homme qui souhaite à tout prix l'emmener chez lui, au milieu de nulle part. Volontairement flippant, ce passage permet également au film de ne pas toujours évoluer sur le même ton. L'arrivée d'Antoine aux USA est d'ailleurs assez troublante et on comprend rapidement que le "rêve américain" n'est pas vraiment d'actualité dans toutes les régions du pays, ce qui vient contrebalancer un certain nombre d'idées reçues sur le sujet. Le débat virulent enclenché dans le bus est assez déconcertant. On rencontre des américains désillusionnés, parfois paumés ; le témoignage le plus fort étant probablement l'homme sans-abri qui vit sur la plage. Un homme qui a tenté de vivre ce rêve et n'a pas réussi son pari. Bref, à travers ses caméras Antoine saisit de grands moments d'émotion, comme cet homme dans le train, envoyé en prison pour un simple port d'arme pour une peine de 15 ans. Le bonhomme n'a certainement pas tout dit de cette affaire, mais qu'importe : la personnalité du gars est touchante et mémorable. En d'autres termes, il se dégage du film une véritable humanité qui, alliée à la grande sincérité d'Antoine, ne peut pas laisser indifférent.



jirai dormir a hollywood4                  Cependant, J'irai dormir à Hollywood ne fait pas que s'arrêter sur ce type de personnes et met en avant une certaine hospitalité des Américains qui fait plaisir à voir. On peut citer ce couple de personnes âgées gymnastes tout à fait charmant, qui n'hésite pas à inviter Antoine pour passer la nuit, malgré le peu d'espace habitable. De même, il est ravissant de voir ce type prêter son vélo au réalisateur sans aucun problème. C'est le genre de choses qu'on ne verrait probablement pas partout en France. Le documentaire emprunte même de forts moments de joie et de rire partagés lorsqu'Antoine souhaite s'acheter une voiture typiquement "rêve américain". Il ne s'en sortira qu'avec un corbillard, mais c'est cette voiture qui sera finalement la mascotte du film, aux couleurs de la chemise d'Antoine de Maximy. Le propriétaire de la casse ainsi que sa famille donne lieu à énormément de rire et de bonne humeur, offrant à J'irai dormir à Hollywood une certaine légèreté. A travers les musiques entraînantes qu'on retrouve dans la série, on a vraiment la sensation de voyager avec lui et de partager ces moments, ce qui est assez jouissif.


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                 Et finalement, le but "officiel" du film ne prendra que peu de place dans le film. On se demande comment il est possible de ne pas connaître Will Smith, mais le fait de voir Antoine escalader la barrière pour aller le rencontrer est terriblement osé. C'est d'ailleurs le culot qui caractérise le réalisateur, un culot qui - allié à sa sympathie innée - lui permet d'effectuer ce genre de roadtrips. Après quelques tentatives de coucher chez des stars, comme Spielberg ou Clooney, Antoine de Maximy choisit de terminer son film de la façon la plus poétique qui soit : en dormant avec le sans-abri sur la plage. Il aura ainsi dormi chez une star : la star de son propre documentaire qui a des choses certainement bien plus enrichissantes à raconter que Steven Spielberg. La poésie de cette fin de film est remarquable et fait de J'irai dormir à Hollywood un petit chef d'oeuvre de documentaire qu'on ne peut pas oublier.







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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 00:41

           Ayant adoré tout ce qu'a fait Alexandre Astier artistiquement ces dernières années, il m'était impossible de ne pas aller voir son premier film au cinéma cette année. Sachant que ce film allait être différent du style auquel il nous a habitué depuis Kaamelott, c'est avec une confiance mêlée d'appréhension que je me suis rendu dans la salle, surtout en apercevant l'affiche que je ne trouve absolument pas attrayante. Je ne sais pas pourquoi j'ai douté puisque le résultat est à la hauteur de son talent incommensurable, et que j'ai évidemment adoré le film.

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                 L'histoire de David et Madame Hansen est toute simple. C'est l'histoire de deux êtres qui se croisent et qui vont vivre quelque chose d'unique, de très intense. A mesure que j'écris, je me rends compte à quel point la relation entre les deux personnages est difficile à décrire. Tout commence par une simple procédure qui ne devait pas s'éterniser. Jusqu'à ce que David, intrigué par le comportement de sa patiente, se lie à elle de façon profonde et souhaite en savoir plus sur le traumatisme qui la pousse à agir de la sorte. Alors qu'au début, il agit selon le protocole médical (restreignant sa vitesse de conduite, refusant les cadeaux de Madame Hansen), David s'intéresse de plus en plus à sa patiente, à mesure qu'il la cotoie. Sa curiosité va le mener plus loin que prévu, plus tard que prévu, sur le chemin délicat et douloureux d'un passé mystérieux.


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              Si le film met un peu de temps à démarrer, c'est bien le seul reproche qu'on peut lui faire. Dès que s'instaure la relation entre les deux personnages, le film n'a cessé de me surprendre, de m'attendrir et de m'intriguer. Avec un rythme assez lent, le film tire sa force des dialogues et des acteurs. Les personnages n'abondent pas et chacun d'entre eux est bien traité. Même les rôles secondaires sont soignés, Victor Chambon et Julie-Anne Roth apportant notamment de jolies touches d'humour inattendues, via des répliques et des situations que j'ai savourées. La femme de David est un bijou d'écriture et Alexandre Astier n'est pas tombé dans le cliché abruti de la dispute conjuguale irréversible que certains scénaristes n'auraient pas hésité à intégrer. Bref, le scénario est un délice et le moment où le basculement opère dans la tête de David est presque jubilatoire, parce que le spectateur s'identifie à ce personnage et souhaite également, avec lui, creuser un peu plus loin dans l'esprit torturé de Madame Hansen. Le fait que David décide de pousser les choses est un acte conforme au personnage, qui montre visiblement un respect colossal pour sa patiente, un respect tellement fort qu'il ne peut pas simplement la ramener à l'hôpital puis rentrer chez lui. Le basculement se fait en douceur, le film prend le temps de s'installer dans la première partie pour ensuite mieux monter en puissance jusqu'à l'apothéose finale. Mais ça ne signifie pas que la première partie du film est plate, loin de là.


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             En choisissant Isabelle Adjani pour tenir ce rôle, Alexandre Astier n'aurait certainement pas pu faire de meilleur choix tant elle éblouit l'écran de son talent. Toutes les scènes dans la voiture sont des perles au niveau de l'humour et des dialogues, Adjani fait rire en même temps qu'elle intrigue, qu'elle émeut, et son personnage a une force incroyable dès le départ. L'actrice est parfaite d'un bout à l'autre dans un rôle extravagant et difficile à tenir. Inutile de dire qu'avec le don d'écriture et le jeu d'acteur d'Astier, le duo procure des scènes d'une drôlerie et d'une subtilité exceptionnelles. Lorsque le nombre de protagonistes double pour accueillir Julie-Anne Roth et Victor Chambon dans l'affaire, la qualité du film ne se désemplit pas et l'arrivée de ces personnages permet au film de changer de décor. On sait alors que l'histoire va se complexifier et s'intensifier, tout en gardant les traces d'humour propres au réalisateur. Quel ravissement, d'ailleurs, d'apercevoir par-ci par-là des airs (imperceptibles) de déjà-vu avec Kaamelott, via la manière qu'a Alexandre Astier de s'exprimer, mais également par l'intermédiaire d'une mise en scène pas étrangère à ce qu'on connait déjà. Bien sûr, on est très loin du Roi Arthur et des épisodes de la série, ce qui est à la fois troublant et savoureux parce qu'on n'y est pas habitués. Mais on reconnait quand même la patte du réalisateur, notamment lors d'une scène entre David et Clémence au lit qui rappelle (dans la situation, dans les dialogues et dans la mise en scène) certains passages entre Arthur et Guenièvre. Cette façon qu'a David de parler à sa femme est un régal, elle caractérise par ailleurs Alexandre Astier lui-même et c'est dans cette manière d'aborder un dialogue que réside le secret de sa réussite humoristique. Mais le film est bien plus qu'un assemblage de dialogues amusants et dramatiques. Certaines scènes très poétiques et très intenses font du film une véritable réussite, comme en témoigne l'une des dernières scènes dans la piscine (puis dans la voiture), frissonnante et magnifique que je ne dévoilerai évidemment pas ici. Toujours est-il que le dingue de belles bagnoles a dû s'éclater.


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             Et c'est sans oublier l'excellente BO du film, très poétique et composée (bien sûr) par A.Astier lui-même. Bref, voilà tout pour ce film qui signe pour Alexandre Astier une belle entrée dans le monde de la réalisation cinématographique.







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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 17:20

           Avec Moonrise Kingdom, Looper permet à Bruce Willis en 2012 de redorer un peu sa filmographie qui n'a malheureusement rien de bien valable depuis 2006. Non pas que Looper soit un film d'exception, mais il n'en demeure pas moins un impeccable divertissement au scénario recherché et au casting irréprochable.

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                 La seule chose qui coince un peu pour moi est le scénario. Même s'il est nickel et très bien ficelé, par moments je n'étais pas suffisamment plongé dans l'univers pour le prendre au sérieux. Tout est cohérent, tout est bien pensé, mais je trouve particulièrement dommage qu'on n'ait pas d'aperçu plus précis du règne du Maître des pluies (d'autant que ce nom est d'un ridicule enfantin). Comme on ne se rend pas bien compte de l'étendue de son pouvoir avant la fin du film, il est difficile de comprendre entièrement les motivations du vieux Joe. Enfin, si, on comprend bien ses intentions et ses raisons, mais je ne me suis pas senti impliqué dans le film.


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                Ceci dit, c'est le seul aspect qui pêche car pour le reste, Looper est bien réglé, bien construit et contient des scènes qui méritent d'être retenues. La construction du film est particulièrement intelligente au moment où Joe a pour mission de se débarrasser de son soi futur. Premièrement, le face à face avec les regards style western est jubilatoire ; la première apparition de Bruce Willis dans le film est assez épique. Tout la séquence qui s'ensuit est alors du pur bonheur. Le spectateur a tout d'abord l'impression d'être perdu, mais on comprend vite la subtilité de ce passage qui, conformément au thème du film, se boucle lui-même. La séquence des "30 ans" est vraiment bien menée, offrant quels plans originaux rappelant par ailleurs un style à la Sin City. Même si l'évolution physique n'est pas exceptionnelle, elle est suffisante et permet de comprendre l'histoire du "vieux" Joe de façon très rapide. Qui plus est, la séquence vient à point nommé dans le film, le timing est adéquat.


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            Ensuite, le film se déroule avec une certaine inventivité et beaucoup d'humour très discret, comme la scène au restaurant où les deux acteurs échangent quelques mots. Il est d'ailleurs curieux (et dommage) que les dialogues entre les deux personnages soient si rares, mais c'est forcé par l'opposition naturelle qui s'instaure entre eux. Outre ceci, le film n'est pas dénué d'émotion et de frisson, en témoigne le destin de Seth, joué par l'excellent Paul Dano qu'on commence à voir de plus en plus au cinéma. Son rôle dans Little Miss Sunshine m'avait énormément plu, et son rôle principal dans Elle s'appelle Ruby m'a vraiment inspiré confiance. Ca n'a pas loupé, car son jeu est excellent pendant toute la première partie du film, chose qui n'est pas anodine. En effet, comme Bruce Willis n'arrive que tardivement dans le film, il fallait que le début du film soit suffisamment fort pour conquérir le public et le personnage de Paul Dano était essentiel dans cette perspective. Un acteur moyen aurait probablement changé la donne.


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       Niveau émotion, Bruce Willis fait également parfaitement son boulot, notamment lorsque son personnage tue le premier enfant et réalise que son meurtre n'a aucune influence sur son présent. L'occasion de rappeler que le "vieux" Joe n'est pas le mauvais de l'histoire malgré sa détermination un peu douteuse. Pour rester dans le frisson, la scène qui m'a le plus marqué est évidemment celle où on découvre l'identité du Maître des pluies. Cette magistrale scène au ralenti est d'un esthétisme absolu, avec un accompagnement sonore vibrant et puissant. Inutile de dire que le casting n'est pas pour rien dans la réussite de ce film, le gamin Pierce Gagnon étant l'acteur le plus flippant du film. J'ai été ravi de revoir Garret Dillahunt qui, depuis Raising Hope, montre qu'il n'est pas cantonné à un personnage débile. Je sens d'ailleurs que cet acteur va décoller dans les années à venir car son talent dramatique semble aussi énorme que son talent humoristique (j'ai hâte de découvrir Oliver Sherman). Pour ce qui est de Joseph Gordon-Levitt, mon ressenti est mitigé. Le maquillage réalisé sur l'acteur pour le faire ressembler à Bruce Willis est troublant et parfaitement réussi, mais cette contrainte a malheureusement l'inconvénient de limiter considérablement son jeu. Obligé de calquer les expressions de Bruce Willis (pour un rendu saisissant), l'acteur n'est pas aussi à l'aise qu'il le devrait et ses capacités sont restreintes.


        Mais globalement, Looper est un film fichtrement bien foutu et bien joué, que j'ai pris plaisir à découvrir deux fois au cinéma. Pas révolutionnaire, pas spécialement marquant, mais extrêmement divertissant et malin pour qui souhaite se détendre en conservant ses neurones.







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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 16:46

          Troisième collaboration entre Joe Wright et Keira Knightley, et troisième réussite pour le réalisateur qui ne cesse de me surprendre. Au vu de ses précédents films avec l'actrice, et notamment Orgueil et Préjugés, il y avait de quoi s'attendre à un film très très classique sur Anna Karenine. On pouvait effectivement penser que ce film proposerait un banal récit du personnage de Tolstoï (dont je n'ai pas lu le roman), mais il n'en est rien : la mise en scène inattendue et surprenante montre que Joe Wright n'a pas fait "que" raconter cette histoire ; il nous présente une tragédie très poétique, à l'ambiance unique et d'une grande originalité visuelle.

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                 La mise en scène du film est au début déstabilisante, mais le choix de placer l'histoire dans des décors de théâtre est fabuleux et malin. Les problèmes spatio-temporels (les ellipses, les voyages, etc.) sont balayés d'une main grâce à cette idée ingénieuse ; les personnages passent d'une pièce à l'autre - et même parfois d'une ville à l'autre - tout en restant sur la même scène. Parfois, ce ne sont pas les personnages qui changent de pièce mais la pièce elle-même qui change de décor, ce qui donne une impression de fluidité impressionnante et très moderne. Les personnages passent d'une grande et vaste salle lumineuse à une étendue neigeuse simplement en empruntant une porte, et le rendu est magnifique. Je ne vais pas m'étendre sur cette superbe mise en images, car Anna Karénine est (comme Stay, par exemple) un film qui se regarde et se savoure, et non un film qui se décrit.


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              La réalisation de Joe Wright est également somptueuse, il est clair que le film est d'un esthétisme onirique très puissant. Alors qu'on aurait pu s'attendre à un film ultra-classique (comme Orgueil et Préjugés, par exemple), on a affaire à une réalisation qui dépasse les attentes. La caméra se promène avec virtuosité entre les personnages, l'une des plus belles scènes du film étant celle du bal. Les personnages sont tour à tour figés et mobiles, apparaissant ou disparaissant selon l'angle de la caméra, mettant brillamment en valeur le couple dansant. Plusieurs effets de zoom alliés aux poétiques mouvements de caméra renforcent l'intensité dramatique du film, également soutenue par la photographie sublime. Les couleurs, le travail sur les ombres et les lumières, les décors chatoyants et pétillants, les costumes majestueux forment un film à la fois magique et tragique en soulignant les sentiments des personnages. Chaque scène est finement travaillée, brillante dans sa réalisation, savoureuse à contempler.


            La distribution, elle aussi, est de haute volée, même si j'emets une réserve sur Aaron Taylor-Johnson que j'ai trouvé franchement fade comparé aux autres éléments du casting. J'ai eu du mal à croire en sa relation avec Anna Karénine. En fait, je l'aurais bien vu échanger son rôle avec Jude Law, mais ça aurait sûrement été trop cliché, pour le coup. D'autant que Jude Law (méconnaissable) est très juste dans le rôle de Karénine, un mari loin de tous les clichés propres à ce genre cinématographique. Matthew MacFadyen, quant à lui, apporte l'humour du film avec un personnage très sympathique et assez attachant. Chaque apparition du personnage m'a déclenché un sourire, et ça joue énormément dans un film de ce style. D'autant que le film souffre de quelques longueurs par-ci par-là. Elles ne sont pas regrettables mais j'ai trouvé dommage que le rythme décolle aussi peu, tout étant toujours un peu basé sur le même ton. C'est le seul petit défaut que j'attribuerais au film qui n'en demeure pas moins original et intéressant dans sa sublime construction. Il ne serait d'ailleurs peut-être pas aussi beau sans la présence de Keira Knightley, élément de casting indispensable qui rend le personnage principal attachant et très classe. L'actrice correspond à merveille au rôle, absolument étincelante au coeur des décors éclatants. L'histoire d'Anna Karénine est passionnante, même si elle est scénaristiquement très classique (une femme éprise d'un autre homme, mais contrainte de rester avec son mari pour ne pas dépérir socialement). J'ai particulièrement adoré la pression sociale exercée sur le personnage, les regards lourds et la chute d'estime globale à son encontre. La montée dramatique du personnage est superbe, jusqu'au dénouement déchirant à l'esthétisme remarquable.


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            Bref, Anna Karénine est un fabuleux film qui m'a pris à contre-pied en proposant un traitement de l'histoire très surprenant et original, visuellement parfait et au casting (presque) irréprochable. Je le conseille vivement en cette fin d'année.







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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 19:07

          Pour continuer dans la lignée des films sur la fin du monde, Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (dont le titre original "Seeking a friend for the end of the world" prend bien plus de sens que celui-ci) prend le risque de faire de ce thème une comédie romantique, tout en restant dans le drame. Une merveille de Lorene Scafaria.

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Seeking a friend 3

 

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                Récemment, l'humour n'a pas vraiment eu sa place dans le cinéma apocalyptique (ce qui n'est pas un défaut lorsqu'on voit les merveilles qui sont sorties en salles). Ici, Lorene Scafaria a créé un magnifique film qui amuse sans lourdeurs, sans jamais oublier le fond dramatique de la situation. On a donc une trame plus légère que les films du même style, moins oppressante, mais tout aussi savoureuse. A vrai dire, j'avais un peu peur que le film ne soit trop centré sur l'humour et les mauvaises vannes, et je trouvais que l'idée manquait de cohérence. Mais lorsqu'on connait Steve Carell et ses talents d'acteur exemplaires, on ne peut que savourer ce mélange de drame et de rire. A ne jamais oublier : Steve Carell = VO obligatoire.


              Le film alterne les situations cocasses et les situations plus tristes, grâce à des personnages très attachants. Les deux protagonistes sont seuls et paumés face à cette catastrophe et vont s'entraider, pour rattraper leur passé et tenter de chercher quelqu'un avec qui partager leurs derniers instants. Steve Carell est comme toujours extrêmement efficace, que ce soit dans la comédie comme dans le tragique. Il est dommage que cet acteur de génie semble passer un peu à côté de sa carrière alors que son potentiel est colossal, mais ce film rattrape bien sa filmographie à mon goût. Quant à Keira Knightley, elle m'a fait un peu peur au début, la faute à son léger surjeu habituel qui se dissipe au fur et à mesure que le film passe. Lorsque l'histoire tourne au road-movie romantique, elle s'avère bien plus juste qu'au début, et de plus en plus touchante et crédible, devenant plus fofolle, se lâchant un peu plus.


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             Les deux acteurs sont très complices, chose que je redoutais également avant de voir le film car ils ne paraissaient pas compatibles. Pourtant, le duo fonctionne à merveille, il s'avère cohérent et prenant jusqu'au bout. Grâce à leurs talents combinés, le film grouille de scènes mémorables. La scène d'ouverture place tout de suite le film dans une ambiance toute particulière, on sent que derrière les aspects humoristiques vont se cacher des enjeux dramatiques, et cette première scène plutôt tendue annonce d'ailleurs la couleur de la dernière. Autrement dit, le film s'ouvre et se conclut de façon sublime. Entre deux, on a affaire à une comédie romantique qui ne sombre dans aucun cliché, même lorsqu'il s'agit des relations familiales. Carell et Knightley forment un duo somptueux qui n'a cessé de me faire rire ou de m'attrister. La scène où ils discutent sur fond de tourne-disque est pleine de nostalgie et d'émotion, tout comme les profonds regards des acteurs qui parviennent à faire subtilement passer ce que les personnages ressentent. De nombreuses scènes, comme cette dernière, se jouent sur les regards et les silences, ce qui permet au film de prendre son temps et de nous laisser savourer chaque moment en même temps que les personnages, qu'ils discutent ou se tiennent simplement la main sur la plage.


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          Je ne vais pas m'éterniser sur la dernière séquence du film afin de ne pas trop en dévoiler, mais je peux dire que j'ai pris mon pied à la contempler, fortement ému par la situation et le dialogue bouleversant qu'entretiennent les deux protagonistes. L'idée est fabuleuse et puissante, et j'ai eu plusieurs frissons lorsque j'ai compris de quelle façon ça allait se conclure. Outre toutes ces qualités, si j'ai autant apprécié ce film c'est indiscutablement grâce à la BO. Les musiques sont minutieusement choisies et correspondent parfaitement à l'esprit des scènes qu'elles accompagnent. La plupart du temps, les scènes concernées sont magnifiées par le son, avec entre autres The Beach Boys, Scissor Sisters, The Hollies, ou encore la sublime musique pleine de nostalgie "Dodge Walks Home/The Beach" de Rob Simonsen & Jonathan Sadoff qui reste pour moi la merveille de ce film. Sans oublier "This Guy's In Love with You" de Herb Alpert & The Tijuana Brass, qui passe pendant le générique final et nous laisse avec une sensation plutôt mélancolique et donne envie de rester savourer ce générique jusqu'au bout. Nul doute que j'écouterai ces deux derniers titres un bon moment.


           Bref, pour conclure j'ai absolument adoré ce film, qui n'utilise pas les codes de la comédie grossière ni ceux du mélodrame exagéré. Pour un premier film en tant que réalisatrice, Lorene Scafaria a frappé fort je trouve, parvenant à parler de la fin du monde avec douceur, légèreté et émotion. C'est tout ce que j'aime voir au cinéma.







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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 10:20

          Terriblement décevant, ce film n'a pratiquement de positif que le nom de son réalisateur. Bon, j'exagère un peu mais il est clair que dans la lignée des films de fin du monde intimistes à la mode (Melancholia, Take Shelter, Perfect Sense), celui-ci fait un peu tâche et je trouve que l'essai de Ferrara est raté.

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               Là où les films susmentionnés ont su trouver leur subtilité, 4h44 semble vouloir passer en force pour, finalement, faire réagir le spectateur pendant 1h20. Il est évident que le climat actuel est propice à ce style de films et le thème de la fin du monde est devenu un sujet plus sérieux, un sujet sur lequel il faut se pencher avec plus de sensibilité. Ce genre qui semblait associé à du simple bon gros divertissement riche en popcorn pourrait finalement faire place à des films aux propos subtils et sensibles, sans être nécessairement engagés, par ailleurs. Les réalisateurs ne jouent plus la carte du gros spectacle fade, mais s'interrogent vraiment sur l'être humain au travers, à chaque fois, d'un simple petit groupe de personnes. La fin du monde n'apparait plus comme un problème mondial, mais comme un problème individuel, et c'est vraiment beau. Surtout quand les émotions sont sublimées par du Max Richter, David Wingo ou Wagner. 4h44 s'inscrit un peu dans cette lignée car il nous présente la fin du monde à travers un simple couple. L'intention est louable mais le film accumule les erreurs.


             Dès le départ, le ton est donné : la fin du monde a lieu pour des raisons écologiques et c'est l'Homme qui est en cause. Pour l'originalité, on repassera. Bon, je n'aurais pas critiqué ce choix - qui est plutôt logique en ce moment - si ce thème avait été traité avec plus de finesse, plus de subtilité. Dans ce film, on a droit à une accumulation de citations et de paroles (parfois sorties de nulle part !) qui ne cessent d'étayer une moralisation extrêmement poussive à l'égard des spectateurs. Abel Ferrara propose un joli panel de propos accusateurs pour rendre le spectateur coupable, ou au moins réactif. Le seul problème, c'est que ça en devient tellement présent que j'ai été agacé. Certaines scènes sont même ridicules, comme lorsque Willem Dafoe sort de chez lui pour contempler la ville, lever les yeux au ciel et balancer tout un tas d'états d'âme sur les Hommes, à base de "Comment ont-ils pu faire ça ? Pourquoi ces idiots n'ont-ils pas réagi ?" et j'en passe. Plus que la moralisation omniprésente, c'est le moyen de moraliser qui m'a énervé. Le personnage principal a constamment sa télé allumée et des témoignages passent en boucle : les paroles du Dalaï Lama, d'Al Gore, qui soutiennent ce propos un peu lourd (car trop facile). Je n'ai pas vu grand chose de Ferrara, mais je vais lui faire ici le même reproche que pour The Addiction : on a droit à une avalanche de citations - provenant de personnes réputées - qui forment le discours global du réalisateur. Mais bon dieu, n'est-il pas capable de créer ce discours lui-même, au lieu de simplement se servir des paroles des autres ? Qui plus est, la méthode est incohérente. En effet, si je me mets quelques minutes à la place de l'humanité le dernier jour sur Terre, je ne vois aucune raison pour que les télévisions fassent défiler de telles images (juste histoire de faire souffir un peu plus les téléspectateurs et leur rappeler qu'on a fait que de la merde ?). Non, ce petit artifice n'a pour unique but que de s'adresser au spectateur dans la salle de ciné, et absolument pas aux protagonistes du film. Du coup, ce sentiment flagrant est gênant parce que tout ça manque cruellement de subtilité et d'implicite.


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          Bref, à part ça, les acteurs sont excellents (Dafoe en tête), et on a quand même droit à quelques passages réussis. Je les compte malheureusement sur les doigts d'une seule main car on a également des scènes incompréhensibles (Skye qui pète un câble et fait une crise d'hystérie). Parmi les bons moments on peut notamment citer la discussion de Cisco avec sa fille sur Skype (les adieux sont émouvants), les adieux du présentateur de JT, les questionnements de Cisco sur le suicide ou encore la scène qui précède la fin du film. Mais là encore, j'ai trouvé la fin à la fois réussie et ratée. Non pas que les bondieuseries sont à blâmer, mais Ferrara nous sort ici le classique baratin sur la lumière blanche et Dieu, l'amour infini qui nous accueille, les images de la Vierge Marie, c'est lourdingue. Pourquoi ne pas laisser le spectateur se faire sa propre idée sur cette lumière blanche ? Autre chose que Ferrara impose au spectateur et qui témoigne d'un manque flagrant de subtilité : les images superposées sur les personnages à la toute fin, pour nous montrer ce à quoi ils pensent. Quelle faute de taille ! Filmer uniquement les yeux des personnages en nous laissant imaginer leurs pensées aurait été tellement plus fort, plus puissant. Les images superposées sont de trop... D'ailleurs, de manière générale la réalisation est plutôt faiblarde (sauf quelques plans brillants) avec de nombreuses superpositions d'images sans grand intérêt. Bref, je ne vais pas m'étendre plus longtemps même si je le pourrais, ce film est pour moi à éviter, même si 1h20 passent vite.


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