En voilà un film qui sort de l'ordinaire, et que je suis content d'avoir découvert. Sorti en 2004 et réalisé par Hans Canova, le film est assez peu connu (du moins en France) et c'est bien dommage. A la fois comédie dramatique et romance, Conversations with Other Women est un film magnifique et passionnant. Sa particularité : il est entièrement tourné en split screen, c'est-à-dire que l'écran est séparé en deux et qu'on voit toujours les deux côtés en parallèle. Heureusement, le scénario n'est pas difficile à suivre : un homme et une femme se retrouvent à un mariage et se mettent à discuter. Au fil de la conversation, leur passé commun refait surface et ils échangent des souvenirs pendant toute la soirée.
ATTENTION : Pour les besoins de la TV (il me semble), le film a ensuite été édité en version "one frame", donc sans le split-screen. La plupart des copies que vous trouverez sur internet (en streaming notamment) sont dans cette version, je vous la déconseille car elle est très fade comparée à l'autre. Il est essentiel de voir la version splitée (celle d'origine, qui figure sur le DVD).

Le principe du split screen est ici omniprésent. En règle générale, on voit un personnage de chaque côté. Heureusement, on ne les voit pas à des époques différentes, mais en même temps. En fait, cet homme et cette femme (dont on ne connaitra jamais les noms) passent toute leur soirée ensemble. Ils ne font presque que discuter et les 80 minutes du film sont filmées en temps réel. Pendant qu'ils discutent, on peut voir chacun des deux personnages dans une partie de l'écran. Cette idée est tout simplement géniale, car elle nous permet de voir en temps réel les réactions et expressions de visage des deux acteurs, même lorsqu'ils écoutent l'autre parler. Ce qui est assez rare au cinéma, où la caméra est souvent fixée sur le personnage qui parle. Ici, on savoure tous les détails, les sourires, et on a réellement une conversation entière entre deux personnes, sans rien louper, chose difficile à atteindre dans le cinéma plus traditionnel. Le montage est d'ailleurs tellement habile qu'on a l'impression d'assister à un gigantesque plan-séquence de 1h20. Parfois on a droit a des flashbacks sur l'un des demi-écrans, qui met en scène le passé des personnages de façon souvent amusante et intéressante.
Helena Bonham Carter, qui était déjà très haut placée dans mon estime, a carrément explosé la barre. Quelle actrice, vraiment exceptionnelle, avec un jeu d'actrice unique et rare qu'il est agréable de voir à l'écran. Même si elle se cantonne habituellement à des rôles très excentriques, mais là, ça change littéralement d'un Fight Club, Harry Potter ou Sweeney Todd. Elle est parfaite dans un rôle totalement anodin, celui d'une femme qui hésite et qui ressent beaucoup de choses. De même, je ne connaissais pas beaucoup Aaron Eckhart avant ce film, mais il est impressionnant de talent et de naturel. J'ai été ravi également de découvrir Olivia Wilde autre part que dans Dr House. Même si Numéro 13 a ici un rôle totalement cruche, c'est plaisant et ça ajoute un peu d'humour.