Wouaw ! Cette claque-là, je ne l'attendais pas. Il m'arrive parfois de consulter, par curiosité, les recherches qui sont faites sur le blog par les visiteurs. La personne inconnue qui a tapé "Empathie" dans la barre de recherche m'a fait un joli cadeau sans le savoir. Si vous vous reconnaissez, merci du fond du cœur pour cette découverte involontaire.
Empathie est une série québécoise à la fois humaine, drôle et poignante, écrite par Florence Longpré. L'autrice tient également le rôle principal : Suzanne, psychiatre qui peine à se remettre d'un drame personnel, est engagée dans un institut pour gérer quelques patients aux problématiques diverses. Dans ce métier, l'empathie est une qualité nécessaire...
C'est typiquement le genre de productions que j'affectionne. De celles où l'émotion et l'indulgence prennent le pas sur tout le reste. Empathie porte son titre à merveille, puisque rarement une série n'aura suscité une telle compassion pour ses personnages. Chacun d'entre eux, sans exception, mérite d'être entendu, soutenu et compris. Le spectateur est pleinement impliqué dans cette démarche : tout au long des épisodes, on est constamment sollicités pour faire preuve de bienveillance, pour dépasser nos jugements hâtifs afin de voir l'être humain derrière chaque visage. La conclusion est toujours la même : la réalité est infiniment plus complexe que nos a priori.
Tous les personnages y passent, et c'est l'une des plus belles idées d'Empathie. En effet, les patients ne sont pas les seuls qu'il faut soigner. Chaque personne, qu'il s'agisse du personnel médical ou des proches, possède son lot de fragilités, de blessures psychologiques. Toutes sont étudiées avec tendresse et compréhensivité, ce qui offre des séquences parfois poétiques et belles, parfois difficiles.
Dès le premier épisode, je me suis pris au jeu des sentiments avec la présentation des divers personnages. Aucun n'a été épargné par la vie, et tous se rencontrent au même endroit pour tenter de guérir ensemble, lorsque c'est possible. Pour les incarner, chacun des comédiens est absolument brillant. Florence Longpré, dans le rôle principal, est fabuleuse dans tous les épisodes, qu'elle porte clairement sur ses épaules. Elle est accompagnée de Thomas Ngijol – ils forment ensemble un duo particulièrement drôle et efficace, grâce à des dialogues qui font du bien ou qui nous permettent de rire entre deux drames – ainsi que d'une flopée de seconds rôles attachants ou bouleversants.
Mon immense coup de cœur va à Jacques Dallaire, un personnage qui m'a touché en plein cœur durant ces dix épisodes, de sa première à sa dernière apparition. Dès l'épisode 1, j'ai été instantanément bouleversé par cet homme, semblable à un enfant perdu et apeuré. L'acteur Benoît Brière est épatant dans ce rôle, il m'a scié par son interprétation toujours juste, toujours poignante, toujours délicate. Il est tellement crédible que j'en ai pleuré, deux ou trois fois. Je retiendrai très longtemps l'une de ses premières scènes, dans laquelle Jacques danse devant ses camarades imaginaires, au rythme d'une cornemuse (la scène est ici). La musique est sublime, l'acteur est phénoménal. Ce personnage a une âme, une étincelle dans les yeux, dans la voix, dans la posture, qui le rendent déchirant. On a envie de l'aimer sans condition.
Et ce n'est pas la seule fois que j'ai pleuré, il faut bien l'avouer. Pour celles et ceux qui ont vu la série, et notamment l'épisode 10 qui a été diffusé ce soir sur Canal+, les mots "je vous aime", inscrits sur un papier, m'ont paralysé d'émotion. C'était... wouaw.
La musique, elle aussi, est également un atout de la série. Parfois, elle se lance dans de grandes envolées d'émotion, puis se coupe brutalement pour passer à une autre scène, comme si nous étions nous-mêmes soumis aux changements d'humeur incontrôlables des personnages. La bande sonore est parfaitement dosée, que ce soit dans l'émotion (aucune exagération dans le pathos) comme dans les moments de rêverie. D'ailleurs, les sons ne sont pas exclusivement tristes ou contemplatifs : certains morceaux de pop se marient parfaitement avec les délires mentaux de Suzanne. Je pense par exemple à une scène de l'épisode 2, où la jeune femme s'accroche à un lustre sur la chanson Chandelier de Sia ("i'm gonna swing from the chandelier"). C'était magnifique, poétique, inattendu.
Je vous conseille Empathie sans aucune hésitation, surtout si vous êtes sensibles à ces thématiques (psychologie, fêlures d'enfance, reconstruction). J'ai terriblement hâte de voir la saison 2.