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Obsession - de Curry Barker - Critique

Obsession - de Curry Barker - Critique

     Face à ce que mes cinémas proposent cette semaine, je me suis rabattu sur ce film d'horreur que j'hésitais à voir depuis sa sortie : Obsession. L'histoire est simple : Bear fait un vœu, celui que son crush Nikki tombe follement amoureuse de lui. Malheureusement, son souhait se réalise et l'amour de Nikki vire à l'obsession maladive...

     Obsession est plutôt sympa à regarder mais il gâche totalement son potentiel en cumulant les mauvais choix et les erreurs grossières. Que c'est dommage, bon sang !

 

Cet article spoile tout le film.

 

Obsession - de Curry Barker - Critique

     Pourtant, merde, j'ai absolument adoré les 30 premières minutes. J'étais concentré, j'étais à fond dans l'histoire proposée. Obsession est parti sur un chemin que je n'avais absolument pas vu venir : par moments, le vœu déraille et la "vraie" Nikki reprend les rênes de son corps l'espace de quelques secondes. L'horreur, la vraie, vient de cette idée brillante. Car alors, Obsession n'est plus une stupide histoire de petite amie qui devient diabolique, c'est surtout une histoire de consentement, et de choix que doit faire le personnage principal en connaissance de cause.

     La première scène au lit est une pure tuerie et je m'en souviendrai très longtemps, car elle m'a surpris, déstabilisé, horrifié. Le switch de personnalité avec ce "What the fuck ?", d'ailleurs brillamment joué par l'actrice Inde Navarrette, m'a paralysé sur place. Nikki, en fait, existe toujours quelque part et peut reprendre conscience brutalement. Cette idée est terrifiante, elle m'a glacé le sang. Je n'avais pas ressenti un tel degré d'effroi devant un film d'horreur depuis longtemps.

 

Obsession - de Curry Barker - Critique

     Le problème, c'est qu'après cette scène, on réalise que Curry Barker ne compte pas utiliser cette idée géniale comme élément horrifique principal. Au bout de 30 minutes, en effet, il se passe quelque chose de dramatique : les personnages deviennent stupidement mauvais. Nikki devient un cliché ambulant : celui d'une personne possédée par le démon. La peur ne vient plus du fait que la "vraie" Nikki est encore là quelque part, non. Barker souhaite nous faire peur de la manière la plus décevante qui soit : en montrant que Nikki est une méchante imprévisible qui agit n'importe comment. 

    Et pour se faire, on demande à l'actrice Inde Navarrette de surjouer la folie, à base de grimaces absurdes et de sourires machiavéliques bien appuyés (comme on en voit dans Smile, c'est à la mode et ça fait marrer les ados en manque de sensations fortes). 

 

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     Et donc, le film cesse de faire peur. La véritable Nikki est oubliée, sauf lorsqu'elle parle à Bear durant son sommeil pour lui demander de la tuer. C'est alors l'un des seuls moments intéressants qu'Obsession nous offrira durant la dernière heure, car le reste n'est que du gore débile et des jumpscares à deux ronds, juste pour cocher les cases. 

     Si le personnage principal, joué par Michael Johnston, avait été sympathique, alors on aurait pu compatir et vouloir qu'il s'en sorte. Mais là encore, il y a une erreur, car Bear est un sombre connard doublé d'un demeuré. En sachant pertinemment que Nikki a été remplacée, il abuse d'elle et passe outre son consentement, en connaissance de cause. Puis, il passe le film à pleurnicher parce qu'il ne comprend pas pourquoi sa copine lui fait peur. Mec, t'es con ou t'es con ? 

     C'est sans parler du schéma narratif, extrêmement répétitif puisque tout le film est construit sur le même délire : Nikki fait une folie, Bear s'inquiète et a peur, Nikki crie très fort, puis Nikki se calme brutalement et passe à autre chose. Et ça recommence. Sauf que Nikki est, par définition, malade d'amour pour Bear... il ne risque donc rien, et le spectateur doit se contenter des sursauts visuels et de sang pour ne pas s'emmerder.

 

Obsession - de Curry Barker - Critique

     Pour résumer, Obsession était prometteur et je garderai en tête cette première demi-heure absolument géniale. Si le film avait continué là-dessus, en explorant la double personnalité terrifiante de Nikki, il aurait pu être un excellent film sur la violence, le consentement, pourquoi pas une allégorie de la drogue du viol ou de la relation toxique (ça, d'accord, on l'a un peu, mais c'est souvent grotesque et ça manque de réalisme).

    Bref, ça aurait pu être quelque chose d'autrement plus glaçant qu'une simple fille possédée. Finalement, les conséquences psychologiques, on s'en fiche, on va juste les évoquer lors du tout dernier plan, mais c'est bien trop tard et ça donne une fin extrêmement frustrante. Dommage. J'y ai tellement cru.

 

 

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