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9 mois ferme - d'Albert Dupontel - Critique

9 mois ferme - d'Albert Dupontel - Critique

      Une célibataire endurcie découvre qu'elle a fait un déni de grossesse. À trois mois du terme, il est bien trop tard pour songer à avorter, mais elle doit faire face à une réalité encore plus difficile : le père serait un dangereux criminel gobeur d'yeux...

     J'ai peu de temps pour les critiques en ce moment, mais parlons rapidement de 9 mois ferme qu'il me tardait de voir depuis longtemps. Lorsqu'on connait un peu la filmographie de Dupontel, le film ne surprend pas vraiment. 9 mois ferme contient tout l'ADN du réalisateur, avec tous ses thèmes les plus chers et ses gimmicks de mise en scène. Cependant, le cinéma de Dupontel, c'est comme un lieu qu'on aime : on le connait parfaitement, mais on a envie de le retrouver régulièrement car on s'y sent bien. 

 

9 mois ferme - d'Albert Dupontel - Critique

     Albert Dupontel se distingue des autres, et c'est suffisamment rare en France pour le souligner. Sa patte de réalisation est reconnaissable entre toutes et, surtout, ses films sont toujours un doux mélange de comédie et de drame. 9 mois ferme, c'est une poignée de rire contre une pincée d'émotion, et le cinéaste parvient à jongler avec tout ça de manière prodigieuse. Certaines répliques ou situations absurdes sont mémorables, j'ai d'ailleurs pris soin de m'arrêter de temps en temps pour noter quelques excellentes lignes de dialogues sur un bout de papier.

     Le film s'ouvre avec une réplique qui donne le ton et résume toute la filmographie de l'auteur : "La famille est une tragédie écrite par les parents et jouée par les enfants". Comme dans Adieu les cons ou encore Bernie, il est ici question d'enfants sans repères ou abandonnés, et Dupontel défend la veuve et l'orphelin à travers son personnage, aussi violent et bête en apparence que doux et sensible à l'intérieur.

 

9 mois ferme - d'Albert Dupontel - Critique

     Sandrine Kiberlain est également parfaite pour ce rôle de future mère qui ne veut pas l'être. Cette actrice a toujours un don pour jouer de manière très naturelle et c'est agréable à suivre à l'écran. Souvent drôle, parfois touchante, Ariane vit un cauchemar incroyable et sacrément rocambolesque, qui ne laisse aucune place à l'ennui. 

     J'ai également noté quelques répliques désopilantes, comme celle prononcée par une femme interviewée dans la rue à propos du meurtre : "Qu'on nous tue, bon, c'est une chose... mais qu'on nous prenne nos organes, c'est inacceptable !". Encore une fois, Dupontel utilise l'humour noir et c'est un maître en la matière. Je pense aussi au moment où Bob cherche à trouver une explication rationnelle qui expliquerait que le vieil homme ait eu les membres coupés. La scène est recréée à l'écran à mesure qu'il la raconte, peu importe le degré de stupidité du récit. Absurde et marrant.

     Bref, les idées fusent, que ce soit dans le sérieux (le long plan circulaire qui se coupe au passage des lampes à mesure que la juge lit le dossier) comme dans le comique le plus débile (la scène de la caméra de surveillance avec Bouli Lanners, ou encore Jean Dujardin en caméo dans la peau d'un traducteur pour sourds et malentendants : magique !). 9 mois ferme est joli, drôle, noir, et surtout très original dans le paysage français. Dupontel a tendance, au bout du compte, à souvent raconter les mêmes histoires, mais il peut continuer indéfiniment car il le fait merveilleusement bien. 

 

 

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