J'aurais voulu commencer cet article par "Yippie Kay Yay Motherfucker" mais j'ai déjà fait le coup dans un article précédent, alors ça aurait été débile. Revenons un peu sur l'excellente pentalog trilogie qui colle à la peau de Bruce Willis depuis des années : Die Hard. La saga ne contient pas forcément de grosses subtilités et n'apporte pas vraiment de réflexion au spectateur, mais ce n'est pas ce qu'on attend de ces films qui n'en demeurent pas moins cultes. Si vous ne les avez encore jamais vus, n'hésitez pas, et j'espère que cet article vous convaincra.
Die Hard : Piège de Cristal (1988 - John McTiernan)
Ce premier opus est vraiment fabuleux. Un très bon film, explosif et drôle, où on
ne s'ennuie jamais. On découvre donc un Bruce Willis en John McClane plutôt taré qui n'a pas peur de se
salir d'un peu du sang des autres. C'est un film jubilatoire, culte, que je ne me lasse pas de voir. John McClane est censé rejoindre son ex-femme
Holly pour les fêtes de Noël. Celle-ci étant cadre dans une multinationale japonaise, la Nakatomi Corporation,
McClane assiste à une soirée organisée par M. Takagi, le patron de Holly. Mais,
alors que McClane s'éclipse pour aller passer un coup de fil, une bande de terroristes fait irruption dans la tour et prend en otage tous les invités. Tous
sauf McClane, qui va entamer une longue et dure partie de cache-cache dans l'immeuble afin d'empêcher le drame. Titillant les terroristes, leur faisant perdre
la tête, il s'ensuit un huit clos plutôt plaisant au sein de cette tour. Plaisant pour le spectateur, mais pas pour le héros qui passe littéralement une bonne soirée de merde. On suit le parcours
de John McClane pendant tout le film, pratiquement en temps réel, ses plans malins, sa tchatche et son franc parler, pour notre plus grand bonheur. On est
également ravis de voir Alan Rickman (le professeur Rogue de nos jours) dans le second rôle, celui de
Hans Gruber, le meneur de la prise d'otages. Il est tout simplement génial, comme à son habitude. Enfin, toute la partie du film où McClane communique avec le
Sergent Al Powell est plaisante, où les deux personnages se racontent mutuellement leur vie. Bien sûr, le film n'évite pas quelques clichés comme le conduit d'aération qui mène un peu partout et
les gros méchants allemands (ce qui rappelle un peu la saga Indiana Jones), mais ça n'empêche que dans le domaine du gros divertissement,
Piège de Cristal est certainement LE must.
Changement de réalisateur pour ce deuxième opus, qui est légèrement moins bon que
le précédent car il n'innove pas des masses. On reprend les mêmes, mais on change de décor : cette fois-ci John McClane va devoir faire face à ses ennemis
dans un aéroport, encore une fois bloqué, sans aucune communication avec l'extérieur. Cependant, la recette fait toujours effet. On est heureux de retrouver notre déglingué favori dans une nouvelle situation encore plus dangereuse et des enjeux plus importants. Le terrain de jeu s'étend un peu (et il s'étend de plus en plus au
cours des films, puisqu'il faut nécessairement faire plus fort que le film précédent !) et l'intrigue est toujours aussi passionnante, mais on a parfois des impressions de déjà-vu. Heureusement,
ce film est dans la continuité du précédent, avec quelques clins d'oeil, et il n'est pas qu'une simple suite sans intérêt. De l'action, des surprises, et toujours cette ambiance jubilatoire qui
fait qu'on aime ce personnage et qu'on s'y attache. De plus, on ajoute un élément vraiment intéressant : celui du principe de compte à rebours, puisque que McClane n'a que 58 minutes pour tout régler et faire en sorte que l'avion de sa femme atterisse correctement. La scène finale est vraiment excellente, avec un
Bruce Willis toujours mort de rire (qu'est ce qu'on adore !) et le fameux "Yippie kay yay pauvre con", la réplique que tout le monde attend et qui constitue la marque de fabrique du personnage. Une phrase qui
signifie à peu près "Je t'ai bien eu, adieu enfoiré". Bref, c'est un très bon divertissement, encore, mais vraiment un
chouilla en deçà de Piège de Cristal.
Et c'est reparti avec une autre journée pourrie pour John
McClane, qui n'a vraiment jamais de chance et se trouve systématiquement là où il ne faut pas. C'est le réalisateur John McTiernan qui
reprend les rênes pour ce troisième volet, pour notre plus grand plaisir. Une journée en enfer est meilleur que 58 minutes pour vivre, sans aucune longueur. De plus, on a droit à un scénario en béton et pour une fois, John
McClane ne va pas être seul. Accompagné de Zeus Craver, interprété par l'excellent Samuel L.
Jackson, il va devoir déjouer les pièges d'un autre terroriste allemand, Jeremy Irons. Ce volet est génial, car il rajoute encore plus de
tension avec un système de course contre la montre. On ne s'ennuie vraiment jamais, puisque notre grand taré de McClane doit résoudre plusieurs énigmes de
façon chronométrée, sous les ordres téléphoniques du terroriste qui prend un malin plaisir à le faire courir à travers toute la ville de New York pour désamorcer des bombes. On perd le côté
claustrophobe et restreint des deux précédents opus, puisque ça se passe maintenant en plein air, mais on ne perd pas en inventivité, en humour et en action.
Allez, je rappelle l'intitulé de cette énigme. Les deux gars sont dans une fontaine
d'eau avec deux bidons d'eau : un de 3 gallons, et un de 5 gallons (un gallon correspond environ à 3,8 litres). Avec ceci, ils doivent peser exactement 4 gallons d'eau sur une balance pour
désamorcer une bombe. La question est bien évidemment : comment obtenir ces 4 gallons de façon précise (c'est-à-dire que le pifomètre est interdit, naturellement) ? Comme j'ai le temps, je vais
expliquer les deux façons de faire, mais honnêtement ce n'est pas compliqué à trouver par soi-même. Première méthode : en commençant par remplir le bidon de 3
gallons. Dans ce cas, on verse les 3 gallons dans le bidon de 5 gallons. Puis, on remplit à nouveau le bidon de 3 gallons. Avec
celui-ci, on complète le bidon de 5 gallons à ras bord. On y rajoute alors 2 gallons, ce qui nous laisse seulement un gallon dans le bidon de
3. On vide le bidon de 5 gallons par terre (qui était plein), et on y verse le gallon restant. On a donc un gallon d'eau dans le bidon de 5, il
suffit d'en rajouter 3 pour obtenir les 4 voulus. Deuxième méthode : en commençant par remplir le bidon de 5
gallons. Dans ce cas, on verse l'eau du bidon de 5 gallons vers le bidon de 3
gallons, qu'on remplit. A ce moment, il ne reste donc plus que 2 gallons
exactement dans le bidon de 5. On vide le bidon de 3 gallons par terre, et on verse les
2 gallons dedans. Puis on remplit le bidon de 5 gallons dans la fontaine, et on complète le bidon de 3 gallons avec. Comme il y avait deux gallons
dans le bidon de 3, on n'a rajouté qu'un gallon.
Et donc, le bidon de 5 gallons en a perdu un : ce qui nous laisse bien 4 gallons exactement. La deuxième méthode est certainement légèrement plus rapide et il me semble que John McClane utilise la première. Bref, les autres énigmes du film sont aussi géniales, comme la devinette "Me rendant à Notre-Dame, je vis un homme à sept femmes, chaque femme ayant sept sacs chaque sac contenant sept chattes, chaque chatte ayant sept
chatons. Chatons, chattes, sacs et femmes combien se rendaient à Notre-Dame ?" et il faut dire que ça s'enchaîne à une vitesse folle ! Un très bon divertissement, donc, porté par
deux très grands acteurs.
Ils ont voulu faire une suite, ils ont voulu faire encore plus fort, mais il faut
bien avouer que c'est décevant. Trop gros, trop cliché... John McClane sait tout faire, c'est le gros puissant qui détruit des hélicoptères à mains nues et
s'en sort toujours indemne. De plus, on sent que John McClane a changé, il a un peu trop pris la grosse tête et a clairement perdu de son humour incisif et
reste trop sérieux (je ne suis pas certain qu'on le voie éclater de rire comme il en a l'habitude). Certes, les bonnes répliques sont toujours là, mais il les balance à son accolyte (joué par
Justin Long), ce qui a énormément moins d'effet que lorsqu'il les envoyait à ses ennemis. Ici, les terroristes sont tout juste bons à se
faire exploser, et pas grand chose de plus. Dommage. Bon, mis à part ça, il faut avouer que Bruce Willis garde la forme et que les effets
spéciaux sont magnifiques. Le tout pimenté par de l'action, toujours de l'action, on ne s'ennuie pas une seule minute et on a le souffle coupé. Le film contient aussi son gros lot de répliques
hilarantes, même si on a un peu trop droit à "fais gaffe je viens te mettre ta grosse raclée", ce qui m'a un peu déçu.
Enfin, le film innove encore puisqu'on a affaire à une toute nouvelle forme de terrorisme : le piratage informatique. Loin d'être un navet, mais loin d'être un chef d'oeuvre, c'est un film qui ne
restera dans les mémoires que comme le quatrième d'une trilogie qui n'en avait pas besoin.
Alors là, je ne comprends pas pourquoi ce volet est tant décrié (notamment par la presse), alors qu'il relève clairement le niveau après
Die Hard 4. Certes, le charme de la trilogie est estompé, mais le plaisir revient en force avec le vrai John McClane. Pour moi, c'est bien le
4e volet qui fait tâche dans cette saga et non le 5e, qui reprend tous les bons éléments des premiers films. Die Hard 4 décevait parce qu'on
avait le sentiment d'avoir perdu McClane. A l'origine, c'est un personnage désinvolte et plein d'humour, à qui des merdes arrivent sans qu'il ne vienne les chercher, qui agit sur son instinct, de
façon impulsive. Dans Die Hard 4, certains éléments de cette recette avaient disparu : un John McClane plus posé, qui va chercher les problèmes à coups de "j'vais te mettre une raclée" et sans
humour. Bref, ce n'était pas McClane. Mais ici, dans Die Hard 5, le personnage est bel et bien revenu, qu'on le veuille ou non, et le délire reprend forme. Ce film n'est clairement pas à voir
pour son scénario, de ce point de vue la déception est flagrante, avec pas mal d'incohérences. Il faut voir ce film pour assister à la renaissance de McClane qui s'était un peu égaré. C'est le
retour des répliques efficaces et hilarantes, d'un humour à la Bruce Willis très savoureux qui fait plaisir à voir et à entendre. Presque
chaque réplique de Willis fait mouche, ce qui vient combler les lacunes de la relation classique père/fils. On rit beaucoup, on retrouve ce personnage déjanté qu'on a tant apprécié par le passé,
qui se retrouve dans une situation merdique sans la chercher, qui a un fou rire lorsqu'on lui braque un flingue dessus. La bande son rappelle quelques thèmes de la trilogie et on a même droit à
un clin d'oeil sympa à Piège de Cristal (la chute d'Alan Rickman au ralenti). Là où on
voit qu'on retrouve notre McClane, c'est lorsqu'on remarque que vestimentairement, Bruce Willis se découvre petit à petit jusqu'à retrouver
son fameux marcel blanc tâché de sang à la fin du film. Une sorte d'image vestimentaire entièrement reconnaissable et que tout fan de la saga attend avec impatience. Bref, ce film est en-dessous
de la trilogie, mais je trouve que McClane est bel et bien de retour, et ça, ça fait plaisir.