Ce soir, Direct 8 nous a proposé un thriller policier signé Michael
Mann : Heat. Réunissant deux très grands acteurs du cinéma, Al Pacino
et Robert De Niro, c'est un film d'action de 2h40 que certains considèrent comme un pur chef d'oeuvre. Pour ma part, je n'emploierai pas ce
terme car j'avoue avoir été déçu. On m'a tellement vanté ce film que je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel, et j'ai pourtant eu du mal à accrocher. Sorti en 1995, Heat raconte l'histoire d'un braqueur, Neil McCauley, traqué par un flic, Vincent
Hanna. Malgré leurs différences mais surtout leurs ressemblances, ils vont devoir s'affronter.
Lesquelles ? Tout d'abord, les acteurs. Indéniablement. Voir Al Pacino et
Robert De Niro s'affronter dans un film est un grand moment et, même si on ne compte que deux scènes entre les deux acteurs, leur rareté leur
donne un peu d'intensité. Toute la dualité entre les deux personnages est intéressante et bien travaillée. Déjà, le film ne fait pas de manichéisme méchants braqueurs / gentils policiers, ce qui
est une excellente chose. Même si Heat n'a pas inventé le principe, on peut dire que de ce côté ça change des films policiers habituels. Le
fait de nous présenter deux personnages totalement différents, voire opposés, mais néanmoins connectés par une certaine sympathie qui les empêche de s'entretuer et de se haïr, c'est suffisamment
captivant pour rendre de nombreuses scènes savoureuses. Al Pacino est parfait en flic qui n'a pas le temps de s'occuper de sa famille, tandis
que Robert De Niro nous sort également un jeu d'acteur magnifique. Chacun des deux personnages est un professionnel à sa façon, des
professionnels qui ne reculent devant rien, obnibulés par leur travail qui ne leur laisse pas le temps de faire autre chose. En ceci, ils se ressemblent et c'est probablement ce qui forme leur
lien aussi fort. Encore une fois, Heat n'a pas inauguré le procédé mais ça reste du bon. Ensuite, l'humour est également légèrement présent
dans ce film avec quelques excellentes répliques d'Al Pacino, notamment lorsque Vincent Hanna s'énerve
"Vous avez le droit de vous envoyer ma femme, puisque c’est elle qui vous le demande. Vous avez le droit, de vous vautrer sur son sofa
dans la crèche de merde, naze tech-post-moderne et ultra branchée de son ex-mari si ça vous chante... Mais en aucun cas vous n’avez le droit de regarder ma PUTAIN DE
TÉLÉVISION !".
Avec impatience, c'est bien le mot. Même si je ne cachais pas un certain désir de connaître la fin, cette envie était tout
autant due à la curiosité qu'à la volonté d'en finir (j'arrive dans les points négatifs). Car bon diou, 2h40, que c'est long ! Visiblement ce n'est pas le cas de tout le monde (peut-être faut-il
être conditionné à aimer les intrigues policières) mais j'ai trouvé que le film souffrait d'atroces longueurs. J'ai beaucoup de mal avec les films du genre policier, et Heat me le confirme. Toutes les scènes où les braqueurs (comme les flics) parlent de leurs tactiques, ça ne me passionne vraiment pas. De même pour les
fusillades. J'ai toujours eu horreur des fusillades que je trouve invraisemblables et interminables. Ce fut également le cas pour Heat qui
nous offre au milieu du film le flingage habituel Flics VS Braqueurs en plein coeur de la ville, dans la rue, cachés derrière des voitures. Aucun
frisson, je n'ai ressenti aucune intensité particulière comme le signalaient pourtant d'autres personnes (vous vous reconnaîtrez et je suis désolé, j'ai trouvé ça hyper classique). Des mouvements
de caméra banals, des balles qui volent dans tous les sens, et ça peine à s'arrêter. Un gros méchant s'empare d'un gamin pour ne pas qu'on lui tire dessus (est-il logique que sa mère l'oublie en
cours de route ?), et finalement on a des plans que je ne qualifierais pas de "clichés" mais de "déjà vus". Même si la confrontation entre les deux acteurs est intéressante, c'est bien la seule
chose qui m'ait passionné pendant les 2h40. Je n'ai pas souffert d'ennui, non, mais j'ai trouvé ça banal et en sortant du film je me suis dit que 160 minutes, c'était bien long pour raconter ça.
Les personnages secondaires ne remontent pas tellement l'intérêt, à part peut-être Val Kilmer qui a une tronche sympa et Amy Brenneman qui apporte un peu de douceur et de gentillesse à ce film, formant un couple éphémère vraiment pas mal avec De Niro. Natalie Portman également, toujours aussi expressive et mémorable même si elle n'apparaît
que très peu.