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Les crimes du futur - de David Cronenberg

Les crimes du futur - de David Cronenberg

      Je n'ai jamais été passionné par le cinéma de Cronenberg et je pense que Les crimes du futur résume tout ce que je n'apprécie pas chez le cinéaste. N'ayant pas vu sa version de 1969, ce n'est que mon 10e film du réalisateur et, mis à part La Mouche qui est à mon goût un chef d'œuvre et A history of violence qui reste l'un de meilleurs thrillers de ce début de siècle, je ne me suis jamais senti concerné par la filmographie du bonhomme.

 

     ExistenZ avait déjà commencé à me convaincre que Cronenberg n'était pas fait pour moi. Certes, le côté viscéral et organique est pour le moins original et c'est ceci qui fait de lui un réalisateur unique et reconnaissable entre tous. Il est d'ailleurs évident que, si on lance Les crimes du futur sans rien savoir dessus, il suffit d'en voir le premier plan pour comprendre instantanément qui en est à l'origine. Malheureusement, ce côté cru et corporel m'a toujours laissé froid, et c'est d'ailleurs un reproche que je pourrais faire à l'ensemble de sa filmographie (exceptés les deux films cités plus haut, qui offrent de beaux moments d'émotion) : le cinéma de Cronenberg est glacial, distant, désincarné. David Cronenberg aime disséquer, charcuter les corps comme un médecin légiste pratiquant une autopsie, il n'est donc pas étonnant que ses films manquent souvent d'âme. Tout ceci me laisse dans l'indifférence la plus totale. Dans Les crimes du futur, une fois passée la curiosité pour cet univers glauque et poisseux, j'ai rapidement succombé à l'ennui devant l'absence totale de fond.

 

Les crimes du futur - de David Cronenberg

     Le film se veut difficile d'accès et c'est, à nouveau, un aspect du cinéma de Cronenberg que je n'affectionne pas. Depuis quelques années, et même si j'ai conscience de mon absence de désir pour ceux-ci, je continue de me déplacer en salles pour découvrir chaque nouveau Cronenberg. Mon inconscient espère sans doute retrouver toute la puissance et la cohérence d'un A History of Violence, que je n'avais pas eu la chance de découvrir sur grand écran. Pourtant, qu'il s'agisse de A Dangerous Method, Cosmopolis ou Maps to the Stars, j'ai trouvé éprouvé une grande déception : celle de me sentir totalement en-dehors, voire de me faire chier. Cosmopolis était plastiquement beau mais jouait sur un scénario et des dialogues complètement incompréhensibles, tout comme Maps to the Stars qui m'a si peu marqué que je l'ai oublié quelques semaines plus tard.

 

     Les crimes du futur, lui aussi, semble vouloir nous perdre volontairement avec des dialogues insaisissables et j'ai trouvé ça très désagréable. Je trouve le film mal écrit et, notamment, l'univers mal introduit. L'histoire démarre effectivement sans aucun contexte, aucune explication qui pourrait nous permettre de comprendre où nous sommes, quand nous sommes et, surtout, qui sont tous ces personnages. J'ai seulement pigé (grâce au synopsis) que les êtres humains avaient évolué et que, faute de trouver du plaisir dans le sexe, les protagonistes le puisaient dans le charcutage de leurs corps. On assiste à un gloubi-boulga de séquences incompréhensibles, dans lesquelles je n'ai absolument jamais réussi à comprendre les enjeux ou les motivations des personnages. Lorsque le film s'est achevé, je le dis honnêtement, je me suis gratté la tête en me demandant si j'avais capté un moindre truc pendant 1h45. La réponse est non, ce film m'a paru abscons d'un bout à l'autre, et ce n'est pas la performance des acteurs qui m'a aidé à vaincre l'ennui inévitable que ce flou scénaristique a causé chez moi. 

 

Les crimes du futur - de David Cronenberg

       Viggo Mortensen donne tout ce qu'il faut pour montrer la souffrance de son personnage mais, à part lui, les comédiens m'ont profondément déçu. Léa Seydoux (pardonnez cette trivialité) ne semble castée dernièrement que pour apparaître à poil (The French Dispatch, Tromperie,...) et il est difficile de cerner son personnage (est-elle jalouse ? envieuse ? amoureuse ? On n'en sait rien). Quant à Kristen Stewart, même si elle apparaît très peu, j'ai trouvé son jeu épuisant. Pour les spectateurs qui ne l'auraient pas vue depuis plusieurs années, je peux comprendre que sa prestation étonne, mais elle force ici certains tics de jeu qu'elle commence à resservir constamment depuis quelques années. En effet, ses quelques scènes dans Les crimes du futur sont toutes jouées de la même manière par l'actrice : avec une élocution rapide et incisive, en bloquant brusquement toutes ses fins de phrases comme si elle manquait constamment de souffle. Son personnage dans le film, globalement, m'a semblé complètement inutile.

 

     Bref, Les crimes du futur ne restera pas gravé dans ma mémoire, je pense même que je l'aurai totalement oublié dans quelques jours / semaines. Cronenberg a beau avoir un cinéma atypique et singulier, ça ne me le rend pas pour autant passionnant.

 

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