Il est temps de rattraper ce retard (novembre s'achève et j'ai à peine commencé les films de ce mois). Dans cet article, on va parler de classiques venant de partout dans le monde : cinéma suédois, américain, hongkongais, français, il y en a pour tous les goûts. Les deux premiers sont des coups de cœur, tandis les deux autres m'ont déçu.
Les fraises sauvages
(Ingmar Bergman - 1957)
Les fraises sauvages est seulement mon quatrième film du réalisateur suédois, et c'est le premier à entrer dans mon top 500. Ici, pour le personnage principal (un médecin âgé), il est question de souvenirs, de retour sur son propre passé, d'introspection, bref : des thématiques enclines à me toucher. Les fraises sauvages est un voyage magnifique, l'un des premiers road movies philosophiques du cinéma, lors duquel un vieil homme dresse le bilan de sa vie en parcourant divers lieux qui l'ont marqué. Les deux acteurs principaux, Victor Sjöström et Ingrid Thulin, sont exceptionnels d'un bout à l'autre et leur trajet en voiture m'a captivé et ému, malgré la froideur que j'associe généralement au cinéma de Bergman. Un véritable coup de cœur, donc, comme l'avait prédit Zering dans l'un de ses commentaires.
La fiancée de Frankenstein
(James Whale - 1935)
Après avoir découvert Frankenstein premier du nom, j'ai été davantage conquis par cette suite, plus fun et étonnante que son prédécesseur. La fiancée de Frankenstein, loin d'être une comédie, m'a semblé beaucoup plus léger, moins horrifique. En conséquence, je me suis bien plus amusé à le découvrir, car j'ignorais totalement de quoi il allait être question. J'ai adoré l'évolution du monstre ; ses petits cris en début de film rappellent ceux de Sinok dans Les Goonies, sorti 50 ans plus tard, puis la créature apprend à parler grâce à un ermite aveugle. Cette prise de parole humanise le personnage et le rend bien plus intéressant, presque adouci malgré sa violence impulsive. Cerise sur le gâteau, j'ai trouvé la naissance de la fiancée absolument géniale et succulente. Même si on ne la voit que quelques minutes, l'actrice Elsa Lanchester donne à son personnage un côté étrange et terrifiant qui m'a clairement marqué. Bref, La fiancée de Frankenstein rejoint, pour ma part, la liste des suites qui ont dépassé l'original.
Il était une fois en Chine
(Tsui Hark - 1991)
Une petite déception, je pense que j'en attendais plus de ce film d'arts martiaux hongkongais, qui a donné lieu à un grand nombre de suites. Il était une fois en Chine est assez fun (les chorégraphies sont franchement très sympa), mais à mon goût complètement anecdotique. Il faut dire que je ne suis pas friand de Jet Li, pour le peu que j'en connais. Bref, j'ai passé tout de même un agréable moment, mais rien de bien mémorable : pour mon premier Tsui Hark, je pense que j'ai visé à côté.
Playtime
(Jacques Tati - 1967)
Définitivement (?), le cinéma de Jacques Tati ne semble pas fait pour moi. Je ferai le même constat que pour Mon Oncle : quelques gags ou situations se dégagent clairement du lot (la longue séquence autour de deux appartements filmés depuis la rue est exceptionnelle), mais le reste ne me touche absolument pas. Le personnage, l'humour visuel, la musique, les couleurs fades, tout ceci me laisse totalement indifférent. Bref, je me suis poliment emmerdé, même si je reconnais certaines qualités et un style propre à l'auteur. Parfois génial, souvent ennuyeux.