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Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique

Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique

      Il y a deux mois, lorsque j'ai subi mon 3e film de Tarkovski (Stalker), je me suis réjoui car j'étais persuadé qu'il s'agissait de ma dernière tentative avec le cinéaste en 2025. Sauf que j'avais oublié un détail : Solaris, sorti en 1972, faisait également partie de mes objectifs de l'année... C'est donc avec une flemme considérable et un soupir d'agacement que j'ai inséré le DVD dans le lecteur, persuadé de vivre un 4e long calvaire.

 

Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique

      Mais là, surprise : pour la première fois, le cinéma d'Andreï Tarkovski est parvenu à me captiver. Non pas que la mise en scène soit franchement différente de ses autres films, mais là au moins, j'ai eu l'impression de suivre une histoire avec des personnages vivants. Il y a de la matière, de la vie dans les dialogues, du mouvement dans l'image, ce qui donne tout de suite une autre dimension à ces longs plans qui m'ont tant emmerdé dans Nostalghia ou Le miroir.

 

Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique
Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique

      Bien que le film soit toujours très froid, on ne va pas se mentir, il est bien plus accessible : j'ai enfin pu sentir un peu d'émotion, et cette émotion est sublimée par la caméra. Enfin, j'ai pu saisir la beauté de l'art du réalisateur. Ici, les personnages pleurent, crient parfois, et Tarkovski utilise un montage assez efficace entre rêveries, flashbacks, souvenirs, hallucinations. Pour quelqu'un comme moi, qui suis sensible à la thématique du passé et du deuil, c'est donc la première fois que je me suis senti touché par un personnage chez Tarkovski. Il faut un début à tout.

 

Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique

     Les 2h46 sont passées relativement vite, d'autant que j'avais quelques repères pour me permettre d'apprécier Solaris à sa juste valeur. Je n'ai pas lu le roman d'origine de Stanisław Lem, sorti 10 ans auparavant, mais j'avais adoré la version de Steven Soderbergh avec George Clooney et Natascha McElhone en 2002. J'avais vu le film assez jeune (peu après sa sortie) et c'est probablement l'une de mes premières expériences de "mindfuck" devant un film. La beauté des images, l'aspect confus des situations, le côté obsédant des souvenirs du personnage, tout ça m'avait subjugué. Ici, j'ai retrouvé ces mêmes sensations et c'est quelque chose qui me parle totalement. 

 

Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique
Solaris - d'Andreï Tarkovski - Critique

      Et puis, pour poursuivre dans les références, le film de Tarkovski est sorti 4 ans après 2001 : L'odyssée de l'espace de Kubrick, et il n'est pas difficile d'y voir de nombreux parallèles : la science-fiction, la peur de l'inconnu, les images belles et lentes, la symétrie, les couloirs courbes, le scénario aux multiples interprétations. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer les deux œuvres et d'attribuer à Solaris les mêmes qualités qu'au chef d'œuvre de Kubrick. 

 

     Bref, je ne vais pas rentrer dans les détails car j'ai à peine pris le temps de chercher à analyser Solaris, mais je tenais à écrire un article à chaud pour crier une chose : ENFIN, j'ai apprécié un Tarkovski ! Et pour marquer le coup, il rejoint mon top 500.

 

 

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T
Pour The Brutalist, c’est pas un mauvais film mais c’est pas le chef d’œuvre qu’on nous a vendu non plus, il y’a du cinéma dedans, voire même trop, l’impression que Corbet se regarde beaucoup filmé et puis c’est un peu mal foutu, c’est un film en 2 parties où la 2e annihile un peu la 1ere, et c’est looong. <br /> Mais très souvent l’engouement des festivaliers est proportionnel à la déception du public, j’avais eu la même impression avec Anora ou The Substance.
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S
Oui, exactement l'impression que j'en avais, et pourquoi j'ai pas osé me taper les 3h40...
T
Un film de cette année où j’ai vraiment pas compris la zumba autour c’est Sinners…<br /> On m’avais promis le summum de l’horreur alors que c’est très pauvre de ce côté là et surtout, c’est très moche. Le point positif étant que ça a donner la part belle à une certaine communauté mais ça n’en fait pas un bon film pour autant. <br /> <br /> On espère le meilleur pour l’année prochaine.
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S
Aussi j'ai vu tout le flan autour de The Brutalist mais j'ai eu une giga flemme.
S
Celui-là je l'ai surtout vu en preview des vidéos de critiques Youtube mais je ne m'y suis même pas intéressé. Je serais même incapable de te dire ce que ça raconte ou qui joue dedans. Ton commentaire me confirme dans cette attitude !
T
Énormément de cinéma asiatique, taïwanais, chinois, coréen pour au final trouvé une plénitude dans le japonais. Ça contrebalance avec la pauvreté du cinéma US actuel. Pas mal vu de films français aussi, une belle année quoi.
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S
J'en ai vu une grosse douzaine seulement, je crois. Beaucoup aimé Presence, Une bataille après l'autre aussi était sympa. Le reste, j'ai un peu oublié...
T
Je suis comme toi, j’ai pas beaucoup été au ciné cette année et les seuls films que j’ai apprécié c’est Black Dog et Une bataille après l’autre…<br /> Je voulais aller voir Resurrection de Bi Gan mais il n’était pas distribué chez moi et la flemme de faire 2h de route aller-retour pour le voir, je verrais s’il y’a un rattrapage dans mon ciné l’année prochaine. <br /> <br /> Et toi ?
S
J'avoue que le cinéma US cette année, c'était pas fou... Je ne suis quasiment pas allé en salles cette année d'ailleurs. Espérons que ça s'améliore l'an prochain. <br /> <br /> T'as déjà dressé un top 2025 ?
T
Salut, comment ça va ? Ça fait un bail que je suis pas venu faire un tour et je vois que t’as vu un sacré paquet de trucs, et le plus réjouissant c’est que t’en a apprécié certains en particulier, Solaris donc, mais aussi À bout de course, Les fraises sauvages, Rendez-Vous, même L’Homme à la caméra, c’est cool.
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S
Hey ! Ça faisait un moment, je me demandais ce que tu devenais ;)<br /> Oui j'ai pas mal enchaîné cette année, pas sûr de pouvoir finir les 6 films qui me restent avant fin décembre, mais tant pis si y'a un petit retard ! <br /> Et pour toi, quelles belles découvertes en 2025 ?