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Quelques films en vrac #66 - La féline / Les rapaces / Stalker / Guerrière

Quelques films en vrac #66 - La féline / Les rapaces / Stalker / Guerrière

      Dans cet article, on explorera du cinéma américain, soviétique et allemand. Malheureusement, aucun coup de cœur pour cette fois, même si deux films ont bien failli me plaire à ce point. 

 

La féline (1942)

Quelques films en vrac #66 - La féline / Les rapaces / Stalker / Guerrière

      Irena, jeune immigrée serbe installée à New York, rencontre Oliver et l'épouse très rapidement. Elle est cependant hantée par une ancienne légende de son pays : les femmes de sa lignée se transformeraient en panthère lorsqu'elles succombent à la passion ou la jalousie... 

      Deuxième tentative chez Jacques Tourneur, j'avais été plus emballé par Rendez-vous avec la peur mais La féline est tout de même passionnant dans sa manière de traiter l'horreur. Avec son budget très réduit, il était impossible pour le réalisateur de montrer une réelle métamorphose en panthère à l'écran. La féline est donc un film d'angoisse très suggestif, où le hors champ et le travail des ombres sont omniprésents. On a également droit au fameux jumpscare du Lewton bus, qui sera ensuite repris dans de nombreux films d'épouvante.

     De même, l'idée de présenter un monstre intérieur est plutôt inédite pour l'époque : l'angoisse se manifeste de manière psychologique, pour symboliser la peur de la sexualité ou du désir refoulé. Là encore, c'est plutôt audacieux pour 1942. Finalement, la seule chose qui empêche La féline d'accéder à mon top 500 est la lenteur du rythme et le manque d'action explicite, malgré ces 1h11 qui passent vite.

 

Les rapaces (1924)

Quelques films en vrac #66 - La féline / Les rapaces / Stalker / Guerrière

      McTeague, un dentiste de San Francisco, épouse Trina. Juste après, la jeune femme gagne 5000 dollars à la loterie. Leurs vies sont alors détruites par cet argent : Trina sombre dans une avarice obsessionnelle et maladive, et l'ancien ami de McTeague ne cesse de le harceler pour récupérer une partie de l'argent.

     Ce film, qui vient de fêter ses 100 ans, était d'une ambition hors normes pour 1924 : Erich von Stroheim avait tourné, à l'origine, un long-métrage de 9h en exigeant de filmer dans des décors réels (San Francisco, La Vallée de la Mort...). La MGM ayant refusé de distribuer un film de cette durée – pas même en deux parties de 4 heures, trop longues –, le réalisateur a dû tronquer son film, le réduisant seulement à 2h20. La version originale a évidemment disparu depuis longtemps mais, en 1999, un producteur passionné, Rick Schmidlin, a rassemblé toutes les archives possibles sur le film. A l'aide des notes du cinéaste ainsi que des photos de tournage, il a pu proposer une version de près de 4 heures entrecoupées d'images et de textes qui expliquent ce qu'il était censé se passer dans le scénario. 

      Les deux versions sont sur Youtube. J'ai entamé la version de 4 heures, mais le rythme ne me convenait pas, j'ai donc switché sur la version de 2h20 et je dois dire que Les rapaces est un sacré film, bourré d'humour. Le titre original – Greed (Avarice) – porte bien son nom, car le film traite ce thème sous toutes les coutures, montrant comment l'argent peut détruire des relations ou des vies, jusqu'à la toute dernière séquence dans le désert qui dénonce l'absurdité de la situation. Je vous conseille le film, c'est une petite pépite qui méritera peut-être de figurer dans mon top 500 un de ces quatre.

 

Stalker (1979)

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      C'est mon troisième film de Tarkovski cette année. C'est également le dernier, car je n'en ai pas prévu d'autre dans mon objectif 2025, et j'ai envie de crier "Hourra !". Stalker, considéré comme le chef d'œuvre ultime de l'auteur, ne m'a pas autant convaincu que la masse cinéphile, qui semble pourtant unanime sur le sujet. Je me sens stupide, m'enfin j'ai l'habitude. Par contre, je dois l'admettre, le scénario est plus "palpitant" (ce n'est pas le terme) que pour Le miroir et Nostalghia.

     Côté lumière, utilisation de la caméra, décors, c'est également d'une précision millimétrée qui force le respect. Mais je me fais chier devant ce truc, voilà, je ne sais pas comment le dire autrement. Je me fais chier comme rarement. Alors oui, les personnages et les décors sont mystérieux, la conclusion est intelligente. D'accord. Mais bon sang, que j'ai envie d'accélérer ces zooms et dézooms interminables ! Ce cinéma n'est pas pour moi. Je le regrette, tant pis.

 

Guerrière (2011)

Quelques films en vrac #66 - La féline / Les rapaces / Stalker / Guerrière

      Marisa a 20 ans et fait partie d'un gang de néo-nazis en Allemagne. Remplie de haine et de violence, elle va faire une rencontre qui va changer sa vision des choses...

     Premier long-métrage de David Wnendt, qui fera par la suite le très drôle Il est de retour (vous attendez quoi pour le voir, hein ?), Guerrière aurait pu être excellent s'il n'était pas aussi caricatural et s'il traitait son personnage en profondeur. Il n'est pas habituel d'avoir un personnage féminin au centre d'un récit sur les néo-nazis au cinéma, c'est indiscutablement une grande force du film, d'autant qu'Alina Levshin est exceptionnelle dans ce rôle.

      Malheureusement, je vais devoir faire une comparaison foireuse (je n'ai pas le choix, les deux films s'ouvrent et se ferment sur des vagues qui frappent une plage) : Guerrière ne s'élève pas au niveau d'un American History X. Je pense notamment à l'évolution des personnages, qui avait infiniment plus de sens dans le film de Tony Kaye. Ici, Marisa est un cliché ambulant et, même si on comprend très vite les origines de son comportement, on peine à envisager un retournement aussi brutal dans sa vision des choses. Ça tombe comme un cheveu sur la soupe : elle croise un enfant afghan, se lie d'amitié avec lui (très improbable !). Et voilà. 

      C'est dommage, car ces facilités viennent ternir un film franchement passionnant à regarder – en particulier grâce à Alina Levshin –, et qui aurait pu s'avérer grandiose avec plus de subtilité et une psychologie plus poussée. Je vous le conseille tout de même : le cinéma allemand a besoin de plus de visibilité, mais sur le même thème, je vous redirige plutôt vers American History X, ou encore La Vague si vous voulez rester dans le cinéma allemand. Quant à la France, si vous voulez explorer le néo-nazisme par chez nous, je me permets de vous reproposer Carnets 88, un documentaire perturbant et efficace, qu'absolument personne ne connait (pour la bonne raison que quasiment personne n'y a accès). Si vous voulez vous le procurer, cependant, n'hésitez pas à lire la fin de mon article sur le sujet.

 

 

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R
J’avais vu la féline l’année dernière pour Halloween, et c’est vraiment un sacré film, et un film qu’il faut avoir vu pour sa manière d’utiliser le son, les ombres, le hors-champ. Même si effectivement, c’est un pur film de série à petit budget, et tout reste comme en suspens à l’issue du film, comme s’il s’agissait d’un simple fait divers qui n’ouvrait à rien d’autre.
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S
Oui, c'est un poil (haha) frustrant cette fin...