Quelques heures avant 2026, je termine enfin ce défi que je m'étais posé en début d'année, et je dois dire que mon choix pour conclure cette aventure fut parfait : L'été de Kikujiro est une merveille qui s'impose désormais comme mon film préféré de Kitano. Je suis heureux de lui dédier ma toute dernière critique de 2025.
C'est simple, L'été de Kikujiro fut pour moi un long sourire de deux heures. Tout y est parfait, à commencer par une mise en scène extrêmement soignée. Chaque plan est sublime, Kitano a le sens du cadre et prend son temps pour instiller des moments de poésie ou de silence, créant cette atmosphère mélancolique que j'adore chez le cinéaste.
L'été de Kikujiro n'est ni un drame assumé, ni une comédie pure, ni même un conte poétique, c'est un merveilleux mélange de tous ces genres, chacun parfaitement dosé. Les moments de rire, de tristesse ou d'émotion tombent toujours au bon moment avec une belle douceur, sans excès. Le drame est dissimulé sous beaucoup de légèreté, tandis que la comédie se cache sous des vagues de poésie. C'est beau, c'est Kitano.
Au niveau des personnages, Kitano propose un duo homme/enfant assez classique sur le papier, mais pourtant tout à fait original. L'acteur-réalisateur excelle en adulte rustre mais enfantin, voyou mais touchant, agressif mais brisé. Face à lui, Yusuke Sekiguchi est plus terne dans le rôle de Masao et c'est peut-être le petit défaut du film : le comportement de cet enfant est à mon goût trop passif, trop docile.
Néanmoins, les deux personnages nous embarquent dans un road-movie émotionnel délicieux. J'ai particulièrement aimé cette façon avec laquelle Takeshi Kitano retourne le schéma habituel de ce genre d'histoires. Ici, le road-trip ne mène à aucune révélation spectaculaire : au bout d'une heure, la mère du gosse disparait totalement pour laisser place aux autres rencontres et à l'errance des personnages.
Kikujiro et Masao développent alors une relation père-fils, et chacun trouve dans l'autre des raisons de sourire. Kikujiro s'adoucit, on comprend qu'il a également subi l'absence de sa propre mère, tandis que le jeune garçon trouve un semblant de famille avec ce "tonton" improvisé.
L'ensemble fonctionne à merveille grâce à l'exceptionnel Joe Hisaishi, qui est probablement le plus grand responsable de mon enthousiasme : le compositeur japonais m'a parfois donné l'impression de suivre un Ghibli. Dès les premières secondes, à l'apparition de la musique Summer, je n'ai pu m'empêcher de sourire comme un idiot. Je connaissais parfaitement cette musique (mais d'où ? aucune idée !), et j'ignorais totalement qu'il s'agissait de la BO de L'été de Kikujiro. Ce fut donc un bonheur de l'entendre à plusieurs reprises durant ce visionnage.
Pour conclure, L'été de Kikujiro est un film poétique, drôle, poignant, où Kitano montre tout son art de la mélancolie douce-amère. Un vrai bijou à ne pas manquer.