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Quelques films en vrac #77

Quelques films en vrac #77

     Deux déceptions, deux jolis films, voilà le programme de ces quelques films en vrac. Pas de coup de cœur pour cette fois, mais ce n'est pas passé loin !

 

Evanouis (Zach Cregger - 2025)

Quelques films en vrac #77

    Grosse arnaque. Moi qui voulais débuter l'année avec un film mystérieux et mené d'une main de maître, je me suis fié à Weapons pour ses retours positifs, pour son affiche magnifique, pour son synopsis intrigant. Résultat : Evanouis n'a aucun sens, un véritable foutage de gueule scénaristique, une escroquerie.

    J'ai vécu l'un de mes plus gros ascenseurs émotionnels devant ce film, car les 45 premières minutes sont prometteuses : mystère, bande son qui nous plonge dans une belle atmosphère, situation pesante et fascinante. J'ai adoré les deux premiers chapitres, centrés sur Justine et Archer, même si certains effets horrifiques sont un peu cheaps, j'y croyais dur comme fer. J'ai même murmuré que je regrettais de ne pas l'avoir découvert sur grand écran. La déconvenue fut donc d'autant plus difficile à avaler.

     En effet, Zach Cregger nous embarque ensuite dans un gros n'importe quoi : cette belle intrigue est gâchée en quelques minutes, dès lors qu'on nous révèle l'origine de ces disparitions d'enfants. J'ai rarement été aussi déçu, aussi révolté par la tournure que prenait un film. Je pense que c'est l'une des révélations les plus débiles que j'ai vues depuis plusieurs années, m'obligeant à soupirer durant le reste de mon visionnage. 

       Bourré de clichés, étonnant de bêtise. Les critiques dithyrambiques sont incompréhensibles.

 

Ma part du gâteau (Cédric Klapisch - 2011)

Quelques films en vrac #77

     Un film cliché et improbable, où Karin Viard et Gilles Lellouche se défendent mais n'offrent rien de bien mémorable. À part eux (et Marine Vacth, même si son rôle est minime), le casting est assez catastrophique notamment chez les jeunes. Quelques moments de comédie sont très efficaces, et on ne peut pas nier que cet aspect du film fonctionne plutôt bien. Mais pour ce qui est de raconter des choses, Ma part du gâteau est peut-être un peu présomptueux. Ici, Klapisch nous étale tous les stéréotypes sur les vilains traders qui ne pensent pas aux vies qu'ils détruisent, face aux ouvriers désemparés et aux syndicalistes qui ne pensent qu'à leur révolte. Il n'y a pas vraiment de propos fort ni de conclusion spectaculaire. N'est pas Ken Loach qui veut. J'adore Cédric Klapisch, son cinéma est extrêmement touchant, mais pour le moment, c'est le pire que j'ai vu de sa part.

 

My Beautiful Boy (Felix Van Groeningen - 2018)

Quelques films en vrac #77

      J'attendais énormément de Felix Van Groeningen, qui m'avait bouleversé en 2012 avec son sublime Alabama Monroe. Ici, Steve Carell et Timothée Chalamet se donnent la réplique dans un drame père-fils poignant, mais le scénario manque un peu à l'appel, malheureusement. Pourtant, les deux acteurs sont époustouflants l'un comme l'autre. Chalamet impressionne du haut de ses 22 ans, il est même parfois déchirant dans le rôle d'un ado dont la vie est brisée par la drogue. Carell, lui aussi, est touchant, davantage dans la retenue mais fidèle aux talents qu'on lui connaît. Tout fonctionne à merveille entre eux, produisant parfois des étincelles qui m'ont donné envie d'élever le film parmi mes grands coups de cœur. 

     Malheureusement, My Beautiful Boy est très classique sur le fond et on a l'impression d'avoir vu ça de nombreuses fois. Le coup du jeune qui rechute, encore et encore, est assez rébarbatif et la situation n'évolue pas beaucoup durant deux heures car le même schéma se répète. Vous me direz, le propos est peut-être bien là, mais à la fin, le spectateur aussi est bien las. Sur 1h30, le film aurait été une merveille. Mais deux heures, c'est un poil long pour ce que ça raconte.

 

Main dans la main (Valérie Donzelli - 2012)

Quelques films en vrac #77

     Valérie Donzelli me surprend à nouveau. Deux ans après La guerre est déclarée – drame sublime qui me hante encore parfois à cause de certaines scènes déchirantes et de sa séquence finale d'une beauté à couper le souffle –, la cinéaste a réalisé Main dans la main, où elle a retrouvé Jérémie Elkaïm. Le duo est efficace, comme toujours, même si le film se perd un peu dans ce qu'il veut raconter.

     Le point de départ est volontairement absurde : une danseuse classique et un homme ordinaire se retrouvent physiquement incapables de se séparer, comme aimantés l'un à l'autre. Le concept, malheureusement, atteint vite ses limites, ce qui rend l'ensemble inégal. Parallèlement à plusieurs scènes que je retiendrai longtemps pour leur beauté visuelle, d'autres instants sont plus oubliables, ce qui donne malheureusement un film assez bancal. Pour ces raisons, je ne peux pas placer Main dans la main parmi mes coups de cœur. Par contre, Valérie Donzelli m'intéresse de plus en plus pour son travail de réalisatrice.

     En effet, ses idées poétiques et expérimentales font de son cinéma quelque chose d'unique et de fascinant. Sa mise en scène inventive et délicate donne lieu à de véritables moments suspendus qui m'ont filé de sacrés frissons. L'utilisation de la musique, notamment, est exceptionnelle, comme en témoigne cette séquence en début de film sur fond de "Electricity" d'Orchestral Manoeuvres in the Dark. Le film est à peine commencé que ça fourmille de vie et d'idées. On ne sait pas où veut nous emmener Donzelli, mais on a envie d'y aller. C'est magnifique, réellement. J'ai également repéré l'une des scènes du film, qui risque d'apparaître dans mes tops de fin d'année : celle du baiser entre les protagonistes. C'est du beau cinéma, inventif et nostalgique. Je suis admiratif.

   

 

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R
Ah, personnellement, j'ai bien aimé Weapons, sans en faire un de mes films de l'année, contrairement à certains. Cette tonalité alternant entre horreur fantastique, climat social pesant autour de la prof, voir satyre ironique (même si cet aspect "sociétal" est un peu surfait à mon goût) m'a bien plu. Comme tout le monde, j'ai trouvé la dernière partie trop explicite, elle tue totalement le mystère, mais l'ensemble est plutôt séduisant.<br /> Bien plus en phase avec toi sur ce Klapisch bien pensant (un peu un pléonasme à mon goût, mais ça se prête bien à certaines intrigues) que j'avais vu à sa sortie au cinéma.
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S
Oui, ça se comprend, je pense juste que je n'ai pas accepté la proposition autour de cette sorcière. J'ai trouvé ça facile et grotesque. Peut-être aussi que j'ai du mal avec les sorcières en général (même problème sur The VVitch).