Breakfast Club, dans mon imaginaire, était un film d'ados pour ados, un peu potache. Je ne sais pas d'où je tenais cette impression, car cette comédie dramatique sous forme de huis clos est au contraire émouvante et fine. Proche de la perfection.
Un casting restreint exceptionnel, des personnages passionnants, une atmosphère confinée qui ne m'a pas lâché une seconde, des dialogues pertinents à chaque instant : voilà ce qu'est Breakfast Club, et je me suis pris une sacrée claque, d'autant plus forte qu'elle était inattendue.
Le synopsis est simple : cinq élèves sont convoqués un samedi matin dans leur lycée pour une retenue. Ils ne se connaissent pas et ne s'apprécient guère, mais au fil de la journée, ils vont apprendre qu'ils ont plus de choses en commun que ce qu'ils croyaient... C'est pour ce concept à huis clos que j'ai décidé de finalement découvrir Breakfast Club, et il est évident que John Hugues relève ce défi haut la main durant 1h35. Ici, pas besoin d'action ni d'événements spectaculaires pour maintenir le spectateur captivé, car les personnages et leurs fêlures passionnantes s'en chargent très bien tous seuls. Tous les cinq sont étudiés au fur et mesure du récit : leurs personnalités s'entrechoquent dans cet endroit clos, les menant doucement à révéler aux autres leurs points faibles, à casser leur carapace d'apparence solide.
Breakfast Club explique que les apparences sont parfois trompeuses et que derrière des comportements étranges se cache souvent une souffrance issue du cocon familial. Chaque personnage est passionnant, d'autant que l'écriture est quasi parfaite : au fil des discussions et des disputes, on apprend nous aussi à les connaître, et certains spectateurs pourront même s'étonner de se trouver des points communs avec eux.
L'ambiance des années 80 est omniprésente, grâce aux tenues vestimentaires mais surtout à la musique, absolument géniale de la première scène à la dernière. Je saisis parfaitement pourquoi ce film résonne de manière nostalgique chez de nombreuses personnes. Cette nostalgie, je l'ai presque ressentie moi-même, comme si Breakfast Club était déjà là, quelque part au fond de moi depuis toutes ces années. La magie opère instantanément ; le film est charmant, tantôt irrésistible, tantôt sombre et profond. Certaines scènes m'ont apporté des émotions que je ne pensais pas vivre devant un tel film, je me suis senti impliqué, fasciné, touché par certains dialogues qui frappent juste en permanence.
L'ensemble est tenu par un casting de premier choix, avec une bande d'acteurs tous aussi brillants que mémorables dans ces rôles. J'ai toujours adoré Anthony Michael Hall (ado, j'étais un énorme fan de la série Dead Zone) et ce fut un immense plaisir de le découvrir dans ce rôle de jeune nerd qui cache des failles inattendues. Judd Nelson, de son côté, est complètement fou et irrésistible, il apporte un rythme nécessaire pendant la première partie, pour laisser davantage de place aux autres jusqu'à la dernière demi-heure où il s'efface. Emilio Estevez, de son côté, m'aura marqué pour une scène en particulier, lors de laquelle Andy cherche à briser la carapace d'Allison. Ce moment est gravé dans ma mémoire émotionnelle. Coté féminin, Ally Sheedy est une actrice que je connaissais déjà et qui m'a impressionné ici dans un rôle assez cryptique. De même, Molly Ringwald est convaincante à chaque instant. C'est peut-être son personnage qui m'a le moins parlé, mais la dynamique qu'elle apporte dans l'une des scènes finales me restera longtemps en tête.
Breakfast Club est donc une œuvre culte qu'il n'est jamais trop tard de découvrir : même à bientôt 40 ans, le film m'a subjugué et surpris par sa profondeur, à laquelle je ne m'attendais absolument pas. Une belle pépite des années 80, que j'ai déjà envie de revoir.