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À plein temps - d'Eric Gravel - Critique

À plein temps - d'Eric Gravel - Critique

     Julie élève seule ses deux enfants avec un travail particulièrement stressant, et ses galères s'accumulent. Pour ne rien faciliter, une grève des transports rend la situation de plus en plus impossible à gérer. À plein temps est un film français de 1h30 que m'a proposé Tchers. Merci pour cette découverte !

 

À plein temps - d'Eric Gravel - Critique

     À plein temps ne perd pas de temps et nous propulse directement dans la situation invivable de Julie, qui peine à joindre les deux bouts mais donne son maximum pour gérer les différentes tâches qui lui incombent. Chaque élément de sa vie est précaire. La nounou qui garde ses enfants se plaint des horaires et la presse de trouver une solution rapide. Son ex ne répond pas à ses appels et oublie de lui payer la pension alimentaire. Sa supérieure lui reproche ses retards et accentue la pression. Sa banque multiplie les appels. À tout ça s'ajoutent les grèves, l'absence de trains, et la crainte de voir sa carte bancaire refusée au supermarché. Elle n'a même pas une seule seconde pour se révolter.

    Au milieu de cette vie épuisante, Julie a peu de temps à consacrer à l'essentiel : ses enfants, notamment son fils dont la fête d'anniversaire approche, et qu'elle a peur de ne pas pouvoir assurer.

 

À plein temps - d'Eric Gravel - Critique

    Le film est une véritable course contre la montre, dans laquelle on est embarqués immédiatement. Durant les dix premières minutes, Julie court contre le temps, la musique nous oppresse et Eric Gravel filme presque ça comme un thriller à suspense. Au bout d'un moment, je me suis demandé quand cette haletante introduction allait prendre fin, pour laisser un peu de répit au personnage et même au spectateur. Et c'est là que j'ai compris qu'il n'y aurait aucun repos pour personne durant 1h30. Le réalisateur conserve le rythme sur toute la longueur et, même lorsqu'on a l'impression qu'on va pouvoir souffler, un événement imprévu vient renverser la situation pour la compliquer davantage.

 

À plein temps - d'Eric Gravel - Critique

    Tout est montré du point de vue d'une mère qui se noie lentement sous une charge mentale écrasante. Dans ce rôle, Laure Calamy est exceptionnelle, comme toujours. Elle incarne à la perfection l'angoisse de cette femme qui lutte pour survivre, même si chaque jour la rapproche dangereusement du point de non-retour. 

    Côté mise en scène, le film nous plonge dans ce chaos infernal sans nous lâcher une seconde. J'ai cru voir de nombreux clins d'œil au film À la recherche du bonheur de Gabriele Muccino : un personnage qui glisse jour après jour vers la précarité la plus totale, qui court dans les rues à la poursuite d'un espoir, qui tente par tous les moyens de décrocher le job qui pourrait éviter un drame. La scène de l'affiche, lors de laquelle Laure Calamy court à travers la ville, m'a rappelé la course désespérée de Will Smith, sa machine à la main.

    Bref, merci à Tchers pour m'avoir poussé à voir À plein temps : il s'agit d'un film efficace dans son dispositif, qui montre à quel point la vie peut nous submerger jusqu'à (parfois) nous empêcher de revoir la surface. 

 

 

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