Lydia est sage-femme. Le jour où sa meilleure amie Salomé donne naissance à une petite fille, sa vie bascule : Lydia s'enferme dans des mensonges de plus en plus dévastateurs. Le ravissement est un film français très prenant qui m'a été conseillé par Monaboline, que je remercie pour la découverte.
Essayons de ne pas trop en révéler, car ce premier film d'Iris Kaltenbäck, sorti en 2023, réserve plusieurs surprises. L'idée de nous centrer sur un personnage moralement ambigu est intéressant : le film repose entièrement sur les choix discutables de Lydia (interprétée par Hafsia Herzi). Bien qu'elle ne soit pas la narratrice de l'histoire, tout est montré de son point de vue et le spectateur est invité à entrer en empathie avec elle malgré ses dérives. Plus le film avance et plus cette intrigue se transforme en drame psychologique étouffant, jusqu'à ce que le contrôle soit perdu par le personnage principal. Lorsque j'ai compris pourquoi Le ravissement s'appelait comme ça, j'ai ressenti une vraie montée de tension. Au fur et à mesure que Lydia s'enferme dans ses propres mensonges, le spectateur est happé par cette situation qui ne peut que se terminer mal.
Niveau mise en scène, la réalisatrice a choisi quelque chose d'assez académique, ce qui est à la fois une force et une faiblesse. D'un côté, la caméra est discrète et permet de nous concentrer sur les personnages, au plus près de leurs émotions. D'un autre, le rythme finit par être un poil monotone (surtout qu'Hafsia Herzi joue toujours sur le même registre : un jeu intériorisé, dans la retenue), et c'est peut-être la seule chose que je reprocherais au film. Malgré tout, les musiques aident à installer de belles ambiances, offrant parfois des scènes fortes en émotion.
Le casting, quant à lui, est très solide, à commencer par Hafsia Herzi bien sûr, mais ce n'est malheureusement pas elle qui m'a le plus impressionné : ce rôle laisse peu de place à son personnage pour s'exprimer. On a même quelques difficultés à la comprendre, car il y a peu de contexte. J'ai particulièrement apprécié la performance de Nina Meurisse dans la peau de Salomé, elle délivre quelques scènes puissantes, notamment lors du climax qui m'a coupé le souffle.
J'ai donc beaucoup aimé Le ravissement, qui m'a tenu en haleine jusqu'à la toute fin, même si le scénario est assez prévisible avec du recul (ce n'est pas aidé par la voix off qui laisse entendre un drame provoqué par Lydia dès le départ). C'est une très belle découverte et je ne serais peut-être pas allé vers ce film de moi-même. Merci à nouveau à Monaboline de m'avoir poussé à le voir, car certaines scènes me resteront longtemps en tête.