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À bicyclette - de Mathias Mlekuz - Critique

À bicyclette - de Mathias Mlekuz - Critique

     À bicyclette m'a été recommandé par Marian, qui m'avait vendu le film comme très sincère et touchant, et il a clairement visé juste. On y suit le road trip à vélo de Mathias Mlekuz, reliant La Rochelle à Istanbul, que l'acteur-réalisateur a effectué pour suivre les traces de son fils, décédé en 2022. À mi-chemin entre le documentaire et l'autobiographie, À bicyclette est un hommage émouvant à ce fils disparu.

 

À bicyclette - de Mathias Mlekuz - Critique

     Accompagné de Philippe Rebbot et d'un toutou pas encombrant, Mathias Mlekuz parcourt l'Europe en suivant l'itinéraire de son fils Youri, espérant y trouver l'âme de son enfant au gré des rencontres, des paysages, des discussions avec son ami. Le réalisateur m'était à la fois inconnu et familier ; je m'en souviens principalement pour son rôle dans Deux jours à tuer, secondaire mais pourtant mémorable. Dans le film de Dupontel déjà, il m'avait marqué par sa voix et ses allures de "gros nounours". Ici, à nouveau, Mlekuz est touchant et on entre immédiatement en empathie avec lui. Sa démarche transpire la sincérité et j'ai été saisi d'émotion et de compassion pour ce grand bonhomme, dont les expressions jonglent entre une certaine joie de vivre et une profonde tristesse.

 

À bicyclette - de Mathias Mlekuz - Critique

     En dehors des rencontres et des lieux visités, le cœur du film réside à mon goût dans les conversations intimes entre Mathias et Philippe. Leurs réflexions autour de la mort, du sens de la vie, de l'amitié, ou encore de l'absence de figure parentale pour affronter cette impossible épreuve, tout ça est totalement passionnant et j'aurais pu écouter ces deux hommes discuter durant des heures. Pourtant, Mathias Mlekuz a la discrétion de ne pas éterniser son récit (malgré plusieurs semaines de périple sur les routes et 180 heures de rushes) : en 1h25 seulement, cette tragique histoire nous prend aux tripes. Mlekuz n'a conservé que l'essentiel : les regards, sourires et larmes de ce père endeuillé rendent le film extrêmement vivant. 

 

À bicyclette - de Mathias Mlekuz - Critique

     Philippe Rebbot est également touchant à sa manière, servant à la fois d'épaule et de réceptacle aux pensées et tourments de son ami. On le sent, lui aussi, profondément atteint et bouleversé par ce voyage introspectif. 

     Toute cette authenticité est d'autant plus plus forte que le film n'est pas un documentaire au sens strict du terme, car certaines scènes ont été scénarisées, bien qu'une grande partie de l'aventure ait été improvisée. Cela permet à la caméra de poser des plans magnifiques, que ce soit au détour d'un coucher de soleil ou d'une traversée de forêt. Entre rires, discussions philosophiques sincères, disputes inévitables, on galère avec eux, on rit avec eux, on pleure avec eux, et la mise en scène apporte beaucoup à l'ensemble.

 

À bicyclette - de Mathias Mlekuz - Critique

     Je remercie Marian pour cette découverte, car À bicyclette est un film terriblement émouvant. Mention également pour la musique de Pascal Lengagne, absolument magnifique, qui oscille constamment entre des compositions dramatiques au piano et des passages plus légers pour suivre ces deux clowns tristes. C'est un film que je recommande à mon tour pour son émotion palpable.

 

 

 

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R
J'ai bien aimé ce film également ! Le mélange entre fiction et réalité crée des choses intéressantes, et même si fondamentalement il ne se passe pas grand chose, c'est une belle aventure humaine !
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S
Il ne se passe pas grand-chose sur le plan de l'action mais on sent qu'il se passe beaucoup dans leurs têtes.
M
Très heureux que ce film fut un coup de cœur pour toi aussi ! A vrai dire, je me demande même si il est possible objectivement de ne pas aimé ce film, ou du moins de ne pas en être touché un minimum, au vu de sa sincérité et de sa justesse autant dans le fond que dans la forme ?
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S
Tout à fait, c'est fait avec subtilité et sans gros sabots en plus.
E
Je dirais a minima dans toute les scènes avec la jeune femme autrichienne qui les héberge. Pour le reste oui, c'est dur à dire !
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S
Oui, j'ai cru lire ça aussi pour Marzi. Comme tu dis, c'est un bel équilibre : ni trop scénarisé (ce qui serait assez étrange comme démarche), ni trop brut.
E
J'ai aussi adoré ce film qui m'a énormément touché et qui, dans sa forme de vrai-faux documentaire dans lequel se nichent des moments de pure fiction, trouve une forme d'équilibre assez miraculeux.
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S
Tout à fait ! Je ne suis d'ailleurs pas très sûr d'avoir bien saisi où se situait la fiction...