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Quelques films en vrac #79 - De belles surprises

Quelques films en vrac #79 - De belles surprises

      Le moment est venu d'approfondir la filmographie de Patrick Dewaere mais aussi d'Alicia Vikander, actrice fascinante capable de jouer des personnages très variés. Dans cet article, je vous propose de découvrir trois longs-métrages et deux courts, qui valent le coup principalement pour le jeu des comédiens.

 

Coup de tête
(Jean-Jacques Annaud - 1979)

Quelques films en vrac #79 - De belles surprises

     Il m'avait bluffé dans Série Noire, j'ai donc retenté le Dewaere show avec Coup de tête, réalisé par Jean-Jacques Annaud. Le film est assez sombre et parfois dérangeant, notamment parce que le personnage principal, François Perrin (scénario de Francis Veber oblige), est loin d'être un homme bienveillant. Pourtant, voir l'acteur faire le fou ou le clown durant 1h30, c'est une réelle partie de plaisir. J'ai ri, moins pour les situations que propose le film que pour le jeu en roue libre de Dewaere. Le comédien prend toute la place (une place démesurée) dans chaque scène, il est complètement timbré et j'ai adoré ça.

     La musique de Pierre Bachelet est parfaite dès la première scène, on a le sentiment d'avoir affaire à l'une de ces comédies classiques de Veber des années 80, mais le film s'avère être une satire sociale inattendue. François Perrin, rejeté par tout son village, finit par être porté en héros lorsqu'il permet à l'équipe de football locale de gagner. Patrick Dewaere est fascinant en type instable et mesquin ; Coup de tête vaut principalement pour sa performance.

 

Quelques films en vrac #79 - De belles surprises
Quelques films en vrac #79 - De belles surprises

Pure
(Lisa Langseth - 2009)

Quelques films en vrac #79 - De belles surprises

     Ce premier film de la réalisatrice suédoise Lisa Langseth a également ouvert la carrière d'Alicia Vikander, ici exceptionnelle dans la peau d'une jeune adoratrice de musique classique. L'intérêt de Pure réside dans l'interprétation de l'actrice, véritable révélation internationale (elle a multiplié les récompenses pour ce rôle). À l'âge de 20 ans, Alicia Vikander est ici épatante, son jeu très sensible est superbement mis en valeur par la réalisatrice, notamment à l'aide de gros plans sur ses yeux. 

    Le scénario, quant à lui, pêche un peu, ce qui empêche le film suédois de s'élever. Pure démarre pourtant très bien : Katarina est une jeune femme émotive qui se sent à part. Entre sa mère alcoolique et son petit ami avec qui elle ne partage aucune passion, elle ne trouve son bonheur que dans un job qu'elle décroche par hasard : réceptionniste d'une salle de concert. Et c'est là que Pure devient rasoir, car il emprunte des chemins remplis de lourds stéréotypes. La romance n'a aucun intérêt, car son schéma est terriblement cliché : c'est le couplet de la jeune femme manipulée par un homme plus vieux, et dont la vie est détruite. C'est dommage, car Katarina n'avait pas besoin de tomber amoureuse pour être intéressante. J'aurais aimé en apprendre plus sur son rapport à la musique. Tant pis. Reste Alicia Vikander, époustouflante.

 

L'évaluation
(Fleur Fortuné - 2024)

Quelques films en vrac #79 - De belles surprises

     Premier film pour la française Fleur Fortuné, qui se paie un casting en or avec Alicia Vikander mais aussi Elizabeth Olsen. Et que c'est prometteur ! L'évaluation part d'un postulat passionnant : que se passerait-il si on devait imposer des tests aux couples afin de savoir s'ils sont capables de devenir parents ? C'est ce que vont découvrir Aaryan (Himesh Patel) et Mia (Elizabeth Olsen) lorsqu'une évaluatrice, Virginia, va débarquer dans leur maison pour leur faire passer une semaine de tests.

     En dehors de la vision un peu rébarbative de cette société du futur (architecture froide et cubique, nourriture gélifiée dégueulasse, émotions soumises à des restrictions), L'évaluation s'avère génial dans presque tout ce qu'il entreprend. Les décors en extérieur sont superbes et la réalisatrice nous offre parfois des plans de toute beauté, mis en valeur par la photographie du danois Magnus Nordenhof Jønck. J'ai eu de réelles surprises, des éclats de rire aussi, car on découvre en même temps que le couple en quoi consistent ces tests.

    Alicia Vikander est incroyable. Elle m'a fait rire, elle m'a fait peur, elle m'a fait vibrer. J'ai été bluffé par sa performance de la première à la dernière minute. Quelle actrice ! Elle est ici capable d'incarner une surveillante rigide comme une enfant surexcitée, changeant de registre une scène sur deux, et c'est sublime à voir. Réellement épatant. Je pense que je me souviendrai longtemps du moment où Virginia écrase du sucre avec sa cuillère, et que le spectateur comprend doucement ce qu'il va se passer.

    Et puis, quel immense plaisir de voir débarquer Minnie Driver au beau milieu du film ! J'ignorais ce qu'était devenue l'actrice de Will Hunting. Voir son visage m'a décroché un grand sourire. Bref, Alicia Vikander est folle, Minnie Driver excelle aussi dans un registre plus dur, et Elizabeth Olsen n'est pas en reste dans un rôle de femme jalouse et inquiète. Il manque juste à L'évaluation une conclusion plus intelligente.

 

Quelques films en vrac #79 - De belles surprises
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Jeu de chiennes
(Khajag Soudjian - 2011)

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     Ce court-métrage de 9 minutes n'est pas indispensable, mais il fait partie de cette "rétrospective Alicia Vikander" que je débute en ce mois de mai. Ici, trois femmes attendent de savoir si le petit ami de l'une d'entre elles va les rejoindre pour dîner. Cette situation est source de conflits entre la principale intéressée (Marie-Astrid Jamois) et une autre fille assez hautaine (Alicia Vikander). La troisième sert de traductrice entre les deux autres, car elles ne parlent pas la même langue. 

     Jeu de chiennes vaut surtout le coup pour se pencher sur la carrière de Vikander, puisqu'il s'agit encore des débuts de l'actrice. Pour voir le court-métrage, c'est difficile car il a disparu des plateformes et que la vidéo est passée en privé sur Youtube depuis quelques années maintenant. Néanmoins, on peut toujours y avoir accès via les archives internet.

 

Le batteur du Boléro
(Patrice Leconte - 1992)

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     Dans un plan-séquence (majoritairement fixe) de 8 minutes, Patrice Leconte nous montre ce que traverse un batteur lors d'une représentation du Boléro de Ravel. L'idée est brillante, mais c'est surtout la performance de Jacques Villeret qui rend ce court-métrage parfait. Entre grimaces, lassitude, regards-caméra improvisés par l'acteur, on vit le calvaire de ce batteur seconde après seconde. Encore une preuve, s'il en fallait une, que Jacques Villeret était un comédien de génie. 

    Ne traînez pas pour vous plonger dans cette situation aussi simple que drôle, car Arte ne diffusera le film que durant quelques mois (jusqu'en mars 2027).

 

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