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Backrooms - de Kane Parsons - Critique

Backrooms - de Kane Parsons - Critique

    Sorti découvrir L'odyssée dans mon cinéma, je me suis retrouvé face à une salle complète. Je me suis donc rabattu sur Backrooms, que j'hésitais à voir depuis sa sortie... Ce fut une légère déception.

 

Cet article révèle des points importants de l'intrigue.

 

Backrooms - de Kane Parsons - Critique

     S'il fallait résumer le film en quelques mots, je dirais simplement que Backrooms démarre avec 1h10 presque parfaites, pour finir par s'embourber dans 40 dernières minutes grotesques. Avec un tel concept, quel gâchis ! 

     Je n'ai pas vu tous les courts-métrages sur le sujet, mais il m'est arrivé de m'y intéresser, au détour d'une vidéo de Feldup. J'adore l'idée et l'horreur liminale fonctionne beaucoup sur moi. Ces grands labyrinthes vides et dépourvus de sens, peuplés de créatures énormes ou difformes qui apparaissent à la Slender Man, ça me tétanise. Le problème, c'est que Backrooms cherche à tout prix à y donner du sens plutôt que d'entretenir le mystère.

 

Backrooms - de Kane Parsons - Critique

     Les vidéos qui existent sur internet jouent souvent sur la tension et la longueur, sur le silence aussi. Ici, au contraire, la musique est parfois trop présente et empêche l'immersion. Le film respecte tout de même le concept des backrooms pendant une heure, puis il s'effondre à partir du moment où le personnage de Renate Reinsve passe la porte à son tour. C'est pile quand la peur commençait à monter crescendo que le film prend un virage incompréhensible et devient alors surexplicatif, grotesque et ennuyeux. 

 

Backrooms - de Kane Parsons - Critique

     La scène du dîner est catastrophique tant elle est molle et verbeuse. Le malaise créé par les personnages immobiles n'a pas du tout marché sur moi. J'étais simplement déçu que le film ne poursuive pas l'exploration de ce labyrinthe, d'autant que Chiwetel Ejiofor est ici particulièrement mauvais. Difficile de comprendre ce que le réalisateur a cherché à faire : la séquence dévoile la créature en pleine lumière, ce qui efface tout effet de menace pour la suite.

     Suite à cette scène où j'ai dû retenir des bâillements, Backrooms tente une course-poursuite entre le Pirate et le personnage de Renata Reinsve, mais là encore c'est sérieusement mou du genou. Et surtout, ça s'arrête beaucoup trop vite ! J'aurais souhaité que le film se concentre davantage sur ces scènes, qu'il les fasse durer une éternité, comme c'est le cas dans certaines vidéos qui traînent sur Youtube, et même réalisées par Parsons lui-même (The Oldest View est une pure merveille). C'est à l'usure que la peur devient de plus en plus insupportable. Ici, la scène dure à peine quelques minutes, puis le film s'achève sur une discussion interminable et complètement hors de propos. Ça m'a rappelé la fin de Cube 2 : Hypercube, qui gâchait tout le mystère qu'avait engendré Cube. Pétard mouillé. Tant pis.

 

Backrooms - de Kane Parsons - Critique

     Pour conclure, Backrooms est plutôt sympa à regarder et je ne dis pas que le film est mauvais, loin de là. Cependant, Kane Parsons malmène son concept en partant dans des directions inutiles et déroutantes. Ça aurait pu être un film d'horreur mystérieux et terrifiant, d'autant que les décors sont grandioses, mais ce n'est finalement qu'une tentative gentillette et maladroite de transposer ce concept sur grand écran. Extrêmement frustrant.

 

 

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M
Bon et bien déjà chouette que tu ai trouver les premières 1h10 presque parfait, c'est au moins ça de gagner ahaa ^^ Je l'ai revu une 2ème fois au cinéma, et j'ai toujours autant adorer le visionnage. Je crois que toute la partie sonore de ce film me transcende et me fascine. <br /> <br /> Et je ne sais pas pourquoi, mais toute la séquence final.. <br /> (GIGA SPOILER, la séquence en question) https://www.youtube.com/watch?v=PIb8kqAT_loBa <br /> <br /> Ba cette scène là, j'ai pleuré TOUTE les larmes de mon corps ! Pourtant c'est juste des meubles et des murs hein, mais je sais pas... Ca viens faire ressurgir une forme de tristesse très très profonde en moi.... et ce même au 2ème visionnage !<br /> Cette scène a un effet sur moi... vraiment c'est indescriptible.
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S
Tiens donc, c'est fou ça ! Merci d'avoir partagé ton émotion, est-ce que tu sais d'où ça vient ? <br /> <br /> À la limite je serais davantage touché par celle qui apparaît en milieu de film où différentes évolutions de la même pièce sont montrés comme dans une succession d'étages qui descendent. Mais celle dont tu parles, rien de mon côté ! <br /> <br /> Par contre t'as raison sur le travail sonore, c'est un bon point.
D
Oui, comme l'impression qu'on a coché un cahier des charges féministe introduit au forceps dans l'intrigue juste pour avoir quelque chose à raconter et plaire à certain(e)s. Que les backrooms soient une représentation du subconscient ou des souvenirs de personnes dérangées, pourquoi pas, mais on a l'impression que le perso d'Ejiofor était condamné d'entrée et devait l'être. On se sert d'un concept sympa pour encore faire passer un message comme un géant dans un couloir trop étroit... Ca m'étonnerait pas que Parsons n'en soit même pas à l'origine et qu'on lui ait imposé ce scénar.
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S
Oui c'est un film qui remplit parfaitement les charges de son époque. Le film aurait été totalement différent en 2010. Ceci dit, les courts-métrages remplissent déjà cette fonction, il ne voulait peut-être pas d'une redite...