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I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

      Même si on a très peu d'infos, Mike Cahill devrait réaliser prochainement la suite de cette pépite méconnue sorti en 2014. Ce projet, intitulé pour l'instant sobrement "I", est l'une de mes plus grosses attentes (note : le projet existe depuis 10 ans et a probablement été abandonné). Mais pour patienter, un deuxième visionnage s'imposait pour I Origins, que je n'avais pas revu depuis sa sortie.

    Et wouaw. Ce fut une sacrée expérience.

     

Je vous conseille de voir le film sans lire son synopsis.

 

I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

     Les projets de Mike Cahill sont rares mais ils me touchent à chaque fois. Avec le réalisateur Zal Batmanglij, il fait partie de ces auteurs qui savent insuffler de la spiritualité et du mystère dans leurs œuvres, à l'instar de Another Earth, The OA, Sound of My Voice, toutes assez confidentielles. Le lien entre ces deux cinéastes est Brit Marling, actrice époustouflante et fascinante, dont le talent n'a d'égal que sa rareté. Elle n'a, en effet, pas eu de rôle au cinéma depuis 2014, et c'est sacrément regrettable. 

 

I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

     I Origins étudie l'œil, et notamment les correspondances éventuelles qui pourraient exister entre deux êtres humains différents. Le film est hautement spirituel et fait appel à des théories qui, a priori, ne touchent pas le scientifique que je suis. Car le sujet de I Origins n'est autre que la réincarnation. Cependant, le thème est traité de manière si subtile et intelligente qu'il titille ma curiosité, ma fascination, mon envie de croire.

 

I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

     Le casting est magnifique. Michael Pitt, dans le rôle principal, a un jeu tout en sensibilité. Il est bien épaulé par Brit Marling et Àstrid Bergès-Frisbey, toutes deux brillantes dans des rôles bien différents. 

     L'essentiel du film se base sur les regards, avec souvent de gros plans sur les yeux et leur mystère. I origins pose une question : l'œil serait-il littéralement le reflet de l'âme ? Le personnage principal, par un concours de circonstances qui dépasse le simple fait du hasard, va découvrir la réponse de la plus belle manière qui soit. 

 

I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard
I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

     Tout est parfaitement dosé, à la frontière entre le mystique et le terre-à-terre, de façon à ce que chaque scène soit crédible tout en autorisant une part de mystère. La conclusion, accompagnée de l'émouvante musique de Radiohead "Motion Picture Soundtrack", laisse sans voix.

    De même, le film est parcouru d'idées de mise en scène fabuleuses. À titre d'exemple, on peut citer la séquence lors de laquelle Ian suit le nombre 11, pour voir où celui-ci va le mener. En descendant du bus, Mike Cahill nous offre un plan-séquence assez complexe : Ian aperçoit le reflet des yeux sur le bus, puis se retourne pour découvrir le panneau publicitaire affichant le regard qu'il recherchait. La caméra tourne autour du personnage et le mouvement se termine par un travelling compensé malin : c'est comme si ce regard pénétrait l'âme du personnage. Un plan prodigieux, que j'avais totalement oublié.

 

I Origins - de Mike Cahill - 12 ans plus tard

     Bref, I Origins est mystérieux, prodigieux, exaltant. Même lorsqu'on est plutôt cartésien comme moi, le film réveille l'envie de croire qui sommeille en nous. Mike Cahill, reviens vite, s'il-te-plaît.

 

 

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