Ce soir, j'ai crié de joie lorsque j'ai lancé mon DVD de Lost. Lorsque le menu s'est affiché, je me suis brutalement rappelé que, la dernière fois, j'avais vu les quatre premiers épisodes de la saison 4, et que donc...
THE CONSTANT.
Comment ai-je pu oublier ? J'attendais impatiemment mes retrouvailles avec l'épisode 4x05 de Lost depuis que j'ai entamé ce revisionnage il y a bientôt deux ans. Cet épisode, au-delà d'être indiscutablement le meilleur de Lost, est l'une des plus belles merveilles de l'histoire de la série TV.
The Constant est tellement parfait, de la première à la dernière seconde, que c'en est presque absurde. On assiste à un déferlement de révélations, de mystères, d'émotion, de suspense. C'est un enchaînement d'idées scénaristiques brillantes, comme Lost savait si bien les introduire : à chaque instant, on se cramponne à notre siège car on ignore où ça va. On ne comprend pas ce qu'il se passe. On cogite. Et puis, doucement, le puzzle se forme et les clés se dessinent, jusqu'à ce qu'on jubile devant la cohérence de l'intrigue. The Constant offre à la fois des questions passionnantes pour attiser la curiosité et des réponses profondément satisfaisantes qui, en plus de combler notre désir de comprendre cet univers, nous laissent dans une mare de larmes.
Comme la série le fait parfois, The Constant brise le fonctionnement classique d'un épisode de Lost. C'est à nouveau Desmond qui bouscule les habitudes du spectateur, et c'est probablement la raison pour laquelle il s'agit du personnage favori de la majorité des fans de la série. Un épisode centré sur Desmond est toujours l'assurance d'une expérience unique, car le personnage est spécial, attachant. Les épisodes qui le concernent, eux aussi, ont une construction unique. Il s'agit de l'un des personnages les plus travaillés niveau background : Desmond est lié malgré lui à l'île et à la plupart de ses mystères, mais aussi à Penny, avec qui il forme le couple le plus émouvant.
The Constant, pour couronner le tout, nous montre une rencontre entre deux de mes personnages préférés. Il s'agit de Desmond, bien sûr, mais également de Daniel Faraday, qui éveille à chaque apparition ma curiosité scientifique. Henry Ian Cusick et Jeremy Davies enchaînent des répliques tout à fait savoureuses, telles que "I'm calling my bloody constant !", "I know about Eloise", "Your perception of how long your friends have been gone, it's not necessarily how long they've actually been gone" ou encore "Because I need you to find me".
Faraday est génialement interprété par Jeremy Davies : ailleurs dans son monde, le physicien a tout du savant fou, mais sa douceur nous donne envie de le suivre jusqu'au bout du monde dans ses multiples théories. On le sent, Faraday a compris quelque chose. Et cette chose, on veut tous la connaître, nous aussi. Car, si après 3 saisons, certains spectateurs ont abandonné l'idée d'élucider les mystères de l'île, Faraday nous redonne cet espoir. Et si, finalement, tout avait un sens ?
Les sauts entre le temps présent et la dimension parallèle, dans laquelle Desmond voyage, sont tous extrêmement fluides. D'habitude, on a le droit au fameux bruit du réacteur d'avion pour nous faire passer de l'île aux flashs. Ici, nous ne sommes pas prévenus, car ces voyages sont physiques pour Desmond : il saute d'une dimension à l'autre sans contrôler le phénomène. Le montage de l'épisode est si brillant que je n'ai fait que me délecter du spectacle pendant 45 minutes. D'ailleurs, pour faire le parallèle avec la distorsion temporelle que vivent les personnages, The Constant m'a paru ne durer que 10 minutes, tant l'action est incessante. C'est une véritable enquête qu'on mène avec Desmond, sur un parcours jalonné d'indices glissés par Faraday, que tout le monde prend enfin au sérieux.
The Constant, c'est aussi un tournant dans Lost : désormais, c'est confirmé : le voyage dans le temps sera au cœur de la série. C'est une thématique souvent casse-gueule au cinéma, mais l'épisode nous rassure. Les showrunners maîtrisent leur joujou et ce 4x05 est une masterclass à tous les niveaux. Au beau milieu de tout ce bordel savamment organisé, Cuse et Lindelof glissent subtilement des petits mystères qui donneront lieu notamment à un futur cliffhanger. "On dirait que vous avez un ami sur ce bateau !", suggère Minkowski lorsque Desmond et Sayid découvrent que la porte est ouverte. Bien malin qui saura deviner l'identité de cet "ami"...
Et puis, bien sûr, The Constant possède l'un des dénouements les plus poignants de la série, grâce à Henry Ian Cusick qui multiple ses talents durant tout l'épisode. Desmond passe par toutes les émotions. D'abord hystérique pendant la première moitié de l'épisode, car il expérimente des choses qu'il ne maîtrise pas, il se concentre du mieux qu'il le peut lorsque les pièces se mettent en place... mais son énergie déborde. The Constant, en effet, marche comme une course contre la montre : si Faraday ne trouve pas la solution, si Desmond ne trouve pas sa constante, alors l'écossais va mourir.
La manière avec laquelle l'acteur déclame la réplique "I won't call... for eight years. December 24, 2004. Christmas Eve. I promise." est merveilleuse et intense. Lost joue avec le temps pour rendre la relation entre Desmond et Penny encore plus profonde et magique qu'elle ne l'était déjà. Et tout explose en émotion lorsque Desmond passe son coup de fil, dans une scène que j'ai sans doute vue des centaines de fois tant elle est impeccablement écrite. Ce dialogue téléphonique, c'est ma constante à moi : je dois y revenir régulièrement et il me poursuivra toute ma vie. Michael Giacchino, comme toujours, relève le tout avec une musique des plus vibrantes. Je défie quiconque de ne pas verser une larme. C'est beau, c'est Lost.
J'avais prévu de regarder quatre épisodes de Lost ce soir, mais je ne le ferai pas. Tout comme Desmond, The Constant est spécial. Il méritait donc un article spécial.
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