Ce film d'animation fantastique français est un petit bijou d'émotion avec un scénario en béton. Le Mystère Lucy Lost est aussi joli pour les enfants que passionnant pour les adultes et je vous encourage à aller le voir dès sa sortie dans une dizaine de jours.
Lucy est une petite fille que tout le monde trouve étrange. Cheveux blancs, drôles de pouvoirs, elle est vue d'un mauvais œil par les habitants de l'île isolée où elle vit avec ses parents. Ces derniers l'empêchent un maximum de sortir, mais Lucy décide un beau jour de se rendre à l'école, sous le conseil de sa nouvelle amie imaginaire Milly.
Je ne vais pas spoiler, car il serait dommage de gâcher la surprise, mais je peux vous assurer que cette avant-première en salles fut un moment de magie et d'émotion pour mes filles et moi. Avec un scénario particulièrement habile sur fond de Première guerre mondiale, Le Mystère Lucy Lost traite de thèmes parfois difficiles (le rejet de la différence, la mort d'un fils sur le champ de bataille, le conflit aérien...). Cependant, il est principalement caractérisé par une superbe poésie.
On s'attache très vite au personnage principal et à son entourage, qui évoluent en plus dans des décors magnifiques : vent dans les plaines, vues panoramiques sur la mer, etc. Mais c'est le voyage psychologique qui reste le plus passionnant dans cette histoire. On entre littéralement dans l'esprit de Lucy et, au fur et à mesure qu'on cherche à comprendre le lien qui l'unit à toutes ses visions, les choses s'éclairent et nous emmènent vers le drame. De nombreuses fois, j'ai retenu mes larmes. Le soldat fantôme qui fait un tour de magie avec douceur, le naufrage d'un célèbre paquebot, ou encore une triste imitation de mouette derrière un hublot m'ont rempli d'émotion.
Visuellement, le dessin est joli et élégant. Bien que la création soit 100% française (il s'agit du studio Xilam, notamment à l'origine du tout aussi délicieux J'ai perdu mon corps), les visages flirtent parfois avec l'animation japonaise et ce n'était pas pour me déplaire. Et puis, lorsqu'il est question de souvenirs vers la fin du film, on assiste à une merveilleuse séquence en noir et blanc, avec des esquisses qui s'enchaînent dans de belles transitions au crayon. C'était sublime.
Bref, la salle était loin d'être pleine pour cette avant-première, mais je vous encourage à remplir les suivantes à partir du 28 octobre.