Putain, que c'est bon ! J'avais un souvenir assez moyen de la saison 4 de Lost, et notamment de son triple épisode final. Il me semblait que cette fin de saison était plus faiblarde que les autres. Et merde, je m'étais trompé et ça fait du bien de m'en rappeler ! Cette saison 4 est une merveille.
4x10 - Something Nice Back Home
Pour entamer cette fin de 4e saison, un épisode sur Jack fait extrêmement plaisir. C'est la première fois qu'un épisode est centré sur lui dans cette saison 4, et depuis l'ultime épisode de la saison 3 avec son fameux "We have to go back!". J'adore ce personnage, donc Something Nice Back Home fut un régal.
Matthew Fow, comme toujours, est subtil dans son jeu notamment dans les flashforwards. Jack commence à basculer et à tomber dans une forme de dépression liée à la culpabilité : il n'en peut plus de faire semblant. Même s'il propose à Kate de l'épouser, les fantômes du passé ne cessent de le poursuivre. Il recommence à voir son père, tandis que l'ombre de Claire et Sawyer se font de plus en plus ressentir dans sa vie. Matthew Fox jongle entre les larmes et les rires jaunes, tout en incarnant à l'écran ce que le spectateur crie depuis son fauteuil : mais qu'est-ce que vous foutez ? Pourquoi n'allez-vous pas sauver ceux qui restent sur l'île ?
Sur l'île, peu de choses à se mettre sous la dent du côté de Jack, puisque le docteur fait une appendicite et que Juliet, Bernard et Kate font tout leur possible pour le soigner. Pas de Locke, ni de cargo, mais l'épisode a le mérite de remettre Claire sur le devant de la scène. La jeune femme disparait dans la jungle à la poursuite de Christian, en laissant son bébé derrière elle. Petit à petit, le puzzle se forme et on commence à comprendre pourquoi Aaron est rentré sans Claire, pourquoi Sun est rentrée sans Jin, pourquoi Kate est rentrée sans Sawyer...
Bref, Something Nice Back Home est malin et intrigant, et amorce une fin de saison terriblement émouvante, puisque nécessairement synonyme de dures séparations...
4x11 - Cabin Fever
Cabin Fever est exactement ce que Lost doit être : haletant, mystérieux, et très surprenant. Dans cet épisode, les flashforwards laissent leur place aux traditionnels flashbacks. On nous révèle tout d'abord que John Locke était un enfant "spécial" depuis sa naissance, visité quelques fois par un homme mystérieux : M. Alpert. Le spectateur attentif aura reconnu Richard, que Locke a déjà croisé durant la saison 3, et dont on ignore quasiment tout. Un mystère de plus vient s'ajouter à la longue liste : Richard semble avoir le même âge à toutes les époques, ce qui pose question sur la nature de ce personnage. Est-il bienveillant ? Difficile à prédire.
Dans le même temps, John traverse la jungle avec Ben et Hurley pour retrouver la cabane de Jacob. C'est l'occasion de remettre la Dharma Initiative dans l'intrigue, puisque Locke fait un rêve dans lequel un certain Horace lui indique la direction de la fameuse cabane.
Parallèlement à cette histoire déjà fort palpitante, ça bouge sur le bateau puisque Martin Keamy est devenu ingérable, abattant de sang-froid toutes les personnes qui se mettent sur son passage. Il n'a qu'une volonté : retourner sur l'île en hélicoptère pour embraser l'île et capturer Ben. Michael en prend plein la gueule, Desmond préfère rester en retrait et Sayid s'enfuit sur un zodiac pour aider ses camarades restés sur l'île. Le pilote Lapidus, quant à lui, a toujours autant la classe et jette une balise depuis l'hélico en passant juste au-dessus de la plage des survivants.
En somme, tout le monde s'agite pour stopper le militaire fou furieux, mais c'est John qui semble avoir la solution finale : Christian et Claire (étrangement transformée et presque flippante !) lui conseillent de... déplacer l'île. Déplacer l'île, oui. Fin de l'épisode. Quoi ? Comment ça ? C'est déjà la fin ? Et bien oui, ces 40 minutes sont passées bien vite et Cabin Fever se termine sur ce cliffhanger aussi loufoque que génial. L'île, apparemment, pourrait bouger.
Cet épisode est complètement dingue.
4x12 - There's No Place Like Home - Part 1
Pour entamer cet ultime épisode en trois parties, Michael Giacchino nous délivre l'un de ses grands chefs d'œuvre, j'ai nommé la musique éponyme "There's no place like home". Cette musique, qui apparaît ici pour la première fois lorsque les Oceanic Six reviennent à la civilisation, sera ensuite l'un des vecteurs émotionnels des plus grands moments de chialade de la saison 6. Un petit miracle musical qui est devenu pour moi l'un des éléments les plus émouvants de la série.
Mais trêve de superlatifs, There's no place like home est un épisode génial (ah, raté pour les superlatifs) qui poursuit l'intrigue de l'épisode précédent : le bateau, l'île, l'intervention de Sayid, la course de Jack à travers la jungle, tout passe à une vitesse folle. Sur l'île, Ben et Locke se dirigent vers l'Orchidée pour "déplacer l'île" et Ben mène à nouveau la danse. C'est superbement excitant. Et puis, au large, pendant que Faraday fait des allers-retours en zodiac pour amener les survivants sur le bateau, Desmond et Michael découvrent que celui-ci est chargé d'explosifs...
Cependant, There's no place like home signe surtout le retour d'un élément qui commençait à manquer dans cette saison pleine de rebondissements : l'émotion liée au destin des personnages. À l'image des flashbacks de la fin de la saison 1, qui nous montraient les personnages dans l'avion juste avant le crash, les flashforwards nous transportent ici dans un futur proche : juste après le sauvetage des Oceanic 6. Nous n'avons jamais été aussi près de réunir ces deux temporalités, et c'est d'ailleurs tout l'enjeu de cette saison 4 : avancer progressivement jusqu'à ce qu'on comprenne comment Jack, Kate, Hurley, Sun, Sayid et Aaron ont quitté l'île.
There's no place like home part 1 n'est que le premier morceau de ce long épisode palpitant de deux heures, il est donc temps de poursuivre, et vite !
4x13 - There's No Place Like Home - Part 2
Le deuxième épisode de ce season finale est aussi palpitant, excitant et surprenant que le précédent. Dès les premières minutes, après un "previously on Lost" qu'on croit innocent, on nous remontre la fin de la saison 3 ("We have to go back!") pour nous révéler la suite de cette scène qu'on croyait terminée. Kate arrête sa voiture, pour vient sermonner notre pauvre Jack, bien mal en point.
There's no place like home est magnifiquement écrit, car toutes les histoires s'entremêlent sur l'île nous ne faire plus qu'une. Alors que, durant toute cette saison 4, on a eu affaire à des groupes bien séparés (la plage, le cargo, la jungle, etc.), tout est maintenant lié par un seul but commun : se dépêcher de trouver la meilleure solution ou le meilleur endroit pour ne pas mourir.
Dans cet épisode, on comprend par l'intermédiaire de Daniel Faraday que la situation dégénère et qu'elle devient extrêmement dangereuse. De fait, plus aucune zone ne permet d'être en sécurité. D'un côté, les survivants sur l'île veulent à tout prix la quitter pour rejoindre le cargo, mais de l'autre, Desmond, Michael et Jin découvrent que les explosifs sur le cargo peuvent sauter d'une minute à l'autre. Entre tout ça, les Oceanic 6 s'enfuient dans un hélicoptère au réservoir troué, tandis que Ben et Locke se démènent pour faire faire à l'île un tour de magie grandeur nature. C'est l'occasion pour Locke et Jack de se retrouver pour une toute dernière conversation : définitivement, ces deux personnages ne s'entendront jamais. Au moins que...?
Pour ce qui est des adieux, Sawyer saute de l'hélicoptère pour permettre à l'engin de rejoindre le cargo avant de tomber en panne, et il glisse quelques mots à l'oreille de Kate : une promesse qu'elle devra tenir pour lui. L'émotion est là, une fois de plus.
Vite, la suite !
4x14 - There's No Place Like Home - Part 3
On termine donc avec l'épisode final, et il est grandiose. J'avais oublié à quel point l'écriture de cette saison 4 était fine et diabolique, et je ne comprends toujours pas aujourd'hui les critiques faites à la série. Après quatre saisons riches en aventures, rebondissements et embrouillages de cerveau, Lost continue de surprendre et de tenir la route. Et j'ai envie de dire : plus que jamais !
L'épisode attaque directement avec une scène qu'on attendait bien plus tard : l'explosion du cargo et la mort de Michael ainsi que celle, hypothétique, de Jin. On le sent, ça ne plaisante plus et les survivants doivent pratiquement se sacrifier les uns après les autres pour permettre à une poignée de quitter l'île.
Le retour des Oceanic 6, avec tout ce que ça implique comme mensonges, est certes passionnant et émouvant (notamment les retrouvailles entre Desmond et Penny qui filent des putains de frissons). Mais ce que Lost veut nous montrer, c'est que ces personnages n'ont pas vraiment de "chez eux". Leur maison, c'est l'île, peu importent les horreurs qu'ils ont pu y vivre. Le spectateur, d'ailleurs, ne désire qu'une seule chose : que les personnages y retournent aussi vite que possible. Car sinon, ce serait la fin de la série.
L'épisode va encore plus loin dans la science-fiction avec un événement extraordinaire : le déplacement de l'île. Je me souviens à quel point la scène du "plouf" avait fait couler de l'encre à l'époque sur internet. Voir l'île disparaître sous nos yeux, d'un coup de baguette, juste parce que Ben tourne une étrange roue glacée, c'était absolument magique. Enfin, nous avions la preuve des dires de John Locke : on peut véritablement croire aux miracles.
Jack lui-même n'en revient pas. Même s'il tente de trouver des explications rationnelles, c'est pourtant le docteur qui sera le premier à vouloir retourner sur l'île suite à la mort de Jeremy Bentham, dont on a enfin l'identité lors d'un dernier plan redoutable. Ce dernier plan de la saison 4, il m'a marqué à vie. Je me souviens de m'être retrouvé devant l'écran, totalement abasourdi. C'est du génie, car Locke est bien la dernière personne qu'on se serait attendus à voir en dehors de l'île. Comment est-ce possible ? Pourquoi ? Quand ? Que fait-il là ? Le reverra-t-on ? Ce pauvre John Locke aura vécu des misères, et ce plan sur le visage de Terry O'Quinn (merveilleux) dans le cercueil est un sacré coup de poing dans le ventre pour le spectateur.
Bref, cette saison 4 fut une explosion d'action, de mystères et d'émotion. Mais surtout, ça m'a réactivé des centaines de souvenirs : ceux de l'époque à laquelle je découvrais ces épisodes pour la première fois. J'aimerais tant pouvoir tout oublier et recommencer. Lost, c'est un peu mon cocon à moi, mon home sweet home. There's no place like Lost.
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