Ma première sortie cinéma en 2011 fut pour Monsieur Clint Eastwood que j'admire clairement pour son talent d'acteur mais aussi de réalisateur. Après Million Dollar Baby et Gran Torino que j'ai adorés, je me suis lancé vers l'infini et Au-Delà, un film qui nous présente trois personnages hantés par la mort et les mystères qui vont avec. Clint Eastwood retrouve Matt Damon un an après Invictus et nous propose un drame sur le paranormal relativement réussi mais avec quand même pas mal de défauts.
Pourtant, ça commence fort, très fort. Dès les premières minutes, le réalisateur entre directement dans le vif du sujet sans traîner.
Il nous présente rapidement le couple Marie/Didier avant de leur faire subir une catastrophe naturelle : un tsunami. Visuellement, la scène du tsunami est
impressionnante, vraiment bien foutue et dévastatrice. Filmé avec réalisme, ce passage nous mène droit sur une première intrigue. Marie se noie dans les
remous de la déferlante (on a droit à une scène des plus sublimes, avec un zoom sur son dernier regard) et passe "de l'autre côté". Là, Clint
Eastwood nous donne un aperçu de ce qu'il y a après la mort selon lui, le tout dans une ambiance vraiment géniale. On est plongé dans cet univers étrange et j'ai été captivé par
les images. Puis, elle est ramenée à la vie et à partir de ce moment, tout change pour elle. Obnibulée par ce qu'elle a vu, elle va tenter par tous les moyens d'ouvrir les yeux aux gens sur le
sujet en écrivant un livre, jouant de sa notoriété. Cette intrigue aurait pu être passionnante, malheureusement la suite de ce scénario n'est pas à l'image de son début gigantesque. Après le
tsunami, l'intérêt retombe subitement pour ce personnage. Cécile de France est loin d'être mauvaise, c'est même la classe d'avoir un casting
français et autant de dialogues en français dans un film américain, mais l'histoire ne prend pas. On nous montre sa vie quotidienne, son travail en tant que journaliste, ses discussions avec son
mari Didier, et honnêtement on s'en fiche royalement. Le personnage n'en demeure pas moins très important, mais le scénario aurait quand même pu être plus
palpitant. Pour être franc, dès que le film s'attardait sur cette histoire, je m'ennuyais. Thierry Neuvic est néanmoins excellent, mais tout
ce qui est raconté ici est presque sans intérêt. On suit l'évolution de la jeune femme et sa façon de voir les choses, mais il n'y a guère que deux bons passages à retenir la concernant. Le
premier, c'est le début bien sûr, j'en ai déjà parlé. Le deuxième, c'est lorsqu'elle va voir un médecin pour lui raconter son expérience, qu'elle apprend que son cas est assez fréquent et que des
témoignages du style abondent. A part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent et j'ai largement préféré les intrigues de Marcus et George, vraiment prenantes et touchantes.
Et c'est incontestablement cette dernière intrigue qui m'a le plus passionné. Matt
Damon est vraiment l'un des meilleurs acteurs de cette génération et il le prouve haut la main. Touchant, profond, son personnage est confronté tous les jours à la mort et cherche
à fuir ce don qu'il considère comme une malédiction. On a quelques scènes à la Dead Zone vraiment géniales, qui nous replongent dans cet
univers après-mort tout calme et reposant. J'ai beaucoup aimé la façon avec laquelle le personnage de George a été traité, et notamment tout le passage avec
Bryce Dallas Howard. Cette actrice, que j'avais déjà trouvée excellente dans La Jeune Fille de
l'Eau et surtout Le Village de Shyamalan, est ici l'un des gros points
forts du casting (et à mon goût le plus important). Drôle, touchante, originale, c'est un personnage que j'ai regretté de ne pas avoir vu plus longtemps. Elle permet juste de montrer qu'il est
extrêmement difficile pour George de nouer le contact avec quelqu'un. A ce propos, j'ai été assez déçu par la fin du film (la toute fin), lorsqu'on nous
laisse entrevoir une relation amoureuse entre Marie et George. J'ai trouvé ça particulièrement décevant et je m'attendais
à un final beaucoup plus intense en émotion, comme Eastwood sait les faire. Par contre, le réalisateur aborde constamment un thème
intéressant : celui du destin et de la coïncidence. Même si on s'y attendait un peu, nos trois personnages se retrouvent à la fin au même endroit, leurs destins se croisent et j'ai trouvé ça
beau. Notamment, comme je l'ai déjà dit, l'histoire entre Marcus et George qui finalement vont s'aider mutuellement à
avancer. C'est quelque chose d'assez fort. On retrouve également cette notion de destin lorsque la casquette s'envole de la tête de Marcus dans le métro, lui
permettant alors d'échapper à la mort. Vraiment très beau, d'autant que les frères McLaren sont surprenants et émouvants.