Je me suis enfin décidé à voir Brown Bunny et une chose est sûre : même si le film est très difficile d'accès, il ne laisse pas indifférent. Personnellement, je l'ai plutôt aimé mais je préfère voir d'autres films de Vincent Gallo avant de juger son cinéma (en particulier, Buffalo 66 est dans ma ligne de mire). Le film sur la perte et le désespoir est difficile d'accès oui, et clairement pas destiné à tout type de spectateur. J'imagine que beaucoup de personnes ont décroché avant la fin, et j'ai même failli faire partie de ces gens.
En fait, je dirai que le film comporte deux types de scènes. Les scènes de voyage, où le personnage roule et parcourt le pays, et les scènes
de rencontre. Comme je l'ai dit, j'ai trouvé les scènes de route un peu trop longues par moments. Par contre, les scènes de rencontres sont absolument sublimes. La première m'a vraiment fait
beaucoup rire et ressentir de sacrées choses (il débarque dans une station service et demande à une inconnue de partir avec lui en voiture, c'est totalement loufoque et ça fait drôle). La
troisième est également sympa avec la prostituée, assez touchante. Mais c'est vraiment la deuxième rencontre qui m'a le plus accroché. C'est pour moi LA scène du film, qui m'a fait ressentir de
multiples choses d'un coup. Une scène vraiment originale, pendant laquelle on se demande constamment ce qu'il va se passer, si Bud va aborder la femme assise ici au milieu de nulle part. Et quand
il l'aborde et que toute la scène se passe de tout dialogue, que les jeux de regard fusent, je n'ai pas pu m'empêcher de frissonner et de trouver tout ça terriblement émouvant. Ce sont donc des
petits passages comme celui-ci qui m'ont permis de tenir jusqu'au bout. Et le final du film, très controversé, est assez difficile à décrire. Le film a fait polémique à cause d'une scène de sexe
bien trop explicite et apparemment non simulée (scène dont j'ignorais l'existence, ce qui a renforcé ma surprise). Personnellement, même si j'ai trouvé ça très gonflé, je n'ai pas du tout aimé.
Je pense que le film n'avait vraiment pas besoin de ça et qu'il y avait moyen d'exprimer la même chose de façon plus implicite et plus forte.