Ca faisait un moment que je le voulais voir ce film allemand, et La Vague montre clairement que ce pays peut sortir de véritables perles cinématographiques. Le film raconte comment un professeur, faisant un cours sur l'autocratie, va mettre en place dans sa classe un système dont il va perdre rapidement le contrôle.
Toujours est-il que La Vague, en plus d'être extrêmement bien réalisé, est
un film profond qui pose de nombreuses questions, et notamment : la connaissance de faits historiques dramatiques permet-elle d'empêcher nos erreurs de se reproduire ? Visiblement, ce n'est pas
si sûr et ça fait un peu froid dans le dos. Le film est maîtrisé de bout en bout, avec un casting étonnamment bon (je dis étonnamment, car il n'est pas fréquent de voir au cinéma une bande d'ados
tous aussi crédibles les uns que les autres). Jürgen Vogel, qui joue le prof Rainer Wenger, est incroyable pendant tout le film, jusqu'à la
scène finale terrifiante, frissonnante, émouvante. Le discours final est d'ailleurs magnifique et psychologiquement très fort, une belle démonstration de l'influence que peut avoir une seule
personne sur tout un groupe. Pour les jeunes acteurs, on remarque un certain talent et surtout un souci de la part du réalisateur de varier les personnalités. Les élèves réagissent tous
différemment à La Vague, et c'est clairement montré. Qui plus est, le film ne tombe jamais dans ce que le geek appelera le "point Godwin", c'est-à-dire qu'à aucun moment Hitler n'est cité (une
vague référence au Troisième Reich au début, rien de plus), et le parallèle entre La Vague et le régime nazi n'est donc jamais fait. Un choix très intelligent qui permet au film de ne jamais
tomber dans les clichés et la facilité. Bref, un coup de maître de Dennis Gansel à voir absolument.