On m'avait conseillé de conclure mon périple Sergio Leone par Il était une fois en Amérique, mais comme le film est passé dans mon cinéma du coin, j'ai pas pu m'empêcher de me laisser tenter, bien sûr (vous auriez fait pareil). Finalement, je ne regrette pas de l'avoir vu avant et je finirai donc par Il était une fois la révolution puis Il était une fois dans l'Ouest, afin (je l'espère) de terminer en beauté.
J'ai personnellement préféré toute la partie sur la jeunesse des 5 garçons, la
rencontre en Max et Noodles, leurs problèmes et l'événement dramatique qui va les amener à se séparer pendant une quinzaine d'années (événement qui surgit sans prévenir, sur une scène absolument
magnifique au ralenti, appuyée par la musique d'Ennio Morricone). Le film est absolument génial dans son montage, pas chronologique mais
vraiment bien foutu et parfaitement compréhensible. Une époque prend la place d'une autre sans prévenir, de façon toujours justifiée et cohérente, ce qui n'est pas évident à faire lorsqu'on
présente ainsi une fresque aussi longue (le film s'étale sur pratiquement 50 ans). Dès le début, j'ai été pris dans l'histoire même si on ne comprend pas tout immédiatement. Pendant les 20
premières minutes, on a droit à des images dont on ne saisit pas bien la signification mais qui prennent leur sens à la fin (la longue scène où on entend une sonnerie de téléphone se répéter en
fond sonore est géniale). Pour le reste du scénario, concernant l'époque intermédiaire (alors qu'il ont environ 30-35 ans), j'avoue avoir été un peu moins passionné. La qualité du scénar est
toujours là mais, sans décrocher, j'ai ressenti plusieurs fois un léger ennui. Ce fut toujours de courte durée et ça ne m'a pas gâché le visionnage, puisque ça contribue au rythme du film qu'il
ne faut pas rompre. Côté réalisation, on reconnait bien la patte du réalisateur avec les gros plans soudains, les plans larges, les travellings et les scènes quasi muettes que j'ai savouré (je
pense particulièrement au passage où Noodles fait tourner son café avec sa cuillère et que tout le monde le regarde sans broncher, j'ai adoré).
Concernant les personnages, la plupart sont attachants, mais pas tout
le temps. J'ai adoré toutes les scènes issues de l'époque la plus vieille (où Noodles a environ 60 ans), car elles sont très nostalgiques, belles, pleines d'émotion et qu'on s'attache vraiment au
personnage principal. Par contre, pour l'époque moyenne, je ne me suis pas particulièrement attaché aux personnages qui sont quand même de sacrés enfoirés, notamment à l'égard des femmes. C'est
un peu ce que je déteste dans les films de gangster et qui, encore une fois, est très présent dans le film : la place réservée aux femmes est quasiment scandaleuse (même si je n'accuse absolument
pas Leone d'être sexiste). Les scènes de viol m'ont gêné un peu, j'ai parfois eu l'impression qu'elles n'avaient absolument rien à foutre là.
Voilà pourquoi côté personnages, je n'ai réussi à les prendre en affection qu'à la toute fin du film, lors d'une scène vraiment magnifique, qui ne m'a pas tiré de larmes mais qui apporte quand
même un certain lot d'émotion. La fin du film se veut un peu "twist" mais elle ne m'a pas tellement surpris. La "révélation" finale n'a pas été pour moi le point fort du dénouement, j'ai plutôt
préféré les répliques et dialogues vraiment savoureux, ainsi que les images (notamment le superbe flashback accompagné de la musique intense).