C'est quoi ce délire ? On m'a conseillé ce film plusieurs fois et j'avais un excellent a priori sur ce film de Nick Cassavetes, d'autant qu'il se tape un beau 4.1 de moyenne sur Allociné. En voyant que la presse lui donnait en moyenne 2.4, je me suis dit qu'une fois de plus, ils n'avaient aucune sensibilité, et j'ai donc commencé N'oublie jamais (The Notebook) avec confiance. Résultat, je trouve la presse 2 fois trop indulgente pour le coup...
Bref, outre cette niaiserie prononcée, le film est juste un énorme amas de clichés en tous genres. J'ai presque
hésité, en regardant le film, à noter tous les clichés grossiers que j'ai pu apercevoir, mais je ne me serais jamais arrêté d'écrire. Ca passe tout d'abord par la musique, qui est clichée clichée
clichée. Dès la première scène, on a une musique au piano toute douce, interminable, sur des images certes plutôt belles, mais auxquelles on ne peut être sensible tant on ressent ce désir de
forcer l'émotion le plus possible. Tous les clichés sur l'amour et le romantisme sont dans ce film, ou presque. La seule chose que j'ai appréciée, c'est qu'il n'y ait jamais d'histoires de
jalousie entre les protagonistes, et donc aucune dispute débile à propos de ça. C'est, scénaristiquement parlant, le seul point positif que j'ai noté. A part ça, tout est attendu, voire ridicule
par moments (franchement, la fille qui débarque chez Noah en voiture, bagages en main, les bras grands ouverts avec la satanée musique pourrie qui gâche tout, c'était trop et je n'ai pas pu
m'empêcher de rire). Je suis méchant avec ce film mais c'est pourtant le dur ressenti que j'ai eu pendant 2 heures. Je suis quand même obligé de citer deux points positifs, pour que ma critique
ne soit pas trop cruelle. Premièrement, le casting est plutôt bon, il faut le dire. Ryan Gosling notamment est le seul à interpréter un
personnage vraiment creusé, beaucoup moins cliché que les autres et touchant. Deuxième point positif : le fait que la mère d'Allie finisse par comprendre un peu sa fille et lui laisse faire son
choix. J'ai beaucoup aimé le passage où elle emmène Allie sur un chantier et lui explique que l'ouvrier au loin était son amour de jeunesse, chose qui la tracasse encore 20 ans plus tard. Ca met
en place un thème intéressant, celui du choix qu'a Allie et des deux avenirs que ces choix peuvent engendrer (deux types de vie totalement différents). Mais là encore, ce passage intéressant ne
dure que 5 minutes au maximum (j'aurais tant aimé que le personnage de la mère soit plus exploité de ce côté car pour moi ça partait sur une bonne piste), et le sujet des "embranchements de
l'avenir" a de toutes façons été bien mieux traité dans d'autres films (Mr Nobody notamment). Si j'ai beaucoup aimé ce passage, c'est parce qu'il casse le cliché des parents riches et intolérants
qui décident tout pour leur fille. Malheureusement, cet instant de lucidité scénaristique n'arrive qu'au bout d'une heure et demie, ce qui m'aura laissé le temps de pester contre les clichés
pendant tout ce temps.