Voilà un film de Gus Van Sant, sorti en 2007, qu'il ne fallait pas que je loupe. J'ai décidé d'approfondir un
peu sa filmographie, d'en voir un peu plus, car j'aime beaucoup ce genre d'ambiances. Paranoid Park a un scénario assez court. Il raconte
l'histoire d'un adolescent, Alex, qui commet un crime accidentel en tuant un agent de sécurité. Il décide alors de ne rien dire aux autorités.
Premièrement, les sujets traités. Sofia Coppola a (pour le moment) créé des films concentrés sur
les sujets féminins. C'est flagrant avec Virgin Suicides (voir ici) qui nous montre le mal-être de quatre jeunes filles pendant
1h30, également avec Lost In Translation (voir ici), qui concerne un homme et une femme, mais où on sent que l'émotion et le sujet sont plus portés sur le personnage de Scarlett
Johansson. De même pour Marie-Antoinette (la critique ici), où tout le film
est exclusivement porté par Kirsten Dunst. Quoiqu'il en soit, il est clair que la réalisatrice nous présente souvent des histoires de jeunes
femmes très seules, et surtout mal dans leur peau. Et bien, Gus Van Sant fait la même chose de son côté, mais avec le genre masculin.
Last Days était surtout concentré sur le personnage de Blake, joué par Michael Pitt. De même, Elephant est centré autour de John, le
jeune homme blond. Enfin, pour en revenir à Paranoid Park, toute l'intrigue est posée sur l'adolescent, Alex. Et, de même, ce personnage est plutôt seul, confronté à un événement qui le dépasse. Cette solitude est vraiment bien montrée. Il vit ici un grand mal-être, et même
si ce n'est pas montré clairement à l'écran, on ressent parfaitement toute la culpabilité de ce personnage. Gabriel Nevins est vraiment
parfait pour ce rôle, où il reste pratiquement toujours de marbre, comme si son personnage était indifférent du crime qu'il a commis. Cependant, derrière cette facade, on imagine parfaitement
l'horreur que ça doit être, et ce film devient assez psychologique, traitant finalement du passage de l'adolescence vers la vie adulte, un peu comme un Mean
Creek (critique ici) mais en moins émouvant (ce qui n'est pas
forcément un défaut).
Cependant, ce qui nous permet de tenir jusqu'au bout, il faut l'avouer, c'est la beauté des plans. De magnifiques scènes, très lentes et surtout
superbement tournées. Je crois franchement que chaque scène de Paranoid Park est parfaitement bien travaillée. J'ai beau essayer de chercher,
il ne me vient à l'esprit que très peu de passages qui n'aient pas été impeccablement soignés. Les plans sont d'une beauté affolante, par leur lenteur, et les prises de vue sont sublimes. La
caméra est vraiment exploitée à fond, les effets sont réussis. C'est d'ailleurs ce qui fait également le charme d'un autre de ses films, Gerry.La seule chose que je pourrais reprocher à Paranoid Park, c'est de ne pas aboutir suffisamment. Le film ne délivre aucun message comme l'avait fait Elephant. Finalement, il se termine exactement comme il a commencé, si ce n'est que le personnage principal va devoir vivre toute sa vie avec un drame sur la conscience, toujours seul. C'est un peu dommage, mais ce n'est pas non plus un effet raté.