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Films en vrac #6 - De superbes découvertes

Films en vrac #6 - De superbes découvertes

      Contrairement à l'article précédent qui exposait mes grandes déceptions récentes, voici une liste de 5 films que j'ai adorés. Au programme : un film français sensible et sans cliché, la résolution d'une enquête entièrement montrée du point de vue d'un écran d'ordinateur, un Xavier Dolan que je craignais, une rencontre amoureuse plus touchante que prévue, et un superbe thriller à la Prisoners.

 

     Otez-moi d'un doute   (A.J. Edwards, 2014) 

Films en vrac #6 - De superbes découvertes

       Je commence avec Otez-moi d'un doute qui est une véritable pépite. Depuis que j'ai vu La délicatesse il y a quelques années, je considère que François Damiens a un potentiel émotionnel démesuré. Dans Otez-moi d'un doute, l'acteur fait encore des merveilles. Il est par ailleurs très bien accompagné, car le casting est de haute volée. Cécile de France, même si elle nous ressort son éternel personnage de femme indépendante et rentre-dedans, est époustouflante. Guy Marchand est émouvant, mais pas autant qu'André Wilms que je ne connaissais pas et qui m'a littéralement scotché. Cet acteur nous offre une interprétation extraordinaire et amusante qu'il me sera difficile d'oublier. Par contre, et c'est pour moi l'unique défaut du film, je n'ai pas été emballé par l'histoire secondaire qui met en scène Alice de Lencquesaing et Estéban. Sous couvert d'humour, le personnage d'Estéban est, je trouve, extrêmement faux. Je n'ai jamais cru à ce personnage et ça m'a parfois sorti du film. Heureusement, Alice de Lencquesaing incarne son personnage avec une grande sensibilité et m'a ému à quelques reprises.

 

       Mais surtout, outre ce casting presque parfait, j'ai trouvé le scénario très intelligent. Otez-moi d'un doute aurait pu 100 fois tomber dans les clichés, dans les mauvaises habitudes scénaristiques qu'on nous sert depuis des années dans le cinéma français. Et 100 fois, il ne le fait pas. Certaines situations, qui sont présentées au départ comme des possibles quiproquos, sont résolues de manière très habiles en prenant le spectateur à contre-pied. Par habitude, on a souvent la sensation que le film va emprunter telle ou telle voie un peu chiante et réchauffée. Et pourtant, il ne le fait jamais. C'est très malin, et mon plaisir a - petit à petit - augmenté tout au long du film, car j'ai été surpris à de multiples reprises. Bref, je vous encourage à voir Otez-moi d'un doute qui est, à plus d'une occasion, très brillant et très émouvant. Un drame sensible et drôle qui m'a déstabilisé.

 

     Searching   (Aneesh Chaganty, 2018) 

Films en vrac #6 - De superbes découvertes

        Ce film est brillant. J'ai été bluffé par son parti pris (l'intégralité du film se passe sur un écran d'ordinateur) et happé dans une émotion qui m'est tombée dessus sans prévenir.

 

        Searching, c'est l'histoire d'un père veuf qui, lorsque sa fille disparait suite à une soirée entre jeunes, tente par tous les moyens de retrouver sa trace en utilisant Internet et les réseaux sociaux. Un film qui aborde de multiples sujets tout en étant incroyablement ludique, car il touche notre génération ultra-connectée en plein coeur. J'ai adoré. Même si, je le sais, il y a quelques gros problèmes de scénario et que le film s'embarque, à la fin, dans un twist incohérent qui n'était pas du tout nécessaire, Searching m'a mis une claque. C'est une proposition de cinéma à la fois culottée, extrêmement bien réalisée et intelligente. Outre le côté quasiment ludique de la résolution de l'enquête, que j'ai suivie sans jamais m'ennuyer et qui est d'une fluidité incroyable, le film apporte des éléments d'émotion qui m'ont foutu à terre. En effet, le film a touché ma corde sensible : la nostalgie des moments passés.

 

      Etant du genre à rester ancré dans les souvenirs, à m'attacher profondément aux vidéos et photos du passé, c'est avec grande difficulté que j'ai réussi à ne pas pleurer lors de certaines scènes d'une émotion folle. Pour ceux qui ont vu le film, je fais référence notamment à la scène des gumbos qui va me rester très longtemps en tête grâce à son fort impact émotionnel. J'ai été saisi, tout simplement, et il est évident que je vais prendre plaisir à voir et revoir ce film dans les années à venir, malgré ses défauts lors de sa conclusion.

 

     Ma vie avec John F. Donovan   (Xavier Dolan, 2018) 

Films en vrac #6 - De superbes découvertes

       Etant donné que Mommy est très probablement mon film préféré toutes catégories confondues, c'est avec une grande crainte que j'ai longtemps repoussé mon visionnage de Ma vie avec John F. Donovan. Et puis, il y a quelques jours, j'ai eu la réflexion suivante. Je me suis dit qu'il fallait que j'accepte le fait que ce film avait très peu de chances d'être meilleur que Mommy, et que je me lance sans y penser.

 

     Emballé par le casting qui est complètement dingue, je me suis lancé et je n'ai pas regretté. Bien sûr, il n'est pas à la hauteur de Mommy, mais bon sang, qu'il est maîtrisé ! J'y ai retrouvé tout ce que j'aime chez Xavier Dolan, et ça m'a fait un bien fou. On pourrait croire que la réussite de ce film s'appuie principalement sur ses acteurs. Et pour cause : Kit Harington incarne ce John F. Donovan avec une sensibilité et une douceur débordantes, lui conférant une aura mystérieuse démentielle. Susan Sarandon, également, interprète la mère du personnage principal avec une incroyable justesse. Natalie Portman est... Natalie Portman ! Tout simplement la meilleure actrice de sa génération, et elle le prouve à nouveau. Je regrette simplement que Jessica Chastain, qui devait à l'origine tenir un rôle important dans le film, en ait finalement été totalement coupée afin qu'il dure deux heures au lieu de quatre... Bref, on pourrait croire que c'est le casting qui fait le film. Mais quand on parle de Xavier Dolan, il est impossible de parler uniquement du casting. Les plans, les mouvements de caméra, les couleurs, les ambiances, la musique : tout se mélange avec une précision millimétrée et j'ai été subjugué d'un bout à l'autre par la réalisation et le montage de ce film. Ces moments où le temps s'arrête, où la caméra se fige sur un personnage... ces moments où la musique prend toute la place... ces moments où les ralentis offrent des images de pure beauté. C'est hallucinant, vraiment. Il y a notamment une scène où la caméra se concentre sur le personnage de Natalie Portman et où le temps semble ne plus exister, qui m'a filé de sacrés frissons.

 

       Bref, Ma vie avec John F. Donovan est un énième film virtuose de Xavier Dolan et, finalement, ne manque que d'un scénario un poil plus percutant pour bien rester en mémoire.

 

     Room in Rome   (Julio Medem, 2010) 

Films en vrac #6 - De superbes découvertes

      Voilà un film qui ne paie pas de mine, mais qui se révèle incroyablement beau dans le développement de ses personnages. Room in Rome est vraiment bien plus intéressant qu'il n'en a l'air à première vue. Une sorte de Before Sunrise émouvant : un huis clos qui m'a captivé du début à la fin.

 

       Passée la première partie du film qui semble s'engager dans une voie superficiellement érotique, Room in Rome apporte à ses personnages une dimension de plus en plus dramatique et profonde au fur et à mesure que l'histoire avance. J'ai bien failli arrêter mon visionnage au bout de 15 minutes lorsque j'ai cru que le film n'aurait aucun intérêt, et quelle erreur cela aurait été ! Le film m'a complètement pris à contre-pied en développant son histoire et ses personnages au compte-goutte, en ne sombrant jamais dans la vulgarité, et surtout en entraînant le spectateur dans un jeu assez malin, auquel il prend rapidement goût. Je ne vais pas révéler ici les ressorts scénaristiques importants du film, car j'estime que ce magnifique huis clos est à découvrir sans en savoir trop, mais je ne peux que vous conseiller de tenter l'expérience. Room in Rome est un film sensible, qui m'a impliqué émotionnellement de nombreuses fois, notamment lors de son dénouement déchirant à bien des égards. Et puis, il y a une ambiance, une sacrée ambiance même ! Elena Ayana et Natasha Yarovenko sont fascinantes, surtout lors du dernier acte sur le balcon, véritablement saisissant. Bref, malgré quelques détails parfois décevants (le comportement d'Alba ne me semble pas toujours 100% en accord avec l'histoire qu'elle raconte), j'ai été conquis.

 

     Captives   (Atom Egoyan, 2014) 

Films en vrac #6 - De superbes découvertes

      C'est mon premier film d'Atom Egoyan et j'ai été agréablement surpris. Même si, à mon goût, un film comme Prisoners est bien plus intéressant (que ce soit au niveau de son casting, son scénario ou sa mise en scène), Captives n'est pas en reste. Ce qui m'a le plus marqué, c'est de voir enfin Ryan Reynolds impliqué dans un rôle. Habituellement peu friand de cet acteur que je trouve fade et généralement sans intérêt, j'ai trouvé ici son interprétation à la fois juste et émouvante. Globalement, d'ailleurs, le casting m'a beaucoup plu, et je suis surpris de trouver tant de critiques qui le descendent. Rosario Dawson est somptueuse et investie dans son personnage, comme toujours. J'ai également été conquis par le jeu de Kevin Durand qui, depuis Lost, a pour moi le visage parfait pour incarner les "grands méchants". Un choix à mon goût très judicieux.

 

      Mis à part son casting, Captives est également parsemé d'idées superbes comme cette promesse de patinage artistique qui donne une réelle profondeur au personnage de Cassandra. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre l'évolution du personnage de Ryan Reynolds, toujours caché sous sa casquette, et de l'enquête en elle-même. L'ambiance glaciale et les décors enneigés sont également des atouts de taille, bien que Denis Villeneuve les ait déjà exploités en mieux dans Prisoners. J'ai toujours aimé les intrigues policières prenant place en hiver, où la tension et le désespoir semblent plus palpables que jamais. L'intrigue n'échappe pas à de nombreuses incohérences, ce qui fait de Captives un film clairement imparfait. Mais très honnêtement, j'en attendais bien pire et j'ai été emporté tout du long. A voir au moins une fois.

 

 

 

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T
Bonjour, j'ai longtemps hésité à commenter un de tes articles vu que je ne suis pas le genre de personne à m'exprimer sur un blog ou un forum, mais le fait est qu'a chaque fois que je lis une de tes lignes j'ai l'impression de me lire. Je voudrais d'abord te remercier pour la justesse de tes analyses et la subtilité que tu emplois pour ne pas démolir un film qui te déçois. Je voudrais réagir sur la découverte que l'on partage a propos de Ma vie avec John F Donovan. J'avais vu plusieurs critiques assez négatives sur ce film, ce qui me paraissais étrange étant donner la qualité du casting et le metteur en scènes qui est a la tête du film. Et je pense que la meilleur des solutions et de regarder le film et de se faire son propre avis et ce film m'a émus, touchés comme je n'aurai pas pu le croire avant de le commencer. Je partage une admiration infini envers Natalie Portman qui pour moi est née pour faire ce métier, et qui est selon moi incontestablement la meilleure actrice de sa génération. Kit Harrington délivre aussi une presta digne de ce nom très loin du Jon Snow que l'on connais et j'ai une mention spéciale pour le jeune Jacob Tremblay qui m'avais déjà frappé dans Room. Hâte de voir tes prochains tes prochains articles
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T
Oui À la merveille à clairement montré une autre facette du cinéaste, d’ailleurs les 3 films forment une sorte de trilogie tellement ils sont similaires, mais j’avais plus apprécié Knight of Cups qui dégage quelque chose de plus fort à mon goût.
S
Oui j'avais aimé mais je sentais que Malick s'essoufflait un peu surtout après À la merveille qui a été un tournant dans sa filmographie je trouve. Song to song était dans la même veine, je n'étais pas dans le mood ce jour-là donc je m'étais dit que je lui redonnerais sa chance. J'ai adoré Une vie cachée, ça me rassure pour la suite.
T
Je sais pas si t’as vu Knight of Cups avant mais Song to Song c’est le même genre, un peu aérien. Je sais pas si t’aimes bien mais moi je trouve ça hyper poétique et super bien filmé. C’est le genre de film où l’intérêt c’est les scènes et pas l’histoire en elle-même.
S
Je vais voir ça cette semaine, j'ai failli voir Vox Lux hier mais je me suis ravisé au dernier moment, je ne le sentais pas. Par contre j'ai hâte de donner une seconde chance à Song to Song que je n'avais pas pu finir la première fois.
T
Je sais pas si tu vas continuer sur ta lancée mais pour ce qui est de Vox Lux et Lucy in the Sky je sais pas trop quoi y penser, peut être que t’arriveras a mettre plus de mots que moi sur ces films la avec une analyse plus poussée.
S
Oui clairement, certaines scènes m'ont envoûté, mais plus particulièrement en début de film. C'est pour ça que j'ai été frustré qu'il ne poursuive pas dans la voie qu'il avait amorcée.
T
Je vois un peu ce que tu veux dire, le fait que ca passe du spiritisme et du cinéma à l'antisémitisme sans expliquer le pourquoi du comment m'avais un peu troublé. C'est clairement le scénario qui pèche un peu, mais j'avais bien aimé le terme abordé avec certaines scènes bien foutu.
S
Je ferai un article demain. Je l'ai trouvé très prometteur au début puis mon intérêt a baissé au fur et à mesure... Je trouve dommage que le film ne termine pas ce qu'il avait entamé et je n'ai pas trop apprécié la tournure des événements. Sympa quand même, mais sans plus !
T
Hâte de voir ce que tu en penses en tout cas
S
Oui, je ne sais plus trop ce que je disais dans cet article, il est très vieux et pas du tout mis à jour. Pour Planetarium de toutes manières j'avais prévu de le voir prochainement donc même si je n'aime pas ça ne sera pas de ta faute haha
T
J’espère que tu ne seras pas déçu, je m’en voudrais de t’avoir recommandé un film que tu ne trouves pas génial, après peut être que c’est totalement subjectif mais je trouve que le film a quelque chose quand même. <br /> J’avais regardé ton article sur Natalie Portman il y’a quelques mois et le fait que tu disais que la scène d’introduction de Free Zone t’avais autant frapper que je l’avais été malgré un film fait avec des cailloux et des bâtons bourré de défauts m’avait conforté sur le fait que c’est clairement pas une actrice lambda
S
Oui la passion pour un acteur ou une actrice peut influencer un visionnage. Tu m'as donné envie de regarder Planetarium tiens, je vais me le faire ce soir. D'ailleurs je pense que je vais me relancer dans la filmographie de Natalie Portman, ça fait longtemps que je l'ai perdue de vue alors qu'il y a 10 ans je cherchais constamment à voir tous ses films. Merci pour la bonne idée !
T
Ah non pour moi les Marvel ou autres grosses productions c’est secondaires dans une filmographie je trouve.<br /> Je pense regarder Spencer dans pas longtemps aussi, ça m’intrigue un peu.<br /> Et oui dans ces films la il y’a quelques pépites je trouve, comme Planétarium qui, je sais pas pourquoi, m’a obsédé, c’est peut être le fait de la voir parler Français dans le film je sais pas trop. Et Annihilation qui est hypnotisant un peu.<br /> Après je dois reconnaître que je suis pas totalement impartiale parce que je trouve cette actrice juste et touchante dans chacun de ses films.
S
Ah oui je pensais surtout à ses apparitions dans des sagas comme Thor ou Star Wars, au contraire. Je n'avais pas trop aimé Jackie, je préfère largement Spencer du même réalisateur. <br /> Mais faut avouer que je n'ai pas vu beaucoup de films de Portman récents et que beaucoup sont sur ma liste des films à voir rapidement (Planetarium, Lucy in the sky, Vox Lux, Annihilation... Je les sens bien ceux-là).
T
Je pense que c'est parce qu'elle s'est plus consacrée au cinéma d'auteur ces dernières années, ca plait à certains mais pas à d'autres. En passant sa presta dans Jackie vient pour moi d'un autre monde, mais j'attend beaucoup son prochain film avec Julianne Moore, à voir ce que cela donnera
S
J'aime beaucoup Dolan aussi, je n'ai pas tout vu mais quasiment, il doit me manquer les Amours Imaginaires. Je suis moins passionné par ses premiers films (J'ai tué ma mère, Tom à la ferme...) mais ils restent assez virtuoses. Je ne sais pas s'il réussira à faire mieux que Mommy mais Juste la fin du monde en était proche. <br /> <br /> Et Natalie Portman c'est le contraire, je suis beaucoup moins intéressé par ce qu'elle fait depuis quelques années mais quelle actrice...
T
Non, j'ai vu que 2 films de Dolan, Mommy et John f Donovan mais j'ai l'intention de me faire sa filmographie complète. En réalité j'étais tombé sur ce film par hasard vu que j'avais décider de me faire la filmo de Natalie Portman. Je suis assez d'accord que le film a ses longueurs pour le thème qu'il aborde mais ca n'a rien à voir avec les critiques que j'ai pu voir sur ce film
S
Salut, merci beaucoup pour ta réaction, les commentaires me font toujours très plaisir surtout quand ils viennent de personnes qui ressentent les mêmes choses ! <br /> <br /> Ma vie avec John F. Donovan m'a plutôt marqué même s'il m'a laissé un arrière goût de "trop long" pour ce qu'il a à raconter. Mais c'est quand même brillant. <br /> <br /> De Dolan, est-ce que t'as vu Juste la fin du monde avec le regretté Gaspard Ulliel ? Il est sans doute en replay sur Arte, il est passé hier !