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Quelques films en vrac #9

Quelques films en vrac #9

      Quelques films découverts récemment, parmi lesquels : un film touchant, un classique vieux de 20 ans dont je n'avais jamais entendu parler, un film d'horreur français réputé insoutenable, une comédie pas très intéressante et un thriller téléphonique assez prenant.

 

     Hors normes   (Eric Toledano et Olivier Nakache, 2019) 

Quelques films en vrac #9

      Hors normes fait partie de ces films de société dont la démarche force le respect, dans la veine de Grand Corps Malade ou, dans un autre style, Maïwenn. Le risque avec ce genre de films est de proposer quelque chose de très attendu ou trop académique, ce qu'Hors Normes parvient pratiquement toujours à éviter. On y suit Bruno, joué par Vincent Cassel, gérant d'une association qui prend en charge des autistes qui n'ont pas pu trouver leur place dans la société, car rejetés de toutes parts. Outre le sujet extrêmement touchant - jamais larmoyant - le film ne se concentre pas exclusivement sur le côté "hors normes" de l'autisme. Il appuie surtout sur l'absurdité administrative qui se cache derrière, par l'intermédiaire de deux inspecteurs qui vont tenter de démontrer que cette association est illégale car, justement, elle ne rentre pas dans les normes de sécurité imposées par la loi. Les acteurs sont tous fabuleux, que ce soient les têtes d'affiche (Vincent Cassel est époustouflant et Reda Kateb forme avec lui un tandem qui fonctionne parfaitement) comme les interprètes secondaires comme Benjamin Lesieur, bouleversant dans le rôle de Joseph.

       Le seul défaut d'Hors normes sera finalement l'évolution de ses personnages, un peu trop convenue. En effet, il n'est pas difficile de comprendre précisément où nous emmènera cette histoire et quel sera le chemin pour y parvenir. Pas de surprise, donc, mais il n'en demeure pas moins un excellent drame qui traite d'un sujet bien trop rare au cinéma.

 

     S1m0ne   (Andrew Niccol, 2002)

Quelques films en vrac #9

      C'est en regardant par hasard une vidéo de Durendal sur Youtube que j'ai appris l'existence de ce film vieux de 20 ans. Avec un casting absolument incroyable, S1m0ne raconte l'histoire d'un cinéaste qui, se voyant refuser la production de son prochain film, décide secrètement de le réaliser par ses propres moyens en utilisant une intelligence artificielle (Simone) pour en interpréter le rôle principal.

      Le film est passionnant du début à la fin et, malgré son âge, n'a pas tellement pris de rides. En abordant de nombreux sujets tous aussi bien traités les uns que les autres (la précarité dans le milieu du cinéma, la starification des acteurs, l'évolution de la technologie, les limites de l'intelligence artificielle), S1m0ne évite de nombreux pièges et m'a surpris plusieurs fois. Les personnages ne sont presque jamais caricaturaux, et ça fait du bien. Notamment, Al Pacino nous épargne ses célèbres coups d'éclat et j'ai réellement apprécié la relation entre son personnage et celui de Catherine Keener, qui joue en quelques sortes son ex-femme. Il n'y a pas de cliché, il y a même une certaine tendresse dans cette relation et j'ai adoré le fait que ces personnages n'agissent jamais de manière puérile. J'y ai découvert également Evan Rachel Wood qui m'a complètement bluffée. A 14 ans, pour l'un de ses premiers grands rôles, la jeune fille éblouit l'écran de sa présence et de son magnétisme ; j'ai trouvé son jeu épatant. De même, la présence de Pruitt Taylor Vince, Jason Schwartzman et Winona Ryder apporte un bonus considérable au film, même si leurs apparitions ne sont souvent qu'anecdotiques.

     Et puis - et c'est révélateur de la puissance du film et de son sujet - j'ai failli oublier de parler de Rachel Roberts qui joue le rôle principal : celui de Simone. En effet, j'ai passé presque l'intégralité du film à oublier qu'il fallait une actrice pour interpréter Simone, et ce tour de force est incroyable. Son jeu est impeccable (elle apporte toute la froideur nécessaire pour faire de Simone une entité artificielle) et c'est à mon goût la plus grande qualité de ce film : faire croire au spectateur, dans une sorte de mise en abyme, que le personnage qu'il voit à l'écran a également été créé par informatique. Bref, j'ai adoré ce film malgré les raccourcis et certains passages qui semblent très "faciles" (la mort de l'inventeur génial qui lègue tout son travail, bon...), il m'a rappelé des films comme The Truman Show et prédisait avant l'heure les limites de la "super-starification."

 

     Martyrs   (Pascal Laugier, 2008) 

Quelques films en vrac #9

      J'ai enfin vu ce film dont j'entends parler depuis plus de 10 ans, et j'en ressors relativement mitigé. Peut-être l'aurais-je adulé il y a 10 ans, justement, à l'époque où je vouais déjà un culte au premier volet de Saw (c'est toujours le cas aujourd'hui, d'ailleurs), mais maintenant, je ne vois pas l'intérêt de regarder Martyrs. Le film est sauvé par un dénouement surprenant qui, certes, en justifie en partie l'extrême violence. Si j'ai adoré la première partie qui m'a percuté comme un coup de poing dans la figure, notamment par l'intermédiaire du personnage de Xavier Dolan, je dois bien admettre que le film m'a de moins en moins convaincu à mesure que les minutes passaient. A partir de la disparition de l'un des personnages principaux, j'ai même trouvé que Martyrs tombait dans une facilité déconcertante, à grands coups de violence quasi-gratuite et interminable.

      Et puis, pardon, peut-être ai-je perdu en sensibilité à force de voir le cinéma côtoyer le torture-porn, mais je n'ai pas trouvé ce film aussi insoutenable qu'il prétend l'être. La dernière partie du film m'a fait soupirer tant elle est gratuite visuellement, à la limite du ridicule. Bref, Martyrs propose quand même de très bonnes idées et a le mérite de justifier sa violence visuelle et psychologique par une fin plutôt intéressante, mais n'est finalement rien d'autre qu'un film à usage unique qu'il n'est pas intéressant de visionner deux fois.

 

     Le discours   (Laurent Tirard, 2020) 

Quelques films en vrac #9

      Le discours fait partie de ces comédies françaises qui me sortent par les yeux à cause de leur narration. Cette voix explicative omniprésente n'est pas, à mon goût, un moyen efficace et intéressant de raconter une histoire. C'est d'ailleurs le problème que j'ai avec certaines comédies françaises qui usent et abusent de ce procédé (bonjour Etienne Chatiliez) sans originalité. Le film ne fait que ça et j'ai eu finalement l'impression qu'il ne démarrait jamais. Le discours a pour moi un format très adapté pour un livre, pour une pièce de théâtre, mais pas pour le grand écran.

      Alors, oui, quelques répliques font mouche, mais l'ensemble est d'un convenu... Il n'y a aucune surprise, aucune saveur particulière. Certes, le casting tient la route, mais au service de quoi ? A l'issue de mon visionnage, je me souviens m'être dit "Bon, d'accord", puis être passé directement à autre chose. Le discours, qui plus est, se termine exactement là où on l'attendait depuis la première minute : dans le bon sentiment et le gentillet. Bref, aucun intérêt ; l'avantage réside dans sa durée (1h20) qui nous évite une trop grande perte de temps.

 

     The Guilty   (Antoine Fuqua, 2021) 

Quelques films en vrac #9

      Je n'ai pas vu la version danoise de 2018 dont ce film est le remake, mais The Guilty est un thriller très efficace qui m'a tenu en haleine du début à la fin. Si l'idée de base n'est pas nouvelle (on avait déjà eu The Call en 2013, basé sur le même principe), The Guilty parvient à l'assumer de la première à la dernière minute, sans abuser de trop grandes ficelles.

      Afin de ne pas spoiler ceux qui ne l'auraient jamais vu, je vais résumer le film par sa plus grande qualité et son plus grand défaut. Selon moi, le grand problème du film est de tenter d'ajouter un passé au personnage principal. Même si l'idée aurait pu être intéressante, je l'ai trouvée très mal développée et mal intégrée dans le récit. Jake Gyllenhaal est pourtant impeccable d'un bout à l'autre du film, parvenant à injecter dans son personnage une véritable rage désespérée. Le dénouement, cependant, m'a déçu car je trouve qu'il n'apporte pas grand-chose au scénario.

      Le point fort de The Guilty, à mon goût, réside dans son atmosphère. Cette ambiance confinée, tamisée, presque hivernale, m'a beaucoup plu et je trouve que le film parvient à instaurer un côté "cocon" très agréable. Un bon film, donc, efficace et prenant, mais je suis resté sur ma faim.

 

 

 

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