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Ready Player One - de Steven Spielberg

Ready Player One - de Steven Spielberg

      Je n'arrive pas à comprendre comme un film peut être aussi excitant et navrant à la fois. Ready Player One, sorti en 2018, m'a intrigué dès sa sortie. Devant les réactions qu'il a suscitées à cette période, j'ai préféré attendre quelques années avant de le découvrir car j'avais le sentiment que mon avis serait biaisé. Maintenant qu'on en parle moins et que l'effet s'est estompé, j'ai lancé Ready Player One hier soir et je me suis laissé embarqué dans l'OASIS.

 

       Attention, cet article spoile de nombreux éléments importants de l'intrigue, il est destiné aux personnes qui ont vu le film. 

 

     La première heure et demie m'en a mis plein la gueule. Le film prend quelques minutes pour présenter son univers puis, une fois que les bases sont posées, se lâche complètement. J'ai trouvé les images complètement dingues, avec une réalisation démentielle, notamment lors de la séquence de course ; un pur plaisir visuel extrêmement limpide et lisible. Réaliser de telles choses à plus de 70 ans, c'est de la folie. Du génie à l'état brut. Ce n'est donc certainement pas dans cet article que je remettrai en question le talent indiscutable de Spielberg qui parvient à montrer qu'il est toujours l'un des plus grands cinéastes de notre génération. Il insuffle, dans ce film, bien plus de punch, d'originalité, de créativité et de fun que dans la plupart des films de ces vingt dernières années.

 

     J'ai été subjugué par l'univers visuel donc, mais pas seulement. Etant né dans les années 80, j'ai nécessairement été sensible à toutes les références de pop culture présentes dans Ready Player One. Clairement, j'ai succombé au plaisir bête et basique de voir l'iconique Delorean, de chercher les centaines de références (certaines évidentes, d'autres moins) cachées au coeur de l'OASIS. Plus que tout, j'ai éclaté de rire et d'excitation lorsque les personnages évoluent subitement dans l'Overlook de Shining. Cette séquence est magistrale, elle joue à la fois sur la nostalgie, sur la cinéphilie, sur le plaisir considérable de voir reconstitué chaque décor, chaque mouvement de caméra. Connaissant presque par coeur certains plans de Shining (qui reste à ce jour mon film d'horreur préféré, indétrônable), j'ai jubilé comme un idiot... c'était inévitable.

Ready Player One - de Steven Spielberg

      De façon générale, je trouve admirable la façon avec laquelle toutes ces scènes ultra-référencées sont intégrées dans le récit. On aurait pu craindre que la présence de tous ses clins d'oeil soit trop facile, jouant sur le fan-service et la gratuité. En fait, c'est tout le contraire. Steven Spielberg parvient à enchaîner tous ces hommages de manière totalement justifiée, et mieux encore : en leur donnant un sens réel. Outre la volonté de titiller notre nostalgie en 2018, Spielberg va plus loin en nous montrant à quel point la pop culture influencera le futur. Le film se passe en 2045 et on y découvre un monde encore plus fasciné et accro à la culture des années 80, ce qui le rend d'autant plus magique à mes yeux. Entre autres, Ready Player One parvient à entremêler le futur et le passé avec une virtuosité et une fluidité déconcertantes. Ce film est un film futuriste, et c'est justement le fait qu'il se passe dans le futur qui lui permet d'insister davantage sur son hommage aux années 80. C'est purement brillant et génial.


     Malheureusement, et c'est là que le bât blesse : Ready Player One finit par s'essouffler et à sortir de son futurisme en proposant une dernière demi-heure totalement décevante en terme de scénario et d'idées. Attention, spoilers.

Ready Player One - de Steven Spielberg

     Le film se conclut par une bataille affreusement interminable, par une scène "révélation" qui peine à convaincre, et surtout, SURTOUT, par une conclusion amoureuse complètement conne. Et ça, réellement, je ne l'explique pas. Peut-être Spielberg a-t-il voulu pousser son hommage encore plus loin en proposant une fin très "spielbergienne", mais c'est justement cet aspect qui m'a sorti du film. C'est ce problème, notamment, qui m'avait empêché de profiter à fond de Super 8 en 2011. Pour moi, Ready Player One est une sorte de Super 8 futuriste qu'on aurait poussé à un niveau maximal : ultra-référencé, jouant sur la nostalgie des années 80, mais également décevant en terme de conclusion.

 

     Tout ce final complètement mièvre m'a refroidit instantanément, désamorçant en l'espace de quelques minutes l'excitation intense que je ressentais depuis le début. Le film sombre dans une espèce d'avalanche de clichés, en total désaccord avec les deux premières heures pourtant innovantes et créatives. Que ce soit la rencontre avec Ogden Morrow complètement stupide dans sa construction, la tentative de ne pas faire trop mal à l'antagoniste, ou encore l'horrible et ridicule dénouement de l'histoire d'amour, j'ai trouvé Ready Player One complètement raté dans son dernier acte. Je suis resté stupéfait, surpris de voir à quel point cette fin avait été bâclée. C'est sans parler des tentatives vaines de créer des situations humoristiques complètement dépassées voire gênantes (lorsque Wade referme la porte du camion sur les personnes qui tentent de l'interroger, avec une réplique navrante du type "désolé, mais j'ai autre chose à faire d'abord"), ou de proposer des dialogues d'un vide absolu : "contrairement à Halliday, moi, je franchis le pas !". Quelque chose m'a sans doute échappé, mais j'ai rarement été aussi déçu par une conclusion. C'est d'autant plus dommage que j'ai réellement adoré toute la première partie...

 

      Bref, Ready Player One est un pur moment de plaisir visuel et nostalgique, qui a évidemment titillé mon amour pour l'ambiance des années 80. Je le reverrai sans doute pour retrouver ce plaisir incroyable, mais il est probable que, la prochaine fois, je couperai le film à l'issue de la reconstitution de Shining. A mon goût, le film ne propose rien d'intéressant à compter de cette séquence.

 

 

 

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