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Cry Macho - de Clint Eastwood

Cry Macho - de Clint Eastwood

     Je préfère prévenir d'avance : je suis incapable d'être objectif avec Clint Eastwood pour qui j'ai une adoration sans bornes en tant qu'acteur et réalisateur. Pour moi, découvrir un nouveau film de Clint Eastwood est toujours un petit plaisir. Certains parlent de lui comme de l'arrière-grand père qui chante des chansons en fin de repas de famille, qu'on regarde avec gentillesse alors qu'il chante faux. C'est une façon de voir les choses. Je trouve qu'il y a quelque chose d'extrêmement émouvant à voir Clint Eastwood s'accrocher dur comme fer à cette volonté de continuer, encore et encore. Comme si chaque film lui permettait de trouver la force de faire le suivant, éternellement.

 

     Je ne vais pas rappeler la carrière hallucinante de ce monstre sacré du cinéma, mais lorsqu'on me parle de "géants" il est clair que son nom me vient instantanément en tête. Alors bien sûr, ses films aujourd'hui sont moins aboutis techniquement. Évidemment, on ne peut que sourire lorsqu'il tente de nous faire croire qu'il effectue un rodéo sous nos yeux. Mais bordel, le bonhomme a 91 ans. Qu'un homme puisse, à cet âge magnifique, continuer d'écrire, réaliser et jouer à un rythme aussi phénoménal, ça me dépasse et ça force un respect démentiel. Quand on lit certaines critiques qui démontent ce film sans vergogne et le jugent comme s'il avait été écrit par un cinéaste de 40 ou 50 balais, c'est à se taper la tête contre le murs. 91 ans, putain, et le mec nous sort un film parfaitement honnête ! Certes, pas digne des chefs d’œuvre qui ont constitué sa carrière, mais je me demande si les critiques qui descendent Cry Macho ont déjà côtoyé un être humain de 91 ans.

 

     Si ses films ont perdu en qualité narrative, en qualité scénaristique, ils sont de plus en plus personnels et intimes. La fascination de Clint Eastwood pour le western, pour la relation père-fils, pour la figure du héros, demeure intacte et j'ai du mal à bouder mon plaisir lorsque je vois que l'acteur incarne toujours cette posture du cow-boy texan à la perfection.

Cry Macho - de Clint Eastwood
Cry Macho - de Clint Eastwood

     Comment ne pas être touché lorsque son personnage s'arrête quelques secondes pour observer le crépuscule ? Comment ne pas être saisi par la douceur de ces personnages qui servent mine de rien un feel good movie assez savoureux, même si certains comédiens sont loin d'être brillants ? Je suis d'accord pour dire que ce n'est pas parfait, qu'il y a des clichés sur le Mexique. Mais j'ai trouvé quelques idées de réalisation plutôt recherchées, et je trouve que le cinéma d'Eastwood n'est pas de trop aujourd'hui. Chacun de ses films est une petite brise de fraîcheur, un petit moment agréable à passer.

 

     Rien que pour son regard plein de malice et son sourire encore dévastateur, j'en redemande. Et tant pis si ça ne plait pas au cinéphile averti en quête de renouveau. A 91 ans et après une telle carrière, on ne peut rien exiger d'Eastwood, il fait ce qu'il lui plait et je trouve qu'il y a un certain charme à le suivre jusqu'au bout. Son cinéma n'est pas honteux ni moche, il est au contraire doux et berçant, notamment dans Cry Macho où, quand même, le spectateur est constamment à l'affût d'un ennemi qui n'arrivera jamais, d'un drame qui n'arrivera jamais. En ceci, j'ai été surpris et conquis.

Cry Macho - de Clint Eastwood
Cry Macho - de Clint Eastwood

    Bref, Clint Eastwood souhaite continuer de véhiculer de bons sentiments et son regard de conteur est toujours bien présent. Je dis chapeau. Et vivement le prochain car, objectivement, on aimerait que ça ne s'arrête jamais.

Cry Macho - de Clint Eastwood
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