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Le scaphandre et le papillon

Le scaphandre et le papillon

      Depuis le temps que je voulais voir ce film ! Le scaphandre et le papillon m'a été conseillé à de multiples reprises pendants ces 10 dernières années et je comprends maintenant pourquoi. Le film raconte l'histoire vraie de Jean-Dominique Bauby, bloqué du jour au lendemain dans un corps entièrement paralysé (ou presque), suite à une attaque cérébrale. Une expérience sensorielle incroyable qui va me marquer longtemps.

Le scaphandre et le papillon

       Je conseille ce film à tout le monde. Je n'ai pas lu le livre autobiographique dont est issu ce scénario mais je compte me le procurer prochainement car il constitue probablement le témoignage unique d'un homme atteint du locked-in syndrome. Le film dépeint l'histoire de Jean-Dominique Bauby principalement en vue subjective et c'est ce point précis qui m'a charmé dès le départ. L'idée est d'ailleurs géniale ; quoi de mieux qu'un point de vue à la première personne pour montrer la souffrance d'un homme enfermé dans son propre corps ?

Le scaphandre et le papillon
Le scaphandre et le papillon
Le scaphandre et le papillon
Le scaphandre et le papillon

      Dès les premières secondes, on se met à la place du personnage principal et on ressent toute l'injustice et le drame de sa situation. J'ai été particulièrement friand des scènes lors desquelles Jean-Do reçoit des visites. La caméra servant d'oeil à proprement parler, ses mouvements sont désordonnés et ça donne un côté "caméra flottante" très agréable et très intimiste. De plus, compte-tenu du principe de base de ce film, l'image alterne le flou/net et le champ de vision est souvent entravé par divers éléments, ce qui permet au spectateur de se confondre avec le personnage (le spectateur devient acteur du film alors que le personnage principal est lui-même condamné à n'être qu'un spectateur de sa vie). Toutes ces scènes de regards-caméra m'ont bouleversé, comme si les visiteurs de Jean-Do s'adressaient directement à moi, et j'ai été notamment touché par sa relation avec Sandrine, son "ange-gardien".

Le scaphandre et le papillon
Le scaphandre et le papillon
Le scaphandre et le papillon

      Marie-Josée Croze, que j'avais déjà adorée dans l'incroyable Deux jours à tuer pour sa performance subtile et tout en retenue, m'a en effet profondément marqué dans le rôle de l'orthophoniste. Elle est d'une douceur folle et son regard a quelque chose de magique, troublant, apaisant et rassurant. Je trouve regrettable que cette actrice de talent soit si peu présente au cinéma ces dernières années.

 

     Outre ces prises de vue aussi uniques que poétiques, j'ai trouvé l'utilisation de la vue subjective particulièrement audacieuse et judicieuse dans Le scaphandre et le papillon, notamment lorsque l'on s'évade dans l'imagination, les pensées ou les souvenirs du personnage principal, rajoutant à tout ça un effet nostalgique et dramatique encore plus fort. J'ai été saisi, il n'y a pas d'autre mot, par la beauté et la tristesse de certaines images, que le film parvient à contrebalancer admirablement avec des pointes d'humour comme seul Mathieu Amalric sait les poser. Ce choix de casting est tout simplement parfait ; le comédien a la voix idéale pour nous faire voyager dans les méandres de l'esprit du personnage principal. A part lorsque le film s'égare en proposant des points de vue extérieurs au personnage (ce que je trouve fort dommage, soit dit en passant), celui-ci n'intervient que par l'intermédiaire d'une voix-off. Et, ce n'est pas nouveau : la voix d'Amalric donne des frissons.

Le scaphandre et le papillon

       En bref, Le scaphandre et le papillon m'a retourné et m'a submergé d'émotions diverses. Il y a une juste mesure entre le drame et les quelques pointes d'humour, ce qui donne un film plutôt équilibré. Je considère que c'est un exploit car, avec un tel sujet, il était quasiment impossible de ne pas proposer un film larmoyant ou à fond dans le pathos. Même si l'émotion est bien présente et que certaines séquences foutent le bourdon (oui, bien sûr, j'ai pleuré), il s'en dégage une légèreté poétique qui donne envie de célébrer la vie et de profiter de chaque instant. J'aurais préféré, très clairement, que le réalisateur Julian Schnabel aille au bout de son idée en filmant en 100% vue subjective, car j'ai été frustré et déçu de voir parfois la caméra s'extraire du corps de Jean-Do Bauby. Cependant, c'est sans aucun doute un chef d’œuvre.

 

 

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