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La réplique du dimanche #25 - "Go to them" - Gladiator

La réplique du dimanche #25 - "Go to them" - Gladiator

      Il y a quelques semaines, on fêtait les 25 ans de la sortie de Gladiator en France. Pas un seul article n'a été consacré au péplum culte de Ridley Scott sur le blog, il était temps de réparer cette erreur.

      Lorsqu'on pense à Gladiator, une image vient immédiatement hanter la mémoire : celle de Maximus caressant un champ de blé au ralenti sur la musique d'Hans Zimmer et Lisa Gerrard. Repassons-nous la scène avant de la commenter.

 

Go to them.

     Ces trois mots prononcés par Lucilla (Collie Nielsen) restent, 25 ans plus tard, un immense vecteur d'émotions. La mort de Maximus, suivie de cette séquence iconique dans le champ de blé, fait partie de ces instants de cinéma inoubliables, de ceux qui serrent le ventre rien qu'en y repensant.

     Tout est parfait dans la scène. Tout d'abord, la photographie sublime de cet au-delà paisible, dont j'adore les couleurs. Un ton onirique et profondément nostalgique se dégage des images. Ensuite, la mise en scène rend ce moment bouleversant. Alors que Ridley Scott peine habituellement à m'émouvoir, il est parvenu à créer ici un moment suspendu, d'une beauté à couper le souffle. Juste après les mots de Lucilla – go to them / retrouve-les – le regard de Russell Crowe est exceptionnel. Puis, Maximus est transporté dans ce paradis, traversant le fameux champ de blé qui symbolise sa paix intérieure. La caméra, d'abord fixée sur les visages de sa femme et de son fils, dézoome progressivement à mesure que le petit garçon court rejoindre son père. L'image est forte et belle. Et puis ces couleurs lavande... quelle merveille.

 

La réplique du dimanche #25 - "Go to them" - Gladiator

      Symboliquement, ce "Go to them" sonne comme une autorisation : celle donnée à Maximus de partir en paix après avoir accompli l'une des missions les plus nobles qui soient : restaurer l'honneur de Rome et venger les siens, avant de pouvoir enfin les retrouver. Le fait que cette phrase soit prononcée par Lucilla ajoute une touche de tendresse et d'intimité émouvante entre ces deux personnages.

      Et puis, il y a Lisa Gerrard. Et Hans Zimmer, bien sûr. Now we are free est l'une des plus belles compositions de l'auteur, et la voix envoûtante de la chanteuse australienne apporte une aura exceptionnelle à cette scène finale. Sans ces deux artistes, Gladiator ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui et n'aurait probablement pas autant marqué émotionnellement l'imaginaire collectif. C'est du pur cinéma.

 

      Je termine l'article par une petite anecdote que j'ai découverte récemment, révélée par Ridley Scott lors de la promotion de Gladiator II : la célèbre main qui caresse le blé fut un ajout de dernière minute ! En effet, c'est lors de la fin du tournage que l'idée est venue par hasard. Stuart Clark, la doublure cascade de Russell Crowe, était parti fumer au milieu du champ de blé lorsque Ridley Scott lui a signalé que c'était dangereux à cause de la sécheresse. En sortant du champ, Clark a instinctivement passé sa main dans les épis... le sang du réalisateur n'a fait qu'un tour : il fallait immortaliser ce plan. Comme Russell Crowe n'était pas présent ce jour-là, c'est donc la main du cascadeur qu'on voit à l'écran. Comme quoi, une scène iconique peut parfois naître de rien.

 

La réplique du dimanche #25 - "Go to them" - Gladiator
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R
Intéressant ce raccord ! Et étrange que personne n'y ai pensé avant !<br /> Ridley Scott a vraiment eu le flair de l'ex réalisateur de publicité, parce qu'on voit ce plan dès qu'on veut nous vendre un produit d'origine naturel !<br /> J'imagine que tu as découvert ce film ado, je l'ai vu bien plus tard, et je n'ai pas accroché plus que ça, malgré toute la force des images. Mais je ne suis pas un immense fan de peplum de toutes façons.
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R
Les réalisateurs ne sont pas toujours les interlocuteurs les plus fiables pour parler de leurs films !
S
Pas fan des péplums non plus, mais celui-ci me revient de temps en temps.<br /> <br /> Quant au raccord, je me fie aux dires de Scott lui-même mais je trouve tout de même l'anecdote étrange : on voit bien Russell Crowe passer la main dans les blés en plan large, juste après le gros plan... Où est la vérité ? Il voulait peut-être rendre la scène encore plus mythique en enrobant tout ça d'une histoire amusante tirée de son chapeau...