Casse-tête chinois
J'attendais l'occasion de voir ce film depuis plusieurs années. Lorsque j'ai vu qu'il passait à la TV ce soir, je n'ai pas hésité une seconde à retrouver Xavier et ses histoires de cœur à travers le monde. Casse-tête chinois conclut (pour le moment) la trilogie de Cédric Klapisch et c'est à nouveau une bulle rafraîchissante, dans la parfaite continuité de L'auberge espagnole et Les poupées russes. Encore une fois, Xavier court à travers la ville pour tenter d'organiser sa vie, cette fois au cœur de New York où il doit suivre ses deux enfants. Klapisch nous sert encore une comédie pétillante avec une bande de comédiens qui donnent le sourire. Romain Duris et son rire communicatif, Audrey Tautou et ses regards rêveurs – par ailleurs, que j'aime cette actrice... elle manque cruellement au cinéma français, quel dommage qu'elle ait disparu des écrans ! – mais aussi Cécile de France et son énergie folle. Presque tous sont réunis dans la Grosse Pomme pour nous offrir davantage de situations cocasses, célébrant l'instant présent et l'importance de se sentir vivant. Casse-tête chinois ne trahit pas ses deux prédécesseurs : c'est frais, joyeux, authentique, drôle. La trilogie mérite de figurer dans mon top 500.
Le chanteur de jazz
Sorti en 1927, The Jazz Singer est considéré comme le tout premier film parlant de l'Histoire du cinéma. Cependant, il faut nuancer car, de ce point de vue, j'ai vécu une petite déception. En effet, le film de 1h36 est en réalité encore largement muet. Mises à part les scènes chantées, ainsi que quelques répliques improvisées par Al Jolson, Le chanteur de jazz est majoritairement constitué de cartons de dialogues à l'ancienne. Malgré tout, il est indéniable que le film a marqué une étape décisive dans l'industrie du cinéma et il est émouvant de voir les balbutiements de l'ère du parlant. Pour ne rien gâcher, le film est plutôt prenant émotionnellement. Le réalisateur Alan Crosland explore le dilemme d'un homme, tiraillé entre la tradition juive de ses parents et sa passion pour la musique populaire américaine. Si on oublie quelques éléments clairement dépassés au 21e siècle (le blackface, notamment), le film est palpitant jusqu'à la dernière minute. Je vous le conseille sans hésiter.
Une affaire de famille
Là, c'est non. Ma troisième tentative chez Kore-eda ne me convainc toujours pas. Si L'innocence m'avait semblé passionnant sur de nombreux points, notamment dans sa construction, Une affaire de famille est à mon goût stupide et raté : je ne comprends pas du tout son succès critique. En plus d'étirer le récit inutilement – les 45 premières minutes sont incroyablement longues juste pour décrire le quotidien misérable de cette "famille" – la morale du film est difficile à avaler. En filmant cette famille avec une certaine tendresse, en cherchant à donner des excuses à des actions pourtant préjudiciables, Kore-eda nous dit, en gros, que (spoil) le vol à l'étalage et l'enlèvement d'enfants ne sont pas si graves, du moment que l'intention derrière est bienveillante. Un gros n'importe quoi narratif avec une conclusion à dormir debout, qui laisse un goût amer dans sa tentative de justifier des actes condamnables. Je retiendrai tout de même quelques jolis moments de douceur qu'on ne peut pas enlever, le film n'est pas déplaisant à suivre mais j'ai bien du mal à comprendre où le cinéaste a voulu en venir avec cette improbable histoire.
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