Après une petite pause de six semaines – histoire de recréer un peu de l'attente que j'avais connue entre les deux saisons il y a 20 ans – je reprends enfin ce re-re-re-revisionnage de Lost. C'est fou ce que la série m'avait manqué. Le début de cette deuxième saison est une pure tuerie : avalanche d'action, de révélations, de mystères en pagaille. Les scénaristes ne se sont pas montrés avares en informations, ils nous offrent enfin de quoi grignoter après une saison entière à spéculer sur cette fichue trappe. Alors allons-y, et sans perdre de temps !
2x01 - Man of Science, Man of Faith
Bon sang, cet épisode est un pur bonheur. Après le gigantesque cliffhanger de la fin de la saison 1, on n'a qu'une hâte : reprendre l'action là où on l'avait laissée. Et pourtant, l'épisode commence par nous dérouter, avec un personnage et un lieu totalement inconnus. Un homme, dont on refuse de nous dévoiler le visage, se lève, prépare un déjeuner, lance un vinyle de Mama Cass Elliot : "Make Your Own Kind Of Music". Cette chanson est depuis devenue l'une des plus emblématiques de Lost. D'abord, parce que cette scène d'intro est probablement l'une des plus brillantes de toute la série. Ensuite, parce qu'elle marque l'arrivée du personnage le plus génial de Lost : Desmond est une pépite.
Puis, la scène change de ton et la caméra parcourt ce lieu mystérieux – le bunker – jusqu'à retrouver John et Jack penchés au-dessus de la trappe qu'ils viennent de faire exploser. En à peine trois minutes, la saison 2 démarre avec tout ce qui fait le sel de Lost : mystère, fascination, intelligence. La suite est tout aussi excitante : Kate et Locke décident d'entrer dans la trappe contre l'avis de Jack. L'épisode est centré sur ce dernier, et c'est un sacré atout. Jack, t'as beau être chiant parfois, je t'aime quand même.
Les flashbacks sont particulièrement émouvants, portés par un Matthew Fox toujours aussi excellent. Jack, l'homme de science, refuse de croire aux miracles... et pourtant. On découvre sa rencontre avec Sarah, mais également avec Desmond, dont on voit pour la première fois le visage. Je n'ai pas pu cacher mon enthousiasme lorsque j'ai entendu Desmond lâcher son tout premier "brotha", putain ça fait du bien ! La scène dans le stade apparaît en fin d'épisode, juste avant que Jack ne retrouve dans le bunker ce drôle d'inconnu croisé plusieurs années auparavant. Sur le plan de l'écriture, c'est parfait : le parallèle passé/présent fonctionne à merveille, avec un cliffhanger final percutant qui nous laisse avec mille questions. Qui est cet homme ? Est-il vraiment dangereux ? Que fait-il là ?
Bref. Cet épisode est une masterclass à tous les niveaux. J'avais oublié à quel point 45 minutes pouvaient passer aussi vite.
2x02 - Adrift
Ce deuxième épisode centré sur Michael nous permet enfin de suivre la situation du radeau. A la fin de la première saison, on avait laissé Michael, Sawyer et Jin au beau milieu de l'océan, juste après l'enlèvement de Walt. Adrift est un épisode parsemé de "premières fois" mythiques de la série et, parmi celles-ci, les premiers "WAAAAALT" désespérés d'un père qui a perdu son gamin. Si le personnage m'agaçait à l'époque, je comprends aujourd'hui – maintenant que je suis moi-même papa – la douleur de Mike.
L'épisode achève également de faire de Susan (la mère de Walt) l'un des personnages les plus détestables de Lost : les flashbacks nous montrent comment Michael a perdu l'autorité parentale de Walt, et c'est déchirant.
Parallèlement, c'est aussi la première fois qu'on entend parler de Dharma et qu'on voit le compte à rebours des 108 minutes s'afficher sur le mur du bunker. Après une introduction pleine de tension et brillamment montée (panique sur le radeau, puis cut sur Kate qui disparaît au fond de la trappe), on suit la descente de Locke dans le bunker, qui effleure le logo Dharma sur une paroi. Et ce n'est pas la seule apparition de l'emblème dans l'épisode : pour celles et ceux qui ont l'œil, on l'aperçoit brièvement sur la queue du requin qui attaque Michael et Sawyer en pleine mer.
Adrift se termine sur le retour inattendu de Jin, menotté et en panique, poursuivi par des inconnus. Qui sont-ils ? Les fameux "Autres" ? Encore un cliffhanger de qualité qui donne envie de lancer le troisième épisode sans attendre...
2x03 - Orientation
Après deux épisodes forts et dynamiques pour lancer la saison, on aurait pu s'attendre à un ralentissement avec un épisode plus pépère. Mais bim : flashbacks sur John Locke, révélations sur la Dharma Initiative, explications sur le bouton et l'électromagnétisme grâce à la bobine d'Hanso... bref : c'est la mise en place de plusieurs grands mystères de l'île – dont certains resteront irrésolus jusqu'à la saison 6. J'ai toujours adoré cette deuxième saison centrée sur le bunker et le compte à rebours, c'est l'une des plus belles trouvailles de Lost.
Côté flashbacks, Terry O'Quinn prouve encore à quel point il est un acteur fabuleux : John Locke inspire à la fois la pitié et la tristesse, même si l'on n'apprend pas grand-chose de nouveau sur lui. La série prépare lentement la révélation de ce qui l'a conduit en fauteuil roulant...
Sur l'île, Locke retrouve sa rivalité avec Jack dans une conclusion particulièrement tendue. Les deux hommes s'affrontent pour avoir le dernier mot, et c'est finalement Jack qui cède, acceptant d'appuyer sur le bouton, doutant de sa théorie face à un John Locke galvanisé par sa foi. Encore un épisode grandiose qui renforce la mythologie de la série.
2x04 - Everybody Hates Hugo
Et l'épisode un peu plus pépère, le voici. En effet, le principal enjeu de Everybody Hates Hugo est : Hurley réussira-t-il à gérer le stock de bouffe dans le bunker ? Ici, on met de côté les mystères et les dangers pour recentrer l'attention sur les personnages et leur quotidien. Il y a moins de tension, moins de révélations, mais c'est un moment doux et calme qui se concentre sur les relations humaines. Plutôt agréable.
Même du côté du trio Jin - Michael - Sawyer, la pression retombe et les rapports s'adoucissent avec leurs ravisseurs, qui se révèlent enfin. On découvre ainsi l'existence des survivants de la queue de l'avion, ce qui ouvre de nouvelles perspectives. La fin de l'épisode est joyeuse, toute en musique : Hurley a décidé de partager toute la nourriture, tout le monde est content. On en oublierait presque qu'un personnage reste encore en danger : Walt, dont on est toujours sans nouvelles depuis la fin de la saison précédente. Un bel épisode de transition, malgré des flashbacks sur Hurley qui font un peu office de bouche-trous.
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