Voilà 20 ans – minimum – que je n'avais pas vu The Mask. Dans mon souvenir, les pitreries de Jim Carrey et les extravagances du personnage vert étaient à mourir de rire. C'est très excité que j'ai lancé le DVD pour le faire découvrir à mes deux filles... pour une belle déception chez tout le monde, même pour moi ! J'ai dû me rendre à l'évidence : The Mask n'est pas la comédie hilarante que j'avais gardée en mémoire. Je l'avais probablement idéalisée au cours des années. Même s'il reste un divertissement tout à fait honnête, The Mask est le tout premier film à sortir de mon top 500...
Bien que l'aspect cartoon soit amusant au départ, The Mask n'est pas très agréable à regarder. La faute à quoi ? Tout simplement à ce personnage exécrable qui peine à faire rire tant il semble avoir mauvais fond. Certes, Le Mask est volontairement désagréable à l'écran pour servir la morale du film – pas besoin de se cacher derrière un masque de beau parleur : restez vous-mêmes ! – mais l'univers est finalement gâché par la personnalité odieuse de cette version refoulée de Stanley Ipkiss. Mes filles n'ont cessé de me dire, durant toute la séance : "Je ne l'aime pas, je préfère lorsqu'il n'a pas le masque !". Alors, certes, le personnage à la peau verte n'est pas fait pour séduire, mais il en ressort quelque chose d'amer, qui empêche de rire de bon cœur. Dans mon souvenir, le côté cartoon était plus amusant et les répliques plus savoureuses. Je suis déçu.
Evidemment, le charme de la belle Cameron Diaz fait toujours son effet. Plastiquement parlant, il n'y a rien à dire là-dessus. Mais le personnage de blonde plantureuse qu'incarne l'actrice semble de nos jours bien désuet... Cameron Diaz a heureusement prouvé par la suite qu'elle était capable de jouer merveilleusement la comédie, et même le drame. Il est donc quasi absurde de la redécouvrir dans ce rôle de sex symbol caricatural. Cette image de blonde pulpeuse un peu crétine – aussi parodique soit-elle – n'est pas vraiment intéressante.
En dehors de tous ces points faibles, The Mask est tout de même sauvé par deux personnages de qualité : Stanley Ipkiss et son chien Milo. Toutes les scènes sans masque, lors desquelles le jeune Jim Carrey montrait déjà tout son potentiel, sont géniales. L'acteur incarne à la perfection ce type solitaire et loser, "trop bon trop con". Il distille dans chaque scène un humour bien plus fin que son homologue cartoonesque et sauve l'ensemble d'une catastrophe grotesque. Un film entier avec ce personnage, sans masque, aurait été délicieux.
Bref, j'ai montré The Mask à mes filles et j'ai presque regretté. Elles m'ont dit avoir apprécié mais j'ai senti que l'emballement n'était pas là. Le film de Chuck Russell ne dégage rien de vraiment positif, si ce n'est une morale finale quand même assez creuse.
Voir aussi mon top Jim Carrey, dans lequel The Mask vient de perdre quelques places :